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  • : Blog destiné à faire connaitre les œuvres artistiques et poétiques des îles de la lune ''Comores ''
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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 19:44
                       Agence comorienne de presse (HZK-Presse) Comores / Arts et spectacle :
                                                    Moroni, mardi 26 août 2008 (HZK-Presse) –

Dans la nuit du jeudi 21 août 2008 , s’est tenue dans les jardins du restaurant le Sélect de Moroni, une soirée d’animation culturelle inhabituelle et extraordinaire. Pas moins d’une centaine de privilégiés dont des artistes, étudiants, professionnels des médias, entrepreneurs, étaient venus nombreux faire la connaissance de ce talent comorien du 21ème siècle, Saifil Saleh Djimbanaou, qui nous est revenu des USA, pour de brèves vacances. Le public a pu en effet découvrir ses œuvres graphiques et ses images de synthèses sur l’écran géant du jardin. C’est grâce au site web Holambe Comores du président de l’association des maires de Ngazidja, Mohamed Said Abdallah Mchangama, avec le soutien de l’agence de publicité Seaview World Com de Mahamoud Ali Ahmed Bacar (Doudou) et président de la JCI Comores, que le public a pu apprécier ce génie, amateurs de belles images, mordus de clips et spots publicitaires, ou simplement curieux des possibilités qu’ouvre l’informatique aux arts visuels. L’animation a été assurée par l’autre talentueux de la musique comorienne en la personne Taenchik. Comorien d’origine, ce petit génie évolue depuis une douzaine d’année au pays de l’oncle Sam, où happé par la magie de l’ordinateur, il a suscité l’engouement des sociétés bénéficiant de ses services. En guise de distinction, pour ses talents sur le marché de la publicité américaine, notre « Saifil national » est récipiendaire de plusieurs prix, dans le domaine de la conception, de l’exploitation des images de synthèse et de transition, mais aussi des notes appliquées aux effets du son en faveur de la communication. C’est ainsi qu’il est lauréat 2004 de la « National 3D Animation Competition », une compétition de très haut niveau organisée dans 40 Etats, sponsorisée par Hewlett Packard, mais aussi a remporté un autre prix avec «The Human Torch». Auparavant il a été promu lauréat à deux autres concours, dont le prix d’or d’animation média « Magrehill » devant trois prétendants et le concours national réunissant quarante États pour « A.I.A - Atlanta », où il a présenté son « homme en feu » inspiré de « robot coop » à la James Bond , tout simplement parce qu’il est passionné par les films de fiction du genre « Terminator ». Saifil aime relever les défis, et c’est l’un de ses nombreux atouts. Ses talents de Graphiste et producteur d’images de synthèse, sa maîtrise professionnelle, son souci de l’esthétique et ses qualités de designer, lui ouvrent les portes de grandes sociétés, telles que Maxwell ou Universal Records, la grande multinationale de la musique, qui l’engage pour produire les spots publicitaires de stars américaines comme Nelly, O’Ryan et Brian Mc Knight. Sa réputation lui donne des clients aussi divers que des promoteurs immobiliers, des sociétés sportives et naturellement les entreprises de l’audiovisuelle, particulièrement les chaînes de télévision. La qualité du travail restitué cette nuit là par la projection murale n’a pas manqué d’impressionner le public. Saifil a présenté quelques uns de ses chef d’œuvres, dont : Metro Atlanta, montrant l’évolution de la ville d’Atlanta, « The shape of to come », Projet médical : consistant à la réalisation d’images de transition pour le besoin d’un spot louant le processus de nettoyage l’estomac. Il est promoteur du Projet sur commande d’une compagnie de cirque noir et d’un Projet média, pour la réalisation d’image de synthèse « sculpter » pour patte à modeler. Ancien élève de l’école privée Fundi Abdoulhamid de Moroni, Saifil Saleh Djimbanaou est diplômé de The Art Institute of Atlanta (USA), ce qui lui a permis de convaincre l’auditoire, de la nécessité de voir la jeunesse estudiantine comorienne, embrasser cette voie qui devient de plus en plus un secteur important et d’avenir. En effet sa profession intervient dans plusieurs secteurs tels que les médias ainsi que le domaine des arts et de la culture. On peut se permettre d’affirmer que l’univers des films rentre dans son champs d’actions au travers de la fluidité, du rendu et des mouvements dont se sert notre artiste pour animer les dessins auxquels il ne manque pas d’ajouter un brin d’esthétique. Prenant la parole au cours de cette prestation, Mohamed S.A. M’chagama en sa qualité de membre fondateur du Site Holambe Comores, a exprimé sa fierté de voir son site contribuer à la découverte des talents comoriens, restés inconnus dans notre pays, quand bien même marquant de leur empreinte la scène internationale. C’est ainsi qu’il a saisi l’opportunité pour citer entres autres l’architecte DPLG Mahmoud Keldi (France). Il a loué la modestie, et la ténacité qui animent Saleh dans son travail et a souligné avec insistance la nécessité de voir l’enfant comorien embrasser le métier des arts. Le créateur Saifil a dit être « fier des ses origines comoriennes » et prend du plaisir à continuer sa passion culturelle pour relever d’autres défis. MAB Elhad 260808/hab/hzkpresse/18h00
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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 13:54

Diplomatie afrique numéro 1

télécharger le numéro 1 www.ivorian.net/Article/?p=4335

Chers lecteurs,

Vous tenez entre vos mains le premier numéro de Diplomatie Afrique Magazine. Nous voulons
à travers ce nouveau support d’analyses, écrire de nouvelles pages beaucoup plus belles de
l’histoire de l’Afrique pour les générations futures. Diplomatie Afrique Magazine se positionne
ainsi comme le premier magazine diplomatique africain qui valorise l’Afrique. C’est avec cette
vision d’une belle Afrique que démarre notre aventure. Une tribune unique pour vos opinions
sur le continent. Un espace d’échanges inter culturels pour une meilleure cohésion entre les
communautés africaines vivant en Afrique et la diaspora. Diplomatie Afrique Magazine analysera
avec les consultants, l’actualité et l’impact des politiques de globalisation de l’économie
sur le continent. Nous ferons aussi la part belle aux grands débats de politiques extérieures qui
dominent le monde et surtout leurs enjeux pour les pays africains.
Nos conflits, nos fléaux, nos épidémies, nos coups d’Etat font de nous
des boulets à la traîne du développement. Chaque Africain doit pren
Pour que plus jamais les maux
dre conscience que l’Afrique mérite mieux. Nous avons l’obligation et la
lourde charge de construire une Afrique responsable, dynamique, com-de l’Afrique ne soient les Africains pétitive et prospère. Une Afrique qui a son mot à dire dans le concert
des nations. Cette Afrique qui gagne. Donnons donc envie aux Africains
de la diaspora d’être fiers de leur terre. Les autres peuples doivent dé
eux-mêmes. Construisons ensemble

sormais nous regarder autrement. Pour que plus jamais les maux de
l’Afrique ne soient les Africains eux-mêmes. Construisons ensemble
l’Afrique du futur.

l’Afrique du futur.
Cette nouvelle approche des relations de l’Afrique vers le reste du monde
sera une panacée efficace contre l’éternel complexe de la main tendue, si nous y apportons
tous notre contribution. L’Afrique des dictateurs est morte. Celle de la liberté, de la justice est
née pour plus de démocratie soutenue par une diplomatie africaine plus présente.

Dans les colonnes de Diplomatie Afrique Magazine, les non Africains sont aussi les bienvenus.
L’Inde nous accompagne pour ce premier numéro. C’est ici l’opportunité de décrypter les politiques
d’aide au développement, de mesurer l’impact réel des programmes de développement
des institutions financières. Ensemble nous nous poserons les questions qu’il faut et nous irons
à la recherche des vraies réponses à nos interrogations. Il est temps que notre Afrique soit
responsable et s’assume pleinement.

Etienne Narcisse ASSEMIEN
Directeur de Publication

DIPLOMATIE Afrique
Février 2008

Posté par Diplomatieafrik à 17:11 - le magazine - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Félicitations

Je viens de découvrir votre revue sur le net. Je vous félicite pour cette initiative louable de donner une autre image positive de notre continent.
J'ose espérer que la revue prendra en compte l'aspect enrichissant qu'assume l'art et la littérature dans le développement durable de notre continent, mais aussi que son rôle de vendre une image positive sur la scène diplomatique puisse être par ailleurs encouragé.
J'aimerais connaitre les conditions pour un abonnement depuis les Comores.
MAB Elhad poète et artiste comorien

Posté par MAB Elhad, 02 mai 2008 à 12:52

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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 00:07

Cris d’ici et d’ailleurs : une écriture migrante  d’une langue à l’autre

 

La littérature comorienne vient de s’enrichir  de l’arrivée sur la scène poétique de Halidi Allaoui qui vient de publier dans la collection poésie, son recueil aux éditions KomEdit. Composé de plus d’une cinquantaine de poèmes sur 70 pages, ‘’Cris d’ici et d’ailleurs’’ a bénéficié de la plume de Aboubacar Said Salim son professeur de français, poète et écrivain, qui a rédigé la préface. Né le 1er juin 1971 à Ouani Anjouan, Halidi Allaoui  évolue en France en qualité de juriste dans un service contentieux, d’une société immobilière en région Parisienne.

 Dans ses vers, l’auteur lance un cri strident tout d’abord d’ici où il est né et a grandi ; mais aussi d’ailleurs  où il vit  et nous fait partager ses pérégrinations. Dans ce premier recueil, l’écriture de notre jeune poète est pleine de souffle et de questionnement,  avec un attachement à la patrie qui dépasse les barrières de la langue. En effet, ses pensées sont migrantes et se retrouvent partagées entre l’amour du pays et la nécessité de l’ailleurs. C’est ainsi  qu’il passe du français au Comorien avec des mots, et des noms qui marquent de lettres indélébiles son subconscient, parce que tout simplement quand on est dans cet ailleurs le poids de ces îles vient se suspendre à votre cou comme l’odeur marine qui vous colle à la peau, loin de l’ailleurs qui n’est au fait qu’une marraine, qui vous adopte. Cette œuvre a connu donc deux influences majeures d’abord ses origines comoriennes au travers desquelles l’auteur se recherche, n’arrivant pas à se libérer du cordon ombilical.C’est ainsi que dans les deux premiers poèmes du recueil, "Mélancolie" et "Maman" comme dans "Koko" et "La lune"  Halidi exprime  son attachement pour sa mère biologique et sa mère  patrie qui tous les deux baignent dans  … ‘’mon océan qui chante ‘’ Cela se confirme par ailleurs dans "comorianité".

...‘’ Mes parents malgré eux avaient décidé pour moi

   J’étais parait – il  français dans l’océan indien’’….

   Mes îles avec courage avaient tranché pour moi ‘’

 c cet éternel questionnement  sur ce qu’il a gardé dans sa mémoire et dans son cœur et la  contradiction   face  à ce qui advenait  à son pays natal ; suscite sa révolte contre ceux qu’il nomme ‘’les 
  requins insulaires qui dévorent tout’’ à leur passage, et qui décident de tout, jusqu’au sort réservé à n notre  destinée. Halidi Allaoui revendique le combat pour la protection de l’environnement, exige que les étoiles    sur ces îles de la lune, soient libérées de leurs chaines, pour que son pays retrouve le bonheur de j  jadis, où nous étions comoriens tout court avant d’être d’une région. Car Halidi est de ceux là, pour qui l  l'unité nationale ne peut et ne doit se négocier sous aucune forme, encore moins aux salons de ceux qui   v veulent la saper. Il suffit de se rendre  sur son blog
http://halidiallaoui.over-blog.com/ , pour mieux le ccomprendre.


L’autre partie du recueil porte sur  les pérégrinations du poète, ce dont le préfacier a qualifié ‘’d’itinéraire   iniitiatique’’ et qui constitue cet ailleurs, là où il vit.

Malgré la simplicité et la fluidité apparemment voulues qui caractérisent les poèmes de cet enfant de Ouani,   sa   sa  parole est pleine de charme, quand il évoque la beauté de ces îles  et ses vers de sincérité, pour dénoncer  l’histoire bafouée, la nature détruite et la décomposition des liens originels. Sa plume laisse    apparaître son sens de l’humanité quand il aborde l’ensemble  du patrimoine humain, la religion, la philosophie, la mythologie et le droit. Un recueil marqué parfois par une forme de narration qui se démarque du carcan de la rime.  

 Si le recueil est marqué par la ‘’nostalgie’’ et un brin de ‘’mélancolie’’  c’est parce que l’auteur se remet en question vis-à-vis du déchirement entre l’ici et l’ailleurs ; son pays et cet exil ; son enfance auprès de ‘’Koko’’ et la nécessité existentielle ; entre exil intérieur et expatriation.

En fermant le recueil, on a l’impression d’étouffer les cris raisonnables de Halidi Allaoui. C’est dire combien sa poésie resulte d’une vision analytique du sujet  faisant naitre l’impression que l’auteur
 trempe sa  sa  plume dans le rationnel

 

                                                                                  HALED A BOINA

 
NOTES DE L’EDITEUR

 Les éditions KomEdit ont le plaisir de vous annoncer la parution, le 13 février 2008, du premier recueil de poèmes d’un jeune auteur : Halidi Allaoui (Cris d’ici et d’ailleurs).

 C’est le cinquième poète que nous publions. Halidi Allaoui a été précédé par d’illustres confrères comme Saindoune Ben Ali, Nassuf Djailani ou Mab Elhad.

 Halidi Allaoui a 36 ans, il a été formé en droit et travaille dans le domaine du contentieux.

Né à Ouani (Anjouan), il fait ses études secondaires à Moroni avant de venir en France.

Son recueil de poème reflète une certaine nostalgie. Rien, ni à Rouen, ni à Bordeaux, rien n’apaise le mal qui le ronge, le mal du pays, de la mère-patrie. Alors, il écrit et s’investit pleinement dans les associations
Pour ce premier recueil, il a recours à une langue fluide, accessible au grand nombre et ne tombe pas dans ce piège des novices qui consiste à entourer de mystères chaque vers.

 komoredition@gmail.com

 

Critique :
Le recueil "
Cris d’ici et d’ailleurs" , Premier recueil de poèmes du jeune Halidi, ressemble étrangement à un itinéraire initiatique. J'ai décelé dans la poésie de Halidi, ce juriste poète, une nostalgie toute particulière car internationale, et future. Sa nostalgie n'est pas tournée uniquement vers le passé, et vers son ego, mais plutôt vers le présent, le futur et les autres. Ce recueil s'ouvre sur le poème “Mélancolie” et se ferme sur

“Prière”. Ces deux poèmes forment comme des parenthèses qui délimitent l'ici et l'ailleurs, Rouen  qui semble être sa seconde patrie et Ouani qui est “le point de son essence” et pas seulement le coin  de sa naissance, comme il le dit dans un poème au titre énigmatique de “!” point d'exclamation. »
(Par Aboubacar Said Salim)

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 23:33



( commander) Moroni, cet exil
poésie: Moroni, cet exil
paul dakeyo
Cameroun
Moroni, cet exil de Paul Dakeyo est la troisième partie de la trilogie commencée en 1989 avec La femme où j’ai mal (2). À cette époque, le poète rompait, semble-t-il, avec une « poésie de l’engagement » qu’il avait longtemps portée à bout de bras, depuis 1973. En 1994, avec Les ombres de la nuit (3), il poursuivait ses voyages pluriels en empruntant d’autres géographies intérieures, où la vie quotidienne affleure à chaque mot, où l’engagement prend d’autres directions : le poète s’engage d’abord là où la vie immédiate est en danger, là où les liens familiaux s’effilochent, où des filets se tissent pour tuer tous les grands rêves et empêcher, ainsi, « le bonheur de respirer ». Le chant du poète atteignait donc des sonorités claires, et les éléments cosmiques en fusion coulaient, laves volcaniques, les uns au cœur des autres (...) Pour oublier les blessures de l’hiver Et regarder en face ma propre histoire Et tu écriras enfin sur mon corps avec tes seins las des ombres de la nuit (4) Dans Moroni, cet exil, un autre palier du chant « volcan » a fait son apparition parmi les strates de mots tourbillons, se répondant en écho, comme pour libérer le plein d’angoisse qui pèse lourd sur le cœur d’un père, sur la peau – noire – parmi les potins de « Babylone », la ville du mal, capitale de la République aux lois à plusieurs vitesses. Le poète ne passe plus par quatre chemins pour dire les ignominies d’un monde social et son organisation judiciaire qui le traquent, le jettent en prison et le contraignent à l’exil. La poésie s’empare de l’histoire personnelle, l’élargit à celle du groupe dont la cause n’est jamais gagnée d’avance. Moroni devient alors le lieu d’accueil, l’île hospitalière aux souvenirs d’où émergent ces images apaisantes : celles d’un père parmi ses enfants, (...) Moroni, cet exil est ce poème-réalité qui dit, sans détour, le dur voyage de la vie et de la mort, de la renaissance. Extrait d'un article de Tanela Boni in Africultures du 2/08/05



Prix : 15 € (10000 Franc cfa)
ISBN : 2-912724-10-4
Format : 13,5 x 21,5
Nombre de pages : 128 pages
Type de reliure : cousu-collé
Maison d'édition : Silex / Nouvelles du Sud
2003
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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 23:19



Portrait de la chef d’entreprise lauréate du Trophée de la réussite au féminin
Comment devient on la femme numéro 1 du BTP dans ce petit coin de paradis qu’est l’archipel des Comores, quand on a fui le pays à l’âge de 17 ans, pour y retourner en tant qu’enfant prodigue, quelques années et épreuves après ? Soilha Said Mdahoma, chef d’entreprise et présidente d’ONG, a remporté, le mois dernier, le Trophée de la réussite au féminin. Une récompense remise à Paris, au Sénat, par l’ancien ministre des DOM TOM et du tourisme Olivier Stirn.
L’histoire de Soilha, est si intense et parsemée d’évènements aussi heureux qu’incongrus, qu’elle mérite d’être contée aux plus jeunes. Ceux pour qui, en particulier, courage, volonté et travail semblent signifier peu. A l’heure où tout semble facilement accessible et faussement biaisé par des succès éphémères, la réussite de cette femme s’impose dans ce paysage idyllique de l’océan Indien, plus macho qu’on ne le croit.
Nous sommes en 1975, la révolution éclate aux Comores [1], après le referendum de 1973 instaurant l’indépendance concertée. Les mapinduzi (militaires militants), encadrés par des mercenaires, sèment la terreur et cherchent à enlever des enfants à leurs parents, surtout si ce sont de jeunes et jolies filles. Soilha a la malchance – ou la chance - d’être trop jolie et rebelle. En tous cas, suffisamment pour appâter les révolutionnaires. Ses parents décident alors de la marier à un homme plus âgé qu’elle qui la transformera en « femme ». Mais les épreuves de la vie, loin de sa famille, à Paris, vont la mener vers une féminité affirmée, un caractère trempé, fonceur, enrobé d’un naturel charmeur.
Alors qu’elle s’apprête à quitter les Comores pour la France, c’est son futur mari qui, à l’aéroport, se fait kidnapper par les rebelles. Il prend la place de la belle pour la sauver. Respectable attitude du héros qui se sacrifie pour sa promise. On ne pensait voir cela que dans les romans. Mais la vie de Soilha est un roman ! La jeune femme, qui est recueillie d’abord par des amis français puis par des sœurs protestantes, décroche un diplôme de puéricultrice et va exercer à la mairie de Paris durant plusieurs années.
Le désir de refaçonner le réel
Elle aurait pu garder les enfants des autres toute sa vie, mais elle aurait dû pour cela lutter contre sa nature de battante. Curieuse, assoiffée de rencontres et de nouveautés, elle court après les opportunités de business pour gagner toujours plus et pouvoir redistribuer une partie de ses gains par l’humanitaire. C’est sans doute ce naturel enthousiaste et entier qui lui a permis de désarmer plus d’un dirigeant comorien, et de devenir la conseillère du Président (chargée des investissements), lui-même.
Soilha, depuis, porte plusieurs casquettes sur sa jolie tête métissée, dont celle de chef d’entreprise (elle gère plusieurs entreprises de BTP, textile, Ferry Inter-iles aux Comores), celle de vice présidente du MEDEF Comorien, et présidente de plusieurs associations humanitaires. Qu’est ce qui pourrait stopper cette femme ouragan qui semble tout bousculer sur son passage pour refaçonner le réel à sa manière ? A quoi servirait donc le business, et à qui servirait le lobbying, s’il ne profitait pas à l’intérêt collectif ? Soilha est présidente de l’ASOI,(l’Association pour la Solidarité dans l’Océan Indien) et de l‘Union des Français à l’Etranger (section Comores), vice présidente de Tremplin pour Entreprendre, Membre fondateur de l’ ICC (Initiative Citoyenne) et de l’UFDC (Union des Femmes pour la Démocratie).
Déjà faite chevalier de l’ordre national du mérite, Soilha répond avec une rare modestie, lorsqu’on lui demande si sa mère est fière d’elle : « Je ne sais pas, je l’espère ». Pour sûr que la maman de 8 enfants doit s’enorgueillir d’avoir l’une des ses cadettes qui non seulement a réussi sa vie mais, en plus, facilite celle de ses frères et sœurs de sang et de nation.

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 13:14
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=252388&pid=9040737
Tu t’en vas

                     Césaire Aimé

 Tu t’en vas toi que je connais depuis l’enfance

Que je tutoie sans  connaître vraiment

Tu t’en vas, comme pour un dernier retour au pays natal

Dans ta terre natale, de Martinique,

Que la mer Caraïbe relie à notre mère Afrique

Au plus profond  des abysses.

 


Aimé tu resteras, par la négraille, pas encore debout

Mais assise sur les bancs de bois d’ébène,

Comme jadis dans les cales des « Navires négriers »

Sa bouche devenant celle de ses ancêtres

Les Gaulois  du Bénin au Zambèze.

 

Que deviendront tes rois Christophe

Que tu abandonnes ainsi à leurs délires,

Solitaires traversant des tempêtes d’oppression

De soumission, de trahison, de mondialisation

Partielle et partiale !

 

Que deviendra ton verbe clair éclair,

Franc comme le bruit du tonnerre                                                                                                  

Qui dit son fait aux cyclones ravageurs

De la colonisation, de la ségrégation

De la loi du plus fort ou du plus rusé !

 

Tes cris et tes écrits pourront-ils encore

Continuer à clamer ton discours contre le colonialisme

Passé, présent et futur,

Ouvert, comme sournois et caché

Dans des concepts  dits humanistes

Du droit d’ingérence à la guerre préventive

Qui reprennent en échos le droit de civiliser

Les sauvages, et les expéditions punitives

Contre les  « Nég’marron » et les Sarrasins.

 

Tu t’en vas avec ta  grande modestie

Rebel rétif aux honneurs académiques

Préférant  en revanche la chaude récompense

Des sourires nègres de Fort de France

A New York et jusqu à Jimlimé *

Qui  te disent  fièrement, nous sommes nègres

 de pure Négritude !

 

Eia ! Pour Césaire l’Immortel qui n’est pas passé

Par l’Académie de peur d’être momifié vivant,

Eia ! Pour le Poète ! Eia ! pour le Maire

Qui a su bercer toute une ville, tout un peuple

Toute l’humanité, de son chant de révolte et d’espoir

Qui résonnera encore longtemps dans les cœurs

Des opprimés, des esclaves Blancs et Noirs

Sous la férule moderne du Maître Argent !

 

Je ne te dis pas Adieu  Césaire  bien Aimé

Car liminaire tu resteras accroché à ta terre créole

Et l’amour pour ton peuple, infini !

                         Aboubacar SAID SALIM

                                                            Le 17/04/08

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 12:34

Tu t’en vas A Césaire Aimé

Tu t’en vas toi que je connais depuis l’enfance.

Que je tutoie sans connaître vraiment Tu t’en vas,

comme pour un dernier retour au pays natal

Dans ta terre natale, de Martinique, Que la mer Caraïbe relie

à notre mère Afrique

Au plus profond des abysses Aimé tu resteras,

par la négraille, pas encore debout

Mais assise sur les bancs de bois d’ébène,

Comme jadis dans les cales des « Navires négriers »

Sa bouche devenant celle de ses ancêtres Les Gaulois

du Bénin au Zambèze.

Que deviendront tes rois Christophe

Que tu abandonnes ainsi à leurs délires,

Solitaires traversant des tempêtes d’oppression

De soumission, de trahison, de mondialisation

Partielle et partiale !

Que deviendra ton verbe clair éclair,

Franc comme le bruit du tonnerre

Qui dit son fait aux cyclones ravageurs

De la colonisation, de la ségrégation

De la loi du plus fort ou du plus rusé !

Tes cris et tes écrits pourront-ils encore Continuer

à clamer ton discours contre le colonialisme Passé,

présent et futur, Ouvert, comme sournois et caché

Dans des concepts dits humanistes

Du droit d’ingérence à la guerre préventive

Qui reprennent en échos le droit de civiliser Les sauvages,

et les expéditions punitives

Contre les « Nég’marron » et les Sarrasins.

Tu t’en vas avec ta grande modestie Rebel rétif

aux honneurs académiques

Préférant en revanche la chaude récompense

Des sourires nègres de Fort de France A New York et jusqu à Jimlimé *

Qui te disent fièrement, nous sommes nègres de pure Négritude !

Eia ! Pour Césaire l’Immortel qui n’est pas passé

Par l’Académie de peur d’être momifié vivant,

Eia ! Pour le Poète !

Eia ! pour le Maire

Qui a su bercer toute une ville,

tout un peuple Toute l’humanité,

de son chant de révolte et d’espoir

Qui résonnera encore longtemps dans les cœurs

Des opprimés, des esclaves

Blancs et Noirs

Sous la férule moderne du Maître Argent !

Je ne te dis pas Adieu Césaire bien Aimé

Car liminaire tu resteras accroché à ta terre créole

Et l’amour pour ton peuple, infini !

 

Aboubacar SAID SALIM Le 17/04/08

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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 13:54
Pendant la colonisation, il y avait une vieille méthode pédagogique connue sous le nom de «symbole». Elle consistait à remettre un objet : bâton, cailloux, ou autre, à l'élève qui parlait sa langue vernaculaire durant la récréation. Le dernier qui était en possession du «symbole» subissait une punition du genre : «Je ne parlerai plus le comorien dan la cour de l'école.» A écrire 100 fois. Depuis les indépendances octroyées par le colonisateur, français notamment avec la condescendance qu'on connaît, ou arrachées avec le sang qu'on connaît aussi, les intérêts supérieurs de la nation française – exigeant la perpétuation de la domination sous des aspects moins brutaux et moins grossiers – ont fait que plusieurs méthodes ont été tentées avant de trouver la perle rare : la Francophonie. Bien sûr, on dira pour mieux envelopper le cadeau empoisonné, que ce concept vient des Africains eux-mêmes, précisément du père Léopold Sédar Senghor, ce brave académicien français dévoué à la cause de l'Afrique, mais dont le cœur et les amitiés penchaient plutôt du côté des grandes cultures et civilisations européennes. Le tirailleur culturel trouvé, il fallut maintenant lui fournir les armes pour défendre le «français», ou plutôt «les français» en péril…Ce fut d'abord l'ACCT, l'Agence de Coopération Culturelle et Technique. Je ferai remarquer que pour co-opérer, il faut opérer à deux. Or, comme toutes les officines qui œuvrent pour la domination intellectuelle et culturelle de l'Occident sur le reste du monde, cette ACCT était financée à plus de 90% par les pays francophones du Nord, ceux du Sud étant chargés de chanter et danser la francophonie retrouvée. Pour en arriver là, on a commencé par faire peur aux Nègres et autres ex-colonisés francophones, sans langues écrites ni dominantes, en leur disant que leur empire linguistique était menacé par la Perfide Albion, qui avait utilisé «le franglais» comme cheval de Troie pour s'accaparer des esprits des anciens colonisés du pré-carré, au détriment de la langue française . Cette peur qui apparut vers les années 70, procédait non seulement d'une remise en cause des propres valeurs de l'Occident (ordre, discipline, famille, patrie) par les mai 68 à travers l'Europe jusqu'aux USA, (phénomène hippie) ; mais surtout d'un affaiblissement économique de la France secouée par «la chienlit». Pour revenir à mon sujet il est certain que La francophonie est bel et bien le nouveau «symbole» pour nous empêcher de parler et de valoriser nos langues ; où, pour être positif, nous encourager à parler la langue de l'Autre, quitte à la déformer, la modifier. Ce qu'on appelait franchement du temps des colonies «le petit nègre», décrié et condamné en tant qu'atteinte à la langue de Vaugelas et de Molière, est aujourd'hui toléré ; que dis-je, encouragé, comme signe de la diversité et de la tolérance linguistique ; preuve de la grande capacité de la francophonie à agrandir sa famille en acceptant même les bâtards ! L'hypocrisie de la «glottopolitique» française à l'égard de ses anciennes colonies est de faire croire aux ex-colonisés qu'ils ont en partage non seulement la langue, mais encore les valeurs qu'elle véhicule. Mensonge grossier ! Comment des gens qui, au nom de la liberté de la presse, ou de conscience, peuvent-ils autoriser et défendre les caricatures malveillantes contre le Prophète Mouhammad peuvent partager les mêmes valeurs avec ceux qui sont prêts à mourir pour empêcher ces caricatures ? Comment ceux qui pensent qu'il est normal qu'à 18 ans les enfants quittent leurs parents sans plus s'occuper d'eux peuvent avoir les mêmes valeurs que ceux qui considèrent qu'il est un devoir sacré des parents de s'occuper de leurs enfants, et qu'en retour il est un devoir sacré des enfants de s'occuper des vieux parents? Comment des gens qui considèrent que l'homme dispose de sa vie et de sa mort comme il l'entend et qui vont jusqu' à poser la question de la légalisation de l'euthanasie, peuvent partager les mêmes valeurs que ceux qui considèrent que la vie appartient à Dieu et que Dieu seul a le pouvoir de la retirer ? La liste est longue, qui contiendrait les différences pour ne pas dire les oppositions fondamentales sur le plan des valeurs entre les pays du Nord et du Sud ; ou pour être plus clair, entre les civilisations judéo-chrétienne bantoues ou arabo-musulmanes. Juste une anecdote aberrante sur la prétendue universalité de la langue et des valeurs du français. Lors de la cérémonie officielle du 20 mars dernier, Son Excellence l'Ambassadeur de France aux Comores, M. Christian Job, choisit le «tutoiement» comme signe de rapprochement, d'amitié, et de convivialité… Qui parmi les descendants de Mbayé Trambwé connaît la différence entre le «vous» et le «tu»? Qui peut savoir à quel moment on est assez proche ou assez ami du Mzungu pour lui dire «tu»? Est–ce quand il te sourit et t'appelle mon ami, avec une petite tape au dos dans les salons de la condescendance ? Ou quand il t'invite à dîner chez lui en supposant que toi qui attends ton salaire d'il y a 4 mois, tu vas rendre l'invitation, ou apporter au moins des fleurs ou une bouteille de vin? Est-ce quand, complètement saoul vers 4 heures du mat, il te raconte pourquoi il s'est disputé avec sa femme qui est restée en France et avec qui il est en instance de divorce et son souci de la garde des enfants ? Ou alors serait-ce quand, le soir, vous allez ensemble à la chasse aux chiromani, et qu'en te quittant il te gratifie d'un «tu es un brave garçon»; et que le lendemain gêné devant ses congénères, il fait semblant de ne pas vous connaître en employant de nouveau le «vous» protecteur, sachant que vous n'oserez jamais lui demander pourquoi il te tutoyait la veille, et te vouvoie ce matin là ? Peut être que vous ne l'aurez même pas remarqué! On est en droit de s'étonner que cette critique vienne d'un professeur de français de formation, de surcroît écrivain et poète de langue française, même si tropicalisée. C'est que je suis presque écoeuré par le thème de la Journée mondiale de la francophonie 2008 : «La Francophonie au cœur.» J'ajouterai, comme un poignard, et dont la raison vient des conséquences inquiétantes de la fermeture des frontières des pays du Nord, à commencer par la France, avec les images écœurantes des cadavres des «boat- people» naufragés de la Françafrique, les électrocutés de la Choa multiforme des Noirs sur les barbelés de Ceuta et Melilla, j'en passe et des meilleurs... C'est plus facile d'avoir «la Francophonie au cœur» qu'un visa pour aller voir nos cousins francophones de France, au risque d'y rester. C'est justement par amour de la langue française et de la vraie Francophonie, volontaire et choisie, que je m'insurge contre la Francophonie comme séquelle de la colonisation qu'on n'hésite pas à nous présenter comme un de ses fameux bienfaits. Pour cette vraie francophonie-là, je soutiens le regroupement linguistique régional comme cela est en train de se faire sur le plan économique, afin que chaque pays puisse trouver son identité linguistique véritable dans une famille de langues qui lui soit proche. C'est pour une décolonisation des esprits que je milite contre la françophonie d'héritage pour une francophonie choisie et décomplexée, qui permette d'abord de réfléchir dans sa propre langue, et choisir en toute liberté sa langue de communication internationale. Il est reconnu, et de plus en plus admis par les sociologues et les pédagogues, que l'enfant doit d'abord apprendre les mécanismes de sa langue maternelle, «celle parlée par sa mère» ou dans «sa mère patrie», pour mieux assimiler une langue autre. Ceci reste valable aussi pour les peuples. Je ne puis imaginer la France actuelle sans la Pléiade de Ronsard et Du Bellay, qui au XVIème siècle a secoué le joug du latin colonisateur pour revigorer un des dialectes de la Gaulle et en faire le français tel qu'il a servi à unifier la France et les Français ! Pourquoi ce qui fut valable pour la consolidation de la nation française ne le serait plus pour les autres nations! De plus il est évident que la structure de la langue que l'on parle n'est pas indifférente à la structure de notre pensée, ni indifférente aux valeurs que véhicule cette langue. La preuve est dans la facilité avec laquelle les nouveaux «DJ» comoriens parlent de «faire l'amour» ou d'aller «lover», et le scandale qu ils provoqueraient s'ils utilisaient l’équivalent en shikomor! Je ne l'écris pas par décence. Les quelques étrangers amoureux de notre langue – il y en a quelques uns – peuvent le demander du côté de la Rose Noire, non loin de l'Alliance… En ce qui me concerne, j'opte pour l'apprentissage du comorien comme langue de l'affect (langue du cœur) et de la formation de l'intellect. Mais je milite aussi pour l'apprentissage massive et rapide sous forme d'alphabétisation des masses d'une langue régionale en passe devenir internationale – elle l'est déjà au niveau des nations de l'Union Africaine. J'ai nommé le swahili. Cet apprentissage aurait comme avantage un retour aux sources de la modernité comorienne, ustaanrabu. Je rappelle que les premiers grands intellectuels comoriens du gabarit de feue Said Omar Abdallah dit Muigni Baraka, premier Comorien Docteur en philosophie et biologie,sont issus de la zone anglophone et swahilophone où il n'y avait pas,à ma connaissance, de «symbole» dans les cours de récréation pour faire honte à celui qui avait parlé le swahili ! Cet apprentissage contribuerait grandement à désenclaver intellectuellement les Comores en les reliant à leur ensemble naturel : le continent Africain et plus précisément l'Est Africain. Mieux encore : si ma grand-mère du Nyumakélé pouvait parler et comprendre le swahili – ce qu'elle ferait mieux et plus rapidement que pour le français – elle aurait le choix entre la BBC, la Voix de l'Amérique, Deutsche Velle, la Voix de l'Allemagne, Radio Tanzanie etc, échappant ainsi au nombrilisme de la France, aux éditos arrogants d'ancienne puissance coloniale (et actuelle colonisatrice d'une partie du pays) de RFI, sur les maîtresses et les sorties nocturnes des Présidents de la République Française, les émissions spéculatives et tendancieuses sur l'«immigration clandestine des Comoriens vers Mayotte» et autres niaiseries qui n'ont de logique que la force de dissuasion nucléaire ,le veto de la France et la mendicité érigée en système de gouvernement dans nos pays… J'en appelle donc à ceux qui veulent une vraie francophonie, librement consentie et assumée, avec les moyens propres de la nation qui aurait choisi cette langue parmi d'autres, et capable de tisser une vraie amitié entre les peuples, partager et non imposer des valeurs décrétées ensuite communes à travers des chartes qui se justifient historiquement à travers les trajectoires des pays qui en sont à l'origine, et le génie de leurs langues de rédactions. J'en appelle à ceux-là pour dire non à une francophonie macédoine de politique et de linguistique qui n'est que de la poudre aux esprits et un vrai frein au développement de nos pays, une carotte intelligente et rusée parmi les multiples bâtons utilisés pour empêcher nous autres de la cave,d'accéder au rez-de-chaussée, encore moins aux étages du monde pour en voir le panorama. La francophonie a pour seul objectif de nous apprendre tous à continuer à mendier en français, en disant merci et s'il vous plait… Quelle belle revanche pour celui qu'on a chassé hier, de nous voir défiler devant sa porte avec sa propre langue comme sébile! Décoloniser intellectuellement et donc linguistiquement l'Afrique, est le premier pas vers l'indépendance des esprits, la véritable indépendance! Cela permettrait une auto conceptualisation des causes de notre sous-développement, et par conséquent, verrait le début de la recherche de concepts autocentrés sur nos sociétés et acceptées par tous. Surtout ne criez pas au crime de lèse mondialisation, ce concept de repus, car contrairement à ce qu'on peut croire, elle n'est pas incompatible avec une vraie nation. On ne peut pas mondialiser des gens qui n'ont rien à partager, ni richesses matérielles, ni culturelles, excepté le folklore pour touristes et Présidents en visite officielle. Cela se prouve tous les jours en Europe même. Tous les pays développés et émergeants réfléchissent dans leurs propres langues et trouvent des solutions authentiques à leurs problèmes. Pourquoi pas nous ? Un point d'actualité pour finir. Je suis sûr que les Comoriens auront résolu leur problème d'instabilité politique et institutionnelle le jour où nous pourrons dire en comorien, régionalisation, fédération, confédération, état unitaire centralisé, état unitaire décentralisé ;et faire la différence entre tous ces termes et concepts. Alors, peut-être aussi que ce jour là, nul Comorien ne sera sensé ignorer la loi, écrite dans sa propre langue, où du moins dans une langue comprise par tous.
 Aboubacar SAID SALIM Ecrivain et Francophone
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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 20:11
Invité à Marseille par l’association Nuits Métis pour présenter ses travaux artistiques au public de la cité phocéenne, Mab Elhad, poète, photographe, calligraphe mais aussi gendarme a rencontré les membres de la communauté comorienne, notamment les plus jeunes. « Je suis très heureux aujourd’hui d’être à Marseille, et surtout de rencontrer les jeunes comoriens » a déclaré Mab Elhad pendant qu’il dédicaçait son livre, Kaulu la mwando, à Karthalah musique, boutique dédiée à la culture noire. « La poésie c’est un art qui se lit très peu, déplore l’artiste, voilà pourquoi j’ai décidé de la promouvoir jusqu’ici ». C’est justement ce qu’il a réussi à faire à la Savine, quartier nord de Marseille où il s’est livré pendant près d’une heure à une séance de calligraphie avec les minots du quartier. « J’ai essayé d’inciter les enfants à jouer avec les mots et à prendre plaisir à l’écriture » a expliqué le poète à la fin de la séance. Pari réussi, car les enfants ont montré leur enthousiasme. « Nous sommes contents de travailler avec lui, confie Maissara, 12 ans. Il nous a parlé de la poésie et de bien d’autres choses ». Mariama, elle, dit pourquoi elle aime la poésie : « parce que c’est doux, ça rime et parfois c’est calme, ça donne plus de mots ». Et à partir des mots choisis par les petits, un poème a été composé dont voici des extraits : J’aime la Savine, quartier où je suis né. Ici nous sommes entre voisines, nous respectons nos aînés. Avec d’autres jeunes des quartiers de la Gavotte et de la solidarité, Mab travaille à la création d’un spectacle sur les thèmes du silence, de la parole et de l’exile qui sera présenté lors du prochain festival marseillais. Après sa tournée agréable des quartiers marseillais, Mab Elhad, poète engagé, devrait regagner les Comores ce mardi et reprendre son métier de gendarme qu’il exerce avec tant d’enthousiasme depuis vingt ans. Kweli/30/07/ Avec l'aimable autorisation de KWELI le magazine qui vous ressemble et vous rassemble !
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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 13:04

 


        Kaulu la mwando. Cet opuscule, d’un rare pouvoir de séduction, paru en 2004 aux éditions Komédit, est malheureusement passé inaperçu. Pourtant, la beauté de ses poèmes, la véracité de son verbe, telle une ondée, nous décrassent. Ce recueil, petit soit-il, exorcise le Phobos qui loge en nous : l’auteur, gendarme de profession, nous tend une perche. Poésie engagée, tout porte à la révolte et à la quête de la liberté. Le poète à travers ce tout premier recueil met de côté son rôle de cloche à fromage (excusez le terme) ; son devoir de toujours protéger l’Etat : il  se gendarme contre l’Etat. Il offre à ses lecteurs, comoriens surtout, une vacance positive de ses activités professionnelles. Ce premier recueil du jeune Moronien  Mab Elhad est un court moment d’enseignements donné à tous ceux qui ont toujours rêvés d’une « émulation » dans l’Union des Comores. Kaulu la mwando nous enseigne, en peu de pages,   la révolte et la quête de la liberté.

 
    Le style de Mab Elhad est simple ; le rythme de ses poèmes enchante. Celui qui est « gendarme /et (qui) aime (son) peuple / (et que sa) volonté (son) courage (sa) résistance lui sont dédiés » compte libérer ses compatriotes, sujets au désamour, au désespoir, à la détresse,  à travers ce recueil. « Je vous apporte la paix/et vous éloigne du malheur », confie-t-il. Désormais, le peuple comorien doit, selon le souhait du poète, être libre comme un « oiseau libéré dans une cage » et « que l’on offre une nouvelle vie ».  Comme toute chose, ce recueil de poèmes  a un commencement sûr, une porte.  D’ailleurs, le poème qui ouvre le recueil s’intitule « Porte ! ». A vrai dire, en lisant religieusement le poème « Porte ! » on se rend compte que le poète ne savait pas par où commencer pendant la rédaction du livre. Le poète ignore tout du passé. Son passé. Et soucieux de connaître davantage son passé, la source des problèmes actuels, il sollicite l’érudition  d’une porte. Mais de quelle porte ?  En effet, cette porte en question ne saurait être que la porte de chez lui, de sa centenaire maison familiale cachée dans le millénaire médina moronienne. « Témoin du temps qui s’écoule/et des générations qui se suivent », la médina d’où vient le poète  est l’une des plus vielles villes des Comores. Comme Mutsamudu, sur l’île d’Anjouan, la Médina de Moroni  est un véritable témoin d’une grande partie de l’histoire des îles de la Lune. Surtout grâce à son emplacement. Se trouvant au bord de la mer, elle fait partie de ces rares escales de la route des Indes, pendant Vasco da Gama.   Autrement dit, la porte dont le poète parle ici n’est autre que l’histoire de la médina de Moroni. Moroni cette « terre arabesque /Avec ses cents détours et ses mille escaliers, /qui mènent toujours devant (des) mosquées séculaires ». Moroni cette cité millénaire dont l’auteur vante les mérites de sa beauté dans le poème Invitation au voyage.  Évidemment, Mab cherche des éléments de réponse dans l’histoire de cette « terre natale au nom qui (...) enchante » et qui « garde(s) dans son mutisme /les confidences du foyer/dont (elle) connaît le théâtre ». Sûrement le foyer dont le poète évoque ici est l’archipel des Comores. Mab sait que la solution aux problèmes des îles Comores se trouve dans l’histoire. Puisque l’histoire nous montre que les Comoriens sont tous des frères et doivent rester unis. L’histoire, malgré son « perpétuel malaise » nous montre que la paix et le bonheur ont déjà existé dans les Comores d’antan. La porte dont le poète cherche à franchir son seuil est celle de l’histoire.

 

De l’espoir à revendre

 « Faites-moi pêcheur

J’aurai mon espoir pour appât »

     A force de puiser son inspiration dans l’histoire des îles Comores, Mab Elhad s’est rendu compte que l’ensemble des habitants des îles de l’océan Indien avait les mêmes origines de par leur histoire. Il y a des liens de parenté entre les habitants des  pays de la mer. Ces liens parentaux sont nommés par le poète  l’ « indianométis ». Cela dit, l’ « indianométissage » dont l’auteur ne cesse d’évoquer tout au long de son recueil est ce mélange de sang « bantou », « arabe » … que chacun de nous porte en soi. Pour le poète l’ « Indianocéan » est une zone de paix. Les guerres ne sont venues que tout récemment. L’harmonie et l’amour entre les  peuples ont toujours existé. Ce qui veut dire que le poète croit à la COI, à cette organisation régionale de proximité créée dans le but de promouvoir un développement économique et humain durable des pays du sud-ouest de l’océan Indien. Mab Elhad appelle à « l’amitié entre les peuples » des pays de la mer ; à une « magie d’un regard commun ».  Pourvu que son message soit entendu, et que le séparatisme aux Comores touche enfin à sa fin. Le séparatisme, un mal dont le poète dénonce à travers ce recueil. D’ailleurs, Mab félicite Mohéli du fait d’avoir accueillie sur sa terre l’enterrement de la hache de guerre. En effet, le poète parle du récent Accord de Fomboni signé en 2001 par le Colonel Azali Assoumani et le Colonel Saïd Abeid.

 
La politique à la source du mal

 «  Il fallut du temps pour comprendre que politique

Fut à la source du mal qui les ronge »

           Dans le poème Crise, le poète croit trouver la source du mal qui ronge les Comores. C’est la « politique » qui est à la cause de tous les maux auxquels souffrent les Comoriens. Les politiciens comoriens ne pensent qu’à eux. Le peuple ne compte à leurs yeux que pendant les élections. Donc, il faut aux Comores un président digne d’un « Sankara ». Un président qui osera « dire non » et à cette France qui croit  que « l’Afrique n’est pas prête » et aux tentations. Un président qui pensera au peuple avant de penser à lui. Les Comores ont besoin d’un président comme « Mongonzi ». « Mongonzi » ou « camarade Ali Soilihi » s’était rendu compte que le développement d’un pays passe toujours par la femme et la jeunesse. Il faut que tout un chacun dans l’archipel soit épargné par les vrais ennemis de la nation, « la misère et l’ignorance ». D’ailleurs, c’est la raison selon laquelle il voulait une « émancipation de la femme » et un « épanouissement de la jeunesse ». Il voulait parce qu’il n’a pas pu finir sa mission. Il voulait parce qu’il a été tué avant même qu’il ait commencé sa mission. Il voulait parce que son histoire reste inachevée.

        Enfin, Mab Elhad marche dans le sillage de ses ancêtres, poétiquement parlant. Ses aïeuls sont Mbae Trambwe et Rabéarivelo. Sans l’ombre d’un doute, Kaulu la mwando prouve par sa  véracité et la portée de son verbe qu’ « être poète /c’est rester digne et grand ».
 Adjmaël  Halidi

www.adjmael-halidi

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Published by Adjmael Halidi - dans Poésie
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