Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Poètes des îles de la lune
  • Poètes des îles de la lune
  • : Blog destiné à faire connaitre les œuvres artistiques et poétiques des îles de la lune ''Comores ''
  • Contact

Texte Libre

Recherche

Archives

22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 12:19

L'intégralité du débat avec Ali Abdou Mdahoma.

 L'intégralité du débat en direct avec Ali Abdou Mdahoma, doctorant en Lettres modernes et ancien professeur des Lycées, mercredi 19 décembre 2007 à 20 h 30

    "La littérature écrite comorienne est censée se développer par le biais de l’écriture émergente de cette jeune génération. Néanmoins, on peut déplorer l’insuffisance d’une contribution féminine dans le roman."

 Soilihi : Pensez-vous qu’il existe une littérature comorienne ?

Bien sûr que oui. La littérature comorienne a toujours existé depuis la nuit du temps, que ce soit la littérature orale ou écrite. Nos arrières grands-parents ont utilisé l’arabe et le Swahili pour exprimer leur vie de tous les jours. C’est ce que je peux considérer comme étant une littérature écrite comorienne en langue arabe ou swahili. Soilih Mohamed Soilih l’a déjà dit dans le numéro 51 d’Africulture d’octobre 2002 intitulé : « Archipel des Comores, un nouvel élan » ? Je cite :
 « Certes, il existait une autre littérature écrite avant celle-ci (littérature écrite comorienne d’expression française). Mais cette littérature, d’expression essentiellement « arabo-swahili, était réservée aux « Wasta’arab », des princes et des scribes versés dans la généalogie, les sciences religieuses, la poésie et les témoignages sur l’histoire en mouvement, avec toujours la colonisation comme élément de cristallisation.  A ce sujet, l’aspect le plus proprement littéraire (la poésie) concerne évidemment les odes lyriques dédiées aux résistants, mais surtout les sha’iri et autres qaswida de confréries soufies, faisant l’éloge de la divinité, de la prophétie et des cheiks et exaltant le chemin de l’extase mystique… ».
Quand il s’agit de la littérature écrite comorienne d’expression française qui fait d’ailleurs l’objet de notre débat (recherche), elle existe depuis 1985. Bien qu’elle soit une littérature émergente et jeune, elle est née avec la parution du roman intitulé « La République des Imberbes », écrit par le docteur  Mohamed Toihiri dans les éditions l’Harmattan. C’est ainsi qu’il demeure le précurseur de cette littérature écrite comorienne d’expression française. On ne peut pas admettre qu’un enfant n’existe pas parce qu’il est jeune.

Said: Pourquoi le premier roman comorien de langue française est-il tardif?

On l’a dit plus haut que le premier roman comorien d’expression française parait en 1985, dix ans après l’indépendance des Comores. Il y a eu un très grand décalage avec non seulement l’émergence du roman négro-africain mais aussi avec le roman mauricien et malgache.  Les productions littéraires en général sont des pages vivantes d’une époque et d’un lieu précis. La littérature comorienne d’expression française n’échappe pas à ce constat. Aujourd’hui, on peut s’aventurer à déclarer que les écrivains négro-africains anticolonialistes ont été des intellectuels qui voulaient se rendre utiles parce qu’ils se dotaient d’une mission auprès du monde noir.
Chez Césaire, cette mission depuis la période coloniale consistait, à partir de ses œuvres placées sous le signe de la négritude, à désaliéner le monde noir. Il devient ainsi le porte-parole des siens, celui qui parle et rend l’Afrique au monde. Il mit ses talents au service des nègres opprimés, c’est ainsi qu’il déclarait lui-même dans Cahier d’un retour au pays natal : « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir ».

Par ailleurs, on en vient à constater que les œuvres littéraires négro-africains obéissent à une certaine chronologie. Deux grands moments peuvent ainsi être dégagés : la période coloniale et le temps des indépendances. Pour les Comores, on ne peut malheureusement pas parler de l’époque coloniale dans la mesure où le premier lycée a ouvert ses portes en 1963 à Moroni et puis en 1967 à Mutsamoudou. En effet, la puissance colonisatrice avait négligé l’enseignement de la langue française dans les quatre îles qui constituent l’archipel des Comores. Celui-ci faisait partie intégrante de Madagascar jusqu’en 1958, date à laquelle les Comores ont accédé à l’autonomie interne. « Les Comores, progressivement « protégées » par le France à partir de Mayotte, dont l’acquisition avait été négociée dès 1841 par le capitaine Passot, annexées complètement en 1912 et rattachées à Madagascar, ont connu une scolarisation tardive. Interrompue au profit du comorien (à base de Swahili et d’Arabe) lors de l’indépendance des trois principaux sultanats en 1975, elle a été reprise après 1980 dans le cadre d’une coopération rénovée. Par contre, Mayotte, restée collectivité territoriale de la République française, a connu, un grand développement de la scolarisation en français». 
L’historien comorien Mahmoud Ibrahime l’a confirmé dans son ouvrage intitulé La naissance de l’élite politique comorienne (1945-1975), je cite : « A partir de 1912, l'archipel est complètement rattaché à Madagascar et administré comme une province éloignée et difficile d'accès. L'administration locale est d'ailleurs dotée de fort peu de moyens. La santé et l'enseignement sont négligés et les puissantes sociétés coloniales gèrent le pays et interviennent même dans les nominations ou les renvois des fonctionnaires (cas de Pobeguin)».

La production littéraire comorienne bien que tardive n'est pas prolifique, quelles sont les causes principales?

La littérature écrite comorienne d’expression française a 22ans. Il est vrai que la production littéraire n’est pas massive mais personnellement, je dirai que tous genres confondus nous avons quand même une bibliographie qui n’est pas négligeable. Le domaine qui fait l’objet de mes recherches c'est-à-dire la production romanesque est aussi en nette évolution. Nous avons plus d’une trentaine de romans et sur ce, trois écrivains seulement ont plus de trois romans chacun. Mais le plus prolifique est Salim Hatubou qui a à son actif dix romans. Sept romans et trois romans pour la jeunesse. En terme d’ouvrage tous genres confondus, rien que lui seul, il a plus d’une vingtaine d’ouvrage. Ceci est du par le fait qu’il est le seul écrivain comorien à se consacrer à l’écriture et qui en fait son métier. Le reste des écrivains écrivent de façon occasionnelle. Je dirai même que Mohamed Toihiri et Nassur Attoumani sont les deux écrivains comoriens qui ont le plus d’ouvrages après Salim. La production littéraire aux Comores est confrontée à plusieurs entraves notamment celle de l’édition. KomÉdit est la maison d’édition existant actuellement aux Comores à ma connaissance. D’autres maisons d’éditions appartenant à des Comoriens de la diaspora se sont implantées en France et publient des ouvrages de toutes sortes. Je citerai « Les Editions de la lune, Encre du Sud, Les belles pages, Les éditions Kalamu des îles etc.… ».  Mais toujours est-il que les romans une fois publiés, doivent être achetés et lus. Alors qu’on sait pertinemment qu’aux Comores on achèterait plutôt un sac de riz qu’un bon roman. Ce n’est pas parce qu’on n’aimerait pas lire mais seulement parce la misère frappe le pays. Ainsi cette mauvaise attitude a fait que même si l’on trouve un livre on ne se donne pas la peine de le lire. C’est la raison pour laquelle, me semble-t-il les écrivains publient leurs ouvrages en France pour profiter de la diaspora comorienne sur place.

 Soilihi: On dit toujours que Mohamed Toihiri a été le premier auteur du roman comorien, peut-on dire que la littérature comorienne débute de son roman?

Mohamed Toihiri reste incontestablement le précurseur de la littérature écrite comorienne d’expression française. En effet on ne pouvait pas parler de littérature écrite aux Comores sans son œuvre. Il fallait quelqu’un comme lui qui puisse ouvrir, déblayer la voie pour que les manuscrits jadis enfermés dans les tiroirs soient enfin publiés. Depuis la publication de son roman intitulé La Républiques des Imberbes en 1985 aux éditions l’Harmattan, on peut dire que la littérature écrite comorienne a marqué son début. C’est ainsi qu’il est en quelque sorte le père de cette littérature écrite comorienne de langue française. Certes, en 1983 l’ASEC (Association des stagiaires et étudiants comoriens) a publié un recueil de poème sous anonymat pour promouvoir une idéologie marxiste, et surtout stigmatiser la révolution d’Ali Soilih considéré comme la bête noire de ce mouvement. Soilih Mohamed lui-même l’a évoqué également dans le numéro 51 d’Africultures paru en octobre 2002 intitulé Archipel des Comores, un nouvel élan ? Je cite : « Auparavant, l’Asec s’était montrée pionnière, en diffusant un recueil de nouvelles au début des années 80 (6). Mais pour elle, il s’agissait à travers  ce travail de promotion des lettres d’incarner avant tout une « culture nouvelle » et de se hisser à la pointe des « jeunes pousses rouges » et des « bourgeons que ne sauraient écraser les bottes » pour le syndicalisme révolutionnaire. »

 Soilihi: Vous êtes, j'imagine bien un spécialiste littéraire, que pensez-vous de la nouvelle génération d'écrivains comoriens?

Tout d’abord je vous dis que je ne suis pas spécialiste de la littérature comorienne, je ne suis qu’un simple étudiant en doctorat. Je ne prétends pas détenir cette place honorifique, néanmoins je vais essayer de répondre cahin-caha à vos questions. Je pense que la littérature comorienne en général et plus particulièrement le roman comorien d’expression française a un devenir prometteur. Nous avons des jeunes écrivains de talents qui n’hésitent pas à se consacrer à l’écriture et d’en faire leur métier. Salim Hatubou est un jeune écrivain comorien de Marseille qui progresse très bien. Il vient de remporter "le prix diamant en Belgique" suite à son livre intitulé Comores- Zanzibar. Ce n’est pas tout, il sillonne le monde entier pour animer des ateliers d’écriture. Il va tantôt à la Réunion, à Mayotte et même en France. En tout état de cause, la littérature écrite comorienne est censée se développer par le biais de l’écriture émergente de cette jeune génération. Néanmoins, on peut déplorer l’insuffisance d’une contribution féminine dans le roman.     

El Fatahou SAID: Peut-on parler d'une littérature comorienne, non assimilée, non écrite, non lue et comprise par les Comoriens?

Pour qu’une littérature soit lue, il faut qu’elle soit préalablement écrite. Sinon je ne vois pas comment on peut lire quelque chose qui n’est écrite. Toute la littérature négro-africaine est assimilée si j’ai bien compris votre question, car on n’est pas arrivé dans un stade où l’on écrit notre littérature en langue nationale. Amadou Kourouma a voulu toujours malinkéniser le français en tout cas il l’a fait dans certains de ses romans.
 Les Soleils des indépendances, son premier roman qui allait devenir finalement un chef d’œuvre a été refusé par les éditeurs français car il avait un français non académique. Il a été finalement édité au Canada. Ce n’est qu’après cette première édition qu’il a été publié en France. La littérature orale comorienne de Mbayé Trambwé est comprise par une minorité bien qu’elle soit écrite en comorien. C’est notre langue mais on n’a pas l’habitude de la lire. Toujours est-il qu’on aimerait utiliser notre langue maternelle pour pouvoir bien exprimer ce que l’on ressent. Je crois qu’en ce temps-là il n’y aurait pas de barrière à l’écriture. Tout le monde écrirait, même mon père pourrait écrire sans aucun complexe. Aujourd’hui l’écriture est réservée à une élite un peu particulière à cause de la langue française.

Elbacq: selon vous, pourquoi le ministre de la culture ne se préoccupe pas assez ou pas  du tout de la littérature comorienne, alors qu'elle est le véhicule et la lumière  de toute culture nationale?

Il n’y a pas que le ministre de la culture qui néglige ce qui relève de son ministère. Tout le monde s’en fout, malheureusement, des responsabilités qui lui incombent. C’est pourquoi les Comores sont ce qu’elles sont aujourd’hui. J’espère que chacun va assumer pleinement ses responsabilités afin que les Comores puissent trouver la voie au développement socio-économique.

Hadidja : Quelle est la place de la culture orale dans la littérature comorienne ?

La culture orale ou bien je dirai la littérature orale a une place de choix dans la littérature écrite comorienne de langue française car tout d’abord les écrivains s’inspirent beaucoup d’elle pour produire leurs œuvres. Soilih Mohamed Soilih l’a dit je cite : « Les auteurs puisent aussi bien dans les fables, les légendes et autres fantasmagories constitutives de l’imaginaire collectif comorien que dans les techniques d’expression des temps passés. La littérature comorienne plonge ainsi régulièrement dans le merveilleux des  contes et des légendes des îles de la lune, visitant les mythes autour de Salomon et de la reine de Saba, situant le royaume des djinns entre le Karthala et les djebels de Hadhramaout, mêlant le récit et l’imaginaire ». Pour vous donner un exemple probant notre écrivain Salim Hatubou,  se rend de temps en temps aux Comores et procède à des enquêtes sur le terrain pour l’élaboration de certains de ses ouvrages. Dans les contes qu’il publie on voit un peu les histoires qu’on entendait quand on était tout petit. Il se confronte à un travail de transcription de l’oral à l’écrit, ce qui est merveilleux.

Mohamed: combien de poètes comoriens sont publiés? Quel genre de poésie font-ils?

Beaucoup de nos romanciers sont des poètes. Salim Hatubou, Nassur Attoumani, Aboubacar Saïd Salim et j’en passe. Il y a aussi des poètes qui se sont consacrés à la poésie notamment, Abdallah Said, Mab Elhad, Saidoun Ben Ali et j’en passe, la liste est tellement longue que je ne pourrai pas tous les citer. Je crois qu’il y a un peu de tout. On trouve à la fois de la poésie épique, de la poésie lyrique etc.…

Chat modéré par Djamal M'SA ALI & Ali Mmadi

mercredi 19 décembre 2007 à 20 h 30

 

Le-comorien.overblog.com

Repost 0
24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 10:12
Par Abderemane Said Mohamed

En 1985, paraissait La république des imberbes de Mohamed Toihiri. Premier roman comorien d'expression française, ou premier roman d'un Comorien, cette œuvre marqua, non seulement l'apparition d'un nouveau genre dans le paysage littéraire comorien mais aussi et surtout, une rupture avec des traditions littéraires jusque-là dominées par l'oralité et la poésie écrite d'expression arabe ou swahili.

Alors qu'en cette même année, la quasi totalité des îles du Sud de l'Océan Indien, notamment, Madagascar, Maurice et la Réunion avait déjà une littérature écrite d'expression française plus ou moins établie, les Comores en étaient à leur première tentative.

C'est dire que ce propos va, ipso facto, porter sur la genèse de cette littérature, à défaut de pouvoir porter sur des acquis qui ne peuvent s'inscrire que dans la durée. Or qu'est ce-que vingt ans lorsqu'il s'agit de parler de la naissance, de l'évolution, et de la maturité d'une littérature ? 

Il reste cependant un certain nombre de questions dont on ne peut faire l'économie. Parmi elles, celle concernant les raisons de la naissance tardive d'une littérature écrite d'expression française aux Comores. Multiples et variées, ces raisons vont du refus d'adopter la langue et la culture du colonisateur à l'absence de toute structure d'édition et de publication. Ce propos se terminera par une brève revue des thèmes développés par la jeune littérature comorienne d'expression française.

2. LA COMMUNAUTE LINGUISTIQUE ASSIMILEE A UNE COMMUNAUTE CULTURELLE

A l'époque où fut publié le premier roman comorien d'expression française, le français était plus ou moins déjà parlé, lu et écrit dans l'Archipel des Comores depuis plus d'un siècle. Mais c'était un usage de la langue dont la finalité était purement fonctionnelle et utilitaire. On parlait et écrivait le français dans l'administration, on l'enseignait dans les quelques rares établissements scolaires. En dehors de cette sphère extrêmement restreinte, aucun Comorien n'avait eu recours au français dans un acte littéraire, reflet indéniable de sa personnalité et de son identité. 

Pour cette raison, il ne serait pas approprié de parler d'une littérature comorienne d'expression française muselée ni d'une littérature balbutiante, ni même d'un silence. En effet, c'était d'un néant, d'une inexistence qu'il s'agissait dans la mesure où la voix de cette littérature n'avait jamais « éclos » pour s'interrompre après. Il n' y avait tout simplement rien.

Cependant, si juste et si cinglant que puisse être ce constat, il mérite d'être quelque peu relativisé dans la mesure où, tout semblait concourir à cette « non-naissance »littéraire et que rien n'existait ou rien n'était fait pour inverser ce schéma.

En effet, dans la situation diglossique qui était (et qui est toujours) celle des Comores, la langue française, supplantée par l'arabe et le swahili, n'avait pas la considération dont elle jouit aujourd'hui. Langue du colonisateur-dominateur, langue du kafir , le français était consciemment ou inconsciemment associé à cet « alter » si différent, en religion, en us, en coutumes, en mœurs, et pour qui, même la consommation des aliments et boissons interdits était permis.

Parler, écrire le français, langue du Mzungu, jusqu'à en devenir un virtuose capable d'y imprimer ses émotions pouvait être perçu comme une adoption du uzungu , comme une adhésion à une identité autre, de surcroît, celle du dominateur. La communauté linguistique était assimilée à une communauté culturelle. Saussure va bien dans ce sens lorsqu'il écrit : 

Le lien social tend à créer la communauté de langue et imprime peut-être à l'idiome commun certains caractères ; inversement, c'est la communauté de langue qui constitue, dans une certaine mesure, l'unité ethnique .

Parler le français et surtout écrire en français n'était ni plus ni moins que se constituer membre d'une communauté linguistico-culturelle. La situation des Comoriens pouvait se résumer en une seule phrase : « Je veux bien m'adonner à votre langue mais pas me donner à elle », si tant est que l'on puisse s'exprimer ainsi. 
Dans ces conditions, il valait mieux être qualifié de mstaarabu (arabisé, civilisé) que de Mzungu. Autant le premier qualificatif exprimait tout le privilège et l'honneur de pouvoir parler l'arabe, d'être en partie de civilisation arabe, autant le deuxième, la crainte de la culture française et occidentale d'une manière générale. A cette francité, on opposait donc cette arabité introduite par cet « autre » venu d'ailleurs mais paradoxalement proche car faisant partie de la même Umma . En tant que Sainte langue , celle de celui qui se coiffe d'un turban mais non d'un ngora za'zungu pris en horreur par la population Comorienne, l'arabe était la langue des belles lettres par excellence. 

De même, la langue swahili avait bénéficié d'un prestige comparable à celui de l'arabe. La parler ou l'écrire était également perçu comme une marque d'ustaarabu et de connaissance. Ainsi, toutes les chroniques écrites aux Comores, pour ne citer que cet exemple, le sont en arabe ou en swahili à l'exception de celle du Prince Said Hussein qui est écrite en comorien. Le swahili était, dans l'imaginaire collectif, porteur d'une culture raffinée, d'une certaine ouverture d'esprit qui s'opposait à l'inculture voire l'ignorance des masses n'ayant jamais accédé au mythe de « l'ailleurs merveilleux ».

Mais les raisons de la « non-naissance » d'une littérature comorienne d'expression française résident également dans un système éducatif très sommaire pendant la colonisation française. Ainsi, en 1939, il n'existait pour tout l'Archipel que dix écoles primaires (appelées écoles indigènes du premier degré).Au bout de quatre ans d'études, un concours sélectionnait les cinq meilleurs élèves qui partaient pour trois ans compléter leurs études à Madagascar.

Après la guerre, on mit en place un système double : cours complémentaires pour les enfants comoriens de nationalité française et cours complémentaires de type local pour les autres. Cependant, le cycle secondaire devait toujours être accompli à Madagascar. Le premier lycée comorien ouvrit à Moroni en 1963 et la première université, seulement en 2003.

Par ailleurs, jusqu'au milieu des années 1980, il n'existait aucune presse écrite aux Comores. C'est dire que même le simple fait de publier un petit poème dans un journal local était inenvisageable.
Il a fallu attendre le début des années 2000 pour voir la première maison d'édition comorienne, Komédit, qui malgré des moyens et des capacités de diffusion très limités, a permis à de nombreux Comoriens de faire leur premier pas dans l'écriture. 

Pour toutes ces raisons, il ne pouvait y avoir de littérature comorienne d'expression française avant la colonisation, pendant la colonisation et bien des années après l'indépendance. Paradoxalement, c'est après le départ des français que s'est amorcé l'engouement pour la culture et la langue française. Ce qui fut plus ou moins à la portée des Comoriens, sans intéresser personne durant des d'années, prit subitement le goût raffiné de « l'ailleurs ».Ecrire en français revêt désormais un autre visage.

3. GENESE D'UNE LITTERATURE

La première véritable œuvre comorienne écrite en français, la République des imberbes, fut publiée en 1985 par Mohamed A. Toihiri, un enseignant universitaire qui résidait en France. C'est un roman relatant la courte période de la révolution comorienne (1975-1978) où la jeunesse (des lycéens pour la plupart), sous la conduite d'un jeune président communiste, prend les rênes du pouvoir politique et remet surtout en cause, dans l'euphorie générale, certains des fondements traditionnels de la société, notamment son aspect féodal.

En 1992, Mohamed Toihiri publie le kafir du karthala, un autre roman qui dépeint encore une fois la société comorienne et surtout ses « tares ». La tradition du « grand mariage » coutumier y est, par exemple, disséquée avec force détails pour mieux dénoncer dans une posture de combat, le poids des traditions face à la modernité représentée par le héros-intellectuel Idi wa mazamba. Héros aux traits psychologiques d'un quasi messie, porteur de la bonne parole, on dira de la bonne pensée, le médecin Idi wa mazamba ne reste pas moins sensible, malgré la maladie qui le consume (il était cancéreux), à la gangrène rongeant sa patrie, à savoir le mercenariat. 

Il n'est aucun doute que les questions politiques et sociétales constituent la trame des œuvres de Mohamed Toihiri. Il s'agit d'écrits et d'une écriture hantés par l'histoire chaotique des Comores indépendantes, par les pesanteurs sociales au point de devenir, à force de vouloir dire, dire les choses telles qu'elles sont, une réalité palpable sur papier. Dès lors, cette littérature trop nourrie de vérités, trop nourrie de réel, s'apparente parfois à une sociologie de la misère ou une anthropologie des traditions ou de la parenté... 
Mais cette littérature peut-elle être séparable du contexte dans lequel elle prend naissance ?
Voici un passage extrait de la république des imberbes suivi d'un autre extrait du kafir du karthala :

Pendant huit jours et huit nuits, le fleuve feu a coulé. Plusieurs personnes l'avaient fui mais plusieurs autres étaient venues à lui. On voyait des centaines et des centaines de personnes venant du Nord et du Sud, de l'Est et de l'Ouest, de Maoré, de Ndzuani et de Mwali traversant montagnes, forêts, déserts de pierre, mers pour venir retrouver le fleuve de feu. Quelqu'un aurait répandu – certains disent que ce sont les Chinois – le bruit comme quoi les émanations d'un volcan ont une vertu curative. Elles guérissent toutes les maladies possibles et imaginables.
Ainsi Singani était devenu une immense scène de théâtre dont les acteurs étaient les syphilitiques, les épileptiques, les asthmatiques, les paralytiques, les poitrinaires, les hémorroïdaires, les goutteux, les aveugles, les sourds, les débiles, les éclopés, les lépreux, les pestiférés, les pieds-bots, les unijambistes, les culs-de jatte, les culs-terreux, les constipés, les migraineux et les hernieux.
Tout le long du fleuve de feu se trouvaient de petits groupes qui devisaient tranquillement, suant à grosses gouttes, supportant stoïquement cette chaleur de la géhenne. On aurait dit Lourdes « négrifiée ». Les malvoyants rapprochaient leurs orbites closes à toucher les braises incandescentes. Le seul résultat était de se brûler les cils et les paupières. Les sourds inclinaient tantôt l'oreille droite, tantôt l'oreille gauche. Les muets ouvraient tout grand la bouche comme s'ils voulaient laper le feu. [...]
Après une semaine de ce régime infernal avec une nourriture insuffisante dans des conditions d'hygiène innommables, les plus mal en point avaient rendu l'âme, les autres étaient revenus chez eux dans un état plus lamentable qu'avant. Le mythe du volcan guérisseur avait vécu. Le karthala était apparu piaffant d'impatience et d'inhumanité... p. 109

le kafir du karthala pp. 73-75

Lafüza, Kassabou, Issa et Idi se mirent à table. La présence de Issa ne mit personne mal à l'aise. Dans ce pays, il y a toujours une assiette pour le visiteur inattendu. Par contre Issa, lui, trouvait étrange la présence de Lafüza et de kassabou à table. Elle constituait une atteinte aux us et coutumes comoriens. De la provocation. La place des femmes est à la cuisine. C'est leur monde. Monde qui est bien sûr interdit aux hommes, sauf aux garçons de moins de douze ans à la sexualité encore en sommeil. La cuisine et la place qui sépare cette dernière du salon constituent leur royaume. Elles y cuisent, y cousent kandus et koffias, y pilent matapa et riz. Elles y reçoivent amies et parentes.
Là elles peuvent à loisir cancaner, caqueter, papoter, pépier, piailler et ragoter. Elles donnent libre cours à leur fertile imagination. [...] Il est certes permis à la femmes de faire quelques apparitions dans la salle de séjour, mais pour servir l'homme, pour desservir, ou pour recevoir un ordre. Et voilà qu'avec cette nouvelles génération, surtout ceux ayant séjourné chez les Wazungus, on voit des jeunes femmes pousser l'audace jusqu'à recevoir des visiteurs dans la salle de séjour, aller même jusqu'à s'asseoir sur une chaise ou un fauteuil, converser avec des hommes et les regarder dans les yeux, ce sans bwibwi, ni lesso, ni chiromani.

Ces deux extraits, teints d'un réalisme saisissant, témoignent de cette tendance de la jeune littérature comorienne d'expression française à vouloir décrypter, sinon à dompter un environnement culturel, politique ou social souvent perçu comme visage « liberticide » et absurde. La ruée sur « le fleuve de feu » de la population comorienne ou cette cuisine où bavardent des femmes sont autant de scènes de cette même photographie instantanée d'un réel que l'on dénonce ou expose.

Ce même souci d'appréhender le réel, de le sortir des abîmes d'un inconscient débordant de cauchemars est aussi remarquable chez des écrivains comme Aboubacar Said Salim qui, dans le bal des mercenaires (le titre en dit long), dénonce à la fois le mercenariat aux Comores et le poids des traditions. 
Parallèlement à l'histoire d'amour contrarié de Miloude et Mkaya, les deux héros du roman, et leur désir de liberté, est racontée l'histoire de tout un peuple tenu sous le joug de quelques soldats de fortunes et sa soif de libération, de liberté. L'amour contrarié d'un être se superpose ici à l'Amour de la patrie. 
Dans Et la graine, un autre roman d'Aboubacar said Salim, c'est la grève des lycéens comoriens de 1968 qui est mise en scène. Témoignage poignant sur un événement historique, célébration du courage de jeunes gens encore une fois avides de liberté, illusions perdues face à une réalité coloniale mise à nue. En témoignent ces quelques phrases :

Adieu liberté, adieu égalité, adieu fraternité de nos beaux manuels d'histoire !Adieu Kant, Descartes, Pascal ! Bonjour Lieutenant Walker ! Seul philosophe accoucheur de vérités coloniales, seul poète mage dans son bel uniforme flambant neuf aux galons dorés.

La littérature comorienne d'expression française semble donc se construire dans une dynamique de conjuration du sort et de combat ; combat contre le féodalisme, combat contre le poids des traditions, contre le colonialisme, contre la désintégration des Comores, contre la maladie (le médecin cancéreux et la ruée sur « le fleuve de feu »), combat contre le mercenariat, en somme, combat pour un idéal de vie.
Dans la préface de Paille-en queue et vol , Saindoune Ben Ali écrit :

Le verbe, des entrailles du temps et des mirages de l'enfance – quelle enfance ? Celle d'une terre en quête de matérialité ou de la raison de son être ici ?[...] C'est d'une poésie d'espoir que nous parlons. Macération verbale, accouchement d'une parole primordiale, celle d'un attachement à une terre dont les fantômes ne finissent pas de hanter dans le jour les enfants que nous sommes. Une écriture pour conjurer le sort, non une thérapie mais une volonté d'assumer la vie passée pour que les horreurs du temps ne soient pas contraintes à se répéter, dans une éternelle agonie. (p.11)

Que l'on lise le notable répudié de Patrice Ahmed Abdallah, Paille-en queue et vol, Pauvre Comores d'Ibrahim Barwane, Roucoulement de Nassuf Djailani ou Testaments de transhumance de Saïndoune Ben Ali..., C'est toujours le même cri de douleur et de désillusion qui s'élève au fil des pages. Douleur « étouffante » d'un peuple au bord de l'asphyxie.

Dans roucoulement, on peut lire :

Ma terre mon amour
Ta peau gonfle à la piqûre de la guêpe
mais ton esprit demeure sclérosé
te reveilleras-tus ?
Ma terre mon amour
se réconcilier avec la mémoire conquise

[...]Ma terre mon amour
éclore l'arbre séculaire
dire au monde
notre soif boulimique d'air


Mais la douleur « étouffante » devient vite « mortelle » lorsque le poète Saïndoune Ben Ali écrit dans sa propre biographie :

Saïndoune Ben Ali est né face à la mer, à Mirontsy sur l'île d'Anjouan aux Comores, à la fin des années soixante. Il a grandi sur les Itinéraires des rêves, il est mort en 1978, piétiné par une foule carnavalesque dans les rues de son île natale, à l'annonce du coup d'Etat qui mit fin à la vie D'Ali Soilihi. (p.1).

Oeuvre majeure, Testaments de transhumance marque véritablement une rupture dans la littérature comorienne d'expression française. En effet, après avoir été dans les premières expériences occultée au profit du seul souci de représenter le réel, la question du rapport au langage surgit. Le langage devient en soi objet d'intérêt. Désormais, il ne s'agit plus seulement d'écrire mais d'écrire de la littérature. 
Cette tendance, amorcée par Saïndoune Ben Ali annonce une nouvelle ère. Reprise et même développée par d'autres jeunes écrivains, en particulier, deux autres, poètes, elle traduit tout simplement l'entrée de l'écriture dans la sphère littéraire. Le combat a dorénavant une esthétique.


Conclusion

Je croyais qu'il y avait peu à dire sur la littérature comorienne d'expression française, que le manque de recul serait une énorme difficulté, que l'inexistence de toute étude, du moins connue, ne ferait que compliquer davantage mon ambition, mais au fur et à mesure que je rédigeais cette contribution, l'intérêt de ma modeste démarche devenait de plus en plus évident. Bientôt, il me parut impossible, tellement le sujet s'avéra trop large, de tout dire. Il fallut faire un choix, celui d'un aperçu.

Il eut été par exemple très intéressant de parler d'un des auteurs comoriens le plus prolifique à savoir Salim Hatubou, s'interroger sur cette littérature comorienne de la diaspora.

Et que dire de l'intérêt grandissant pour les contes ? Dans un article récent sur l'oralité, j'écrivais :
D'ailleurs, aux Comores, ce n'est que très récemment qu'on a vu l'émergence d'une littérature écrite d'expression française. Mais au lieu d'être complètement en rupture avec la tradition orale, ce mode d'expression nouveau qu'est l'écriture s'en imprègne et la prolonge. En effet, l'œuvre la plus moderne n'échappe ni à la poétique de la littérature orale ni à ses grandes figures qui sont constamment reprises, parfois d'une façon subtile. Le dernier roman de Salim Hatubou, intitulé « Marâtre », en est une illustration parfaite. La figure de la marâtre telle qu'elle apparaît dans les contes y est reprise avec tous ses attributs.

La question de l'oralité dans la littérature comorienne d'expression française est un de ces champs qu'il eut fallu explorer tout comme tant d'autres.

ABDEREMANE Said Mohamed (Wadjih)


Bibliographie
Abderemane Said Mohamed, Djambo Djema et autres contes des Comores, Komédit, 2002.
Abderemane Said Mohamed, De l'oral à l'écrit, la transcription et la traduction des contes comoriens in « Les Cahiers de l'Orient » N°77, Paris 2005.
Abderemane Said Mohamed, Universalité et spécificité des contes comoriens in « Ya mkombe » N°10, Moroni, 2003.
Abderemane Said Mohamed, La dynamique énonciative dans les contes des Comores in »Ya mkombe » N°12, Moroni 2005.
Aboubacar Said Salim, Le bal des mercenaires, Komédit, 2004. 
Aboubacar Said Salim, Et la graine, Editeur, Cercle repère.
Ibrahim Barwane, Pauvres Comores, Komédit,2005.
Mab Elhad, Kawulu la mwando, Komédit, 2004.
Mohamed Anssoufouddine, Roucoulement, Komédit, 2006.
Mohamed Toihiri, La République des Imberbes. Paris: L'Harmattan, 1985.
Mohamed Toihiri, Le Kafir du Karthala. Paris: L'Harmattan, 1992.
Nassuf Djailani, Une saison aux Comores,Komedit,2005.
Nassuf Djailani, Roucoulement, Komédit, 2006.
Patrice Ahmed Abdallah, Le notable répudié, Komédit,2002.
Ridjali Ambass, Sur le chemin de l'école,Komédit,2002.
Saïndoune Ben Ali, Testaments de transhumance, Komedit, 2004.
Salim Hatubou, Contes de ma grand-mère, L'Harmattan, 1994
Salim Hatubou, Le sang de l'obéissance, L'Harmattan, 1996.
Salim Hatubou, L'odeur du béton, L'Harmattan,1998.
Salim Hatubou, un conteur dans ma cité, Encres du Sud, 2000.
Salim Hatubou, Métro bougainville, Editions VIA, 2000
Sambaouma A. Nassar, Poèmes parlés en marge
Repost 0
6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 11:32

Aboubacar-SAid-Salim-Po-te.jpg 

Né en 1949 à Moroni, Aboubacar Saïd Salim a fait des études supérieures en France (licence de Lettres modernes). Revenu aux Comores, il est professeur de français dans les collèges et lycées, et a même été récemment Conseiller principal d'Education au GSFA.

Il a obtenu en 1949 le premier prix littéraire de l'Alliance Française au concours de nouvelles.

Il est président du Club Kalam, l'association des écrivains comoriens, et membre fondateur du Cercle Pohori pour la diffusion de la poésie comorienne.

Parallèlement à ses activités littéraires, Aboubacar Saïd Salim a toujours mené des combats politiques. Il a ainsi été emprisonné et torturé sous le régime des mercenaires pour ses liens avec le Front démocratique.

Il a également milité au sein du parti Shuma, avant de devenir le conseiller en communication du colonel Azali, après le putsch d'avril 1999.

Œuvres :

 Poésie : Crimailles et Nostalgie

Romans : Le bal des mercenaires      

                 Et la graine


 

POETES, A LA MAISON !

Inutiles,

Mots inutiles Sur la vague des sons,

Les cœurs sont fermés

Le sexe - roi fait vibrer

 Les cordes vocales

Vers le point oméga

De l'immense impuissance.

L'Univers indifférent

 Que nul son n'habite

 Echo des silences bleus des errances

De nos fantômes fantastiques

En attendant l'affaissement final

De vos révoltes, de vos désirs

Poètes, rêvez, rêvez encore !

 Rêvez debout !

Et gardez pour vous

Les désillusions palpitantes

Comme des bouts de chair

 Fraîchement bombardés

D'un enfant Irakien.

Poètes, rêvez haut, rêvez fort

 Avant qu'on ne vous dise :

« Vite ! A la maison. » !

Abou (Maurice. Maison du Poète à Port Louis)

 

Aboubacar Said Salim.

dimanche 16 avril 2006

Holambe Comores Page 1/2


 

Je te hais d’amour !

 

 

Merde à toi Comores !

 

Il parait que ça porte bonheur

Mais moi, je t’insulte vraiment

Après t’avoir si longtemps encensé

 

Je brûle ce que j’aimais

Car ce que j’aimais me brûle

Et d’ailleurs je me demande :

 

Si tu n’as jamais existée,

Si tu n’es pas une invention

Forcée, pour faire comme les autres,

Pour obéir aux autres,

Comme tu sais si  bien le faire.

 

Pseudo nation, coupée en quatre

Comme des cheveux

Pliée en quatre pour mendier

Aux quatre coins de l’univers.

 

Monstre d’égoïsme sans dignité

Je te hais car tu m’empêches

D’être homme, tu obstrues toutes action

Tu flétries toute révolte

Tu fais de nous  des musulmans moutonnants.

Tu nous fais vivre dans les ordures.

 

Tout en toi n’est qu’ordure

Ton système, ordure

Ta beauté ordure

Tes intellectuels, moi compris.

 

Suspendue à la manne

Multi, uni, bilatérale

Couchée sur le côté

Comme un cadavre putride

Tes exhalaisons nauséabondes

Nourrissent les hyènes  d’ici

Et d’ailleurs.

 

Et tu me demandes de ramper

Moi qui ne sais pas me baisser

Pour chercher sous un lit

Qui préfère soulever le lit

Plutôt que de m’abaisser

 

Comment t’aimer alors 

Sale pute !

 

Comment ne pas chier sur ta couardise !

Déguisée en patience

 

Ta saloperie de sagesse qui ose déclarer :

« Celui qui accepte les chaînes n’a pas mal,

« Chez le peureux, point de deuil,

« On ne peut voler que dans son travail,

« Qui ne vole pas chez lui,

« Ne devient pas homme »

Et patati et patata…………

 

Je te soupçonne d’hypocrisie,

Avec tes cent pour cent musulmans,

Glouglouteur des meilleurs whiskies ;

Et qui les vendredis

Se donnent bonne  conscience,

Avec des boubous blancs

Encore dégoulinant, de sperme adultère

Tes  kofia ornés de « Bismillah »

A soixante dix mille francs,

Dix fois le salaire minimum

Jamais versé.

 

Comores tu as fais de nous

La risée du monde,

Tu nous as rendus zinzin

Des vrais pantins

 

Comores  Tu as uniformisé nos pensées,

Et nos actions ne visent

Qu’à monter  au plus  haut du mât de cocagne 

Pour arracher cinq vices primordiaux :

Vacuité, vanité, voracité, veulerie, vol.

 

Vade rétro Comores ;

Tu me casses le cœur !

Et si tu t’appelais Kumr désormais

 

Kumr la blancheur

Au lieu de Comme  mort ?

Kumr pour faire renaître l’espoir

Même pour l’imbécile que je suis

Il faudra que tu y penses un jour

Pour nous arracher des cœurs la noirceur

Et la blanchir au soleil de l’humain,

 

Repost 0
26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 02:08
   6e PRINTEMPS DES POETES
 DES AFRIQUES ET  D' AILLEURS

 

DU 7 au 15 mars 2009

 

  « En rires au pays de la néo-négritude »

 

L'éclosion du Printemps parisien est insécable des festivités poétiques de la néo-négritude, et nous sommes vigoureusement de retour pour la 6e année consécutive. Partout dans Paris ont poussé des arbres indépendants semés par la musicale graine poétique  de la néo-négritude parisienne .Nous nous en réjouissons vivement, néanmoins notre humble devoir est de rappeler énergiquement que la néo-négritude ne serait être  imbibée de racisme au risque de trahir grandement la large et paisible source négritudienne à laquelle elle s'abreuve goulûment. Aimé Césaire, le Père, non pas de « la notion de négritude », mais du néologisme « négritude » affirmait lui-même : « ne faites pas de moi un homme de haine pour lequel je n' ai que haine ».Cette phrase éthique et poétique du Pape de la négritude tonna dans le ciel sombre du Cahier d' un retour au pays natal dès 1939.Ce désir d' un humanisme noir sera théorisé, par la suite, à travers maintes articles écrits par son plus-que-frère le théoricien de la négritude Léopold  Sédar Senghor.

En théorie jadis, et maintenant en pratique, grâce à l'élection récente et spectaculaire de Barak H. Obama -le premier Président noir des Etats-Unis d' Amérique-l' humanisme moderne n'est plus l'apanage des Blancs !


Une horde vocale noire et blanche s'interroge légitimement sur l'état d'avancement de notre anthologie manifeste de la néo-négritude, annoncée pour l'année dernière et dont ils n'ont point vu la moindre ombre d'apparence. Je les comprends et les rassure, en leur susurrant gentiment qu'il existe dans la nature humaine des blocages psychologiques relevant de             l'inconscient, j'en ai été tristement la victime ...L'explication psychanalytique de ce phénomène relève du fait que le manifeste de la néo-négritude poétique ne pouvait en aucun cas paraître avant le manifeste de renforcement et de célébration de la négritude poétique. Le père ne peut, en effet, pas venir du fils !

 C'est ainsi que je vous annonce non plus une, mais deux anthologies avant décembre 2009, la date officielle du IIIe Festival Mondial des Arts Nègres, lequel se tiendra à Dakar sous le signe de la Renaissance africaine et sous l'égide du Président Abdoulaye Wade. L'anthologie Poèmes d'amour des Afriques et d' Ailleurs et celle sur 30 poètes de la négritude (traduite en anglais, en espagnole et en vietnamien) honoreront cette rencontre dakaroise tant attendue, et bien d'autres encore .Elles seront en fait nos ambassadrices urbi et orbi, et ce pendant encore de nombreuses années.


La 6e édition du Printemps des Poètes des Afriques et d' Ailleurs a pour parrain, pour  la 4e année consécutive, le poète de la négritude Martial Sinda(Premier poète de l' Afrique Equatoriale Française en 1955 et Grand Prix de L' AEF en 1956).Permettez-nous, à cet instant précis, à la fois d' avoir aussi une chaleureuse pensée  pour le parrain des deux premières éditions de notre festival, j' ai nommé le poète de la négritude Jacques Rabémananjara(Grand prix de l' Académie française), et de rappeler sa devise fondatrice que nous avons faite nôtre : « Il est bon que les poètes des Afriques et d' Ailleurs cherchent à se rapprocher, à se réunir le plus souvent possible pour un fructueux échange d' expériences humaines : se connaître entre eux et se faire connaître par ceux qui pratiquent la langue dont ils sont fiers de porter la bannière ! ».


Pour la 6e édition nous n'avons pas de poète invité d'honneur, néanmoins nous commémorerons les 70 ans du Cahier d'un retour au pays natal d'Aimé Césaire. Cet ouvrage dont la parturition fut douloureuse occupe une place phare dans les maillons de la chaîne de la négritude. Nous lirons cette belle pièce phare de la négritude de manière feuilletonesque tout au long des 5 riches jours de notre festival fraternel.

Parmi les autres dates anniversaires, nous aurons une pensée profonde pour les 50 ans du 2e Congrès des artistes et intellectuels noirs qui s'est tenu à Rome sous la houlette de la Société Africaine de Culture administrée par Alioune Diop. C'est ainsi que  nous dédierons notre soirée de clôture à Alioune Diop, lequel fut non seulement le Socrate noir de la négritude, mais aussi l'éditorialiste et l'initiateur de grandes messes de la négritude. Au cours de notre soirée de clôture placée sous de bons auspices, nous devrions adopter une résolution pour la création d'un espace culturel noir à Paris. Cette ville lumière fut- et il ne faut pas l'oublier- grâce à la volonté de Georges Clémenceau et à la subtilité de Blaise Diagne, le lieu d'accueil, il y a 90 ans (du 19 au 22 février), du Premier Congrès Panafricain qui sous l'égide de W.E.B. Du Bois déposa auprès de la Société Des Nations(ancêtre de l' ONU) des résolutions pour améliorer le triste sort des Noirs des colonies tout en demandant que les anciennes colonies de l' Allemagne vaincue soient confiées à une gestion internationale.

Et, pour couronner le tout, avant d'être emporté par l'appel irrésistible des aèdes et des tam-tams ensorcelants, nous nous joignons en esprit au centenaire de NAACP (National Association  for the Advancement of Colored People), la plus ancienne association pour         l'avancement des Noirs cofondée par W.E.B. Du Bois et des Blancs progressistes. Comment ne pas avoir une petite pensée pour le récent départ vers l'au-delà de l'actrice Marpessa Dawn,  l'Eurydice noire du fameux film Orfeu negro de Marcel  Camus, lequel obtint en 1959 à la fois  la palme d'or du festival de Cannes et l'Oscar et le Golden globes du meilleur film étranger. C'était il y a 50 ans !


Que vive la poésie enfanteuse d'espoir et de rêves fraternels sur l'iris d'un œil multicolore !



                                                                                                                                          Le Président


                                                                                                                  Thierry Sinda,                                                                                                                                                                                                                      

COMITE D'ORGANISATION

 

Président : Thierry SINDA

Professeur de Lettres, poète, délégué général chargé de la francophonie de



Repost 0
26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 01:52

  Président : Thierry SINDA

Professeur de Lettres, poète, délégué général chargé de la francophonie de

Programme du 7 au 15 mars 2009 

Samedi 7 mars

.19h30-23h : Lectures-dédicaces avec Fatima CHBIBANE-Bennaçar(Maroc), Evelyne PELERIN NGO MAA(Cameroun), Mahieddine BENTIR(Algérie), Francine RANAIVO(Madagascar), Elimane KANE (Sénégal), BOUDJI(Algérie), Marie-France DANAHO(Guyane), ISTINA(Congo) et mini scène ouverte.

Musiciens : Partageons nos différences (France-Mali) (Benoit ROQUE et Lamine KOUYATE)

Conférence : « Les poètes de la Harlem Renaissance » par Samuel LEGITIMUS (acteur, metteur en scène et Président du collectif  James Baldwin de Paris).

Lieu : Société des Poètes français

16, rue Monsieur le Prince 75006 PARIS (RER Luxembourg ou M° Odéon)

Tel : 01 40 46 99 82

 Lundi 9 mars

. 17h-19h : Interventions à l’université de la Sorbonne-Nouvelle dans le séminaire doctoral  du Professeur Jean Bessière.

Conférences : «  Le rire chez les auteurs de la négritude » par Thierry SINDA et « Les poètes de la Harlem Renaissance » par Samuel LEGITIMUS (acteur, metteur en scène et Président du collectif  James Baldwin de Paris).

Lectures illustratives par les acteurs : Moa ABAÏD, Ariane SELASSIE et Ozùa TAYORO.

Lieu : Université de Paris III (site Sorbonne) département de littérature générale et comparée (2e étage)

17, rue de la Sorbonne 75005 Paris (M° Saint-Michel ou Luxembourg)

 

.19h30-23h :Lectures-dédicaces :HOURIA(Comores), Deva KOUMARANE (Inde), Ozùa TAYORO(Côte d’ Ivoire),Jaimé GALDOS(Pérou), NANA Youla YANSANE(Franco-guinéenne), Isaline REMY(France), Marie-Lou CHENET (Haïti),Romuald CHERY(Martinique), Ferdy AJAX(Haïti),  Régine MAZION(France), Omoleï PONS-DOLO(franco-malienne) , et Nadia GUERBAS(Algérie).

Musiciens : Partageons nos différences (France-Mali) (Benoit ROQUE et Lamine KOUYATE) et Ben NODJI ( Comores).

Conférence : 1ère présentation du projet d’un espace culturel afro à Paris  (TAM) par Samuel LEGITIMUS 

Lieu : Restaurant la Tontine d’or

27, rue Jean-Pierre Timbaud

75011 Paris

M° Oberkampf

Tel : 01 47 00 51 02

      Jeudi 12 mars 

.19h30-23h : Lectures-dédicaces Jeannine DION GUERIN accompagnée à la Kora par Lamine Kouyaté, N’ dongo MBAYE(Sénégal), Mab ELHAD (Comores), Khéloufi SALIÂME (Franco-algérienne) accompagnée musicalement par Laurent BERNARD(France), ANTSIVA(Madagascar), Barnabe LAYE (Bénin), ROMA(Martinique), Théodia TEODORO (Portugal), Alain Alfred MOUTAPAM(Cameroun),Fredy JAOFERA(Madagascar), Thierry SINDA(Congo)

Musicien : Ben NODJI (Comores)

Conférence : « Le rire chez les auteurs de la négritude » Par Thierry SINDA

Lieu : Société des Poètes français

Samedi 14 mars  -A partir de 15h précises

Lectures, débats et animations artistiques, culturelles  et culinaires :

. Scène ouverte avec Mab ELHAD (Comores), Janine DION GUERIN(France) accompagnée à la Kora par Lamine KOUYATE, N’ dongo MBAYE(Sénégal), Deva KOUMARANE (Inde), Marie-Lou CHENET (Haïti), Isaline REMY(France), Romuald CHERY(Martinique),Sophie CERCEAU(Brésilo-béninoise), Ferdy AJAX(Haïti), ISTINA(Congo) , Iverlene DIALLO(Barbade),   Francine RANAIVO(Madagascar), Maggy de COSTER (Haïti), Fredy JAOFERA(Madagascar), Evelyne PELERIN NGO MAA(Cameroun), Théodia TEODORO (Portugal), Pascale RABESANDRATANA(Madagascar), Nadia GUERBAS(Algérie),  NANA Youla YANSANE(Franco-guinéenne ), ROMA(Martinique)…

.Débat : « 2e présentation du projet de  création d’un espace culturel africain à Paris » (Théâtre Africain Mondial) par Samuel LEGITIMUS

. Animations : présentation d’ une  école nouvellement construite à Daga en pays Dogon par Akonio DOLO(Dogon théâtre), extrait du spectacle Négritudes par Amadou GAYE(Sénégal), extrait de spectacle de contes Kongo par Gabriel KINSA(Congo), extrait du spectacle Liberté de Sadia LBAZ (Vibraction hip hop ; Franco-marocaine), et présentation de produits culinaires de Madagascar par Francine RANAIVO(Madagascar)…

.Musiciens –chansonniers : Ben NODJI (Comores), Partageons nos différences (Benoit ROQUE et Lamine KOUYATE), Pascale RABESANDRATANA(Madagascar),  Mahieddine BENTIR(Algérie).

Lieu : dans un loft (porte verte)

           6, impasse Popincourt Paris 11e (niveau 34 -36 rue Popincourt) M° Voltaire

 Dimanche  15mars 

 Dédiée à Alioune DIOP

. A 15h : Adoption d’une résolution pour la création d’un espace culturel africain à Paris par Samuel LEGITIMUS

. A 19h : Scène ouverte slam poésie en partenariat avec Universlam dirigée par King BOBO et RAHMAN. Maîtresse de Cérémonie Donna VICKXY(Cameroun).

 . A 21h : Dîner de clôture

Lieu : Restaurant la Tontine d’or

              


Repost 0
30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 00:07

Cris d’ici et d’ailleurs : une écriture migrante  d’une langue à l’autre

 

La littérature comorienne vient de s’enrichir  de l’arrivée sur la scène poétique de Halidi Allaoui qui vient de publier dans la collection poésie, son recueil aux éditions KomEdit. Composé de plus d’une cinquantaine de poèmes sur 70 pages, ‘’Cris d’ici et d’ailleurs’’ a bénéficié de la plume de Aboubacar Said Salim son professeur de français, poète et écrivain, qui a rédigé la préface. Né le 1er juin 1971 à Ouani Anjouan, Halidi Allaoui  évolue en France en qualité de juriste dans un service contentieux, d’une société immobilière en région Parisienne.

 Dans ses vers, l’auteur lance un cri strident tout d’abord d’ici où il est né et a grandi ; mais aussi d’ailleurs  où il vit  et nous fait partager ses pérégrinations. Dans ce premier recueil, l’écriture de notre jeune poète est pleine de souffle et de questionnement,  avec un attachement à la patrie qui dépasse les barrières de la langue. En effet, ses pensées sont migrantes et se retrouvent partagées entre l’amour du pays et la nécessité de l’ailleurs. C’est ainsi  qu’il passe du français au Comorien avec des mots, et des noms qui marquent de lettres indélébiles son subconscient, parce que tout simplement quand on est dans cet ailleurs le poids de ces îles vient se suspendre à votre cou comme l’odeur marine qui vous colle à la peau, loin de l’ailleurs qui n’est au fait qu’une marraine, qui vous adopte. Cette œuvre a connu donc deux influences majeures d’abord ses origines comoriennes au travers desquelles l’auteur se recherche, n’arrivant pas à se libérer du cordon ombilical.C’est ainsi que dans les deux premiers poèmes du recueil, "Mélancolie" et "Maman" comme dans "Koko" et "La lune"  Halidi exprime  son attachement pour sa mère biologique et sa mère  patrie qui tous les deux baignent dans  … ‘’mon océan qui chante ‘’ Cela se confirme par ailleurs dans "comorianité".

...‘’ Mes parents malgré eux avaient décidé pour moi

   J’étais parait – il  français dans l’océan indien’’….

   Mes îles avec courage avaient tranché pour moi ‘’

 c cet éternel questionnement  sur ce qu’il a gardé dans sa mémoire et dans son cœur et la  contradiction   face  à ce qui advenait  à son pays natal ; suscite sa révolte contre ceux qu’il nomme ‘’les 
  requins insulaires qui dévorent tout’’ à leur passage, et qui décident de tout, jusqu’au sort réservé à n notre  destinée. Halidi Allaoui revendique le combat pour la protection de l’environnement, exige que les étoiles    sur ces îles de la lune, soient libérées de leurs chaines, pour que son pays retrouve le bonheur de j  jadis, où nous étions comoriens tout court avant d’être d’une région. Car Halidi est de ceux là, pour qui l  l'unité nationale ne peut et ne doit se négocier sous aucune forme, encore moins aux salons de ceux qui   v veulent la saper. Il suffit de se rendre  sur son blog
http://halidiallaoui.over-blog.com/ , pour mieux le ccomprendre.


L’autre partie du recueil porte sur  les pérégrinations du poète, ce dont le préfacier a qualifié ‘’d’itinéraire   iniitiatique’’ et qui constitue cet ailleurs, là où il vit.

Malgré la simplicité et la fluidité apparemment voulues qui caractérisent les poèmes de cet enfant de Ouani,   sa   sa  parole est pleine de charme, quand il évoque la beauté de ces îles  et ses vers de sincérité, pour dénoncer  l’histoire bafouée, la nature détruite et la décomposition des liens originels. Sa plume laisse    apparaître son sens de l’humanité quand il aborde l’ensemble  du patrimoine humain, la religion, la philosophie, la mythologie et le droit. Un recueil marqué parfois par une forme de narration qui se démarque du carcan de la rime.  

 Si le recueil est marqué par la ‘’nostalgie’’ et un brin de ‘’mélancolie’’  c’est parce que l’auteur se remet en question vis-à-vis du déchirement entre l’ici et l’ailleurs ; son pays et cet exil ; son enfance auprès de ‘’Koko’’ et la nécessité existentielle ; entre exil intérieur et expatriation.

En fermant le recueil, on a l’impression d’étouffer les cris raisonnables de Halidi Allaoui. C’est dire combien sa poésie resulte d’une vision analytique du sujet  faisant naitre l’impression que l’auteur
 trempe sa  sa  plume dans le rationnel

 

                                                                                  HALED A BOINA

 
NOTES DE L’EDITEUR

 Les éditions KomEdit ont le plaisir de vous annoncer la parution, le 13 février 2008, du premier recueil de poèmes d’un jeune auteur : Halidi Allaoui (Cris d’ici et d’ailleurs).

 C’est le cinquième poète que nous publions. Halidi Allaoui a été précédé par d’illustres confrères comme Saindoune Ben Ali, Nassuf Djailani ou Mab Elhad.

 Halidi Allaoui a 36 ans, il a été formé en droit et travaille dans le domaine du contentieux.

Né à Ouani (Anjouan), il fait ses études secondaires à Moroni avant de venir en France.

Son recueil de poème reflète une certaine nostalgie. Rien, ni à Rouen, ni à Bordeaux, rien n’apaise le mal qui le ronge, le mal du pays, de la mère-patrie. Alors, il écrit et s’investit pleinement dans les associations
Pour ce premier recueil, il a recours à une langue fluide, accessible au grand nombre et ne tombe pas dans ce piège des novices qui consiste à entourer de mystères chaque vers.

 komoredition@gmail.com

 

Critique :
Le recueil "
Cris d’ici et d’ailleurs" , Premier recueil de poèmes du jeune Halidi, ressemble étrangement à un itinéraire initiatique. J'ai décelé dans la poésie de Halidi, ce juriste poète, une nostalgie toute particulière car internationale, et future. Sa nostalgie n'est pas tournée uniquement vers le passé, et vers son ego, mais plutôt vers le présent, le futur et les autres. Ce recueil s'ouvre sur le poème “Mélancolie” et se ferme sur

“Prière”. Ces deux poèmes forment comme des parenthèses qui délimitent l'ici et l'ailleurs, Rouen  qui semble être sa seconde patrie et Ouani qui est “le point de son essence” et pas seulement le coin  de sa naissance, comme il le dit dans un poème au titre énigmatique de “!” point d'exclamation. »
(Par Aboubacar Said Salim)

Repost 0
Published by http://halidiallaoui.over-blog.com/article - dans Poètes d'ici & d'ailleurs
commenter cet article
29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 23:33



( commander) Moroni, cet exil
poésie: Moroni, cet exil
paul dakeyo
Cameroun
Moroni, cet exil de Paul Dakeyo est la troisième partie de la trilogie commencée en 1989 avec La femme où j’ai mal (2). À cette époque, le poète rompait, semble-t-il, avec une « poésie de l’engagement » qu’il avait longtemps portée à bout de bras, depuis 1973. En 1994, avec Les ombres de la nuit (3), il poursuivait ses voyages pluriels en empruntant d’autres géographies intérieures, où la vie quotidienne affleure à chaque mot, où l’engagement prend d’autres directions : le poète s’engage d’abord là où la vie immédiate est en danger, là où les liens familiaux s’effilochent, où des filets se tissent pour tuer tous les grands rêves et empêcher, ainsi, « le bonheur de respirer ». Le chant du poète atteignait donc des sonorités claires, et les éléments cosmiques en fusion coulaient, laves volcaniques, les uns au cœur des autres (...) Pour oublier les blessures de l’hiver Et regarder en face ma propre histoire Et tu écriras enfin sur mon corps avec tes seins las des ombres de la nuit (4) Dans Moroni, cet exil, un autre palier du chant « volcan » a fait son apparition parmi les strates de mots tourbillons, se répondant en écho, comme pour libérer le plein d’angoisse qui pèse lourd sur le cœur d’un père, sur la peau – noire – parmi les potins de « Babylone », la ville du mal, capitale de la République aux lois à plusieurs vitesses. Le poète ne passe plus par quatre chemins pour dire les ignominies d’un monde social et son organisation judiciaire qui le traquent, le jettent en prison et le contraignent à l’exil. La poésie s’empare de l’histoire personnelle, l’élargit à celle du groupe dont la cause n’est jamais gagnée d’avance. Moroni devient alors le lieu d’accueil, l’île hospitalière aux souvenirs d’où émergent ces images apaisantes : celles d’un père parmi ses enfants, (...) Moroni, cet exil est ce poème-réalité qui dit, sans détour, le dur voyage de la vie et de la mort, de la renaissance. Extrait d'un article de Tanela Boni in Africultures du 2/08/05



Prix : 15 € (10000 Franc cfa)
ISBN : 2-912724-10-4
Format : 13,5 x 21,5
Nombre de pages : 128 pages
Type de reliure : cousu-collé
Maison d'édition : Silex / Nouvelles du Sud
2003
Repost 0
Published by http://www.edpanafrika.com/catalogue - dans Poètes d'ici & d'ailleurs
commenter cet article