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  • : Blog destiné à faire connaitre les œuvres artistiques et poétiques des îles de la lune ''Comores ''
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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 11:32

Aboubacar-SAid-Salim-Po-te.jpg 

Né en 1949 à Moroni, Aboubacar Saïd Salim a fait des études supérieures en France (licence de Lettres modernes). Revenu aux Comores, il est professeur de français dans les collèges et lycées, et a même été récemment Conseiller principal d'Education au GSFA.

Il a obtenu en 1949 le premier prix littéraire de l'Alliance Française au concours de nouvelles.

Il est président du Club Kalam, l'association des écrivains comoriens, et membre fondateur du Cercle Pohori pour la diffusion de la poésie comorienne.

Parallèlement à ses activités littéraires, Aboubacar Saïd Salim a toujours mené des combats politiques. Il a ainsi été emprisonné et torturé sous le régime des mercenaires pour ses liens avec le Front démocratique.

Il a également milité au sein du parti Shuma, avant de devenir le conseiller en communication du colonel Azali, après le putsch d'avril 1999.

Œuvres :

 Poésie : Crimailles et Nostalgie

Romans : Le bal des mercenaires      

                 Et la graine


 

POETES, A LA MAISON !

Inutiles,

Mots inutiles Sur la vague des sons,

Les cœurs sont fermés

Le sexe - roi fait vibrer

 Les cordes vocales

Vers le point oméga

De l'immense impuissance.

L'Univers indifférent

 Que nul son n'habite

 Echo des silences bleus des errances

De nos fantômes fantastiques

En attendant l'affaissement final

De vos révoltes, de vos désirs

Poètes, rêvez, rêvez encore !

 Rêvez debout !

Et gardez pour vous

Les désillusions palpitantes

Comme des bouts de chair

 Fraîchement bombardés

D'un enfant Irakien.

Poètes, rêvez haut, rêvez fort

 Avant qu'on ne vous dise :

« Vite ! A la maison. » !

Abou (Maurice. Maison du Poète à Port Louis)

 

Aboubacar Said Salim.

dimanche 16 avril 2006

Holambe Comores Page 1/2


 

Je te hais d’amour !

 

 

Merde à toi Comores !

 

Il parait que ça porte bonheur

Mais moi, je t’insulte vraiment

Après t’avoir si longtemps encensé

 

Je brûle ce que j’aimais

Car ce que j’aimais me brûle

Et d’ailleurs je me demande :

 

Si tu n’as jamais existée,

Si tu n’es pas une invention

Forcée, pour faire comme les autres,

Pour obéir aux autres,

Comme tu sais si  bien le faire.

 

Pseudo nation, coupée en quatre

Comme des cheveux

Pliée en quatre pour mendier

Aux quatre coins de l’univers.

 

Monstre d’égoïsme sans dignité

Je te hais car tu m’empêches

D’être homme, tu obstrues toutes action

Tu flétries toute révolte

Tu fais de nous  des musulmans moutonnants.

Tu nous fais vivre dans les ordures.

 

Tout en toi n’est qu’ordure

Ton système, ordure

Ta beauté ordure

Tes intellectuels, moi compris.

 

Suspendue à la manne

Multi, uni, bilatérale

Couchée sur le côté

Comme un cadavre putride

Tes exhalaisons nauséabondes

Nourrissent les hyènes  d’ici

Et d’ailleurs.

 

Et tu me demandes de ramper

Moi qui ne sais pas me baisser

Pour chercher sous un lit

Qui préfère soulever le lit

Plutôt que de m’abaisser

 

Comment t’aimer alors 

Sale pute !

 

Comment ne pas chier sur ta couardise !

Déguisée en patience

 

Ta saloperie de sagesse qui ose déclarer :

« Celui qui accepte les chaînes n’a pas mal,

« Chez le peureux, point de deuil,

« On ne peut voler que dans son travail,

« Qui ne vole pas chez lui,

« Ne devient pas homme »

Et patati et patata…………

 

Je te soupçonne d’hypocrisie,

Avec tes cent pour cent musulmans,

Glouglouteur des meilleurs whiskies ;

Et qui les vendredis

Se donnent bonne  conscience,

Avec des boubous blancs

Encore dégoulinant, de sperme adultère

Tes  kofia ornés de « Bismillah »

A soixante dix mille francs,

Dix fois le salaire minimum

Jamais versé.

 

Comores tu as fais de nous

La risée du monde,

Tu nous as rendus zinzin

Des vrais pantins

 

Comores  Tu as uniformisé nos pensées,

Et nos actions ne visent

Qu’à monter  au plus  haut du mât de cocagne 

Pour arracher cinq vices primordiaux :

Vacuité, vanité, voracité, veulerie, vol.

 

Vade rétro Comores ;

Tu me casses le cœur !

Et si tu t’appelais Kumr désormais

 

Kumr la blancheur

Au lieu de Comme  mort ?

Kumr pour faire renaître l’espoir

Même pour l’imbécile que je suis

Il faudra que tu y penses un jour

Pour nous arracher des cœurs la noirceur

Et la blanchir au soleil de l’humain,

 

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 10:44

Lecture-scenique-144.jpgDamir BEN ALI

Chercheur, Antropologue et Fondateur

du Centre National de la Documentation

Scientifique (CNDRS) des Comores

 

 

            Carrefour des routes millénaires, lieu de rencontres des grands peuples qui ont inventé les signes gravés sur la pierre, l’alphabet, le livre et plus tard l’imprimerie, l’archipel des Comores qui possède l’écriture et l’enseigne à l’école coranique depuis une dizaine de siècles, a choisi de conserver et de transmettre son patrimoine culturel le plus authentique, de génération en génération, par des modalités d’expression endophone. Il existe des hommes de la parole comme ailleurs des hommes de lettres. L’alphabétisation n’a jamais été dans un rapport conflictuel avec l’oralité. Dans ce pays, les deux domaines sont toujours complémentaires.

 

            Dans la couche supérieure de la société on maîtrise à la fois la technique de l’emploi efficace et productif de la parole et celle de la communication par la graphie arabe. L’aristocratie de la naissance, du foncier, de la parole et de l’écriture fournit à la communauté nationale, d’une part, les cadres religieux, les juristes, les enseignants des madrasas et les commerçants à longue distance et d’autres part, les princes, les chefs et les notables qui excellent en élocution originale, articulée de proverbes. Les détenteurs institutionnels de la richesse et de la puissance spirituelle sont les premiers dépositaires  et transmetteurs du patrimoine oral ; c’est donc en eux que la population lit les normes de la société.

 

            Ceux qui n’ont accès aux connaissances que par l’un ou l’autre mode d’expression et de communication ne sont que des employés subalternes au service des riches et des puissants. L’écrit fait vivre les maîtres du premier niveau de l’enseignement coranique, des guérisseurs et des charlatans qui vendent prières et des amulettes. L’oralité est la science des poètes itinérants payés par les particuliers, par les groupes  de parenté et par les associations villageoises pour animer les fêtes et les travaux communautaires ainsi que des groupes  de chanteurs-musiciens qui, avant la colonisation étaient aux service des princes.

            Les textes originels faits en vue d’être appréhendés à travers une relation directe de locuteur à auditeur présentent une assise structurée. Deux techniques  sont les plus couramment employées : la ponctuation rythmée qui consiste à utiliser l’accent de la fonction phonétique dérivant de la juxtaposition des tons sur chaque mot ce qui implique un choix judicieux du mot et de son emplacement dans la phrase, et la variation du nombre des syllabes exprimées dans la même inspiration, ce qui exige l’acquisition d’une parfaite maîtrise de la respiration.

 

            Le style oral est défini par deux critères : une trame à laquelle la mémoire de l’émetteur peut aisément s’accrocher et qui est auditivement  bien perçue par le récepteur et un contenu sémantique que la société valorise et suscite la conversation de la mémoire patrimoniale. La structure rythmée soutient l’attention et surtout facilite la compréhension pour le public ; en effet, face à la difficulté de saisir le sens d’un mot, l’auditeur n’a pas la faculté de revenir en arrière comme le lecteur  silencieux d’un texte écrit, pour rattraper le fils des idées. La référence constante aux proverbes et aux textes patrimoniaux est la preuve de l’authenticité. L’ampleur du répertoire et l’habilité avec laquelle on l’harmonise avec des situations précises est le signe reconnu de l’intelligence et de la sagesse.

 

            Les œuvres de l’oralité sont très souvent des poèmes  en vers libres déclamés ou chantés. Chaque étape du récit est marquée par une strophe. La poésie réside  dans l’emploi des symboles, et des images. Celles-ci sont fortement impressionnistes. Elles sont simplement suggérées et c’est à l’auditoire de les reconstituer car ce sont  le plus souvent des allusions historiques, des mythes, des noms de louanges et des titres d’honneur des personnalités et des lignages célèbres, des lieux symboliques tels que palais, places de cérémonies publiques et des champs de batailles. Il est indispensable de connaître la culture, l’histoire et la géographie locale pour les comprendre.

 

            La prééminence de la mémoire dans la littérature ne signifie pas la mise en dépôt des connaissances, ni l’absence de créativité et d’inspiration ; les thèmes de textes ne sont pas uniquement accrochés au passé, ils sont autant au fait de l’actualité ; le travail de la mémoire est essentiellement une tension vers le présent. L’homme de la parole s’inspire aux sources de la vie quotidienne, s’arrêtant aux qualités et aux travers des membres de sa communauté, de l’artiste lui-même et des animaux que les mythes et les contes ont traditionnellement retenu pour faire passer les principes de la morale sociale.

 

            Le poème ci-après est le plus ancien que nous connaissons actuellement. Il remonte probablement à une date antérieure au XVIIème  siècle et relate un événement qui s’est produit au XVème siècle, la destruction de la cité portuaire de Mazuni, ancienne capitale du Dimani rivale sur le plan économique et intellectuelle de Bandamadji la capitale du Domba. Le roi du Domba revennu d’un voyage qui l’avait conduit dans plusieurs pays musulmans et jusqu’en Arabie du Sud, en compagnie  de Mhasi Fe Simayi alias Mtwamuyindza, a pris la décision de combattre tous ceux  qui n’acceptent pas de pratiquer l’islam selon le rite sunnite de l’école chafiite. Aussi mazuni est détruit et la population se disperse pour fonder plusieurs villages et villes dont Moroni (Bambao mdja miro).

 

 

MAZUNI

 

Mazuni huka mdji wa mawunde

Hata ye ntsihu wa uwa mnadjumbe

Watso mzimwa na itswaguli

Wa mwandahanya nkongowo za mawe na nyadombwe

wamtra sondzoni la madjaya miwa

Wa somo fatiha ne wazilapva

Ye mdru  wendanizo mdjini

 

 

Pvahe mwenda na dzia hazirenge mivonyo

Hende hazambia wandru wa Pidjani

Zihohora zi sihi Bandalambwa

Owaka pvo Ipvundu ziwahondro

Izo raali Domba huli wandru tsidja lewo

 

 

Bingu lifungatsa mowo Mdjwazema

Lira dondo Zuda mazwa yadjaya

Hafungu mbo Mdamhuuni

Ye Domba ya Mwamba Mfaume

Wowontsi wandru wora katala

 

Pvahe motro mrarazi ngwendo nizo

Hende hazambia Djombwe mMazuni

Harengo wana no wananawashe

Hari ngapvo wahela Mtrankunidjuu

Ngapvo wenda Bambao madja miro

Ngapvo wafali pvodjuwa liheyao

Nge no watsenga Ungudja pvo sokoni

Walio Pate na walio Fumboni

Na walio Msumbidji mwa fumbu.

 

             Comme beaucoup des grandes œuvres anciennes, celle-ci est anonyme. Celles qui sont attribuées à des auteurs connus avec plus ou moins de certitude ne sont pas moins présentées sous des versions différentes selon les régions et les époques. Le texte original s’il existe est difficile à reconnaître parmi les versions actualisées et réactualisées

par les interprètes successifs pour capter l’attention de l’auditoire. L’artiste évoque  des problèmes de son temps et de son environnement immédiat qui, parfois n’était même pas imaginables à l’époque de l’auteur indiqué. Le texte oral est réactualisé pour relier des événements contemporains à ceux qui se sont déroulés dans un lointain passé et que l’on veut similaires. Ces rappels historiques permettent de créer des repères dans l’imaginaire collectif et aident à trouver des explications à des problèmes de la vie quotidienne.

 

            Les textes oraux proférés, déclamés, psalmodiés ou chantés dévoilent à la société sa propre identité, son histoire et son présent ; c’est une partie essentielle de son patrimoine culturel. Les villes et villages  ancestraux sont fondés autant sur une terre commune à l’ensemble des familles que sur un vaste  corpus de mythes, de légendes, maximes, des proverbes, des contes, des récits et poèmes épiques, des chants de méditation, de travail et de danses. Dans chaque famille, les enfants peuvent apprendre le récit de l’immigration dans l’archipel, d’un lointain ancêtre, d’un ancêtre mythique ou historique, connaître l’endroit où son boutre a échoué, ses pérégrinations dans l’île, ou d’une île à une autre, le lieu où il a construit sa première habitation et planté les végétaux qu’il a amené de son pays d’origine et introduit dans sa nouvelle patrie.

 

            L’unité et la solidarité d’un clan, d’un village ou d’une ancienne chefferie sont fondées sur ce trésor commun, qui exalte des exploits et des miracles d’ancêtres guerriers, talentueux ou saints, qui dénombre les lignages et expliquent leur rang dans la hiérarchie sociale. Les œuvres de l’oralité ont permis la conservation  dans la mémoire collective de tous les événements saillants de l’histoire locale, insulaire et nationale : la fondation d’une dynastie, l’avènement d’un roi, l’arrivée de nouveaux migrants, un conflit armé, une épidémie, une catastrophe naturelle et tout changement majeur dans l’organisation sociale, politique et économique.

 

            L’homme ou la femme de la parole (mpwa nyandu), présente son récit ou son poème oral selon une technique qui rappelle celle du théâtre. La récitation traditionnelle est un exercice verbal conventionnel qui implique la participation d’un public ; mais l’artiste joue tous les rôles ; il incarne successivement tous les personnages évoqués et décrits dans son récit. Les événements qui se déroulent  se situent dans la conscience  même du conteur et non dans un espace objectif et un temps minutieusement  structuré vécu symboliquement par l’auditoire ; aussi il récite, narre, décrit, procédant en même temps à une mise en forme et à une mise en scène des données mémorisées, grâce à ses dons d’acteur et à ses capacités de passer d’un registre à un autre.

            Les professionnels à plein temps de la communication par la poésie chantée se repartissent en trois catégories : les chanteurs itinérants, les mzinankubu et les manbahamwe.

 

- Les premiers louent leurs services à toutes les personnes qui organisent une manifestation publique. Ils sont à la fois poètes, animateurs et surtout biographes. Ils chantent des louanges pour leur hôte, pour les personnalités présentes mais peuvent aussi tourner en ridicule  les employeurs, qui ne se sont pas montré généreux ainsi que leur famille et leur village. Ils accompagnent des travaux collectifs en psalmodiant des textes qui portent sur l’histoire locale et dans ce cas, certains parmi eux sont capables de faire montre d’une très grande érudition.         

 

- Le  mzinankubu : (danseur de nkubu1) est à la fois un musicien, un historien et un expert en matière de droit coutumier. Il danse le nkubu sur les places des villages à la demande du roi. Lorsque la foule est danse autour de lui, il chante les édits et décrets royaux dans des textes faciles à comprendre et à ‘’ archiver’’ dans la mémoire collective.

Les charges les plus importantes  du sultanat, celles de vizir, de conseiller du roi, de gouverneur, etc…sont des apanages héréditaires des lignages ;   mais le roi, choisit parmi les membres du groupe de la parenté utérine celui qu’il nomme et peut à tout moment  le remplacer par son frère, cousin, oncle ou tout autre membre de la famille bien qu’il ne leur verse pas de salaire. Aussi lorsque le chant du nkubu retentit sur la place  publique on se précipite pour savoir si l’on n’annonce pas un mouvement du personnel dans l’appareil politique du sultanat.

 

 - Les manbahamwe : forment une troupe  officielle de danseurs et musiciens vouées au service du sultan. Les paroliers sont des polémistes particulièrement redoutés pour leur habileté à tourner en ridicule les adversaires de leur prince. Ils sont recrutés dans la population servile et peuvent donc recourir à un langage ordurier qu’un homme de la bonne société ne peut employer. Ils dansent l’igwadu²   en jouant aux tambourins. Ce genre musical alterne les figures très complexes et acrobatiques de la danse avec des pauses pendant lesquelles, assis sur deux bancs en bois, l’un en face de l’autre et tenant le tambourin contre la poitrine, les musiciens chantent à tour de rôle les nyishades. Se sont des poèmes psalmodiés interrompus de temps en temps par des refrains chantés en chœur.

Les manbahamwe glorifient leur prince, mettent en exergue ses actions, celles de ses      ancêtres et chantent des satyres contre ses adversaires

 

            La période allant du XVII è siècle au début du XIX è est marquée par les incursions sanglantes des pirates européens d’abords, et malgaches ensuite.  Tout le long du XIX è siècle jusqu’à la fin de la conférence 1885 sur le partage de l’Afrique à Berlin, les grandes puissances coloniales rivales, arment les princes locaux qui entrent en guerre les uns contre les autres pour s’emparer du pouvoir ou pour le conserver. A partir de 1886 l’instauration du régime des protectorats ouvre la période des guerres de résistances aux corps expéditionnaires français et aux exactions des colons.

 

            La littérature orale s’est enrichie d’un nombre important de textes crées par des témoins oculaires des événements et qui constituent une source importante de l’histoire politique, sociale et économique de cette époque. Les œuvres sont en majorité des poèmes déclamés ou chantés. Elles sont le plus souvent composées par les membres des cours royales : les vizirs, les guerriers et les poètes professionnels. Elles rapportent les actes de bravoure des soldats, les stratégies appliquées  par les princes et les chefs des opérations militaires, les alliances, les ruses et les trahisons. Elles montrent la détermination et la témérité des sultans et des grands guerriers face à l’ennemi extérieur, les armes à leur disposition, les conditions de vie des hommes  sur les champs des batailles et à l’intérieur des villes assiégées.

 

            les épouses ds princes, des vizirs et des combattants qui perdent aux combats leurs maris et leurs proches parents ont laissé des élégies célèbres. Les plus souvent citées sont composées, l’une par une femme de Ntsudjini, Fwahamwe Athumane, une des épouses du sultan ntibe Msafumu en 1867 et l’autre   par Zema Bwana, épouse d’un ancien gouverneur de Dimani sous le Sultan Said Ali, à la mort de son fils Masimu en 1915.

 

Shanfi ngozidio itswa hundrwa   

Woyi ngwandzo djanahana lindrenge

He mnyangwi wadja pvontsidune

Ngwandzo djudi lirenge msindewangu

Hudja ngonuziso waredji wangu

 

Bo mnyawe owalezi wanlapva

Bo mnyawe tsina mkaribu mwangu

 

 

Utsi nivaliye bonde dja tosha

Utsile mafa mwendza shonga ya hala

Nakana hirizi ya amani nami

Pvoko neyifunga tsiri sera tsiri djini

Nambosi kanipvoho

Tsikana daho la washiha ndro

Nelindjia tsiri sera tsiri djini

Na mbosi kanipvoho

Lelo lirendeha dzizi la watrotro

Wenda nandzia  ngwanibaliyawo

 

 

Utsi nizidiye itswahundrwa

Utsi nizidiye zilo muyoni

Utsi tsonge djanahana linirenge

 

Woyingwandzo djudilinirenge msindewangu

Batsikana dhahabu ya mbebe shenda

Yende Mbude yitrala bandadjuu

Nami mwinyi tsidji hwenda na renge

 

Namba ruwa tsi dundjihe

Namba daza tsi kiri

Ba madji ya ulanga karahatsa uso

Ya nkuba kamaza walilawo

 

Abu ye mnyangwi yandra dandzi

Yizo zi rendeha mbondzi zi mfunge

Yizo zirendeha ndrongoo adjali naye

 

He mnyangwi wadja pvotsidune

Lila ba kudjambwa uruwe

Tso dohamba we ushindo

Amba we ulona ntsaya zohuva

Amba bo  mbiyapvu ulona dji

Ba mipvangu enge ngamshindo ndjohamba

 

 

            Fahamwe parle à son bébé Shanfi Msafumu qui n’avait que quelques mois  quand son frère Bwatamu Athuman  vient de mourir  au combat à Mandza dans le Mbude contre son mari. En effet Bwantamu a pris les armes contre son propre sultan qui n’est autre que son beau frère.

 

 

            Quant à Zema Bwana elle s’adresse, elle aussi, à son fils Dafine par un monologue. Elle porte le bébé de quelques mois dans ses bras quand on est venu lui annoncer que son fils aîné, Masimu, le chef de la rébellion du Dimani est mort au combat  contre les français avec deux de ses principaux lieutenants, Mtsala  qui fils de Ina et Hamadi Patiara fils de Ntsohole deux autres mères sont des amies de l’auteur.

 

Woyi Dafine  idjundu shahara

Hudja sha kudjanundra na sambi

Kudja nundra na ngoma ndremao

Ba tsikana mwezi wa bashia ndro

Utrubuza ulilwa madjidjuwuu

Shawe shambahabari shaho wa hanwa

We ntsalia zaho walala samba

 

 

Bahi yentsihu ye nkodo ya heya samba

Fumbu lipvo liwudza ngalidjayawo

Na ufuwantsi wadja undrenge

Tsendo dzuba tsambwa ntsi dzube

Ba mitsina fuu djema la bahari

Tsi dzubu ngarileleso na fumbu

Pvadjuha dudja liwudza ngalidjao

Na ufuwantsi wadja undrenge

 

Nami na Yna sindo ranwa handani

Ntsohole hangamila hoceroni

Nano waribelia wano fumbu

 

Ye tsi la lawo yeli naliyawo

 

Zinu ha namba hale Fe Mahame

Hanamba ra yedjenda mdjini

Hamba ye lala lesiwa ngalirengwao

Ngazidja nge tsamawo mbushi

Ba ramrumwa raya wumbwa mungwana

Wo wontsi ngwa reshwao Burubwa

Wende wake mshaharani ha wa manga

 

Ye tsi la lao yeli na liyao

 

No yeka mbongoma ureme ntsi

Inyao nge sao ngozini

Ye tsi lalao ye linaliyao

 

            Pour conserver leur fonctionnalité, la plus part des textes oraux  doivent être sans cesse actualisés par la voix et par un public réceptif. Or le système éducatif actuel n’enseigne pas les grandes épopées  et rend difficile sinon impossible la formation ‘’ des hommes de la parole’’. Jadis l’oralité faisait partie intégrante de l’éducation formelle, celui des écoles coraniques, des mosquées  et non formelle, celui des places publiques, des catégories d’âge et de toutes les organisations communautaires qui accueillaient les jeunes. On y encourageait  les plus doués à entrer en contact avec les spécialistes pour être initiés car  c’est un art pratique et une technique qu’on apprend systématiquement. La formation commençait dès l’enfance quand le vieux de la famille assis dans la cour écoutant les enfants, mesurait leur degré d’intelligence et repérait celui qui devra le succéder. La compétence se juge à l’habileté de l’orateur en public.

 

           

            Actuellement toute référence à la sagesse ancestrale heurte la sensibilité des « intellectuels », ces fondamentalistes de l’héritage colonial qui, chacun à son niveau dans les appareils administratif ou politique se considèrent comme un missionnaire de la modernité.

L’effort accompli pendant les deux premières années de l’indépendance pour insérer l’oralité dans les mass média est abandonné malgré l’immense succès populaire  des émissions sur les œuvres orales réalisées par Radio-Comores.

 

            Le système éducatif comorien est extrêmement extraverti. Il tue dans l’œuf tout désir de réintégrer les richesses de la sagesse ancestrale, de réhabiliter une littérature orale qui est par nature sociale et communautaire  et de promouvoir  un art oratoire, qui est la forme d’expression artistique la plus authentique de la population comorienne.

 

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 09:45

A

              Ma petite nièce Nourna

                  

P.Rouhaymat.jpg

 

Attendue passionnément neuf mois durant,

Harmonie ! Tu es venu éclairer nos espoirs.

Ton éclaire apaise notre attente, comble nos hantises.

 

Félicité ! Tu es l’expression de notre bonheur éclatant,

Tu es née pour affirmer le début de nos gloires,

Témoigner que le rêve de Nouria et Naki se concrétise.

 

Nous implorons les cieux, pour ta protection constante,

Oh talisman de paix*, combles notre devenir commun !

Un instant, trace les jalons d’une merveilleuse vie.

 

Repose sur nous merveille, ce regard qui nous enchante,

Ne crains ni les épreuves ni l’adversité, grandie et allie,  

A la postérité l’héritage mérité en temps  opportun.

 

Princesse! Tes pleures berces les nuits blanches de ta mère,

Pour arroser les grains de promesses semés dans l’attente,

De ton moindre sourire offert; du plaisir de te voir grandir.

 

Ton regard qui éclot avec tendresse comble la fierté du père,

Qui dessine sur le mur de l’avenir, des promesses patentes,

 Magnifiant son amour pour la famille en le voyant agrandir.

                                                                                            MAB Elhad

                                                                                         Moroni ce 05 Avril 2012

 

Se lit : *  Hirizy ya amany na mi

    Le talisman de ma protection

 

 

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 12:04

Lauréat du prix RFI 2011, Sia Tolno séjourne dans notre pays depuis Mardi après midi. Hier Mercredi 4 avril,  le stade de Basket balle de l’Alliance Franco comorienne de Moroni a été bercée par la mélodie de cette diva de la musique africaine, et dont certaines critiques de la musique négro-africaine n’hésitent pas de qualifier de nouvelle ‘’Makeba’’.  Née le 21 Février 1975dans un environnement  difficile et violent à Guéckédou, localité guinéenne  situé à la frontière de la Sierra Leone et du Libéria. Sia Tolno est fille de la soul et de la  chanson française.

‘’Vous avez un pays formidable, je suis séduite par la tranquillité et la paix que j’ai découvert ici, j’ai visité la ville dès mon arrivée et j’ai apprécié l’accueil des comoriens. C’est le onzième pays que je visite sur une vingtaine figurant sur mon programme.’’  S’est confiée la chanteuse à La Gazette des Comores, quelques heures avant de monter sur scène.

C’est une femme modeste et souriante qui a accueilli le public venu nombreux à son concert, tenu à l’extérieur de l’Alliance Franco comorienne de Moroni hier soir. Son répertoire reflète son tempérament de femme engagée contre les maux sociaux que sont la violence, les instabilités politiques sous toutes leurs formes, et la guerre civile.

Connu pour  ses talents vocaux  exceptionnels,  la critique mélomane n’a pas hésité à la qualifié de digne héritière de  Miriam Makeba, pendant que les plus sentimentaux retrouve en elle la voix d’une ‘’Ummu Kulthum’’ à l’Africaine pour la sincérité de son message, la douceur de ses mots, le sens de la dignité qu’elle véhicule et l’amour envers autrui, c’est par ailleurs ainsi que sa force vocale n'est pas sans rappeler Angélique Kidjo ou Tina Turner ; quand bien même, elle nous affirme  vouloir  tracer sa propre voie et rester elle même.

Ses compositions qu’elle s’exprime en africaine dans les dialectes (kissi, mendi, soussou), ou en anglais quand ce n’est pas plutôt en français tout cours ; laisse apparaitre le sentiment d’une femme qui mène un plaidoyer en faveur des grandes causes que sont la  promotion de l’égalité de chance en Afrique, la lutte contre la maltraitance de l’enfance.

Après avoir commencé  sa carrière dans les cabarets et les maquis (bars africains), cette informaticienne de formation, a eu entre autre références, Miriam Makeba , Edith Piaf et Nina Simone.C’est ainsi qu’au cours de ses nombreux concerts elle reprend notamment Piaf et Nina Simone. Elle s’est vu remarqué par Pierre Akendengué, qui l’a fait découvrir, avant de faire  ses premiers pas sur la scène internationale, à commencer par la France en compagnie de Cesaria Evora.  

Auteur, compositrice et interprète, Sia Tolno a sur son répertoire deux albums essentiels, dont : ‘’Eh sanga’’ son premier enregistrement datant de 2009,  sera récompensée par le Djembé d'or de la meilleures voix féminine, grâce au timbre puissant et brûlant que la chanteuse s'est forgée. Quand à  ‘’My life’’. C’est justement ce dernier album qui justifie et résume  le mieux la vie et l’engagement mené par cette artiste à la sincérité radicale. Cependant, son notoriété elle l’aura acquise aussi grâce à sa belle prestation scénique comme le publique de l’A.F.C a eu à le constaté hier soir ;  et rien d’étonnant si la critique fait de     Sia Tolno  l'une des révélations world de l’année 2012.

L’Artiste quittera les Comores dès mardi matin à 10heures pour poursuivre sa pérégrination musicale vers les neuf autres pays de sa visite

                                                                                                                                                                   HALED A BOINA

                                                                                                                      La Gazette des Comores

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 11:03

Depliant-p2-3.jpegLe Samedi 31 Mars 2012 à 16 heures s’est tenu au CNDRS (Centre National de la Documentation et de la Recherches Scientifique) le vernissage de l’exposition photographique organisée par le parti Front Démocratique des Comores et portant sur l’histoire du FD ; à l’occasion de ses 30 ans d’existence (voir LGDC n°1676).

C’est une foule composée de personnalités politiques que de citoyens ordinaires, (notamment certains militants et partisans du parti) qui a pris part au vernissage de l’exposition photos, initiée par  le parti F.D au CNDRS, à l’occasion de ses trente années de ‘’ résistance à l’adversité’’. Composé de plus d’une centaine de clichés, au format A4, l’exposition se présente sous formes d’impression de photographies, photocopiées et imprimées en noir et blanc, et exposées sur le cimaise du CNDRS jusqu’à jeudi prochain. 

 

Regard mémorable sur l’histoire de la jeunesse patriotique comorienne

Ou le rôle joué par les mouvements précurseurs à la création du F.D

 

L’exposition retrace un pan de l’histoire patriotique de la jeunesse comorienne des années 70 à 80 ainsi que l’orientation  politique  et l’épanouissement qu’à connu le parti Front Démocratique dès les années 80 à nos jours.

Débutant par le portait du Camarade Abdelkader (assassiné sous le régime d’Ahmed Abdallah), l’exposition remonte la mémoire de l’histoire, allant des mouvements précurseurs qui ont marquée la jeunesse scolaire et estudiantine pour parvenir à la création du parti Front Démocratique en Mars 1982.  

C’est ainsi qu’en marge des photos, le publique a pu suivre le parcours de l’engagement patriotique de cette jeunesse de 1976 à nos jours, grâce au témoignage des bulletins et tracts publié d’abord par l’Association des Etudiants et Stagiaires des Comores en France (ASEC) qui publiait son journal, mais aussi ceux publiés par le Mouvement Mwangaza aux Comores et l’Organisation Comorienne pour la démocratie, (O.C.D.M - Democrasie mpiya), le PASOCO, UFAC et FRACUMO(à Moroni)ainsi que le mouvement scout Karthala de Moroni, qui fut connu comme le mouvement Msomwa nyumeni et qui a posé les  jalons ayant conduit à la création du Front Démocratique des Comores.

Parmi ces publications interne  et externe, on retrouve traces des bulletins : «Usoni,  Swauti ya umâty de (1970), Trait d’Union qui date de 1971, Uhuru 1992, et tant d’autres tels que :  Mrwa mwamba ; Mwendje ; Ushe ; Darubini qui date  de 1990 à 1984 ; mais aussi des caricature de l’époque.

 

Qui ignore son passé, se saura jamais comprendre où le conduit son destin


Ce rappel de mémoire soumise par le FD au publique a connu le talent artistique de Ahmed Mzé Bacar, Photographe et conservateur au musée nationale, qui a été le maître d’œuvre de cette exposition  qui fera date. Dans cette exposition apparaissent  aussi  de personnalités politiques telles que l’Ex Ministre et actuel et actuel député Ibrahim Mzimba, l’Ex Ministre Kamar E-Zamane, Abdou Mmadi, et tant d’autres personnes ayant marquées l’engagement sur la scène politique de notre pays, à l’instar du Docteur Mtara Maesha, dont les écrits ont été présentés au publique.

L’exposition n’a pas laissé indifférents le publique présent, qui n’a pas manqué de réagir sur le cahier d’or ouvert aux visiteurs. C’est ainsi que l’on retrouve la passage de personnalité tels que Houmed Msaidié pour qui l’exposition reste un ’’ héritage et un événement historique communs à la gloire de la démocratie aux Comores’’.   De même pour Abdérémane fardy, ‘’ le F.D est un parti  qui a su former des leaders du pays et qui a également défendu des interêts de la nation, mais qui, après 30 ans de pouvoir n’a pas pu prendre les reines du pays. Quant à Ismael Combo ,Dir-cab au Ministère de l’Education National’’ leaders de plusieurs associations, de mouvement syndicaux, et communautaires, le F.D a contribué à l’encadrement et à la formation idéologique de plusieurs personnes dans le pays.

HALED  A. BOINA

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 10:31

Expo Udar médiathèque F.Mitterant , pdte de l'Udar et inLe Festival d’Art Contemporain des Comores se concrétise

               

Lundi dernier le Restaurant ‘’Le Sélecte’’ a abrité une rencontre entre l’Avocate Fatima  Ousseni, les partenaires du Festival d’Art contemporaines des Comores et certains mécènes pour faire le point sur la réalisation du 1er Festival d’Art contemporain des Comores. Pas moins d’une vingtaines de personnes sensées accompagner la concrétisation de cette manifestation étaient attendues à cette rencontre, qui a vu la participation de différents acteurs impliqués dans son organisation.  Des actionnaires et mécènes convaincus de l’intérêt d’une telle manifestation ont répondu favorablement et ont témoigné de leur volonté de soutenir financièrement cette manifestation de renommée internationale.

Des artistes et structures  venus constater l’état d’avancement des préparatifs

Du 12 au 17 juin 2012 les Comores auront l’honneur d’organiser  le 1er Festival International d’Art Contemporain des Comores. Une manifestation Placée sous le haut patronage du Ministère de l’Education Nationale de la Recherche, de la Culture et des Arts. Parrainée par l’artiste de renommée internationale Ousmane SOW, cette manifestation, la première du genre dans la région de  l’Océan Indien, verra la participation d’une cinquantaine d’artistes de renommée internationale, venant de différentes horizons allant de l’Océan Indien, à l’Afrique ; mais aussi de l’Europe et de l’Australie d’une part ainsi que   les milieux artistiques comoriennes, notamment les artistes plasticiens, les artistes calligraphes et les photographes. De même certaines écoles telles que ceux de Mayotte et l’Ecole Abdoulhamid présenteront leurs travaux artistiques au cours de cette manifestation qui occupera tous les espaces socioculturelles de la capitale des îles Comores. C’est ainsi que certains artistes et structures partenaires tels que la structures LERKA de l’île de La Réunions ou des artistes sensé organiser des ateliers avec les milieux scolaires, sont de passage dans notre pays pour constater l’état d’avancement des préparatifs. De même une commission scientifique sous la direction de Mr Damir Ben Ali avec l’implication du  CNDRS, l’Université des Comores, mais aussi des associations tels que Calcamar, Simbo Art…, ainsi que la participation  de certains écoles et universités privées, va développer des travaux de recherches et de valorisations de la scène artistique comorienne.

  

Regain d’espoir de la scène socioculturelle


Il aura fallu l’art de la plaidoirie de cette avocate de talent, et collectionneuse elle-même de tableaux d’art, pour convaincre la plupart des artistes, puis gagner la confiance des autorités comoriennes, dans un pays où la littérature et l’art ont toujours constitué le dernier souci de la scène politique.

Plasticien et enseignant en Art Plastiques à Mayotte,  Denis Balthazar porteur de ce projet, n’est pas un inconnu des îles de la lune, après sa première exposition sur les naufragés du bras de mer de Mayotte qui s’est tenu il y a deux ans au Palais du peuple des Comores. Quant à la coordination locale de cette manifestation, elle a été confié à la Galerie Cad’ Art de Mme Hissani G à Hadoudja. 

La remise des clefs du Centre artistique et littéraire de la mini zone industrielle de Mavouna par le Ministre de l’Education Mohamed Ismael et le soutien conséquent que son département ministériel entend apporter à l’organisation de ce premier festival d’art, fait renaitre l’espoir à la scène Socioculturelle qui pressent à travers de ces deux actions un regain d’intérêt du gouvernement  Iklilou Dhoinine à l’endroit de la chose culturelle pour le sortir de ce statut d’enfant pauvre de la nation.

                                                                                                                     HALED A BOINA

                                                                                                                La Gazette des Comores

 

 

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 07:14

Haya, Somalo mtrotro wa djinn bahari huzimu!*

Tu te dis l'oeuvre du bon génie,
Esprit de l'aire,enfant des mers!
Tu te crois tout permis,tant benie,
Promettant de l'espoir à l'ephémère!

Tu emerges des entrailles profondes,
Pour prétendre à tous les passe-droits,
Toi dont les cieux qualifient de fronde;
Tu te métamorphoses et remplis l'étroit.

Somalomalo somalo iya,
Somalo, somalomalo somalo iya!**

Tu fais exhaler les ombres du mystère,
Cherches à influer sur le sens des hertz,
En exhibant,parfois exilant le sort austère,
A coup de prières et à force de ''Hirz''**

Tu lis sur le néant le sens des destinées,
Sur l'irrationnel tu resous l'improbable.
Tu dis detenir l'élixir autant si estimé?
Oh toi l'éxalté, qui pénètres l'insondable!

Somalomalo somalo iya,
Somalo, somalomalo somalo iya!**

Toi qui sait lire dans le vol des nuages,
Le sens des odeurs délectables et encensés;
Racontes-moi ce soir la légende des suages,
Montres - moi le sens des signes de l'insensé.

J'ai connu un ami qui le matin te dénigre,
Pour arpenter les nuits vers tes divinations.
Il te traitait d'ombre prélogique qui émigre,
Et te qualifiait de fruit de la libre imagination.

Somalomalo somalo iya,
Somalo, somalomalo somalo iya!**

Viens oh ma superstition,nourir mes effluves,
de miasmes,d'animisme et d'infidèles illusions.
Viens oh ma hantise, mon corps est ta dérive!
Viens, toi qui me subjugues, nourir mes allusions.

MAB Elhad Alexandrie, Egypte le avril 2007
* Cris d'apparition du Djinn (esprit)
**chant d'intronisation Msomaly ou Somalo, nom propre donné à ce Djinn
*** '' Hirz'' talisman , gris gris

Nota ben :

Les Djinn sont des esprits que l'on peut trouver notamment dans le tiers monde ou en amerique latine dont les ''Vodou'' par exemple Victor Hugo en a fait allusion dans l'un de ses poèmes il me semble. C'en en quelque sorte un espris qui habite le corps d'une personne et qui apparait ocasionnellement ou lors de consultations pour prédire l'avenir ou effectivement resoudre certains problèmes de croyance. Msomaly ou Somalo est un djinn habitant la profondeur des mers

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 00:38

EXPOSITION

 

Propos recueillis par Dini Nassure

La Gazette des Comores du 23 Octobre 2001  Expo Udar médiathèque F.Mitterant , MAB & le Publique

 

Tous les deux ans en Afrique de l’Ouest, le Sénégal  et le Mali organisent un mois consacré à la photographie africaine. Madagascar fête chaque mois de d’Avril, « Les rencontres de la photographie malgache » et cette année pour la première fois de l’histoire de la photographie comorienne, à l’A.F.C (Alliance Franco comorienne) de Moroni, trois jeunes  artistes photographes comoriens dont Medass, Cheha Maanloum et MAB Elhad viennent de pose les jalons de la première édition des retrouvailles de la photographie comorienne. La Gazette des Comores est allée à la rencontre de l’un des initiateurs de cette manifestation.

L.G.D.C : Vous venez d’initier la première édition de ces retrouvailles sur la poésie comorienne. Pourquoi le trio Cheha Maanloum, Medass et MAB Elhad ? Y a t – il une relation avec la photographie africaine ?

MAB Elhad: C’est plutôt une simple coïncidence, puisque la rentrée culturelle de l’A.F.C, était tout simplement prévue pour ce mois d’octobre alors que la 4ème édition des rencontres de la photographie africaine se tient du 15 Octobre au 15 Novembre et verra la participation de 120 photographes du continent noir, avec le concours d’Afrique en création et le gouvernement malien. Par contre la prochaine biennale de Dakar  au Sénégal aura lieu au mois de Mai 2002.

Un lien spécifique avec la photographie africaine ? Pas forcement ; les Comores sont à la croisée des chemins entre les cultures Arabes, Bantou nourris d’une expression francophone. C’est ce métissage qui nourri et enrichi la créativité artistique de nos îles de la lune. Par contre c’est vrai que c’est la première exposition de ce genre organisé par l’A.F.C aux Comores et portant  sur le travail d’artistes photographes de notre pays. Il faut tout de même préciser  que d’autres expositions ont eu lieu à commencer  par celle du CICIBA (Centre International  de la Civilisation Bantou) en 1998 au foyer Socioculturel du CASM à Moroni Mtsangani ; puis d’autres ont suivis, personnellement je suis à ma quatrième exposition. Donc si nous nous sommes retrouvés tous les trois, Medass, Chéha et moi, c’est tout simplement parce que les autres artistes  et amateurs photographes  consultés  ne se sentaient pas suffisamment préparé pour exposer leurs photos. Nous, nous avons tenu à participer et nous ne le regrettons pas. Ce qui m’importe, ce n’est pas l’aspect numéraire qui en résulte, mais de me permettre en tant qu’autodidacte de permettre aux comoriens de rêver pour sortir de la grisaille du quotidien mais aussi de comprendre que ce que font les autres pays, nous pouvions les faires avec un grain de motivation et une goutte de volonté, pourvu que nous disposions  d’un peu de moyens logistiques appropriés, puis d’inciter les jeunes générations à aimer l’art en général et, la photographie en particulier.  J’estime qu’en organisant  une telle manifestation, la  direction de l’A.F.C plus particulièrement le Délégué Patrick Belliard et son Adjoint  Toahir, veulent donner un espace de promotion  à la photographie artistique comorienne. De même que la nomination de Mohamed Zeine à la Direction de la culture est un plus  pour l’épanouissement de cet art photographique sur nos îles de la lune, étant lui-même un photographe talentueux.

LGDC: Mais peut on parler d’une photographie comorienne?

MAB Elhad : Si l’histoire de la photographie remonte à 1839, le premier photographe noir remonte à 1845et en 1869 la colonisation aidant, les photographes européens parcours l’Afrique, du  Sénégal à l’île Maurice. Il a fallut attendre les années 40 pour voir venir les premiers photographes comoriens  dont les plus connu furent les regrettés M’baraka Sidi à Moroni, et Chamsoudine Said Caambi sur l’île d’Anjouan. Plus tard, vers le début des années 70 Said Hassane Bafakih, Boina ‘’mafoto’’ à Moroni ; Hassane Soilihi à Mohéli, formés pour la plus part à Madagascar, tous des photographes de studios qu’ils furent, d’une certaine façon des adeptes du courant symboliste de part leur méthodologie à l’époque. Donc nous pouvons dire belle et bien qu’il ya eu, une photographie comorienne qui s’est diversifiée, mais qui n’a pas pu jusqu’ici prendre son envol.

On trouve ce que je nomme photographes ‘’circonstanciels’’, (qui se contente d’assurer le reportage photos de certaines manifestations familiales, notamment les cérémonies de mariages, des anniversaires ou, au cours d’événements officiels, comme les séminaires, ou divers tels que les célébrations, etc.…).

Puis il y a la photographie artistique, qui relève d’un modelage de l’inspiration. De telles sortes que, l’on a l’impression que c’est le regard qui peint le sujet. Raison pour laquelle certain de mes photos sont le résultat de la surimpression  ou de la superposition d’images pour que l’imaginaire se frotte au réel. De même qu’une grande partie des œuvres de Medass sont  le fruit d’un travail de recherches. Bref  la photographie  comorienne a sa place dans l’histoire. Je dispose par ailleurs dans mes archives de photos qui marquent les transformations des mentalités et de la société comorienne. Qu’il soit reporter photographe ou artiste photographe. C’est toujours un témoin oculaire de son temps ; surtout dans un pays d’oralité comme le nôtre, si vous me le permettez, je dirais que  la photographie africaine  témoigne des transformations  que subies  nos us et coutumes  et fait voir au public autre chose que le ‘’ négatif ‘’  de la réalité africaine.

LGDC: Peut – on dire que les photos que tu as exposées sur les cimaises de l’A.F., résultent du regard du poète ou du Gendarme.

MAB Elhad : c’est vrai que les photos que j’ai présenté sont complétées pour certains, par les extraits de poèmes du recueil que je compte publier bientôt en tant que poète. Je figure comme toi d’ailleurs dans l’anthologie de la poésie comorienne de Carole Beckett d’origine Sud Africaine, aux éditions l’Harmattan. C’est pour quoi je reconnais que la poésie a quelques influences sur une partie de mon travail. La photo comme la poésie son pour moi deux distractions  qui me permettent de marquer mon temps d’une part mais aussi de m’évader de la monotonie et de m’exprimer autrement. Ne dit – t- on pas  qu’une image vaut dix mots ?

Quand au rapport avec la gendarmerie, je dirais qu’elle m’a permis de perfectionner mes connaissances dans le domaine de la photo, de part ma qualification de technicien de la scène du crime, soit en P.T.S(Police Technique & Scientifique), acquise au CPPJ(Centre de Perfectionnement en Police Judiciaire de Fontainebleau). Et c’est au cours de cette formation en investigations criminelles que j’ai appris l’essentiel de la photographie judiciaire. Ce qui justifie à l’exposition la présence  d’une photo d’empreinte de pas. D’ailleurs, au regard de l’histoire de la photographie africaine, nombreux sont ceux qui ont été formés aux techniques de la photo dans l’armée coloniale.

LGDC: Quel est l’avenir de la photographie comorienne ?

Il sera meilleur, mais les photographes comoriens ont intérêt à s’organiser et créer leur Association Comorienne des Artistes Photographes(ACAPA) pour qu’ils puissent se concerter et forcer leur épanouissement. Déjà l’AFC vient de nous tendre une perche à laquelle nous devons nous accrocher en guise de tremplin et aller de l’avant sur la scène culturelle nationale et au delà de nos frontières.

 LGDC: Le dernier mot ?

J’ai été surpris par l’intérêt témoigné par le public à  l’égard de notre exposition. Nombreux sont ceux qui nous ont exprimé leurs satisfactions, apporté leur sympathie et leur soutien. Nous avons été très touché et nous leurs remercions de l’estime qu’ils ont daigné nous témoigner.

Propos recueillis par Dini Nassure

La Gazette des Comores du 23 Octobre 2001

 

 

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 22:38

Expo-Udar-mediatheque-F.Mitterant---MAB---le-Pub-copie-2.JPGCarrefour des créateurs                                     de l'Océan - Indien                                             40 artistes exposent leurs oeuvres à la médiathèque de St-Denis du 25 au 6 novembre. 3 artistes des Comores et 1 artiste de Guyane ont fait le déplacement
L'Union des Artistes de la Réunion (UDAR) propose le Carrefour des Créateurs du 25 octobre au 6 novembre à la médiathèque François Mitterrand, à St Denis. 40 artistes exposent actuellement une partie de leurs oeuvres. Cette année, le carrefour accueille 4 artistes hors département: 3 des Comores et 1 de Guyane DFA (département français d'Amérique).

MAB ELHAD, Poète - Calligraphe et Artiste photographe (Comores)
MAB Elhad est atteint par le goût de la photo dès ses dix ans. A trente six ans, et après avoir fréquenté le Club du Lycée d’Enseignement Professionnel Agricole de Luçon Pétrée en Vendée–France (1983 à 1985) et une formation de photographie judiciaire au Centre de Perfectionnement en Police Judiciaire au Cours du Stage de Police Technique et Scientifique à l’Ecole des Sous Officiers de Gendarmerie, il a été initié aux technique des laboratoire Noir & Blanc et l’art de présenter les preuves judiciaires par  la photographie. 

 

Mab Elhad se consacre à trois passions, la Photographie, la Calligraphie (y compris) les calligrammes et la poésie .
Très inspiré par la peinture impressionniste et l’abstrait, attiré par la nature morte ; il porte son regard sur son environnement urbain et le dynamique de groupe . Si son style photographique et celui du reportage, il ne laisse rien au hasard dans sa recherche artistique au quelle la surimpression illustre certains de ses textes poétique , comme il s’intéresse aussi portrait dans son choix d’opter beaucoup plus vers la couleur que le noir et blanc.

Depuis peu il s’est mis à la photographie numérique et associant, la photographie à la peinture et à la Calligraphie. Un processus qui consiste à marier la création photographique à l’expression de l’art plastique.

SEDA, artiste plasticien (Comores)

A l'occasion de ce carrefour, il expose 10 de ses oeuvres. Il a une préférence pour la peinture sur bois mais travaille aussi sur la toile de jute et d'autres supports. Il nous confie qu'il aime s'affronter avec la matière dure, cela sort de l'ordinaire, dit-il.

A 7 ans, il aimait déjà dessiner pour les broderie de sa mère. Mais ce n'est qu'en 1998, lorsqu'il passe son brevet d'Art Plastique à Tananarive, à Madagascar, qu'il se lance comme artiste. Il se souvient de sa première toile : une représentation d'un Taliban, une toile qu'il a tenu à faire, du au contexte politico-religieux.

CHACRI BEN ALI, artiste peintre (Comores)
L'artiste peint depuis l'âge de 8 ans malgré le refus de ses parents. Mais lorsque, en CM2, il a été primé pour son dessin, la vision de sa famille a changé. Depuis il peint sur des thèmes comme la culture et les traditions de son pays. Il utilise des supports variés comme la carton, la toile de jute ou encore les toile classique mais s'attache à faire passer un message à ceux qui admirent son travail.


ROSEMAN ROBINOT, Plasticienne (Guyane DFA)

Elle expose le résultat de 20 ans de travail de recherche artistique. Elle nous explique qu'elle est arrivée à la peinture par nécessité car elle cherchait des tableau pour décorer son intérieur. Elle se lance alors dans la peinture et trouve ainsi le moyen de combler son besoin d'expression, de communication avec les autres. Ces 4 artistes ont reçu le trophée UDAR. Exposition Photos''L’enfant dans tous ses états''
... Une trentaine de photos signées Mohamed Abdérehemane Boina alias Mab Elhad et une
soixantaine d'autres rassemblées par l'Unicef et l'OMS sur les différents ...

www.comores-online.com/ al-watwan/Archives/N750/Page28.htm - 7k - Résultat complémentaire - En cache - Pages similaires

 

Exposition-photos : découverte d'un poète de l'image nommé Mab ...
... Le vernissage de l'exposition-photos "nature morte" de Mab Elhad a eu lieu le lundi
16 février dans le hall de l'Alliance Franco-Comorienne à Moroni. ...
www.comores-online.com/ al-watwan/Archives/N817/Page16.htm - 9k - Résultat complémentaire - En cache - Pages similaires

 

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 21:22
1La photographie aux Comores. Ahamed Said Abass
said abassNé aux Comores il y a 27 ans, Said Abass Ahamed a grandi en France où il poursuit des études de droit à l'Institut d'études européen. C'est par un pur hasard qu’il en est arrivé à la photographie. Il a eu la possibilité de faire un stage avec plusieurs artistes à la MJC de Dunkerque et c'est à partir de 1995 qu’il a commencé vraiment à persister.
medass Medass, Photographe officiel de la philatélie, des Télécartes, et de nombreux rapports d'institutions Comoriennes, est un personnage hors du commun.
Il possède des milliers de pellicules non développées, il consomme plusieurs rouleaux par jour ... mais son oeuvre reste largement méconnue car non encore développée.
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