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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 16:53
                                                                                            ''Le cri de l'Ecrit -Art ''

Plus d’une trentaine de tableaux aux motifs et couleurs soigneusement choisis par quatre artistes ornent la galerie d’exposition de l’Alliance Franco Comorienne de Moroni du 16 au 30 décembre 2009, en hommage au regretté Fundi Abdalla Youssouf, distingué dans les différents discours prononcés pour la circonstance comme un pionnier de la calligraphie aux Comores.

Le Président Sambi signant le livre d'or de calcamart


Le vernissage de la première exposition de la jeune association des artistes comoriens en calligraphie, ‘’Calcamart’’, a eu lieu à l’Afc de Moroni, Lundi 15 décembre. Placé sous le haut patronage du Commissariat national à la culture, à la jeunesse et aux sports, en partenariat avec la Mairie de Moroni, et l’Alliance Franco comorienne, l’événement a eu l’honneur de recevoir le Chef de l’État Ahmed Abdallah Mohamed Sambi entouré de plusieurs personnalités notamment, du Vice Président Ikililou, de ministres et de diplomates. L’exposition ‘’ Le cri de l’Ecrit – Art’’ est la première en calligraphie Arabe et Latine réalisées par des jeunes comoriens. Ces derniers ont tenu ainsi à rendre hommage Fundi Abdallah Youssouf, distingué dans les différents discours prononcés pour la circonstance comme un pionnier de la calligraphie aux Comores. Plus d’une trentaine de tableaux aux motifs et couleurs soigneusement choisis par quatre artistes ornent la galerie d’exposition de l’Afc de Moroni du 16 au 30 décembre. Le Maire de la capitale Said Ahmed Said Ali, a souligné que cette exposition permet aux jeunes artistes de prendre le devant d’une politique de la culture et des arts que compte entreprendre sa municipalité. Les artistes Said Omar Said Athoumane, Mab Elhad, Abdoul – Hakim Moindjié et Mohamed ambidi Mohamed Toyb ont rivalisé, chacun avec toute la force de son imagination, leurs talents de faire parler le pinceau sur la toile. Les œuvres exposées sont en calligraphie arabe et latine révélant l’imbrication, de la culture arabe, perse et bantoue dans la société comorienne. Le secrétaire Général au Commissariat National à la Culture, Soilihi Moumini, au nom du Commissaire, a apprécié ‘’l’esthétisme de l’art symbolisant l’appartenance des Comores au monde arabe tout en affichant l’amitié avec la Chine’’ faisant allusion a un tableau portant des signes de l’écriture chinoise. Le Président de l’Union des Comores Sambi, dont le tableau ouvrant l’exposition est réalisé à son patronyme, a exprimé, enfin, son appréciation sur le talent des jeunes artistes. Il s’est beaucoup réjoui du fait que tous sont des autodidactes nationaux, et a encouragé les jeunes à ‘’être acteur plutôt que spectateurs’’. Le mot de bienvenue a été prononcé par l’ambassadeur de France à Moroni, Luc Hallade, en tant que président du comité directeur de l’Afc, selon le Secrétaire général au commissariat à la culture, ‘’c’est la première fois qu’un président assiste au vernissage d’une exposition à l’Afc.’’ Le nom du Président Sambi est gravé sur un tableau avec cette écriture que l’artiste Said Omar nomme ‘’hatwi Kamariyi’’. Une police d’écriture ‘’d’invention comorienne’’, soutient l’étudiant en première année de Commerce à l’UDC et amateur du dessin dès son enfance.Son collègue Mohamed Ambidi M.Toyb, qui est à sa troisième exposition fonde son ‘’avenir sur le pinceau’’. Il a déjà représenté les Comores au 4ème Festival des arts du monde arabe aux Emirats et exposé au Palais du peuple dans le cadre du Forum économique des îles de l’Océan indien. MAB Elhad est à son troisième exposition de calligraphies après une demi douzaine sur la photographie et avoir vu son œuvre publié sur les billets de banque comorien en lettres filigranes. Faire un crochet dans le hall de l’Afc vaut la peine pour découvrir entre autres tableaux ‘’Comores, entre le ciel, la mer et le devoir d’aimer son pays’’, Le monde est une fusion et une désunion constantes’’, ‘’ L’Amour comprend toujours les langues’’, L’ombre de Djamou sur les îles de la lune’’ ou encore ‘’ Dieu est beau, il aime la beauté’’. Autant de figues aux expressions différentes dont la compréhension n’est pas à la portée de tout le monde.Les artistes parlent d’une danse des mots.
                                                                M.Soilihi Ahmed
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Published by M.Soilihi Ahmed Journal Alwatwan - dans Calligraphie
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17 décembre 2008 3 17 /12 /décembre /2008 15:53
Arts et culture : Posté le 26.11.2008 par webcomores Moroni,mercredi 26 novembre 2008 (HZK-Presse)

MAB Elhad au milieu; accueilli par  Monsieur Annette,Maire de St Denis à droite, et l'homologue de MAB ,Mr Réné, chargé de la culture à la Mairie de St Denis à gauche.

– Une fois de plus, Mab Elhad a représenté dignement la culture comorienne dans des assises internationales. Cette fois, il ne s’agit pas d’un concours mais plutôt d’une rencontre régionale qui a regroupé une soixantaine de poètes de l’Océan indien dont Mab Elhad, sur l’île de la Réunion. Le gendarme poète a présenté du 16 au 29 octobre dernier ses œuvres, à l’occasion des 30 ans de l’Udir, l’Union pour le développement de l’identité réunionnaise. Seul comorien venant de son pays pour se produire dans les différents spectacles organisés pour la cérémonie, Mab a encore affiché son talent. « A la différence des autres années, il y avait de l’ampleur étant donné que c’est le 30è anniversaire. L’ouverture était lancée par un des chefs religieux de l’île à savoir l’archevêque de La Réunion », explique Elhad. Le talent de ce poète membre du ''cercle Pohori'', l’association des poètes comoriens, est démontré dans un poème consacré à l’Udir. Justement, « il y eu une lecture croisée entre mon poème et celui de Assoune Sedley,un collègue mauricien », annonce cet officier de la gendarmerie, passionné de culture et de littérature. Après ''Les îles rebelles ''en 2005,un deuxième recueil ,des poètes de l'Océan Indien intitulé, ''Poètes slameurs et autres conteurs ''a été publié pour la circonstance, devant favoriser une bonne connaissance des poèmes de la région océan indien. Au delà de la poésie, cette rencontre a permis de révéler un lien historique entre les Comores et l’île Maurice. Ce lien est démontré grâce à un homme, Joomun Réné, ce mauricien installé aux Comores depuis plus de 36 ans. Professeur d’anglais et poète n’est jamais retourné au pays natal. Ce  rencontre de l'UDIR à la Réunion était l’occasion de révéler cette personnalité qui fait la jonction entre Moroni et Port-Louis. « L’Udir s’engage à  soutenir les efforts des poètes Mauriciens et comoriens pour trouver les moyens afin que Réné reparte dans l’île Maurice et retrouver ses racines », souligne Mab. Le voyage a permis de parler culture au pluriel. Le poète a endossé son costume d'Adjoint au Maire, chargé de la culture , des Art de la jeunesse et des sports,à la mairie de Moroni, pour établir des contacts avec les autorités de Saint-denis. « La commune de cette ville se montre disponible pour soutenir la mairie de la capitale. Elle veut participer à des échanges entre les deux collectivités. Saint-Denis, dit être prêt pour la formation du personnel de l’administration municipale de Moroni. Ils ouvrent leurs portes pour que les agents de notre mairie apprennent comment gérer des collectivités locales », martèle le poète qui s’est transformé en ambassadeur pour la circonstance. Pour mieux ficeler les relations entre Moroni et Saint-Denis le maire de la capitale réunionnaise est attendu aux Comores  le 24 décembre 2008. En outre une mission d'éxpertise , sera effectué au mois d'avril, par la structure associative de St Denis ''LERKA'' organisateur de manifestation culturel régionale.De même le Directeur  de l'Office Départemental de la Culture, Monsieur Jacques DAMBREVILLE, compte se rendre sur Moroni , suivi de Serge Fabresson, Directeur Régionale de la Jeunesse et du Sport.
Pour boucler un voyage poétique, Mab Elhad s’est vu proposé l’organisation de la prochaine édition du festival interrégional de la poésie de l’océan indien (FIPO). Si tout se passe bien les poètes de la région vont se réunir à Moroni le mois de juin 2009. Abdallah A. Agence comorienne de presse (HZK-Presse) Ecrire un commentaire


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Published by Abdallah A. - dans Poésie
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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 20:44
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POEMS BY MAB ELHAD

01

RETURN TO THE MOTHER COUNTRY

 

There I am again, tender and dear country,

I come back to you empty handed,

But the heart rich of hope.

 

I am in a hurry to embrace your beautiful meadows

To tell you that no beauty is worth your wrinkles,

With joy, I will embrace them in my wander.

 

Farewell my exile times,

And the shadow of nostalgia

Good bye companions

Good day my islands

 

Long life to the Comoros,

Motherland whose name enchants me

To rejoin her makes my heart cries of joy

 

My happiness this evening grows

To hear the voices that are dear to me

I think again of the time spent without you

O my tender land!

 

                                   MAB Elhad, October 1987

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1.      THE INDIANOMETIS

Calligraphic autoportrait of MAB Elhad

 

I)

I am the Indian Oceaner

Born under the irenic sign

Of war, I know nothing !

 

I am not master of the céans

I know nothing of the ironic,

Breaking peace, all else is to be done.

 

I invented no weapons,

But am victim of their horrors

I who has always loved my neighbor

 

I suffered to see tears

For conflicts initiated by mistake

Even though by blood, we remain brethren

 

II)

On our pacific lands, we sowed,

The seeds of Concorde and harmony

And cultivated legitimate and reciproqual respect!

 

For our well-being, our peoples summoned

The IOC to render real this agreement

Conflicts being the fruits of a misunderstanding!

My wound is not only the misfortune that haunts me,

My wound results from the stains of gone days!

 

Insecurity and logomachies nourish our fears,

Violated freedoms, broken law, such misdeeds,

Values and morale becoming dead letters!

 

III)

My pains result from lack of horizon,

Begging is no longer an issue.

 

Make me fisherman,

I will have my hope as bait!

I am the Indianometis!

 

I bring you peace,

And take you away from misfortune.

 

But my dream will remain unachieved,

As long as my culture will continue

To let itself be crushed.

 

By misery and ignorance!

As long as in the streets, the forsaken children

Will go nourish a society in total deliquescence!

 

IV)

 

I assert my indianometissage

Bantu,

            Arab,

 

The mounting troubled wind shakes me,

But I resist…

 

I am the Indianometis!

 

Creole speaking, melano-african,

            Descendant of the Capricorn,

The difference, cultures that build me,

Beliefs that founded me

 

Weave

 

            A composite world

            That sucks from the same nipple

            On this sea of the Indies

 

 

Avril 2002

MAB Elhad

 

 

 

                                                       INDIAN OCEAN       

 

string of islands that I shell

I put so much hope in your name.

 

IOC!

 

When I hear the spelling of these initials…

I meditate and think of the peoples

Who swear only by her reputation!

 

I saw who still believe in the terms

Of an active cooperation

Who avoid inaugurating chrysanthemums,

In this garden of initiatives.

 

I dare still believe in the well-being of a world,

Where would be banished the arbitrary and poverty

It is in this peaceful zone that I found,

My great ambitions of revolted citizen.

 

I assert this multiple identity,

Which is ours. And if my language is rainbow,

It is to better greet, Indian Ocean mother.

Sea waves of pleasures;

Where the insularity carries in it, abundance and joy.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

04

MORONI

 

The Moon’s disc emerges slowly,

Atop the Karthala and its wide open crater.

Crystalline night,

In a town of the East,

To the opaline reflections.

 

Here are the minarets from which comes  the muezzin’s call,

From old palace collapsing as on a fresco,

From crenulated remparts where ferns grow.

 

And here is the market, sleeping at this hour,

Not far from the cemetery and the noble residences ;

And here are the narrow lanes of the quarter dominating the bay,

With their madrassats and their frail arcades.

 

Moroni, arabesque land,

With its hundred detours and its thousand staircases,

Which always lead to our secular mosques!

 

The moon’s disc salutes the Ocean

Immobile and shinning like a silver plate.

 

MAB Elhad

In Kaulu lamwando

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

05

CHERISHED FREEDOM !

 

They shouted me this word, freedom !

And it’s a ring on the boy’s ear,

A car within the hands of puberty,

 

Freedom, what is your ransom ?

 

I often believed to be meeting you at the frontiers

Of the forbidden where sometimes doubt took over me.

And I spent days and whole nights

Searching for you, inventing you in my mind

 

Cherished freedom, of you I fell in love !

 

I read your name on all hearts

And I heard it sound like a bell

And sometimes even, I saw it shinning at the tip of a torch

Kept by the breath of fear

 

And yet, to your thought my soul hung on to.

 

I saw you, sometimes, flying over the sheet

To come and land at the top of the barrel/gun

And knock at the door of a life in mourning

 

Cherished freedom, you amaze me

 

I forsaw you in the wonders of the night

I glimpse at you in the meanders of boredom

At my times of distress, you appeared to me.

At your divine letters, Ô freedom, I already believed !

 

For having seen them illuminating the way

 

MAB Elhad

In kaulu lamwando

Voir aussi : ‘’Invitation to a voyage’’ Of Stephen Gray

                      Protea Book house Edition   Nov 2007 Pretoria

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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 11:13

Pour une poésie qui ose dire son NON ! (5)

http://www.comores-online.com/mwezinet/poesie

Ye dje pouet pouets,

Son excellentissime moi, ss, sans complexe, revient vous faire iech avec mes histoires de poésie décadente, impulsive et hautement inutile mais sans doute nouvelle et engagée dans la destruction de la tradition coloniale. (Bon ! ça va ! ! ! !).

Kwa ? Tschhhhhhhhhschhhhhhhh!

Hayizo, nous continuons la promenade dans l’archipel de la désolation : Vous vous rappelez que nous avons abandonné un vieux mohélien dans la pénombre d’une case où un Sukurubu vacillait sous la naissance d’une nuit fraîche???? Il disait la reine djumbe fatuma étranglée d’amour par Lambert l’aboyeur, mangeur d’Ilali…..

Mpavandzi Gupango Pandzi (suite)

Extraits :

" … Deux jours durant en son alcôve, la reine recluse, priait le bon Dieu, pour reconstituer le sang volé, violé, étiolé en gouttes rouges sur des draps de soie importés de Brive-La-Gaillarde.Qu’Il pardonne ces instants de frayeur et d’extase dans les bras de Lambert le Hobereau, bourreau des cœurs des jeunes filles arables. Paraît qu’elle jeûna 2 jours durant, sans jus de goyave jaune soleil, sans thé à la cardamome, cayi (tchayi) des puissants et malabars de Goa.2 jours à sentir monter le crépuscule d’une pression entre l’histoire et son corps d’ébène attentive. Puis, elle renonça et s’ donna à nouveau et les chiens aboyaient , dans leurs gueules, le pavois BBR (bleu blanc rouge) recouvrant la gadoue et les girofliers à perte de vue.

La reine dit-on s’est rendue à l’ennemi sans combattre. La reine repue sous ses froufrous rances oublie l’île qui s’enlise dans la vase coloniale. C’est ainsi que l’ colon pénétra plus loin à l’intérieur des hautes terres….

Des hautes terres de Mwali, les mornes semblent des seins de femmes. Certains brûlent en terrasse, se coiffent de cocotiers, d’autres dévalent, s’entrelacent, s’embrassent, s’enlacent et d’un fiévreux baiser, n’en font qu’un.

Aspérités d’une île !

Mwali !

Des hautes de Mwali, la mer fait place à un horizon rouge sang constellé d’étoiles curieuses. Un feu d’artifice, se noyant dans l’eau et des sentinelles du voyage découvrant le chemin à faire. Je prends la mer, du point zéro de kapve hwani !

A chaque ondine bue par la Galawa, mourait une étoile et chaque étoile derrière moi, me rapproche du même ciel, le Nord , et ,on sait les étoile mourir en beauté.Ca fait des étincelles wanyawe !

Où suis-je ?

Là-bas !

Je suis là-bas !

Ngazidja !

Tsasi !

Ridja !

Kwezi !

Le feu que je vois est un souffle de Bazooka aux nuances du coup d’état ".

Nkodo bo nkodo !

Pause caca, les gars ! Notre voyageur dégoûté est en train de creuser un trou pour ses besoins, caché dans l’anse de l’île "Trou du prophète"

La suite ?Bientôt !

Quant à moi, ss, je suis condamné à l’ombre des morts regrettées et avant que le jour ne se lève, je file dans ma case d’ossements.

Vive le Rwanda !

SS

kato wrote:

Salut les gars et les filles (quand même !)

Résurrection :Sadani 1, scène tombale

Vous en faites pas , compañeros, je suis toujours mort, depuis " Mpvandzi gupango pandzi ".Je le sais. But, c’est bizarre !Il y a trop de noir dans ma nouvelle case. C’est pourquoi que je suis venu vous le dire sur bangwe-comores :La mort est inacceptable ! Puis, j’ai oublié de vous préciser (c’est ça), qu’y a des gonzes qui m’ manquent :Y sont comme morts, pourtant y sont pas au- champ- des- troncs avec moi ! Vous voulez savoir qui ?

Zarane Blère, Zarouki Bouchrane et Swadicki. Putain qu’y me manquent ! ! !So, décidé, j’ vais vous les chercher.

Merde, !Trop de terre. Je suis dans ma tombe.

 

Sadani 2, scène d’évasion

Hop !Je me dépoile et secoue la poussière. Je me lève et me cogne le plancher des cabris. Je récite Ash-had anla illaha illallah wa ashad anna…….(zut alors ! y a du vieux bois qui craque). Je perce la terre et me voilà parmi Vous !

Yyyyyyyes !

Sadani 3, présentation

Comme j’ai pas beaucoup de temps avant le lever du jour, les morts ont peur du soleil (les morts sont des vampires décharnés…..Hin Hin hin….grrrrrrrr), j’ vais vous ramener, Zarane, par exemple, un gros naze de sang et de connerie. Au moins, on s’ marre avec lui. A moins qu’il ait terminé son livre (ha ha ha !) et qu’ y soit à la correction (ha ha ha ) et qu’y dise qu’il a pas le temps …..(ha ha ha !). Ou swadicki, pour qu’il casse du sucre sur le dos de ceux qui nous brisent les os (pour pas dire un gros mot-" les noix ").Pardon !

Quant à Zarouki, depuis qu’il s’est multiplié (comment ?) , et qu ‘y s’appelle Zarouki 2 , il essaie de se désabonner (mourir) tous les jours (hi hi hi).Je lui réserve un particulier sort à celui-là.

J’ peux dire une autre connerie ?

" Faut virer les cons solennels en BMW noire et les casseurs d’ambiance en turban des bangwe "…en remplacement, Zarouki, Swadicki , Zarane et mimi , ss, serpent à sonnettes et cadavré en rébellion.

Interlude de déconnade , scène finale

Une petite charade les mecs…..j’ai envie de rigoler vraiment.

Un colonel con de la coloniale

C’est mon premier

Mon deuxième

Est un couard

Mon troisième

Est un coup d’état

Mon tout est Tout et son contraire

Qui suis-je ?

Allez savoir….sous les alizés ! ! ! !

La prochaine fois on sortira la grosse artillerie, sisters And brothers !

Cia ciao les vivants!

ss

 

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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 11:03

Pour une poésie qui ose dire son NON ! (3)

Salut les gars,

C'est bien!L'ambiance est apaisée sur les bangwe, plus d'insultes ni trop de conneries (enfin, je m' comprends).So, fidèle à lui-même qui est moi et sans trop de fioritures, nous abordons la phase 3, de notre expérimentation littérarigolo. Sans perdre de vue que des choses parfaitement justes sont contenues dans ce déversoir noctambulistique, hic ! (bikoz, when j'arrive pas à bien m' pieuter, mi tsodo babuha).

("Tsodo", qui peut m' parler de cet invariable de la langue
comorienne? Un linguiste!Un linguiste!) En dépit des p’tites plumes médisantes et jalouses de la portée decette éloge critique et ludique, we go!.
Eloges ?

Ouais !

Le souffle qui fait passer de l’apprentissage à la création.

 

Du mythe obsessionnel au suicide collectif, (c’est ça ?) Nous avons pu voir, mes potes , se développer une littérature comorienne axée sur des postulats poids plume, les événements politiques et, surtout identifiée sui generis par l’absence de : Style, idées, lyrisme, beauté particulière et dénuée de la moindre poétique. Elle est réactionnaire et didactiquement régressive! Pas de kwa s’remplir les sens.(l’ouie, la vue, le toucher, l’odeur des mots -j’aime ceux qui tuent et qui puent -). Lecteur assidu et des meilleurs (attention les chevilles), ma déception fut immense, mes yeux m'ont réclamé des indemnités de sujétion et moi-même comptais porter plainte contre l'éditeur ou exiger le remboursement de son coût en bières à l'ami qui me l'avait prêtée. M'enfin, on a les débuts qu'on peut ! Coup sur coup, les autres ont suivi dans le même registre, les thèmes du premier, la politique, l'archétype du comorien social, l'univers et l'imaginaire du bled (sans quoi ça valait pas la peine), les us et coutumes, l'amour contrarié, l'amour interdit, l'amour négocié, les affres de l 'immigration, le doute des identités. On dira qu'on tient là un mythe littéraire obsessionnel et collectif. Très bien.Ca c'est pour le roman, genre que je dédaigne beurk!beurk! Sauf lorsque les anglophones africains, Ben Okri, Amos Tutuola, wolé Soyinka….s’y mettent. En attendant le coup de gong d'une qui sera cataclysmique au bled! Dans la poésie, entre la mise à contribution des vibromasseurs et la sollicitation des astres au sud de l'équateur, nous sommes restés aussi aveugles des cyclones potentiels et des coups de tonnerre nécessaires, pour que la beauté se dévoile et dévale les mornes jusqu'à la mer. Comme une éruption karthalesque. Obsédés du banal, nous ne savons rien lire du mystique caché dans la banalité des crabes palmistes, du mystère enveloppant la carapace du caretta carreta (notre nyamba à la délicieuse chair , aux œufs fermes et onctueux en bouche, cuits en papillotes dans une feuille de bananier humidifiée à peine à l'eau de mer). Hummmm! D’ailleurs nous allons faire une pause, un interlude de Radotages sur le reptile chélonien: Comment chasser un nyamba (Dusi), qu' a surfé la houle, plongé dans le lagon, traversé la barrière écumeuse, nargué quelques squales et labouré le sable pour y déposer ses futurs ex-bébés sur une plage chauffée aux effets de notre belle lune et aux ferments du caca crépusculaire? Meurtre, mode d'emploi:
1. Passer par hasard le long du littoral, vers 3 heurs du matin,
après avoir ramené sa belle clandestine, jusqu'à 100m de la case familiale.
2. Se laisser surprendre par un bruit bizarre (la tentation de
prendre les jambes à son cou est la plus forte, c'est peut-être un djinn à cette heure ci) néanmoins garder son calme d'homme qui vient de le prouver (!!!) en jetant un regard furtif du côté de l'océan (non, c'est pas djinn bahari).Une masse presque immobile gigote en poussant des plaintes à déchirer le cœur d'un mercenaire (élément du mythe obsessionnel).
3. Chouette:De la viande fraîche gratos, nous réjouissons-nous !

4. Courir réveiller son p'pa, s'il est pêcheur ou potes, s'ils ont le hudu! Au retour, faire attention, car la bête se prépare à rejoindre sa famille en haute mer et s'rend prestement compte, qu'y en a qui en veulent à sa peau.
5. Pendant que les uns déterrent les joyaux ovipares (madjwayi) et
songent à un festin d'insulaires, les autres doivent choper la mère par les bras et les jambes, en évitant les baffes que la dame a tendance à distribuer à tire-larigot, la retourner violemment dos sur le sable, et lui flanquer quelques coups de godasses sur les côtés, pour se venger d'avoir été réveillés si tôt ou si tard, puis chercher une corde ( Souvent, les pêcheurs les abandonnent dans leurs pirogues pour l'ancre ou le harpon du matin, du midi et du soir).
6. Comme la tortue a une petite tête qu'elle protège en premier, la
seule partie de son grassouillet corps dépourvue de blindage, il est conseillé de la ceindre par les mabawa de derrière, entrelacer par un nœud quelconque les 2 bouts de la corde , et parvenir jusqu'aux mabawa de devant , en serrant le plus fort qu'on peut, pour éviter que la saloperie s' défende. Sinon , raclée de pompes. Elle se calme généralement.
7. A 2 ou à 3, traîner Dame nyamba jusqu'au bord de la Nationale et
vérifier qu' un hospitalisé économe du trou-à-merde et, tenaillé par les roucoulements désordonnés d’un mets non digéré, n'ait pas pensé à venir décolorer la plage à cette heure-ci.
8. Coup d'œil à….droite, … gauche, psss, personne!
9. On z'y go! L'affaire est dans l' sac, direction: La vala.
Tirée le long d'une rive à une autre, c’est-à-dire quelques centimètres de chaussée, la tortue glisse à nouveau sur le bitume au ras du muret d’un cimetière, jusqu’à la vala ! Cette fois-ci contrainte et forcée . Je vous passe les détails du martyr de la tortue en train de se faire déshabiller, sans autre forme de tendresse, qu’un pucari des plus efficaces, qui perce d’une pointe stridente les flancs du reptile, une peau épaisse séchée d’embruns calcaires, vulnérable quand même, se déchire:CRRRUFFF. Oh, mais…SlaaaSh!!!, le couteau s'enfonce dans les interstices du flanc gauche, en partant de la poitrine vers la queue, puis va chercher en profondeur jusqu'aux limites des intestins. La bête gueule un peu mais saigne à peine. Le but de la manœuvre consiste à lui ôter la poitrine du reste du corps. Les tortues ne pissent pas l' sang à chaque vaisseau coupé. Elles sont trop grasses et ne ressentent la douleur que longtemps après. C’est pour quoi que la chair est bonne. L'essentiel, c'est que vous aurez de la barbaque pour 4 jours si vous soudoyez les voisins, sinon, pour 10, si vous êtes radins et détenez assez d’arguments désarçonnants face aux gendarmes, qui, en vertu de certaines résolutions votées à l’assemblée des Nations unies et à l’unanimité, moins une voix (la mienne), protègent la tortue contre les malfaiteurs de notre espèce, bande d’individus ne nous rendant pas compte du tort que nous infligeons à l’humanité, de la douleur que nous provoquons aux âmes sensibles, ne réalisant certainement pas, à quel point sommes-nous ingrats envers l’Amérique, l’Union européenne, cette France généreuse, ne manquant point de nous expédier d’autres mabawa de gallinacés cendrées, des carcasses de limousines, salers, normandes, Aubrac, blondes d'Aquitaine et autres corned beef sans saveur. En contrepartie, pas bouffe le Nyamba ! Une autre alternative est possible: Proposer aux deux gendarmes que les mesquins voisins ont mis aux trousses de votre boucherie marine, 3 kilos chacun…. Ca marche toujours, sauf que quelquefois, ils exigent une vingtaine d’œufs en plus. Mapvaha msiru !
10. En bon musulman, il est recommandé de restituer le tout, comme à
l'origine "tu es né djwayi, tu redeviendras djwayi". So, en hommage aux œufs, creusez un trou à l'endroit même où vous les aurez cueillis, assez profond pour éviter les effluves odorantes, puis, soulagez-vous. Avec un peu de chance, et si dieu le veut, notre repas extra se réincarnera en ange bienfaisant et aveugle, pour qu’il ne vous reconnaisse pas demain le jour de la fin (maudu nts’wa kiyama). Sinon, gare à vos fesses.car Mabawa ‘urema'pi (= trois 14 équivalents à Karembeu(42)!!!!)
11. Si par malchance, un effet de turista accompagne ceux qui auront
trop bouffé de cette succulente substance noire -marron vert, toujours selon les édictions divines, plongez dans la mer, à marée haute, comme si vous étiez un baigneur ordinaire, éloignez-vous des attroupements des nageurs et là, ouvrez les vannes!!!!. Pis, tout simplement, évitez la marée noire en nageant avec aisance, en brasse, le papillon, le crawl, sur le dos, loin, loin du périmètre des Bermudes Je vous jure qu'ainsi, la tortue retrouvera les vertus de la matrice saline... Ca va ?  Donc, servis par une poésie qu’ose pas dire son Non, nous obstinons à faire les choux gras de cette foutue méthode poétique françaouie, dans le strict respect des normes AFNOR de l’Académie française dont les Larousse, les Robert et autres écrevisses répandent depuis l’école primaire, le sens de leur monde immédiat qu’est pas vraiment le nôtre. On est d’acc, doc ? Nous partageons le français, les pouet, c’est-à-dire que nous avons une langue en plus, beaucoup plus éloquente sous nos doigts que les règles propres à une autre langue. Comoriens, nous parlons le shikomori et sans être français, nous kozon comme eux, les gars ! Faut montrer qu’ils peuvent pas écrire comme nous, pour nous, sur nous. Bien que l'activité poétique ne s'impose pas uniquement par l'opposition ni par la compétition, la moindre des inspirations irait donc élaguer de l'arbre des imaginaires universelles, les branches qu'ont pas de signifiant logique dans notre monde petit, pour transplanter à la place/ transposer, le ramage des filaos, les épineuses inflorescences du caïlcédrat, la nodosité de la plante à henné , le fruit oblong du fromager (qui s' gonfle de vide volatile)et la fougère grimpante des vieilles demeures abandonnées. Nous avons l’avantage d’être d’un pays et de plusieurs langues. On n’est pas chauvins, nous et, nous devons le prouver. A défaut de quoi, en refusant d'arroser la poésie de notre semence originelle, nous la condamnons à porter le lointain formalisme des autres, sur des épaules vouées au raidissement et à l'approximation. Nous nous suicidons sur l'autel du françaoui. Of course, la métrique Hugolienne et les élégies Lamartiniennes n'ont pas les mêmes inflexions eu égard au rythme ample , étiré et brutal de l'oralité insulaire. Ouais, c'est ça, l'oralité! Ecrire de l'oral et des râles sur le cuir omnipotent d'une langue apprise: Métisser le vers, la strophe, le verset surtout (elle se prête merveilleusement à not' parlé), rendre sautillante comme un cabri une langue titillée par les enjeux et l'enjouement de not' propre métissage racial et culturel. Mais attention, pas d'"exotisme facile"

"… Sitôt si loin de moi, à ta rencontre je pars, pour mon tourment
apaiser
D'être trop proche de toi, orphelins de nos souvenirs
Tes mains, mabele,
Je les vois,dans le noir
Tu le sais,
Tes yeux,-oursins
On dirait,
Rognent le cœur
Tu l'fais exprès
Amma, j'endure tout
Ma sœur, mon amour, mon exil et ma faim….
Sa'bwe roho, sa'bwe nafusi, Sania…
Et les angoisse de minuit
Et le cauchemars de midi s'imposant contre vents et marées, drainent
insensibles les regrets des corbeaux
A la blanche encolure d'une mort étrangère…. ".Salops d'uhlans,
pourritures de soldats de misère!
'Shari sha shetwani na shende shungu hau shongo dunda! Shetwani,
c'est Dédé-le- renard-shonga (et je suis poli!)
Nous avons des dettes envers not' langue, envers l'arabe, envers l'anglais pour certains, envers le kiswahili et envers tout livre
ouvert et, ayant apporté à notre sensibilité ce petit frisson de la reconnaissance. Pour ce faire, le seul usage du françaoui n'est pas signe de souplesse ni de gratitude pour les autres, pour lesquelles nous sommes aussi débiteurs et créanciers de langage:Yes, l'autre mal aimé de Senghor, reprenait… Sicut et nos dimittimus debitoribus nostris (comme nous aussi effaçons les dettes de nos débiteurs…). Bon app'!Yes! "menge deff, Ekaro Senghor?" "…Menge' fe'reke'!" Marahaba! Continuons! Il importe que cette poésie voyage, peste et fasse des siennes, il importe qu'elle soit patchwork coloré, empruntant à W.Wiltman, un chant d'herbes, à Khayam, un rubbaya, à Verlaine, un juron, peu importe, si seulement, elle reste dépositaire d'un engagement pour le meurtre des mauvaises habitudes déclamatoires. "Mtsaha sha mvuvuni unyama", il en va de tous les efforts pour porter aux nues , une poésie comorienne, qu'en a marre de l'onanisme insulaire! Allez, on fait une pause, on suit les élections et dans 2 mois, on attaque, mpvandzi gupango pandzi. Après, vous entendrez plus parler de oim (je me suiciderai).
ss

 

Pour une poésie qui ose dire son NON ! (4)

Youhou, les poètes !

Nos chefs sont en place. Les cons ont pris le pouvoir, " on " continue la rigolade, les gars !

On s’roule dans les mots, les mets incertains à épouiller la parure linguisticoloniale et dépouiller l’héritage françaoui de ses pesanteurs, microbes et cacas mêlés au présent d’une démarche révoltée. On refuse le passé justement ,repassé en boucle par la méthode des vainqueurs. Que dis-je, on refuse pas on récuse les sens carrés donnés aux mots, les mots des autres qui s’ querellent en " on ".

On en est à la déclamation instinctive de nouvelles règles poétiques :

Mpvandzi Gupango Pandzi !

Bien sûr, tout ceci n’est que le fruit du voyage dans la langue et les langues de l’Archipel. Voyage qui porte Mpvandzi sur un océan quadrilatéral, dans une odyssée effrénée, à la rencontre de l’Histoire, des Populations, des lieux, des gonzesses reduites à l’archétype d’une Sania confondue parmi des " bordels aux lumières bleues " de Mayotte au " palais silencieux de la soumisson où une reine-enfant ouvre ses jambes à Lambert aux couilles friables de corail mort ", en passant par " le dortoir des tortues vertes, Bimbini, en ses agaves ensanglantés, au sang bu par des milices ivres ", jusqu’à " Ngazidja, lieu des sultans, des grands comoriens, grands pour rien, mais fiers de compter sur la place de l’indépendance les morts d’une guerre civile, avec alacrité en jurant l’index à la gorge … " au nom d’Allah et des Mapinduzi risibles.

Haya !

Extraits :

…. Elle flotte Mayotte hippocampe dans son armure d’algues
Le corps dans le lagon et la tête dans la Tour Eiffel
Elle squatte les esprits qui grouillent d’immondices
Sur les bords de corniches, les bordels aux lumières bleues
Elle flotte comme une sauterelle boit dans un trou ciel
Boit à tout va, s’enivre et vire en blanc para
Puis se pose sur une ipomea pes caprae et s’ fait bouffer
Par un corbeau à la blanche encolure



Bako
M’interpelle un enfant aux yeux sphériques
Si gros qu’on les croirait anse de pirates ou ballon de foot
Il avait le ventre de la miséricorde et des rides d’adulte au milieu d’un sourire
Msafara wa Farantsa hau utsi tembeya tu
Je lui dis le sens du vent et le périple en archipel
" Je viens de l’autre côté de la mer, petit
Et je découvre les îles à saute vagues
J’ai vu entre Raya et Mamudzu, petit
Des kwasa kwasa
Remplis d’ mômes de ton âge aux yeux exorbités de poissons morts
Flotter vers l’horizon,
Le savais-tu qu’à marée haute l’écume s’alourdit de ventres creux
De mères accouchant mille doigts de corail rouge
Qu’avant la rade de la petite île la barge broie
Les noyés que les fonds n’ont pas enseveli
Wanyawe
Ils ont tous râté le rendez-vous du paradis
Les leurres d’un paradis meurtrier
-le paradis n’existe pas, c’est l’enfer qui s’ pose des questions-
A Mayotte ma hutte ma honte
" je suis encore aux jeux de plage



Bako
A tuer les saxicole pour appâter l’orphie et la carangue
A traquer la gobie sauteuse pour en faire un élevage d’espoir,
Je ne sais ce qui se trame en haute mer que par les feux des cargos grossiers
Qui pissent du gaz oil dans les abysses d’iode
Je ne sais qui rame pour la survie ni pour le loisir



Bako
Je suis un enfant et on m’a appris la haine
Mais il paraît que la roche millénaire sent la bière
Que mon île est une femme
Les seuls seins qui lui tombent sont des bouts de canon au charme douteux
Bienvenue à Mayotte ,
Dîtes à la mosquée du vendredi que vous venez de ma part,
Je suis le fils de l’imam et de la marchande de poivre
Mon nom est Mnapatiara
Je sais cela, monsieur, mon nom est Mnapatiara"
Elle pleure elle pleure Mayotte dans le cœur des poètes.


II
Au naufrage des îles, les squales doivent une fière chandelle
Les corps prisonniers des passes n’exhibent point de passeports
Et c’est d’un banquet de jours fastes dont rêvent les herbivores
Ecoeurés
La barrière de corail est une autre frontière
Les miradors qui surplombent les cervelles une autre affaire
La douane aux accents de Carcassonne un autre malheur


III
Omwiyano wa mahaba nde bahari
Comme dirait un roi malgache parlant de ses rizières
La mer s’arrête où commence mon amour
Ainsi je viens à toi, armé d’histoires et de légendes
Fils illégitime né dans le trou de la géhenne
Du roi Salomon et de la reine Balkis
Je jette l’ancre au bout d’une cordelette de fibres cocotières
L’enfant court et se met à creuser le sable,
Le soleil siffle de ses lames au zénith
Me parviennent les mélopées languissantes d’un muezzin enroué
Je me mets alors à chanter en attendant une seconde marée :
" Mpvandzi de upango upanga
A l’assaut des roulis owahatru est déjà fourbi
Il scintille d’étoiles rebelles
Il transpercera le cœur de la légion
Dans un champ de sable
Sur un feu de camp "
Pendant que les bateaux au loin qui déchirent les amours fuiront, fuiront la furie de
Mnapatiara

……………………………………


IV
Tsihale
Hala hilele
Les vents m’ont poussé jusqu’à Mtsangamoudou
Je me nourris de capitaine et bois du sel
Sur le rivage des gendarmes ignorent le sort du perroquet et des einoches
Moi seul sait où iront mes prochains coups de pagaies
A la tombée de la nuit, je m’endors et voilà qu’on chante
" Hayilele Hoya !Hayalile Hoya "
Mwali d’un battement d’îles s’offre à l’aube.
Un exocet en détresse cogne ma tempe
Excédé par l’obstination de l’espadon
Il frétille dans ma galawa
J’ y pose un pied et rame rame
Droite gauche gauche droite
Un tirant de tribord je souque
A bâbord et à tribord
Vers le calme des clairières saumures
Kave hwani !Kave Hwani !

……………………………………


Au lieu-dit de la ponte des vieux reptiles
J’arrime pirogue et interroge les mornes
Mon chapeau de paille sur un genou
Ma pagaie horizontale comptabilise
Mbandzi, pbono et 2 murex baveurs
Je me prépare à un festin d’insulaire, lorsqu’un vieux monsieur au corps sec
Blanchi par endroits de sel m’arrive en souriant.
Il avait le dos nu bombé en demi-lune
Une petite tête aux pois blancs
Et grattait le sable avec une brindille :
" Djumbe Fatuma l’amoureuse avait le corps d’une enfant
Lorsqu’ elle s’abandonna Sous les couches de soie
Et but le zamzam frais d’une calebasse étrangère
On dit que le palais demeura d’un silence liturgique
On dit qu’alentour les bêtes plongèrent dans une sieste infinie
Et les seuls bruits qu’on entendait
Sortaient d’une chambre de reine "
C’est ce qu’on raconte
Moi je rapporte hama mpvandzi
Hama pandzi aux ailes poudreuses drainant le sirocco
Jusqu’aux confins d’Europe
Mais dans mes errances au sein des îles
Dieu que j’ai foulé des terres ocres du Nord au Sud
On m’a dit la même histoire
La même histoire qui s’ répète d’île en île
La même histoire pour toutes les îles
" …A l’aube les femmes de cour vaquaient à la routine
Elle battaient des mains en silence, mines renfrognées
Ets-ce pour réunir la basse-cour
Est-ce pour s’ plaindre prises à témoin d’un viol
Pendant ce temps les hommes qu’étaient sujets
Attendaient sous un manguier "
J’y étais pas, mais ça m’ revient
De la mémoire des anciens
Un silence de drame régnait au palais
La reine n’était plus jeune fille
" Son sang s’est perdu de la vue des siennes
Ye zigelegele sont des sanglots étouffés
Les mères se résignaient
La coutume avait changé
La reine s’envolait vers des palais imaginaires
Des images de Louvre et d’exposition coloniale "
-c’est surréaliste et baroque-
" Le sang a coulé, s’est mélangé
A sa phase de réincarnation
C’est l’homme au fouet qui conquiert Mwali
A la voix de son clébard "
Mwali où se tissent les meilleurs songes
Ou des hommes lisses comme des lianes
Le long des sentiers glissent vers les champs
Glissent en sourdine par amour pour un Occident chrétien
Peuplé de chiens et de pirates
Pour des parts économiques à la place de Paris
" Elle avait le corps d’une enfant "
Ailleurs c’était la mine
Aux îles c’est le lit
Un pédophile en avance saigne la princesse d’une île sous la lune
J’ pensais
L’homme souriait toujours
Traçait des ronds sur le sable
La mer montait par vaguelettes régulières
Mwali s’assombrissait sous la mousatche stupide d’un blanc cupide
Lambert aux couilles friables de corail mort
La nuit tombe
La case est ténébreuse
Sur un sukurubu danse une flammèche grise
Ta’ ya mrachi.
Dehors les djinn s’immiscent aux ruelles.

……………………………………………….



Bon, le voyage continue les gars. Le voyage est fini depuis longtemps. Je détiens le secret du poète en îles dans le disque dur (d’oreilles) de mon ordi. Mais comme promis, je dois mourir.

Sadani est mort et, voici l’épitaphe qui figure sur sa tombe virtuelle

" CI-GIT, UN IMBECILE QUI S’EST PRIS POUR UN AUTRE.
IL L’AIMAIT PAS.IL LUI A TIRE DESSUS ET JE SUIS MORT. "

Ss

 

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Published by Sadani - dans OPINIONS
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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 10:39

Première partie par le poète Sadani

Lu sur: http://www.comores-online.com/mwezinet/poesie/pourunepoesiequiose1.htm


Salut les mecs,
Comme je ne peux pas déverser mon tendre fiel sur aucun
politicaillera venu nous les gonfler, style Prout Prout, Mister
Rhumba ou autre pouet pouet débile, et comme j'ai rien à lebran de
toutes mes journées et que j' me fais iech à en crever dans ce foutu
climat de merde, et comme j' ai pas envie de retourner aux sources
d'eaux salées, qu'est mon bled où y a rien bouffer, rien que des faux
sultans, des faux durs et des vrais salauds qui font la pluie (quand
y en a) et le mauvais temps,( tout l' temps),nous allons continuer à
vous poétiser, j' dis bien, poétiser et non pas formater des
brochures touristiques sur le paysage ou dessiner la carte du tendre,
pour émoustiller nos belles .

De l’intention à l’invention poétique.

Les « bangwe » se sont enrichis (si c’est vraiment le mot),de
quelques espoirs, depuis quand même un peu de temps :Des p’tits
textes innocents s’ frayant un chemin au milieu de la grosse
débandade politique et des sublimes engueulos qui m’ tiennent en
éveil (Du sang !Du sang !).On appelle ses p’tits bouts d’encre,
Shayiri ou pouèmes.Ok ! Mais qu’en est-il de ces dénominations, sinon
quelques louanges pour les uns et des sorties raisonnablement
meurtrières pour les autres, pendables sur les places publics , au
coucher du soleil et au réveil de la lune (pour leur faire plaisir),
après que nous eûmes bourrés leurs narines de clous de girofle,
enduits les oreilles de méduses pilées, mélangés au poivre vert
récolté dans les petits cimetières, sis en contrebas du château d’eau
de mon village. Allez, bourreau, retirez la barrique qui les tiennent
encore debout, et basta, au nom de la poésie ! L’intention ne suffit
plus, plongeons dans la rénovation, ou, comme vous voulez, dans la
novation, pour une poésie intégrant notre conscience de nègre
musulman au décalque de toutes les autres. Pourquoi « nègre »,
pourquoi « musulman » ?Pour une prise en compte totale d’un univers
particulier :Les Comores. Le fruit paradoxal, des amours incestueux,
d’une immense partouze maritime entre l’Afrique et le Monde arabe,
puis violées et exposées intellectuellement, comme le symbole
pictural d’un jet spermatique indélébile par la France colonisatrice.
Moralement dénaturées par un Islam typiquement local, asservi aux
intérêts de toutes les ignorances. Pov’ Dieu !Pov’ Momo !
Toute poésie qui refuse de jeter la cordée entre l’histoire et l’art
est vouée à ma vindicte, les gars :
Le poète est celui qui koze les poings fermés, les pieds imprégnés de
la poussière natale et qui scande en sueur et coléreux :
« Ma bouche sera la bouche des malheurs
De ceux qui n’ont pas de bouche
Ma voix, la liberté de celles qui,
S’affaissent au cachot du désespoir… »

(« Cahier d’un retour au pays natal ». Césaire, l’aimé !
Le poète qu’ a l’heur de m’ plaire est un désaliéné verbal et mental.
A travers sa désaliénation, il cherche la voie de sa restructuration,
et une fois l’entreprise immergée dans sa conscience, il établit les
règles de sa singularité tout en restant poète. Id est, porteur d’une
identité générique mais avec sa propre carte d’identité de poète
comorien, sans date de naissance, sans filiation patri-ou
matrillinéaire, mais avec son feu intime, ses flammes, éparpillées,
retraite aux flambeaux, faite du creux de papaye verte et d’une mèche
de paille-coco, pour illuminer les Îles.
« Îles !

Feu des cendres… ».

A l’instar du « Chant Général » de big Pablo (Néruda), p’ tit pays
doit avoir son imaginaire et ses fantômes de toutes sortes plaqués
sur la carte de visite du poète.

Mobilisation générale :
Badamiers, bananiers, fruits-étoiles (kononko ziba) ,femmes, enfants,
sable, rhinomurènes (mhunga), einoches (kakantsi), crabe palmiste,
corail noir, rayon vert, sentiers des esprits, mame Jany (la femme
satan), Mnamadi (le roublard onirique et merveilleux), les
personnages des contes (pour niquer ceux de la mythologie
gréco-latine où nous puisons nos piètres illustrations savantes.Ouais
!), l’histoire des enculés, les Lambert, Humblot, debout les morts,
la mer monte, Msafumu, surtout, Mtsala na Mmadi Patiara, Masimu,
l’errance des cabris villageois, la glorieuse odyssée des premiers
navigateurs, Yémen (yes man ? rien !)), le rôle des arabes sur les
marchés aux esclaves en Afrique orientale, Arthur Rimbaud, dans sa
tentative d’atteindre Zanzibar, où déjà des poètes comoriens tenaient
salon en langue arabe et en kiswahili (Kwa ?Si !), les kwasa kwasa,
les taxis brousses, la mortalité infantile, coups d’état et
assassinats politiques et bien des choses encore qu’un inventaire à
la Prévert, ne peut en indiquer l’importance.Avec tout ça, y a
matière à faire not’ sauce-coco, dans l’ajustement des thèmes et
l’agencement du souffle de la phrase poétique….Toujours dans
l’imitation d’une mer omniprésente, synonyme de l’obsession
insulaire. Ce qui, au concert des nations, lorsque la littérature
aura son mot à dire, fera office de symbole identificateur du texte
comorien par rapport à l’universalité de la poésie.On dira « nous, on
a ça et sommes comme ci » !Avant d’être pluriel, commencer par
« être » déjà.

La poésie du style, « Femme que tu es….
Quand je te vois …
Je……………….. ».Assez !

Nous n'en voulons plus de cette pouezi aseptisée, sans saveur et
réduisant la femme en un objet docile, anhistorique et niaise, poupée
anjouanaise , qu'attend derrière son msutru que l' mâle vienne lui
donner des couleurs.Na!

Si de gonzesse, on doit kozer, elle est être de chair, mais aussi
femme tout court, épine du cœur et prisonnière sociale, comme Sania.
Esclave d'une religion , louve matricielle, femme à poigne,
emmerdeuse quelquefois, "sœur d'éternité", vendeuse de poissons,
porteuse d'eau sous l' cagnard, victime d'un putain de
soleil-sang.Victime silencieuse….Et pour certaines , ignobles femmes
"d'affaires" monnayant leurs culs et le rentabilisant par des
allers-retours- Paris-Moroni et Moroni- Dubai….
Et j' sais de quoi j' cause!

Certes, certes, L'amour aussi est un thème humain, mais l'amour chez
les poètes est un piège à répétition, dans un système où cela rime
avec grand mariage, fric et sang des aïeuls, compte en banque ou
devenir politique. L'amour qu'on a, pas celui qu'on achète. On peut
la chanter, bien sûr et surtout l'amour qui s'en va ou celui déjà
mort
"Ye, mi gamwendo
Ngamwendo wo msafara…", l'amour et ses reproches d'exil. Ouais!

Pas celui des sérénades hypocrites , encensoirs pour bwana harusi et
pour l'invisible Bibi harusi, burlesque burkha arlésienne et
abstraction sentimentale, qu'on débite dans les twarabu. Non!
« Le djimbo linu lihulwa ni…ha riyali zi »….Zob!
La poésie sentimentaliste d’sous l’oreiller qui sert à draguer les
minettes et qui s’inspire dans sa portée sémantique, du folklore
twarabustique venu de Zanzibar,faîtes en un autodafé. Nous gagnerons
au change !On est dimanche.Aujourd’hui, c’est zifafa.
Namlawe !

Nous crions poésie pays , poésie âcre qui tisse ses liens dans la
dureté de ce mien caillou, carnassier…pour en finir avec la
soumission morale, intellectuelle, politique et littéraire, car tout
acte de création est un début de liberté. Hein, Napalo? Nous voulons
être libres !
Bien entendu, une grande marge est laissée à l'inspiration, tant que
celle ci ne se morfond pas dans la sensiblerie touche pipi et les
appels du pied aux p’ tites voisines, fausses pudibondes, aux
ministres et aux conauds de tout acabit.
Merde!

Il ne peut y avoir de poésie qui ne porte l'identité de ses sources:
Cette identité n'est pas dans la rime, ni dans le comptage des pieds
pour un refrain, ni dans la césure qui me les brise menues.
L'alexandrin bien appris et tant usité (n'est-ce pas?) par nos pouet
pouet ,est un procédé de pédé, se définissant par 12 syllabes,
quatrains, alternance, nanana, nanana…..Et puis quoi encore?
Je connais 2 saisons (Husi, asihazi), 2 marées alternatives(lipvo,
lidjaya), et des envolées de voyou, en vocaliques vocalisées, sous
des cieux moins cléments , moi ! Des voyelles, qu'on fout à poil, a,
i, e, o, u pour poser le souffle, et qu'on fait correspondre comme
Baudelaire, avec la nature, aux résonances d'un monde consonantique.
Antique de misère et sans jardin.
L'identité d'une poésie comorienne est dans un rythme solaire,
l'éloquence utile au service d'un environnement martyr, comme cette rumeur lointaine, à marée haute, qui s' fait lourde, menaçante et qui déboule sur un tapis de corail, avant d'écrire en lettres blanches les couleurs du jour! Marée basse.

Il nous faut une poésie gutturale, comme une fin de sambe, évoquant le plaisir d'avoir été si près de l'extase, le rythme des goma et des tari, souriant aux cymbales ,dont des mains noires et musicales ont su perpétuer les échos. Une poésie durable qui cogne aux oreilles et aux esprits. Même si ce sont des lamentations, elles sont sincères et non fugitives.

Yeba, c'est la joie (!!!).Récupérez vos lessos, femmes, ce n’était qu’une démonstration, la danse des corps, c’est pour plus tard. Merci.

Il nous faut une poésie militante et novatrice dans ses entregents avec la langue française, qui se déclamera au de-là des positions mythologiques gauloises, raviolies, athéniennes ou british, du moins dans notre recherche d'un formalisme bien black et musulman.

…..Refuser la banalisation du chant, à travers les "mignonne, allons voir ce soir ,si ….".Elle est sclérosée, ouais! Putain de rose!

Nous causerons ronces d'agave saumâtre, pouzzolane lacéré déchirant les gambettes des va-nu-pieds, urupva assasssin, meurtrier des alevins et des actinies, enculados de mercenaires, uhlans modernes violant contre l'arbre à ylang-ylang, mort sous l'humidité poussiéreuse, dans les cases, dans les hôpitaux, dans la profonde obscurité de toutes les merdes de ce pays! La mort partout! Quel beau thème poétique pour un insulaire indigent mais obstinément vivant!

Nous voulons une poésie authentique qui saura un jour se démarquer des enculeurs de mouches françaoui, les Ronsard, Lamartine, Claudel, Peguy et les autres, lorsqu'à l'assemblée de l'Universalité poétique, nous devrons justifier de notre raison d'écrire. Nous poserons mieux parmi les autres, avec nos beaux sourires de nègres savants, si nous apportons au monde, ce qu'on appellera la poésie comorienne, de langue française, anglaise, swahili ou tout simplement, de langue comorienne. Et ça, les gars c'est pas avec Nardin'Mokardin', ni avec les couchers de soleil et de lune amoureuse, que nous l' ferons.

Nous voulons une poésie au plus près de nos soucis, qui prenne appui sur nos réalités, qui appelle un chat, un chat, un tamarinier, un arbre, ou une maison de djinn, si tant que le djinn est désigné, hué, conspué et dénoncé. Salopard! Bouffeur d'enfant! Tricheur! Transsexuel, va! Djinn de mes deux !

Nous voulons une poésie qui sorte des salons , qui traverse la cour et qui s' pend aux lampadaires le long des routes, pour être lue par les errants, ces étrangers fourbus avec leurs drôles de parapluie de midi, sous l' même putain de soleil-sang!

« Assalam an laïkum, bo mze! Eh… cette route?

Elle mène où j'ai décidé d'aller!

Haya! Ye msafara mwema! Marahaba! »

Une poésie du quotidien, qu'a les oreilles qui sifflent au passage des descendants de sultans, menteurs historiques:

"…Des sultans paraît-il ont épousé des reines
ils ont engendré des nobles issus du prophète
Et des trafiquants des côtes plates
La mer en face est leur dédain
Le blanc du sable leur juron
Ils ont des poils sur le cou et des bagues injurieuses contre lesvagues
Ce sont des gens de haute caste
Des drôles couronnés par le mystère ».

Je suis né dans ce monde, un jour de pluie, à la première mangue mûre, au crépuscule. Un enfant mieux loti me fit don de ses reliques pour ne point être nu parmi tant d'artifices et je suis devenu le sultan des intermèdes ou l’ prince des « Rien ». J’ m’en moque.

Une poésie qui fait corps avec les mots, tous les mots et qui s’ laisse aller à l’effleurement lexical ,qui nous arrivent en masse, du swahili, du français, de l’arabe et du comorien et qui en s’amassant autour des mouches, ces lettres d’outre-mer, devient mot unique, mot universel et victoire de l’inspiration. For « …Un déréglement de tous les sens », à la révendication Rimbaldienne. ...Et des soulèvements justifiés,

« Des sultans insulteurs règnent violemment
Sur un cimetière de lave noire
Y arborent des noms à dormir debout
Des bennes de Ben Machin Chose
A se faire des bains à Benidorm
Et quelque bedonnance comme morceau de choix
Sur un plat de riz festif
si ce n'est un hideux handicap
Une longueur de nez ou quelque blancheur
Une voiture neuve dédouanée par la voix
Suffisent au troupeau enrichi
Du fils d'Untel, neveu d'untel
Pour recracher en public
Le ridicule des histoires non vécues."

Et tralala et tralali.Mwanahatru pvanu, mwanahatru pvala, tru, piqué au vif !Vlan !

Nous voulons une poésie de l'irrévérence et de l'insoumission.

Une poésie qui ose dire son NON!

J'ai pas fini, mais j' dois faire la bouffe à ma meuf . Mais avant, à ceux qui s’ sentiraient concernés, j’ dis :C’est ma façon de sentir la poésie, car notre monde n’est pas que de rationalité, il est aussi de sensualité. La sensualité au service du beau et du bon !Mais avant tout Non à la morale des « forts » et aux niaiseries publiques.

On continuera, si j’suis encore en vie ,la théorisation délicieuse de notre future poésie et on terminera par les travaux pratiques : "Mpvandzi Gupango Pandzi" ( ce que dit le poète à propos de la sauterelle).

Ss, pouetiquement con.

 

 

Pour une poésie qui ose dire son NON ! (2)

salut les gars,

Si j'avais une mission quelconque sur les bangwe, je dirais "échec et mat" Tsifude!Pas de réaction! On dirait Don quichotte, en guenilles, ballotté dans les remous d'un combat stérile contre des moulins à vent. VOOOOOOOOO! OOOOOOOOOV! But, As I'm "a poor lonesome cowboy", j' trace ma route, avec le souci de vous faire iech, quand même!

Un chouia!

Inch'allah!

Pour vous plaire j'ai mis un bémol aux mots gros et ai retrouvé des mous mots .

La poésie, qu' ès aco ?
Pour ceux qu' attendaient la suite, la bave aux babilles, n'en pouvant d'impatience et maudissant ma paresses, nous allons reprendre notre clairvoyance théorique, (c'est dans la fièvre, qu'une société évalue sa véritable température), en vue de poser les jalons d'une poésie nouvelle et anti-classicisme linguisticolonial. …Nous voulons une poésie qui embrasse le lexique impromptu des langues connues. Le coup de force du vernaculaire pour moduler le tempo du français. Non pas pour éviter les difficultés, sha, pour revendiquer , un nouveau rythme pour la phrase, une nouvelle sensualité, née de la réunion des deux. Rassurez-vous, les gars, ce n'est ni exotisme facile, ni exercice fatal. C'est une musique faite de beaucoup de noirs pour une blanche (putain, le pied!), à chaque verset, à chaque strophe, à chaque silence, et non pas comme c'est souvent l' cas dans la pratique d'une écriture longtemps usitée (n'est-ce pas? ), ces "blancs"," vides","oublis" ou "méconnaissances" tenaillant les neurones, car le vocabulaire est dans le dico mais absent de la tronche. Si j'ai pas l' mot dans son immédiateté, j'use de celui qui m' traverse l'esprit: Décrire la réalité avec un vocabulaire local, qui ne peut être remplacé par celui de l'approximation française:Une "cabane" n'est pas synonyme de " Vala", "Banga" .On n'est pas. au Canada, que j' sache!Cabane possède sa propre fonction, ses propres codes utilitaires, "une vala" aussi. So, si "cabane" rate sa cible, "vala" tire et touche! Ce, pendant que la phrase est belle et relate au plus juste, l'idée qui démange!

"Que sont ces rumeurs avalées des vala,
Silence sous couvre-feu
Dans le noir absolu des premières louanges du magh'rib?
La vie, Sania, la vie en plus…"
Haya!
De l'allégorie au mythe personnel

Nos mythes personnels ont place dans le corps textuel: La mer, la merde séchant au soleil sur la plage .Mer, soleil, plage= Merde, est un spectacle ,enfants, qui nous a beaucoup marqué, du moins pour ceusse que la plage a longtemps servi de dépôt, après fin de jeûne. La merde a sa place dans le poème, encore faut-il qu'il signifie autre chose: La réalité n'est pas dans le visible, mais dans le sensible. C'est de la sorte que se découvre la littérarité de l'anodin. On dira plus, "je pense donc je suis" (cogito ergo sum), mais, "je sens donc ça pue "(putois ergo sensum)!Sérieux! Une manière de s'extraire de soi pour aller vers l'extérieur, cet extérieur étant une société injuste, un marché aux poissons, une assemblée de comploteurs, un groupe de miliciens ou un enterrement de noyés de 15 jours, sur un kwassa kwassa entre Pomoni et Pamandzi. On sait que tout ça, schlingue! Le principe du mythe, réside dans notre capacité à ne pas exclure notre propre vie sociale du poème! Seulement à la "métaphoriser" et à la métamorphoser. Jusqu'à en faire l'objet central du poème. Inattendu, irrévérencieux et peu amène envers les hypocrisies. Un mythe personnel et récurrent. "[…]Leurs croupes matinales Comme une haie d'arbustes enrobées d'engrais Peignent au soleil les œuvres éphémères appréciées des n'tasi La mer en ressac et au rendez-vous Drainera vers les lointain rivages L'essence même de la cuisine de nos mères… Ainsi vont les vagues….. [..].Moulées de putréfaction Ainsi meurent les valeurs culinaires Dans la grande malaxation de tous les déchets […] Magnifié, le caca rejoint au pinacle d'une spécificité océanique, la rose inutile de Ronsard et les pleurnicheries catholiques des poètes en mal de rédemption. En filigrane et dans une succession de houles, flux et reflux, il concourt au développement halieutique de la planète, étant entendu que nous entamons de nos îles, un exil préliminaire par le déversement cathartique de notre merde. Ouf! Ca fait du bien par où ça passe ! On peut, dans une progression d'un processus organique fondamental, cet acte quotidien somme toute banal, (sauf pour les constipés) décrire au détail, le contenu de ce voyageur sans frontières (manioc, banane, lait de coco, ail, cumin, H20…), sans perdre l'expression poétique. Tout simplement, parce qu'en poésie "rien ne se perd, tout se sécrète".
J'ai du mal avec les mous mots, cut (coupez !) Pause pipi, les enfants !
(prochain chapitre : Du mythe obsessionnel au suicide (linguiforme) collectif )
Pour l'œuvre qui servira d'acte de naissance à la poétique du renoncement "Mpvandzi Gupango Pandzi", il faudra montrer un peu plus d'enthousiasme les gars, car c'est pas rigolo de kozer aux fantômes ; mais comme dit le proverbe "nul n'est prophète en son gourbi" A ciao bientôt ! Dans XXII jours, Sonia !

Le tchétchène

(j'ai changé de nationalité bikoz les dinos, piranhas et autres crocos)

 
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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 10:29

Bonjour,
bon je vais encore vous parler de mon association et du lancement du parrainage pour la rentrée 2008, afin de permettre aux enfants du village comorien de Salimani Hambou, d'avoir la chance de suivre une scolarité normale, j'ai besoin de vous pour parrainer les enfants de l'école que mon association à contruit aux Comores. Donc n'hésitez pas contacter christine ou moi pour avoir plus d'info, si non regardez le SITE.
Ah oui ci joint le formulaire à remplir et à envoyer à Christine Laurent responsable du parrainage.
 
MERCI ENCORE ET FAITES SUIVRE L'INFO C'EST IMPORTANT.

....................................................................................................................................................................................

 

 www.solidarite-asad.org

 

Parrainage d'enfants : Aider sans assister

      

Aujourd'ui c'est la rentrée scolaire, mais, dans le monde, des millions d’enfants ne pourront pas prendre le chemin de l’école.

 

Les raisons sont multiples : famine due à l’extrême pauvreté, sécheresse, instabilité politique, une éducation non prioritaire … face à cette inégalité de chances selon que l'on est du sexe masculin ou féminin, que l'on est l'aîné ou le cadet d'une famille,

 

Raisons pour lesquelles, l’association ASAD a décidé d’agir afin que « tous » les enfants de Salimani Hambou (village de l’île de la Grande-Comore) ayant l’âge d’aller en primaire, soient scolarisés à la rentrée 2008/2009.

 

« Donner une chance à ces enfants d’aller à l’école, en devenant leur parrain, leur marraine pour

                                                                ‘20 euros/an’,

c’est leur donner la possibilité de s’instruire et d’avoir accès à l’éducation par l’achat de cahiers, stylos, craies, crayons, ardoises; … matériel scolaire nécessaire, uniforme, si cher pour leur famille. Vous contribuerez ainsi à leur développement intellectuel, car n’oublions jamais que, les enfants d’aujourd’hui seront les adultes de demain.»

 

                                                UN GRAND MERCI

 DE FAIRE CIRCULER CE MESSAGE D’ESPOIR A VOS AMIS, PARENTS, COLLEGUES, RESEAUX, …

 

Pour nous joindre

 

Christine Laurent :

 13 impasse Saint Jean-Baptiste

13003 Marseille

Courriel : cyrlaurent@free.fr  ou info@solidarite-asad.org

Tél : 04.91.64.08.92 / 06.60.42.88.01

Site web: www.solidarite-asad.org

 

www.solidarite-asad.org

 

------------------------------------------------------------------------------

Mlle Zalhata BACARI

24 rue Gambetta
83190 0llioules

Port: 06.60.42.88.01
Mail:
bacari83@yahoo.fr

Blog: www.sarane.over-blog.com

Skype: bacari83

Msn: bacari83@hotmail.com

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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 09:26

lu dans http://www.temoignages.re/article.php3?id_article=32197

En lisant Paul Vergès...

Dans son livre, "Du rêve à l’action", Paul Vergès nous explique que « la tâche qui est devant nous est de savoir comment forger dans le Sud-Ouest de l’Océan Indien une unité entre ces îles ». (page 271).


VERS une fédération des îles de l’Océan Indien

L’étude des îles du Sud-Ouest de l’Océan Indien met certes en exergue des analogies géographiques et culturelles qui constituent en quelque sorte un fond collectif. Cependant, l’histoire institutionnelle de ces espaces insulaires comporte, de part et d’autre, des spécificités. Dès lors, comment relever le défi de bâtir une unité entre ces différentes mais si proches îles indianocéaniennes ? L’insertion de ces îles au sein d’une union régionale faisant déjà l’objet d’un large consensus, le dénominateur commun peut être le co-développement qui deviendrait alors la pierre angulaire de cette tâche d’unification.
Le co-développement peut constituer le ciment pour bâtir l’unité entre ces îles voisines. Aujourd’hui, Madagascar, Maurice, les Comores, les Seychelles et La Réunion comptent 22 millions d’habitants et, en 2050, cet ensemble d’îles constituera une zone d’échanges de près de 50 millions d’âmes. La France et l’Union Européenne doivent donc s’appuyer encore plus sur notre île pour leurs actions de développement concerté dans le Sud Ouest de l’océan Indien car La Réunion est un partenaire de choix dans cette partie du monde. Elle permet à la France et à l’Union Européenne (UE) d’être présentes à la croisée des chemins. Par ailleurs, La Réunion pourra être le pivot des relations entre l’Union Européenne et une fédération des îles de l’Océan Indien ainsi constituée. Ce qui permettra aux pays européens de participer pleinement au développement durable et solidaire de notre planète.

Une entité politique indianocéanique qui reste à forger

Situé au carrefour de la voie des échanges qui s’amplifient entre l’Asie et l’Afrique, cet ensemble insulaire unifié pourrait jouer un rôle dans la conduite de son propre essor. C’est une nécessité pour la coopération de ces pays au sein de la Commission de l’Océan Indien (COI) dans laquelle la France est largement impliquée. Ce co-développement peut notamment s’établir sur la base concrète d’échanges entre nos pays ; citons par exemple le riz malgache, l’expérience du tourisme mauricien, l’essence à parfum comorienne, la protection de la biodiversité seychelloise, l’expertise énergétique réunionnaise, etc.

En outre, les actions de chaque acteur îlien doivent être conduites avec la constante préoccupation d’instaurer un équilibre tenant compte non seulement des intérêts de chacun mais également de l’intérêt général de cette entité politique indianocéanique qui reste à forger. Le partenariat entre ces îles sera d’autant plus fructueux qu’il reposera sur le souci permanent d’un réel équilibre d’intérêts. Face aux problèmes liés à la mondialisation, serait-il donc venu le temps d’organiser une véritable communauté indianocéanique ?

Rémy Massain

nciens-senateurs@senat.fr

Brigitte Croisier

Née à Dakar, elle rêvait d'ailleurs et La Réunion l'a accueillie. Grâce à Alain Lorraine lui demandant d'écrire dans Témoignage chrétien de La Réunion, elle découvre le goût de rendre compte de la réalité vécue par les femmes réunionnaises. Elle continue à travers les «Pages-Femmes» de Témoignages. puis elle s'investit ans la Commission Culture Témoignages (CCT) et l'Association pour la Maison des Civilisations et de l'Unité Réunionnaise(AMCUR). Elle a co-signé le livre d'entretiens de Paul Vergès, «D'une île au monde» (L'Harmattan, 1993), participé à l'ouvrage collectif «L'île de France... et alors?» (Grand Océan-CCT, 1993) et à la biographie de René Payet, «Quel diable de prêtre»(Océan Editions et Editions Khartala, 1996).
Professeur agrégée de philosophie et licenciée en sociologie, elle est actuellement (2008) collaboratrice du président de la Région Réunion. Dans la proximité de Paul Vergès, elle expérimente le jaillissement perpétuel d'une pensée en acte, d'une réflexion politique qui se nourrit du réel pour mieux le transformer.

http://www.livranoo.com/cover.php?PK=925



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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 09:37
 Soeuf Elbadawi, connu pour son implication dans la promotion des arts et des lettres comoriens, vient de publier aux éditions Komedit un recueil de poèmes en hommage à sa mère décédée le 3 décembre 07 à Moroni. Travail de mémoire .Une œuvre de 63 pages écrite en deux temps, et que malgré l’émouvant sentiment qui découle de sa plume, se lit en moins d’une cinquantaine de minutes. Tout simplement parce que dès la première phrase, la lecture vous emporte jusqu’à la dernière ligne sans que vous vous aperceviez du temps qui passe. Un compte rendu composé de deux parties : l’une portant sur l’aspect sentimental du poète envers sa défunte mère, et l’autre sur l’aspect littéraire de l’œuvre. L’œuvre commence en effet par un récit d’une vingtaine de pages au travers duquel l’auteur de ‘’Moroni Blues’’ et sa suite, fidèle à lui-même, n’en démord pas avec sa franchise, et se remet en question, en posant un regard interrogateur sur les principes originales et originels de l’éducation et des valeurs acquises vis-à-vis, de l’évolution du temps et des mœurs. Il illustre avec des mots sincères, si simples et une écriture d’une fluidité émouvante l’incompréhension entre les générations qui se suivent et ne se ressemblent pas. Dans la deuxième partie du livre il relate l’amour qu’un fils porte à l’endroit de sa défunte mère, comme en réponse au dévouement que cette même mère a su apporter à son entourage, mais aussi au bonheur qu’elle a su rendre à celles et ceux qu’elle a côtoyé. ‘’Un poème pour ma mère, une rose entre les dents’’ deux phrases toutes simples mais qui en disent long, en guise de titre pour ce recueil dont la page de garde annonce la couleur de la douleur ‘’Noir’’ comme le deuil, à l’endroit d’une mère que l’auteur s’approprie parce qu’elle l’a mis au monde, mais qui en réalité fut la mère de toute une génération, porte flambeau de la ville de Moroni, qu’elle a aimée jusqu’à son dernier souffle. Connue pour son activisme sociale, son honnêteté intellectuelle, son sens du dévouement envers les causes qu’elle a toujours défendues, Mme Zahara Ibrahim puisqu’il faut la nommer, a donné le meilleur d’elle-même pour l’épanouissement de la condition féminine et le respect des droits de l’enfant. Anciennement secrétaire à la Banque des Comores et de Madagascar, Zahara Ibrahim est devenue fonctionnaire de l'Etat comorien, et a travaillé comme assistante au gouvernorat de Ngazidja, puis archiviste documentaliste au ministère de l'intérieur et de la décentralisation, avant de finir sa carrière au Haut Commissariat chargé de la promotion féminine. Mme Zahara s’est justement investie pour le bien-être de la communauté que ce soit pour la création de ces banques communautaires ‘’Meck’’ dont elle a été l’une des membres fondatrices en 1998, ou pour la gestion du patrimoine familiale, d’où sa qualité de Chef d'entreprise durant les années 80, à la tête de la Boulangerie Mchinda. Elle a par ailleurs su s’illustrer par son militantisme au sein des associations féminines telles que Mawunati, l’AFEC [ Association Féminines des Comores] ou elle a été l’une des champions de la fameuse reforme ‘’ Katiba’’ du grand mariage de Moroni. Son engagement ne se limitait pas à cela, mais s’était engagé dans des Organisations Non Gouvernementales comme le Croissant Rouge pour s’investir pour le développement. C’est comme cela que je l’ai vue à l’œuvre mener des combats pour le respect de la dignité humaine, contre l’égocentrisme, au cours de différentes occasions telles que lors de l’épidémie de cholera de 1978 ; où elle avait pris le devant comme pour motiver le dévouement de très jeunes volontaires que nous fument, pour l’accompagner œuvrer dans les villages du Sud de la grande île des Comores, en distribuant comprimés et lait à base de Soja , dont nous ,jeunes d’antan ,nous nous amusions à nommer ‘’Néjambé’’. Et je ne vous parlerais pas de ces moments que nous avons passé ensemble au Haut Commissariat chargé de la promotion de la femme, aux cours des réunions passées à la réflexion et la conception de l’actuel Code de la famille, ou encore pour l'évolution du statut de la femme comorienne, aux côtés de Moinaéchat Cheikh, Zahara Toyib, le Muftorat, et consort…Et j’en passe pour les meilleurs moments qu’elle savait réserver aux conseils d’une mère, entre deux séances de travail ! Partout où elle a travaillé, Mme Zahara a su laisser des traces de son utilité envers la nation comorienne au travers de laquelle elle s’est en effet toujours distinguée. En fermant le livre, le lecteur ressent un sentiment de respect envers ‘’mère courage’’ et de nostalgie, à l’endroit d’une époque révolue qui était caractérisée par l’entraide et la préparation du pain au feu de bois – époques postmodernes. Un florilège au goût morose, mais d’une écriture à la portée salvatrice.
                                                                                                                                        MAB Elhad
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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 13:00
Contributions:





 L’Afrique entre patriotisme, résignation et reniement ! Je dois avouer que c’est seulement à la fin du spectacle donné samedi 30 août 2008, à la Maison de la culture Douta Seck, que j’ai compris une des raisons qui ont orienté vers moi le choix des membres de la troupe ‘Nbayé Trambwé’ pour le parrainage de leur spectacle ‘L’Afrique dans la main du Diable’. Cette pièce de théâtre écrite par Madjiloudine Abdelfatah et mise en scène par Madi Baco Yasmine, aborde le sujet délicat de l’émigration clandestine et est, pour moi, un cri du cœur de la jeunesse africaine. En exergue à mon deuxième recueil de poèmes ‘Pépites de terre’ composé à partir de 1986 et paru en 2004 aux Editions Feu de brousse, il y a ce texte qui aurait pu servir d’introduction à la percutante œuvre théâtrale jetée comme un gros pavé dans la conscience des spectateurs : ‘Si tous ceux qui portent en eux un rêve de partir accouchaient de leur désir, l’Afrique serait vidée de ses bras valides et de ses cerveaux puissants. Alors le Désert en ferait sa dernière bouchée.’ Telle qu’elle est perçue à travers le texte de Madjiloudine Abdelfatah, absent le soir du spectacle parce que retourné aux Comores où il est devenu enseignant, et l’interprétation des comédiens, l’émigration clandestine apparaît comme la conséquence de la mal gestion des dirigeants africains irresponsables et corrompus et un dérivatif aux déceptions de la jeunesse sans travail et sans espoir de lendemains meilleurs. Il faut signaler que l’auteur sait bien de quoi il parle. En effet, les drames liés à l’émigration clandestine ne lui sont pas inconnus. Beaucoup de ses compatriotes quittent Anjouan et bravent la mer, à bord d’embarcations de fortune appelées kwassa kwas sa, pour se rendre à Mayotte, une autre île de l’archipel comorien restée française au moment de l’indépendance, en 1975. Ainsi des cas de naufrages avec mort, disparition et blessures de candidats au voyage interdit ont-ils été souvent relatés par la presse, notamment au cours du mois d’Août 2007. Dans ‘L’Afrique dans la main du Diable’, malgré l’incarcération qui menace les clandestins, les rendez-vous nocturnes sur les plages avec d’obscurs passeurs continuent. Ainsi la prison des mille portes ne désemplit-elle plus et son trop-plein déborde parfois en émeutes. L’argument des autorités qui luttent contre l’émigration clandestine est qu’il faut préserver l’honneur du continent, en empêchant ses fils de risquer leur vie pour aller subir une forme subtile d’esclavage en Europe. Quand explose la question : ‘Sommes-nous maudits ?’, j’ai vraiment frémi sur mon siège. Lorsque la jeunesse africaine, par la bouche des comédiens, exprime de la sorte sa détresse, il y a de quoi s’inquiéter. Et elle ne se contente pas de crier, elle réclame des solutions, une alternative à ceux qui voient d’un mauvais œil l’émigration. Elle n’est point souhaitable et elle est condamnable quand elle est clandestine. D’accord. Mais que propose-t-on en échange à ces bras valides qui ne demandent qu’à servir leurs pays respectifs ? La pièce dénonce la corruption et la promotion de la médiocrité qui freinent le développement de l’Afrique et poussent bon nombre de jeunes parmi lesquels des cadres et des intellectuels à rêver d’arpenter un jour les pavés de Paris, Bruxelles ou New York. La langue de la pièce est correcte, son style percutant. Un étudiant qui écrit, y va avec la passion, l’idéalisme et l’exigence abrupte de l’âge. Une peinture sombre, des sentences sans appel accablent l’Afrique. La mise en scène est en parfaite adéquation avec cette coulée de laves que sont les répliques qui composent le texte. Melle Madi Baco Yasmine, qui a dirigé le jeu des acteurs et conçu le décor, est aussi comédienne. Voyez-la donc. Elle n’a que 22 ans et est en deuxième année d’Histo- Géo à l’Ucad. Elle est chétive, mais c’est un volcan qu’elle a dans les tripes. Rien d’étonnant si le spectacle qu’elle a monté, se déroule sur un rythme sans trêve à vous couper le souffle, si les comédiens n’ont fait quartier ni à leur corps ni à leur voix. Il faut tout de même reconnaître qu’avec l’utilisation du rideau, le nombre de comédiens qui gagnerait à être revu à la baisse, certaines scènes allongeant inutilement le spectacle. En fin de compte, je n’ai pas regretté d’avoir assisté ce samedi, en qualité de parrain, à la représentation de la pièce ’L’Afrique dans la main du Diable’. La troupe ‘Mbayé Trambwé’, troupe théâtrale comorienne au Sénégal, que je ne connaissais pas, mérite l’intérêt du public et un appui d’où qu’il puisse venir. La question sur laquelle elle s’interroge à sa manière et attend la réponse de chacun est préoccupante. L’émigration n’est pas une mauvaise chose si on considère le caractère initiatique de tout voyage. Avant les crises qui prennent à la gorge le continent noir, les Africains, pour différentes motivations, succombaient au mirage de l’Europe. L’émigration devient un problème en Afrique lorsqu’elle la vide de sa jeunesse, de ses cadres et intellectuels. Le danger, c’est de penser que la responsabilité de cet état des choses déplorable est seulement imputable aux dirigeants. Loin de moi l’idée de les blanchir tous. Je dis qu’il faut aussi convoquer au banc des accusés la responsabilité individuelle. Aujourd’hui, si les dirigeants africains doivent revoir la gestion des ressources humaines incomparables qu’ils gaspillent pour des tâches de politique politicienne au lieu de leur donner les moyens de s’investir dans des œuvres concrètes et constructives, les individus doivent aussi déposer leur masque de résignation pour revendiquer leur droit de participer à l’œuvre de redressement générale. Le patriotisme prôné par les personnages de la pièce qui combattent en vain l’émigration n’est que de façade. Pour retenir ses enfants, l’Afrique doit se mettre au travail. Pourtant, il est nécessaire que les jeunes comprennent qu’il ne faut plus tout attendre de l’Etat. L’esprit d’entreprise doit être de rigueur, car l’époque de l’Etat- providence est bel et bien révolue même si le libéralisme à la mode est appliqué avec humanisme. Au Sénégal, par exemple, pour freiner l’émigration clandestine, le gouvernement a signé des accords avec l’Espagne, un des pays vers lesquels se dirigent les migrants. Les jeunes devraient aussi se renseigner sur les organismes d’appui et de promotion qui existent sûrement dans bon nombre de pays africains et dont les missions sont de les accueillir, de les aider à ficeler des projets éligibles à des fonds d’aide, à l’instar du Fonds national de promotion de la jeunesse (Fnpj). Les jeunes Sénégalais sans emploi ne doivent pas hésiter à investir toute leur énergie et leur savoir-faire dans les vastes champs de la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance initiée par le président Abdoulaye Wade. La Grande Muraille verte, de Dakar à Djibouti, a forcément besoin de bras. La jeunesse africaine sait parfaitement ce que le continent attend d’elle. Comme elle attend que le monde se fasse sans elle pour qu’elle puisse en jouir, elle choisit la facilité. Mais la terre natale vaut plus que l’euro et le dollar qui la fait courir. Seulement, il faut mettre en valeur cette terre par nous-mêmes, pour nous-mêmes pour qu elle soit accueillante et prospère si bien que demain, aucun fils d’Afrique ne songera à aller chercher un paradis terrestre ailleurs. Marouba FALL Professeur de Lettres E- mail : fallafall50@yahoo.fr osté le 01.09.2008 par inoussa ‘’L’Afrique dans la main du diable’’ est une pièce de théâtre écrite par le dramaturge comorien Nadjloudine Abdelfatah. Elle a été interprétée samedi, à la Maison Douta Seck par la troupe ‘’Mbayé Trambwé’’ composée d’une douzaine d’étudiants comoriens à Dakar. ‘’L’Afrique dans la main du diable’’ aborde la question des migrations clandestines, précisément celle des Africains vers l’Europe. Elle interpelle sur les causes du phénomène qui touche particulièrement les jeunes du continent. L’œuvre mise en scène par Yasmin Madi Baco, étudiante comorienne en deuxième année d’Histoire, parle de la prison de Mille portes. Baco explique : « J’ai choisi de mettre en scène cette pièce parce qu’elle fait ressortir l’émigration clandestine, en tant que problème de la brûlante actualité ». Et pourtant, ajoute-t-elle, « le bonheur ne se trouve pas forcément en Europe ». C’est ainsi que le spectateur peut voir se succéder sur scène la douzaine de membres de la troupe, dans le rôle de personnages s’interrogeant sur les origines de la misère en Afrique. Dans sa version édition, la pièce est parue en janvier 2007, en un volume de 88 pages, qui offre l’occasion de porter une analyse sur le quotidien des Africains. Les acteurs y ont également relevé et dénoncé au fil des lignes et à coups d’argumentations, d’autres maux qui accablent le continent, dans sa partie subsaharienne : corruption, gabegie et les corollaires que sont la pauvreté et le chômage. « L’Art est la conscience tranquille d’un peuple », affirme le parrain de la soirée, l’écrivain sénégalais Marouba Fall – auteur d’une dizaine de livres dont « Chaka ou le roi visionnaire », « Le Miroir », « De la Bible au fusil ». Selon cet homme de Lettres, « seul l’homme libre peut pratiquer l’art sans le corrompre ». La troupe théâtrale comorienne au Sénégal, Mbayé Trambwé, a été créée en 2002. Outre ‘’L’Afrique dans la main du diable’’, elle a déjà présenté cinq pièces : "Ma très chère patrie" (2005), "Moingaza" (2006), "Tu es mon égal", "La peur des Blancs" (2006) produits par Nadjloudine. APA-Dakar * Le titre est du blog. Postez un commentaire !


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Troupe théâtrale comorienne au Sénégal
MBAYE TRAMBWE
tél. : (+221) 77-180-36-44
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LA PIECE
L'Afrique dans la main du diable est une pièce de théâtre portant sur l'émigration clandestine, plus précisément celle des Africains vers l'Europe, avec en toile de fond une interrogation récurrente sur la ou les cause(s) de cette aventure migratoire. De la prison de Mille portes où commence l'histoire, à la rencontre des voyageurs clandestins, un diagnostic se fait en Afrique. Tour à tour, les personnages portent de vives réflexions sur les origines de la misère qui sévit l'Afrique. Les uns défendent une extrême philosophie patriotique en affirmant que la « belle vie » pourrait se trouver en Afrique, les autres essaient de couvrir l'irresponsabilité de certains chefs d'Etat, source de ces déplacements périlleux. Cette pièce offre une tribune à certaines catégories sociales différentes l'occasion de porter une analyse sur la vie actuelle du continent.
 
L'AUTEUR
Nadjloudine ABDELFATAH
Comédien et metteur en scène, Nadjloudine ABDELFATAH a eu une Maîtrise de Linguistique à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar. « L'Afrique dans la main du diable » fut son premier livre. Le second, un roman : « Quand le colonel ne sera plus président » paraîtra bientôt aux éditions Kalamu des îles.


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