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  • : Blog destiné à faire connaitre les œuvres artistiques et poétiques des îles de la lune ''Comores ''
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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 20:58

     


       


     

 

 

 

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 10:52

MAB-Elhad-devant-sa-bibliotheque.JPG
 I/ Mon parcours :

L’envie d’écrire m’a pris depuis ma plus tendre jeunesse. Non parce que j’ambitionnais d’être publié un jour, mais parce qu’à force de lire les autres, D’abord les bandes dessinées, puis les romans photos, les rêves suscité par mes lectures d’enfant, ont fait que j’ai pris goût à l’envie de concrétiser cet idéal. Ce fut tout d’abord pour le plaisir de jouer avec les mots. Puis au fil du temps, l’envie de développer ma créativité m’est venue. Mon premier acte a été donc ‘’les cahiers d’amitié ‘’que nous faisaient passer les filles à l’école primaire. Ce fut déjà les prémisses de la poésie naissante inconsciemment en moi. Avec elle grandissait le goût et l’envie de l’écriture. Devenir écrivain fut donc un acte résultant de cette passion que j’ai toujours éprouvé pour la magie qui habite les mots. C’est ainsi qu’au fil du temps ce qui fut au début un passe temps pour combler une enfance solitaire, est devenu un idéal en construction, j’ai continué donc à écrire comme d’autres flirtaient avec les notes de musique à cet âge là déjà. Ainsi l’écriture a commencé à devenir essentielle en moi, sans pour autant envahir mon existence.

Cependant je ne suis pas rentré en écriture comme d’autres enfants rentrent au couvent, parce que je ne pouvais pas imaginer qu’un comorien puisse se faire un jour publier. C’est pourquoi j’écrivais pour moi d’abord, comme d’autres enfants dessinaient pour combler un vide dans le temps et l’espace ; puis pour mon entourage amical qui bien que restreint m’a encouragé. Ce premier acte d’écriture était donc tout simplement pour plaire. Alors commença les échanges. J’ai montré mes textes à mes instituteurs qui m’ont toujours encouragé, et motivé. Avant que je puisse comprendre finalement qu’écrire est tout un art.

Une fois en classe du cours élémentaire, j’ai eu un instituteur qui m’a convaincu en me faisant découvrir la beauté de ce que jadis nous appelions ‘’la leçon de récitation’’.Il fallait jouer le texte que nous apprenions par cœur, et la faire vivre comme on le fait aujourd’hui dans ce qu’on nomme lecture scénique ou mise en espace de texte. J’ai alors découvert des auteurs tels que La Fontaine, puis Victor Hugo ; avec des textes ou des contes comme « Le héron, la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf ; j’étais petit…..etc.…..». Puis avoir lu des auteurs africain comme Sembene Ousmane, Camara Laye et les autres, a fait grandir cette fierté de se voir un jour publier.

J’écris donc pour me libérer de mes fantasmes et vivre de mes rêves.

Le plaisir de me faire entendre tout d’abord, puis celui de partager et / ou échanger ensuite ; ont renforcé cet envie d’écrire et donne un sens à ma vie en la rendant objective.
Un jour j’ai lu quelque part que pour pouvoir donner un sens à la vie, il faut construire une mosquée ; écrire un livre ou donner vie à un enfant.’’ Ce qui a suscité en moi cette envie de marquer à ma façon mon espace et le temps qui me sont impartis. Et pour paraphraser l’autre : « j’écris donc je suis ». Cela me permet aussi de dire les choses telles que je les ressente et de jouer avec les mots comme d’autres jouent avec des pinceaux ou des notes de musique. C’est une aventure dont j’ai connu le début mais qui m’entraine vers des horizons insoupçonnables.
Par contre contrairement à d’autre je n’ai jamais mis dans ma tête d’écrire pour une quelconque gloire. Ma seule ambition étant de voir un jour mes enfants me lire et être fier de leur père.

J’ai toujours été cet enfant solitaire disais – je, qui n’avait pour se confier qu’un cahier, à qui avouer ses joies et ses peines. La poésie a donc été pour moi une fonction libératrice. J’ai compris que je pouvais exprimer dans un poème tout ce que je ne peux dire librement pour plusieurs raisons socioculturelles. Cela sous entend certes une autocensure.

Ecrire enfin me procure certes certaines hantises, celle de la réaction du lecteur, susceptible de me donner cette identité plus ou moins erronée en me jugeant. Peur de la moquerie aussi, parce que mal compris, qu’adopte parfois certaines personnes en nous lisant. Au risque de perdre l’estime des uns et parfois l’amitié de tant d’autres.

II/ LE STYLE POUR MOI C’EST QUOI ?

Cette envie d’écrire est pour moi réconfortée par la réaction du public. Pour exemple, mon poème ‘’ Femme ‘’ a été perçu différemment selon que la réaction vient du public comorien ou étranger (française en particulier). A Moroni on m’a accusé de trop louer, tantôt valoriser l’image que je me fais de la femme, alors qu’à Paris ou Marseille on m’a accusé d’être masochiste. Mais le plus important pour moi a été de constater que je suis lu. Pour moi la critique est une nécessité pour l’épanouissement d’un auteur. Je l’appréhende et le craint quand elle est sincère.

Mon style est un engagement, une révolte.

J’écris, pour retourner la phrase, dire les choses autrement, pour dénoncer ce que mon entendement conteste. J’ai très tôt milité dans des mouvements revendicatifs qui petit à petit ont forgé mon style. D’abord vers les années 78/80 avec le mouvement « Fraternité Culturelle de Moroni - FRACUMO » puis ce fut au tour de la féderation des associations des comorienne, ‘’l’UFAC’’ qui ont marqué ma jeunesse ; et qui plus tard donnera naissance au ‘’Msomwa nyumeni‘’ (Culture nouvelle) qui a été très influant dans la créativité tout domaine confondu de l’époque. Je me considère comme un poète engagé. Mais l’écriture que j’adopte est autant libre. Je n’accepte pas de rester dans un cocon et cherche à me libérer des carcans qui empêchent, voir même étouffe au fond de soi la créativité, même si j’ai un penchant pour la musicalité que peut dégager parfois le vers. Si la nécessité l’exige je n’hésite pas à casser la rime pour libérer le message.

Le style d’expression est une gymnastique, qui me donne deux avantages, celui tout d’abord de me démarquer des autres par ma façon de dire les choses. ‘’J’écris mes cris silencieux’’.Le style me vient comme un bulle d’air et m’aide à m’identifier. Que ce soit en tant que photographe ou homme d’écriture, le style m’amuse, en jouant avec les mots et pour donner corps aux idées. C’est aussi pour moi le message d’une image ou d’une calligraphie. Je suis adepte de la poésie, peu importe son mode d’émanation pourvue qu’elle véhicule le message. Je m’exprime et justifie mon existence.

Par contre la critique me reproche mes phrases trop longues. J’écris naturellement comme cela me vient. Le comorien a son sens du rhétorique qui n’est pas forcement celle d’Aristote ou de Victor Hugo.
III/ MA LECTURE DES ŒUVRES COMORIENNES.

En poésie d’abord j’ai lu respectivement :

Aboubacar Said Salim, pour crimailles et nostalgie ; Aambdou Salam Dossar ; pour Nostalgie ; Saindoune Ben Ali, testament de transhumance ; Mahamoud Msaidié pour le mur du calvaire et l’odeur du coma ; Kamaroudine Abdalla Paune ;pour résonnance et partages ; Ali Ibrahim pour Cliquets et cliquetis ; Jean-Christophe Daoud pour la dernière raison ; Djailane Nassuf pour spirale ; Sambaouma pour poèmes parlés en marge du jour ; Mohamed Anssoufouddine pour Paille- en – queue et vol et Adjmael Ibrahim Halidi.
Pour les autres formes j’ai lu Toihir pour son roman la république des imberbes, mais j’ai aimé beaucoup plus son livre sur les ‘’Je viens’’ et ‘’la place du bangwe’’. J’ai lu par ailleurs Aboubacar pour ‘’ Et la graine’’ ainsi que Sast pour son ‘’ Baoba’’ à Mayotte j’ai lu Abdou Salam Baco. Quand au théâtre j’ai apprécié beaucoup plus ‘’Renard a volé Monsieur le Président’’ de Mohamed Zéyne mais aussi le Mahorais Nassure (au chapeau de colon).

J’estime que l’écriture littéraire comorienne se cherche et qu’elle a de l’avenir devant elle. Il faut reconnaître qu’elle est récente pour ne pas dire mineur par rapport à l’Afrique dont les premier auteurs remontent aux années 50. Si je me résume autrement je la trouve beaucoup plus proche de la réalité historique si je me réfère à Aboubacar Saïd Salim ou Saindoune Ben Ali pour la poésie. Par contre j’ai l’impression que Toihir est beaucoup plus intriguant. Quand à la poésie d’une manière générale je la trouve autant engagée.

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 10:27

Ye ayna ya ho wakati ne mahala *
 
 
Ye ayna ya ho wakati ne mahala *
 Au silence des Méduses !

Entre le temps et l’espace,
Se sont allés les jours.
Et j’ai vu passer tant d’espèces,
Perdus dans les méandres du séjour.
 

Comme dans une histoire ancienne,
L'espace nous a si bien raconté,
Sans aucun semblant d'antienne,
Le pourquoi du temps décompté.
 

Est-ce le temps qui nous manque ?
Pour comprendre le sens des choses ;
Ou l’espace figé qui nous marque,
Et offre à chacun sa part de prose.
 

Entre l’espace et le temps,
L’instant se faufile tranquille,
Qui de nous deux prétend ;
Connaître l’heure de la quille !
 

Pendant que le temps tardigrade,
Le souvenir taraude la mémoire,
Et l’espace surprise se dégrade,
 Interroge l’avenir sur le manoir.
 

Entre le temps et l'espace
Rien n'est dit de face à face,
Tout se fait à cache - cache,
Le temps glisse sous la manche !
 

Entre l'espace et le temps
Rien n'est dit et tout se passe,
Comme avec une clef de classe,
Mais rien ne dure si longtemps!
 

Ainsi va la vie de l’homme,
L’heure passe mais reste les traces ;
L’histoire retiendra en somme,
Les restes du temps et de l’espace.

M A B Elhad
 
* Entre le temps et l’espace (en langue comorienne)

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 10:24


 C’est sur cette terre qui t’a vue naître,
Que ces quelques mots me viennent.
Trente cinq ans que tu continus d’être,
Cette fleur que j’ai cueillie avec peine.

Le temps s’est écoulé sur ce désert,
Où je continu à poursuivre ton ombre,
Dans cette ville aux ruelles sans nombres,
Où te retrouver ne relève que du hasard.

Mais qu’es tu devenues à travers les âges ?
Toi dont le cœur vit loin du corps !
Toi qui as choisie de vivre entre deux ports,
Veux tu m’interpréter tes présages.

De toi j’ai gardé ce sourire continuel
Et ce mot ‘’Bo Elha ’’a imprégné le temps,
Qui m’a si longtemps retenu dans ce perpétuel,
Combat entre l’homme et ce qu’il prétend.

Je sais que depuis bien de choses ont changé,
Jusqu’à l’existence même qui semble dérangé ;
Je ne te reproche rien si ce n’est cet inimité,
Dans ce que la patience contient d’illimité.

Mais vois – tu ce que cet amour a eu de morsure,
Pour moi qui a vagué dans les eaux de la torture,
Des années durant à nourrir ce sentiment de supplice,
Qu’est – t – i l resté oh amour aux allures de caprice ?

Mes rêveries sont souvent remplies de ces instants,
Où au détour du labyrinthe de l’existence apparaît,
Le passé qui nous guette sans rien de consistant,
Pour cet amour partagé sans avoir connu d’apparat.

MAB Elhad Poète Calligraphe
Et Artiste Photographe Comorien
Antananarivo le 12/12/O5

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 10:22

Destinée

Le mourrant d’aujourd’hui,
Ne le sera pas demain.
Et les dés dédains du sort,
Sont jetés au bord du port,
De l’inconscience humaine.

Je te comprends mon frère,
Et le mal qui te ronge me mord
Le goût du songe est mort.

Ne te fais pas le souffre douleurs
Des désirs inassouvis,
Des actes manqués.

Ne cherche pas le sens des couleurs,
Pour reprendre goût à la vie,
L’avenir n’est pour rien détraquée.

Je legs à la toile d’araignée,
Qui pare ma fenêtre intérieure,
La lourdeur de la sentence,
La douleur de la pénitence.

Et à mon devenir,
Le souci de ma repentance,
Pour croire en l’autre,
Pour que mes doléances
Ne deviennent condoléances.

MAB Elhad
En plein vol d’Air Austral
Le 20/11/2005

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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 21:11

Pour une poésie qui ose dire son NON ! (4)

Youhou, les poètes !

Nos chefs sont en place. Les cons ont pris le pouvoir, " on " continue la rigolade, les gars !

On s’roule dans les mots, les mets incertains à épouiller la parure linguisticoloniale et dépouiller l’héritage françaoui de ses pesanteurs, microbes et cacas mêlés au présent d’une démarche révoltée. On refuse le passé justement ,repassé en boucle par la méthode des vainqueurs. Que dis-je, on refuse pas on récuse les sens carrés donnés aux mots, les mots des autres qui s’ querellent en " on ".

On en est à la déclamation instinctive de nouvelles règles poétiques :

Mpvandzi Gupango Pandzi !

Bien sûr, tout ceci n’est que le fruit du voyage dans la langue et les langues de l’Archipel. Voyage qui porte Mpvandzi sur un océan quadrilatéral, dans une odyssée effrénée, à la rencontre de l’Histoire, des Populations, des lieux, des gonzesses reduites à l’archétype d’une Sania confondue parmi des " bordels aux lumières bleues " de Mayotte au " palais silencieux de la soumisson où une reine-enfant ouvre ses jambes à Lambert aux couilles friables de corail mort ", en passant par " le dortoir des tortues vertes, Bimbini, en ses agaves ensanglantés, au sang bu par des milices ivres ", jusqu’à " Ngazidja, lieu des sultans, des grands comoriens, grands pour rien, mais fiers de compter sur la place de l’indépendance les morts d’une guerre civile, avec alacrité en jurant l’index à la gorge … " au nom d’Allah et des Mapinduzi risibles.

Haya !

Extraits :

…. Elle flotte Mayotte hippocampe dans son armure d’algues
Le corps dans le lagon et la tête dans la Tour Eiffel
Elle squatte les esprits qui grouillent d’immondices
Sur les bords de corniches, les bordels aux lumières bleues
Elle flotte comme une sauterelle boit dans un trou ciel
Boit à tout va, s’enivre et vire en blanc para
Puis se pose sur une ipomea pes caprae et s’ fait bouffer
Par un corbeau à la blanche encolure



Bako
M’interpelle un enfant aux yeux sphériques
Si gros qu’on les croirait anse de pirates ou ballon de foot
Il avait le ventre de la miséricorde et des rides d’adulte au milieu d’un sourire
Msafara wa Farantsa hau utsi tembeya tu
Je lui dis le sens du vent et le périple en archipel
" Je viens de l’autre côté de la mer, petit
Et je découvre les îles à saute vagues
J’ai vu entre Raya et Mamudzu, petit
Des kwasa kwasa
Remplis d’ mômes de ton âge aux yeux exorbités de poissons morts
Flotter vers l’horizon,
Le savais-tu qu’à marée haute l’écume s’alourdit de ventres creux
De mères accouchant mille doigts de corail rouge
Qu’avant la rade de la petite île la barge broie
Les noyés que les fonds n’ont pas enseveli
Wanyawe
Ils ont tous râté le rendez-vous du paradis
Les leurres d’un paradis meurtrier
-le paradis n’existe pas, c’est l’enfer qui s’ pose des questions-
A Mayotte ma hutte ma honte
" je suis encore aux jeux de plage



Bako
A tuer les saxicole pour appâter l’orphie et la carangue
A traquer la gobie sauteuse pour en faire un élevage d’espoir,
Je ne sais ce qui se trame en haute mer que par les feux des cargos grossiers
Qui pissent du gaz oil dans les abysses d’iode
Je ne sais qui rame pour la survie ni pour le loisir



Bako
Je suis un enfant et on m’a appris la haine
Mais il paraît que la roche millénaire sent la bière
Que mon île est une femme
Les seuls seins qui lui tombent sont des bouts de canon au charme douteux
Bienvenue à Mayotte ,
Dîtes à la mosquée du vendredi que vous venez de ma part,
Je suis le fils de l’imam et de la marchande de poivre
Mon nom est Mnapatiara
Je sais cela, monsieur, mon nom est Mnapatiara"
Elle pleure elle pleure Mayotte dans le cœur des poètes.

II
Au naufrage des îles, les squales doivent une fière chandelle
Les corps prisonniers des passes n’exhibent point de passeports
Et c’est d’un banquet de jours fastes dont rêvent les herbivores
Ecoeurés
La barrière de corail est une autre frontière
Les miradors qui surplombent les cervelles une autre affaire
La douane aux accents de Carcassonne un autre malheur


III
Omwiyano wa mahaba nde bahari
Comme dirait un roi malgache parlant de ses rizières
La mer s’arrête où commence mon amour
Ainsi je viens à toi, armé d’histoires et de légendes
Fils illégitime né dans le trou de la géhenne
Du roi Salomon et de la reine Balkis
Je jette l’ancre au bout d’une cordelette de fibres cocotières
L’enfant court et se met à creuser le sable,
Le soleil siffle de ses lames au zénith
Me parviennent les mélopées languissantes d’un muezzin enroué
Je me mets alors à chanter en attendant une seconde marée :
" Mpvandzi de upango upanga
A l’assaut des roulis owahatru est déjà fourbi
Il scintille d’étoiles rebelles
Il transpercera le cœur de la légion
Dans un champ de sable
Sur un feu de camp "
Pendant que les bateaux au loin qui déchirent les amours fuiront, fuiront la furie de
Mnapatiara

……………………………………


IV
Tsihale
Hala hilele
Les vents m’ont poussé jusqu’à Mtsangamoudou
Je me nourris de capitaine et bois du sel
Sur le rivage des gendarmes ignorent le sort du perroquet et des einoches
Moi seul sait où iront mes prochains coups de pagaies
A la tombée de la nuit, je m’endors et voilà qu’on chante
" Hayilele Hoya !Hayalile Hoya "
Mwali d’un battement d’îles s’offre à l’aube.
Un exocet en détresse cogne ma tempe
Excédé par l’obstination de l’espadon
Il frétille dans ma galawa
J’ y pose un pied et rame rame
Droite gauche gauche droite
Un tirant de tribord je souque
A bâbord et à tribord
Vers le calme des clairières saumures
Kave hwani !Kave Hwani !

……………………………………


Au lieu-dit de la ponte des vieux reptiles
J’arrime pirogue et interroge les mornes
Mon chapeau de paille sur un genou
Ma pagaie horizontale comptabilise
Mbandzi, pbono et 2 murex baveurs
Je me prépare à un festin d’insulaire, lorsqu’un vieux monsieur au corps sec
Blanchi par endroits de sel m’arrive en souriant.
Il avait le dos nu bombé en demi-lune
Une petite tête aux pois blancs
Et grattait le sable avec une brindille :
" Djumbe Fatuma l’amoureuse avait le corps d’une enfant
Lorsqu’ elle s’abandonna Sous les couches de soie
Et but le zamzam frais d’une calebasse étrangère
On dit que le palais demeura d’un silence liturgique
On dit qu’alentour les bêtes plongèrent dans une sieste infinie
Et les seuls bruits qu’on entendait
Sortaient d’une chambre de reine "
C’est ce qu’on raconte
Moi je rapporte hama mpvandzi
Hama pandzi aux ailes poudreuses drainant le sirocco
Jusqu’aux confins d’Europe
Mais dans mes errances au sein des îles
Dieu que j’ai foulé des terres ocres du Nord au Sud
On m’a dit la même histoire
La même histoire qui s’ répète d’île en île
La même histoire pour toutes les îles
" …A l’aube les femmes de cour vaquaient à la routine
Elle battaient des mains en silence, mines renfrognées
Ets-ce pour réunir la basse-cour
Est-ce pour s’ plaindre prises à témoin d’un viol
Pendant ce temps les hommes qu’étaient sujets
Attendaient sous un manguier "
J’y étais pas, mais ça m’ revient
De la mémoire des anciens
Un silence de drame régnait au palais
La reine n’était plus jeune fille
" Son sang s’est perdu de la vue des siennes
Ye zigelegele sont des sanglots étouffés
Les mères se résignaient
La coutume avait changé
La reine s’envolait vers des palais imaginaires
Des images de Louvre et d’exposition coloniale "
-c’est surréaliste et baroque-
" Le sang a coulé, s’est mélangé
A sa phase de réincarnation
C’est l’homme au fouet qui conquiert Mwali
A la voix de son clébard "
Mwali où se tissent les meilleurs songes
Ou des hommes lisses comme des lianes
Le long des sentiers glissent vers les champs
Glissent en sourdine par amour pour un Occident chrétien
Peuplé de chiens et de pirates
Pour des parts économiques à la place de Paris
" Elle avait le corps d’une enfant "
Ailleurs c’était la mine
Aux îles c’est le lit
Un pédophile en avance saigne la princesse d’une île sous la lune
J’ pensais
L’homme souriait toujours
Traçait des ronds sur le sable
La mer montait par vaguelettes régulières
Mwali s’assombrissait sous la mousatche stupide d’un blanc cupide
Lambert aux couilles friables de corail mort
La nuit tombe
La case est ténébreuse
Sur un sukurubu danse une flammèche grise
Ta’ ya mrachi.
Dehors les djinn s’immiscent aux ruelles.

……………………………………………….



Bon, le voyage continue les gars. Le voyage est fini depuis longtemps. Je détiens le secret du poète en îles dans le disque dur (d’oreilles) de mon ordi. Mais comme promis, je dois mourir.

Sadani est mort et, voici l’épitaphe qui figure sur sa tombe virtuelle

" CI-GIT, UN IMBECILE QUI S’EST PRIS POUR UN AUTRE.
IL L’AIMAIT PAS.IL LUI A TIRE DESSUS ET JE SUIS MORT. "

Par SADANI

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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 02:08
   6e PRINTEMPS DES POETES
 DES AFRIQUES ET  D' AILLEURS

 

DU 7 au 15 mars 2009

 

  « En rires au pays de la néo-négritude »

 

L'éclosion du Printemps parisien est insécable des festivités poétiques de la néo-négritude, et nous sommes vigoureusement de retour pour la 6e année consécutive. Partout dans Paris ont poussé des arbres indépendants semés par la musicale graine poétique  de la néo-négritude parisienne .Nous nous en réjouissons vivement, néanmoins notre humble devoir est de rappeler énergiquement que la néo-négritude ne serait être  imbibée de racisme au risque de trahir grandement la large et paisible source négritudienne à laquelle elle s'abreuve goulûment. Aimé Césaire, le Père, non pas de « la notion de négritude », mais du néologisme « négritude » affirmait lui-même : « ne faites pas de moi un homme de haine pour lequel je n' ai que haine ».Cette phrase éthique et poétique du Pape de la négritude tonna dans le ciel sombre du Cahier d' un retour au pays natal dès 1939.Ce désir d' un humanisme noir sera théorisé, par la suite, à travers maintes articles écrits par son plus-que-frère le théoricien de la négritude Léopold  Sédar Senghor.

En théorie jadis, et maintenant en pratique, grâce à l'élection récente et spectaculaire de Barak H. Obama -le premier Président noir des Etats-Unis d' Amérique-l' humanisme moderne n'est plus l'apanage des Blancs !


Une horde vocale noire et blanche s'interroge légitimement sur l'état d'avancement de notre anthologie manifeste de la néo-négritude, annoncée pour l'année dernière et dont ils n'ont point vu la moindre ombre d'apparence. Je les comprends et les rassure, en leur susurrant gentiment qu'il existe dans la nature humaine des blocages psychologiques relevant de             l'inconscient, j'en ai été tristement la victime ...L'explication psychanalytique de ce phénomène relève du fait que le manifeste de la néo-négritude poétique ne pouvait en aucun cas paraître avant le manifeste de renforcement et de célébration de la négritude poétique. Le père ne peut, en effet, pas venir du fils !

 C'est ainsi que je vous annonce non plus une, mais deux anthologies avant décembre 2009, la date officielle du IIIe Festival Mondial des Arts Nègres, lequel se tiendra à Dakar sous le signe de la Renaissance africaine et sous l'égide du Président Abdoulaye Wade. L'anthologie Poèmes d'amour des Afriques et d' Ailleurs et celle sur 30 poètes de la négritude (traduite en anglais, en espagnole et en vietnamien) honoreront cette rencontre dakaroise tant attendue, et bien d'autres encore .Elles seront en fait nos ambassadrices urbi et orbi, et ce pendant encore de nombreuses années.


La 6e édition du Printemps des Poètes des Afriques et d' Ailleurs a pour parrain, pour  la 4e année consécutive, le poète de la négritude Martial Sinda(Premier poète de l' Afrique Equatoriale Française en 1955 et Grand Prix de L' AEF en 1956).Permettez-nous, à cet instant précis, à la fois d' avoir aussi une chaleureuse pensée  pour le parrain des deux premières éditions de notre festival, j' ai nommé le poète de la négritude Jacques Rabémananjara(Grand prix de l' Académie française), et de rappeler sa devise fondatrice que nous avons faite nôtre : « Il est bon que les poètes des Afriques et d' Ailleurs cherchent à se rapprocher, à se réunir le plus souvent possible pour un fructueux échange d' expériences humaines : se connaître entre eux et se faire connaître par ceux qui pratiquent la langue dont ils sont fiers de porter la bannière ! ».


Pour la 6e édition nous n'avons pas de poète invité d'honneur, néanmoins nous commémorerons les 70 ans du Cahier d'un retour au pays natal d'Aimé Césaire. Cet ouvrage dont la parturition fut douloureuse occupe une place phare dans les maillons de la chaîne de la négritude. Nous lirons cette belle pièce phare de la négritude de manière feuilletonesque tout au long des 5 riches jours de notre festival fraternel.

Parmi les autres dates anniversaires, nous aurons une pensée profonde pour les 50 ans du 2e Congrès des artistes et intellectuels noirs qui s'est tenu à Rome sous la houlette de la Société Africaine de Culture administrée par Alioune Diop. C'est ainsi que  nous dédierons notre soirée de clôture à Alioune Diop, lequel fut non seulement le Socrate noir de la négritude, mais aussi l'éditorialiste et l'initiateur de grandes messes de la négritude. Au cours de notre soirée de clôture placée sous de bons auspices, nous devrions adopter une résolution pour la création d'un espace culturel noir à Paris. Cette ville lumière fut- et il ne faut pas l'oublier- grâce à la volonté de Georges Clémenceau et à la subtilité de Blaise Diagne, le lieu d'accueil, il y a 90 ans (du 19 au 22 février), du Premier Congrès Panafricain qui sous l'égide de W.E.B. Du Bois déposa auprès de la Société Des Nations(ancêtre de l' ONU) des résolutions pour améliorer le triste sort des Noirs des colonies tout en demandant que les anciennes colonies de l' Allemagne vaincue soient confiées à une gestion internationale.

Et, pour couronner le tout, avant d'être emporté par l'appel irrésistible des aèdes et des tam-tams ensorcelants, nous nous joignons en esprit au centenaire de NAACP (National Association  for the Advancement of Colored People), la plus ancienne association pour         l'avancement des Noirs cofondée par W.E.B. Du Bois et des Blancs progressistes. Comment ne pas avoir une petite pensée pour le récent départ vers l'au-delà de l'actrice Marpessa Dawn,  l'Eurydice noire du fameux film Orfeu negro de Marcel  Camus, lequel obtint en 1959 à la fois  la palme d'or du festival de Cannes et l'Oscar et le Golden globes du meilleur film étranger. C'était il y a 50 ans !


Que vive la poésie enfanteuse d'espoir et de rêves fraternels sur l'iris d'un œil multicolore !



                                                                                                                                          Le Président


                                                                                                                  Thierry Sinda,                                                                                                                                                                                                                      

COMITE D'ORGANISATION

 

Président : Thierry SINDA

Professeur de Lettres, poète, délégué général chargé de la francophonie de



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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 01:52

  Président : Thierry SINDA

Professeur de Lettres, poète, délégué général chargé de la francophonie de

Programme du 7 au 15 mars 2009 

Samedi 7 mars

.19h30-23h : Lectures-dédicaces avec Fatima CHBIBANE-Bennaçar(Maroc), Evelyne PELERIN NGO MAA(Cameroun), Mahieddine BENTIR(Algérie), Francine RANAIVO(Madagascar), Elimane KANE (Sénégal), BOUDJI(Algérie), Marie-France DANAHO(Guyane), ISTINA(Congo) et mini scène ouverte.

Musiciens : Partageons nos différences (France-Mali) (Benoit ROQUE et Lamine KOUYATE)

Conférence : « Les poètes de la Harlem Renaissance » par Samuel LEGITIMUS (acteur, metteur en scène et Président du collectif  James Baldwin de Paris).

Lieu : Société des Poètes français

16, rue Monsieur le Prince 75006 PARIS (RER Luxembourg ou M° Odéon)

Tel : 01 40 46 99 82

 Lundi 9 mars

. 17h-19h : Interventions à l’université de la Sorbonne-Nouvelle dans le séminaire doctoral  du Professeur Jean Bessière.

Conférences : «  Le rire chez les auteurs de la négritude » par Thierry SINDA et « Les poètes de la Harlem Renaissance » par Samuel LEGITIMUS (acteur, metteur en scène et Président du collectif  James Baldwin de Paris).

Lectures illustratives par les acteurs : Moa ABAÏD, Ariane SELASSIE et Ozùa TAYORO.

Lieu : Université de Paris III (site Sorbonne) département de littérature générale et comparée (2e étage)

17, rue de la Sorbonne 75005 Paris (M° Saint-Michel ou Luxembourg)

 

.19h30-23h :Lectures-dédicaces :HOURIA(Comores), Deva KOUMARANE (Inde), Ozùa TAYORO(Côte d’ Ivoire),Jaimé GALDOS(Pérou), NANA Youla YANSANE(Franco-guinéenne), Isaline REMY(France), Marie-Lou CHENET (Haïti),Romuald CHERY(Martinique), Ferdy AJAX(Haïti),  Régine MAZION(France), Omoleï PONS-DOLO(franco-malienne) , et Nadia GUERBAS(Algérie).

Musiciens : Partageons nos différences (France-Mali) (Benoit ROQUE et Lamine KOUYATE) et Ben NODJI ( Comores).

Conférence : 1ère présentation du projet d’un espace culturel afro à Paris  (TAM) par Samuel LEGITIMUS 

Lieu : Restaurant la Tontine d’or

27, rue Jean-Pierre Timbaud

75011 Paris

M° Oberkampf

Tel : 01 47 00 51 02

      Jeudi 12 mars 

.19h30-23h : Lectures-dédicaces Jeannine DION GUERIN accompagnée à la Kora par Lamine Kouyaté, N’ dongo MBAYE(Sénégal), Mab ELHAD (Comores), Khéloufi SALIÂME (Franco-algérienne) accompagnée musicalement par Laurent BERNARD(France), ANTSIVA(Madagascar), Barnabe LAYE (Bénin), ROMA(Martinique), Théodia TEODORO (Portugal), Alain Alfred MOUTAPAM(Cameroun),Fredy JAOFERA(Madagascar), Thierry SINDA(Congo)

Musicien : Ben NODJI (Comores)

Conférence : « Le rire chez les auteurs de la négritude » Par Thierry SINDA

Lieu : Société des Poètes français

Samedi 14 mars  -A partir de 15h précises

Lectures, débats et animations artistiques, culturelles  et culinaires :

. Scène ouverte avec Mab ELHAD (Comores), Janine DION GUERIN(France) accompagnée à la Kora par Lamine KOUYATE, N’ dongo MBAYE(Sénégal), Deva KOUMARANE (Inde), Marie-Lou CHENET (Haïti), Isaline REMY(France), Romuald CHERY(Martinique),Sophie CERCEAU(Brésilo-béninoise), Ferdy AJAX(Haïti), ISTINA(Congo) , Iverlene DIALLO(Barbade),   Francine RANAIVO(Madagascar), Maggy de COSTER (Haïti), Fredy JAOFERA(Madagascar), Evelyne PELERIN NGO MAA(Cameroun), Théodia TEODORO (Portugal), Pascale RABESANDRATANA(Madagascar), Nadia GUERBAS(Algérie),  NANA Youla YANSANE(Franco-guinéenne ), ROMA(Martinique)…

.Débat : « 2e présentation du projet de  création d’un espace culturel africain à Paris » (Théâtre Africain Mondial) par Samuel LEGITIMUS

. Animations : présentation d’ une  école nouvellement construite à Daga en pays Dogon par Akonio DOLO(Dogon théâtre), extrait du spectacle Négritudes par Amadou GAYE(Sénégal), extrait de spectacle de contes Kongo par Gabriel KINSA(Congo), extrait du spectacle Liberté de Sadia LBAZ (Vibraction hip hop ; Franco-marocaine), et présentation de produits culinaires de Madagascar par Francine RANAIVO(Madagascar)…

.Musiciens –chansonniers : Ben NODJI (Comores), Partageons nos différences (Benoit ROQUE et Lamine KOUYATE), Pascale RABESANDRATANA(Madagascar),  Mahieddine BENTIR(Algérie).

Lieu : dans un loft (porte verte)

           6, impasse Popincourt Paris 11e (niveau 34 -36 rue Popincourt) M° Voltaire

 Dimanche  15mars 

 Dédiée à Alioune DIOP

. A 15h : Adoption d’une résolution pour la création d’un espace culturel africain à Paris par Samuel LEGITIMUS

. A 19h : Scène ouverte slam poésie en partenariat avec Universlam dirigée par King BOBO et RAHMAN. Maîtresse de Cérémonie Donna VICKXY(Cameroun).

 . A 21h : Dîner de clôture

Lieu : Restaurant la Tontine d’or

              


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25 décembre 2008 4 25 /12 /décembre /2008 16:25
24 décembre 2008 Chacri, le peintre du quotidien chakri[1] Bien que ses amis situent ses peintures dans la tradition de Vangogh, Chacri, lui, revendique l’héritage de Picasso. Ses tableaux aux couleurs vives s’inspirent de la vie quotidienne, notamment des scènes de mariage, de circoncision. Mais depuis un moment, Chacri n’a plus de galerie d’art depuis que le maire de Mutsamudu l’a enjoint de quitter le bâtiment qui lui a été remis par la précédente administration municipale. Désormais, sa trentaine de tableaux est condamnée à l’errance. Qui, à Mutsamudu, ne connaît pas Chacri? Ce jeune peintre aux doigts de fée est aussi un commerçant à ses heures perdues. L’homme ne connaît pas le repos. Combien de fois, lors de notre entretien, s’est-il excusé pour s’occuper de tel client ou répondre à un appel téléphonique. Chez Chacri, chaque minute est comptée. La peinture, c’est sa profession ou plutôt sa distraction favorite puisque, malgré tout, ‘‘mes tableaux ne font pas bouillir la marmite’’ reconnaît-il. Chacri n’a pas de maître. ‘‘C’est un don. Je suis devenu peintre par hasard. A l’école, je m’amusais à dessiner tout ce je voyais[/i]’’, dit-il. En 1994, il a fait sa première exposition dans une maison en tôles, à côté de chez lui. Le succès fut au rendez-vous. La Sopac s’est ensuite attachée ses services pour crayonner des figurines sur la couverture des cahiers. Lorsque l’établissement avait choisi de s’implanter à Moroni, il a amené le jeune peintre dans ses bagages. ‘‘[i]C’est à Ngazidja que j’ai connu Modali, Séda,… qui m’ont encouragé à adhérer à l’association Simbo-Art’’. En 1998, il a exposé, pour la première fois, à l’Alliance franco-comorienne de Moroni. Le public fut émerveillé par le talent et la virtuosité de Chacri. Il fera, à cette occasion, la connaissance de M. Hervé, un Français installé aux Comores, qui ‘‘n’a cessé depuis de m’aider et de me fournir du matériau dont des pinceaux, des palettes de couleurs,…[/i]’’. En 2006, à l’invitation d’une organisation basée à Saint-Denis, Chacri part à La Réunion avec d’autres artistes comoriens. C’est la consécration de ses talents de peintre! Il en a surtout profité pour enrichir son carnet d’adresses. ‘‘[i]A La Réunion, j’ai vendu deux tableaux. J’aurais pu en vendre beaucoup, mais…’’ nous a-t-il dit. Bien que ses amis situent ses peintures dans la tradition de Vangogh, Chacri, lui, revendique l’héritage de Picasso. Ses tableaux aux couleurs vives s’inspirent de la vie quotidienne, notamment des scènes de mariage, de circoncision, de funérailles,… ‘‘J’ai envie de donner une seconde vie à la culture comorienne, aujourd’hui presque en voie de disparition’’, explique-t-il. Soucieux de transmettre son art et de partager son goût de la peinture aux jeunes, Chacri nourrit l’ambition de créer un centre de formation à Mutsamudu. Il regrette que les autorités insulaires fassent peu de cas de la promotion de la culture à Anjouan. En effet, le jour de notre entretien, le maire de Mutsamudu l’avait enjoint de quitter le bâtiment qui lui a été remis par la précédente administration municipale pour des fins de galerie d’art. Sa trentaine de tableaux sont aujourd’hui condamnés à l’errance. Avec ses 1,50 m, ses cheveux lisses et poivre sel, Chacri, 37 ans, force l’admiration de ses co-villageois, particulièrement les jeunes, de par ses blagues croustillantes et ses traits d’humour. Au Stade de Missiri, où il tient un petit commerce, Chacri fait partie des éléments du paysage, au milieu de ses peintures et autres articles de vente.

Directeur général :Djaé Ahamada direction@alwatwan.net
Service commercial : safalwat@alwatwan.net
Webmaster : contact@alwatwan.net
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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 12:53
Hommage à Fundi Abdalla Youssouf Le hall de l’Alliance franco comorienne de Moroni est bien garni depuis  le début de ce mois de décembre. L’événement n’est pas passé inaperçu pour les adhérents de l’institution et a même eu le privilège d’accueillir lors du vernissage le Président de la république et des diplomates accrédités dans notre pays. 

 

Placé sous le haut patronage du Commissariat national à la culture, l’exposition a eu le concours de la mairie de Moroni et de l’Alliance franco comorienne. Sa particularité fut de rendre un hommage mérité aux premiers initiateurs de l’art de la calligraphie que sont entre autres Fundi Abdallah Youssouf originaire de Moroni.

 

            ‘’Calcamart’’ un nouveau né dans le paysage artistique à l’instar d’autres organisations artistiques de la place révèle à travers cette exposition des talents cachés dans l’art du dessein et de l’écriture ‘’impressive’’.

 

            Avec plus de 30 tableaux travaillés tantôt à la toile, au bois, ou par la photographie, et d’autres par des collections, le visiteur se sent parfois perplexes pour interjeter des émotions à travers un couché de soleil prédisant le cycle du temps qui file, ou la révolte pour la liberté d’expression et plus loin de la passion de l’artiste à partager d’autres cultures ou des sentiments d’un mariage de civilisation.

 

            Ceci étant bien justifié par les styles d’écriture employés en caractère latin, arabe et chinois. D’où le cris de l’écriture lancé par des jeunes comoriens réunis par la passion partagée de la calligraphie dont Mohamed Ambidi, Said Omar Said Athoumani, Abdoul Hakim Moindjié et le ‘’gendarme poète’’ Mab - Elhad qu’on ne présente plus.

 

            Tout un chacun se dit inspiré de l’écriture pour donner une certaine valeur interprétative. Pour ne citer que Ambidi, qui a décroché le 2ème prix du 4ème Festival de dessein des  États Arabes à Sarja en 1999, il définit l’art de l’écriture comme étant ‘’ l’expression de la beauté par la perspective autographique ou graphologique.’’

 

            Invité par les organisateurs lors du vernissage, le Président Sambi a pris la parole et dit en substance : « Je voudrais féliciter nos artistes pour la qualité de l’ensemble des œuvres présentées. Il est satisfaisant et encourageant de découvrir que ce ne sont pas des artistes qui nous viennent de l’extérieur, pour nous présenter une telle merveille, mais bien des jeunes autodidactes qui ont su aller jusqu’au bout de leurs ambitions. Ce que je dirai à cette jeunesse venue admirer l’exposition, c’est tout simplement qu’il ne suffit pas d’admirer. Il serait mieux de s’en approprier et se mettre à l’œuvre en suivant l’exemple de nos quatre artistes talentueux ici présent. Je tiens tout simplement à les encourager ».

 

            En signe d’encouragement, le Président Sambi acquerra un tableau intitulé ‘’Bismillah’’ avec une calligraphie d’oiseau  dont, une autruche sur une plage.

 

                                                                                                                      A.Nabahane

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Published by A.Nabahane de La Gazette des Comores - dans Calligraphie
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