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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 10:14
 

Le poète Sedley Assonne participera au Festival International de Poésie (FIP), qui se tiendra à Trois-Rivières, au Québec, du 30 septembre au 10 octobre 2011. Il a été invité par Maryse Baribeau, la directrice-générale du FIP. Le FIP est une manifestation culturelle qui se tient au Québec depuis 1984.
Le poète a sorti son premier recueil de poèmes, Les fantômes du futur luxe nocturne, en 1994. Depuis cette date, Sedley Assonne est devenu l'auteur de La poésie contre la guerre, primé par le prix Jean Fanchette-Poésie, en 2003, de Pu poezi zame disparet, sacré par le prix Grand Océan, section créolophone, en 1999, à la Réunion. A l'île sœur, il aura également récolté le prix de poésie de la ville de Saint-Benoît pour son poème Ma vile. Et dans l'émission "Poésie des îles", diffusée sur RFO et animée par le poète Jean-François Samlong, son poème Visages de mon île fut primé.
A Maurice, il a déjà reçu le premier prix d'un concours de poésie, organisé par l'ONDP, avec le poème Plaidoyer, en 1985. Il était un des animateurs de "Parole dans la rue", sur une idée de Tristan Breville, en août 1997, dans les rues de Port-Louis, aux côtés de Cyril Gaëtan Lebrasse, Lise et Rowin Narraidoo, Khal Torubally et André Lavénérable, entre autres. C'était la première manifestation du genre à Maurice.
Il a aussi été le premier poète mauricien invité au Printemps des Poètes, à la Réunion, en l'an 2000. Il a déjà participé au Salon du Livre, à Paris, sous l'égide de l'ambassade de France. En l'an 2001, du 14 au 22 juin, il devient le premier poète mauricien invité au Festival International de Poésie Itinérant en Afrique (FIPIA), organisé à Madagascar. Plusieurs récitals dans des collèges et lycées malgaches, aux côtés d'Elie Rajaonarison, Ranše, Paul Dakeyo, initiateur du FIPIA, Taijin Tando, poète japonais, MAB Elhad, Ali Mlindé et Mohamed Toihiri, poètes Comoriens, et les membres de l'Association Sandantra, cercle de jeunes écrivains et poètes malgaches.
Le poète a pendant longtemps animé des récitals, sous l'égide de la mairie de Port-Louis, avec Les Plumitifs Associés, association de poètes dont il fut le fondateur, au foyer du théâtre de Port-Louis, et dans d'autres régions de l'île.
Egalement éditeur, il a publié des ouvrages de Thierry Château, Ponsamy Pongavanon (ancien condamné à mort), Tracy Ponen, et bientôt Eric Bahloo. Sedley Assonne a été le premier à sortir trois livres sur la musique locale : Gérard Louis, tout pour la musique, Les femmes du séga  et Kaya, autopsie d'une légende. Et Le Morne, son texte devenu chanson pour Cassiya, a été disque de l'année en 2001. Il a écrit dix textes pour Sandra Mayotte, dont Makalapo.
Rappelons que Sedley Assonne est aussi auteur de Vertiz leternite, un recueil de poèmes en créole, édité en 1996, de Robis, le premier polar en créole jamais écrit à l'île Maurice (le texte a été au programme d'études d'étudiants du Mahatma Gandhi Institute et de l'université de Maurice), et a reçu le premier prix au concours littéraire de Ledikasyon Pu Travayer, en 1996, de Tekno, recueil de nouvelles en créole, édité aux éditions de la Tour en 1999, de Pu poezi zame disparet, un recueil de poèmes bilingue, créole/français, couronné par le prix Grand Océan à la Réunion, en 1999, de Le Morne, territoire marron, recueil de poèmes, bilingue, édité aux éditions de la Tour, en 2001. Le Morne, extrait du recueil, adapté en chanson par Cassiya, a été disque de l'année en 2001. Par ailleurs, des extraits de ce recueil figurent au bas de la montagne Le Morne, l'Etat ayant choisi cette  œuvre pour présenter le dossier d'inscription de la montagne au patrimoine de l'humanité de l'UNESCO. (Ceux qui vont faire un tour au Morne peuvent lire des extraits du poème, en trois langues : anglais, créole, français).
Il a aussi sorti  Le désespoir bleuté de la rue solitaire, recueil de poèmes en français, édité en 2002, de De l'amour, recueil de nouvelles en créole, édité aux éditions de la Tour, en 2003, de Tizann, livre-jeunesse, écrit en collaboration avec Catherine Servan-Schreiber, haut cadre de l'Institut des Hautes Etudes Orientales, à Paris, de  Zan Balak, un roman, et de  Le vicomte de Roche Bois, recueil de poèmes, sorti cette année.
A noter que le chanteur Clarel Betsy l'a approché pour l'écriture de sa biographie musicale. Sedley Assonne a aussi écrit un texte sur La famille Ramiah, et prépare Zul Ramiah, l'homme arc-en-ciel. Il a aussi édité 4 romans de Yoga Serge Palan.
Sedley Assonne  est présentement réalisateur, à la MBC, des émissions  Portrait d'artiste et Métissages.
L'ensemble de l'œuvre littéraire de l'auteur (poésie, nouvelles et roman) a fait l'objet d'une thèse, signée Pascal Nadal  (docteur-es-lettres au Mauritius Institute of Education), et présentée à l'université de Maurice sous le titre: "The narrative voice and the dream of social change in the works of Sedley Richard Assonne".

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Published by MAB Elhad - dans Poésie
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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 10:12
Par Abderemane Said Mohamed

En 1985, paraissait La république des imberbes de Mohamed Toihiri. Premier roman comorien d'expression française, ou premier roman d'un Comorien, cette œuvre marqua, non seulement l'apparition d'un nouveau genre dans le paysage littéraire comorien mais aussi et surtout, une rupture avec des traditions littéraires jusque-là dominées par l'oralité et la poésie écrite d'expression arabe ou swahili.

Alors qu'en cette même année, la quasi totalité des îles du Sud de l'Océan Indien, notamment, Madagascar, Maurice et la Réunion avait déjà une littérature écrite d'expression française plus ou moins établie, les Comores en étaient à leur première tentative.

C'est dire que ce propos va, ipso facto, porter sur la genèse de cette littérature, à défaut de pouvoir porter sur des acquis qui ne peuvent s'inscrire que dans la durée. Or qu'est ce-que vingt ans lorsqu'il s'agit de parler de la naissance, de l'évolution, et de la maturité d'une littérature ? 

Il reste cependant un certain nombre de questions dont on ne peut faire l'économie. Parmi elles, celle concernant les raisons de la naissance tardive d'une littérature écrite d'expression française aux Comores. Multiples et variées, ces raisons vont du refus d'adopter la langue et la culture du colonisateur à l'absence de toute structure d'édition et de publication. Ce propos se terminera par une brève revue des thèmes développés par la jeune littérature comorienne d'expression française.

2. LA COMMUNAUTE LINGUISTIQUE ASSIMILEE A UNE COMMUNAUTE CULTURELLE

A l'époque où fut publié le premier roman comorien d'expression française, le français était plus ou moins déjà parlé, lu et écrit dans l'Archipel des Comores depuis plus d'un siècle. Mais c'était un usage de la langue dont la finalité était purement fonctionnelle et utilitaire. On parlait et écrivait le français dans l'administration, on l'enseignait dans les quelques rares établissements scolaires. En dehors de cette sphère extrêmement restreinte, aucun Comorien n'avait eu recours au français dans un acte littéraire, reflet indéniable de sa personnalité et de son identité. 

Pour cette raison, il ne serait pas approprié de parler d'une littérature comorienne d'expression française muselée ni d'une littérature balbutiante, ni même d'un silence. En effet, c'était d'un néant, d'une inexistence qu'il s'agissait dans la mesure où la voix de cette littérature n'avait jamais « éclos » pour s'interrompre après. Il n' y avait tout simplement rien.

Cependant, si juste et si cinglant que puisse être ce constat, il mérite d'être quelque peu relativisé dans la mesure où, tout semblait concourir à cette « non-naissance »littéraire et que rien n'existait ou rien n'était fait pour inverser ce schéma.

En effet, dans la situation diglossique qui était (et qui est toujours) celle des Comores, la langue française, supplantée par l'arabe et le swahili, n'avait pas la considération dont elle jouit aujourd'hui. Langue du colonisateur-dominateur, langue du kafir , le français était consciemment ou inconsciemment associé à cet « alter » si différent, en religion, en us, en coutumes, en mœurs, et pour qui, même la consommation des aliments et boissons interdits était permis.

Parler, écrire le français, langue du Mzungu, jusqu'à en devenir un virtuose capable d'y imprimer ses émotions pouvait être perçu comme une adoption du uzungu , comme une adhésion à une identité autre, de surcroît, celle du dominateur. La communauté linguistique était assimilée à une communauté culturelle. Saussure va bien dans ce sens lorsqu'il écrit : 

Le lien social tend à créer la communauté de langue et imprime peut-être à l'idiome commun certains caractères ; inversement, c'est la communauté de langue qui constitue, dans une certaine mesure, l'unité ethnique .

Parler le français et surtout écrire en français n'était ni plus ni moins que se constituer membre d'une communauté linguistico-culturelle. La situation des Comoriens pouvait se résumer en une seule phrase : « Je veux bien m'adonner à votre langue mais pas me donner à elle », si tant est que l'on puisse s'exprimer ainsi. 
Dans ces conditions, il valait mieux être qualifié de mstaarabu (arabisé, civilisé) que de Mzungu. Autant le premier qualificatif exprimait tout le privilège et l'honneur de pouvoir parler l'arabe, d'être en partie de civilisation arabe, autant le deuxième, la crainte de la culture française et occidentale d'une manière générale. A cette francité, on opposait donc cette arabité introduite par cet « autre » venu d'ailleurs mais paradoxalement proche car faisant partie de la même Umma . En tant que Sainte langue , celle de celui qui se coiffe d'un turban mais non d'un ngora za'zungu pris en horreur par la population Comorienne, l'arabe était la langue des belles lettres par excellence. 

De même, la langue swahili avait bénéficié d'un prestige comparable à celui de l'arabe. La parler ou l'écrire était également perçu comme une marque d'ustaarabu et de connaissance. Ainsi, toutes les chroniques écrites aux Comores, pour ne citer que cet exemple, le sont en arabe ou en swahili à l'exception de celle du Prince Said Hussein qui est écrite en comorien. Le swahili était, dans l'imaginaire collectif, porteur d'une culture raffinée, d'une certaine ouverture d'esprit qui s'opposait à l'inculture voire l'ignorance des masses n'ayant jamais accédé au mythe de « l'ailleurs merveilleux ».

Mais les raisons de la « non-naissance » d'une littérature comorienne d'expression française résident également dans un système éducatif très sommaire pendant la colonisation française. Ainsi, en 1939, il n'existait pour tout l'Archipel que dix écoles primaires (appelées écoles indigènes du premier degré).Au bout de quatre ans d'études, un concours sélectionnait les cinq meilleurs élèves qui partaient pour trois ans compléter leurs études à Madagascar.

Après la guerre, on mit en place un système double : cours complémentaires pour les enfants comoriens de nationalité française et cours complémentaires de type local pour les autres. Cependant, le cycle secondaire devait toujours être accompli à Madagascar. Le premier lycée comorien ouvrit à Moroni en 1963 et la première université, seulement en 2003.

Par ailleurs, jusqu'au milieu des années 1980, il n'existait aucune presse écrite aux Comores. C'est dire que même le simple fait de publier un petit poème dans un journal local était inenvisageable.
Il a fallu attendre le début des années 2000 pour voir la première maison d'édition comorienne, Komédit, qui malgré des moyens et des capacités de diffusion très limités, a permis à de nombreux Comoriens de faire leur premier pas dans l'écriture. 

Pour toutes ces raisons, il ne pouvait y avoir de littérature comorienne d'expression française avant la colonisation, pendant la colonisation et bien des années après l'indépendance. Paradoxalement, c'est après le départ des français que s'est amorcé l'engouement pour la culture et la langue française. Ce qui fut plus ou moins à la portée des Comoriens, sans intéresser personne durant des d'années, prit subitement le goût raffiné de « l'ailleurs ».Ecrire en français revêt désormais un autre visage.

3. GENESE D'UNE LITTERATURE

La première véritable œuvre comorienne écrite en français, la République des imberbes, fut publiée en 1985 par Mohamed A. Toihiri, un enseignant universitaire qui résidait en France. C'est un roman relatant la courte période de la révolution comorienne (1975-1978) où la jeunesse (des lycéens pour la plupart), sous la conduite d'un jeune président communiste, prend les rênes du pouvoir politique et remet surtout en cause, dans l'euphorie générale, certains des fondements traditionnels de la société, notamment son aspect féodal.

En 1992, Mohamed Toihiri publie le kafir du karthala, un autre roman qui dépeint encore une fois la société comorienne et surtout ses « tares ». La tradition du « grand mariage » coutumier y est, par exemple, disséquée avec force détails pour mieux dénoncer dans une posture de combat, le poids des traditions face à la modernité représentée par le héros-intellectuel Idi wa mazamba. Héros aux traits psychologiques d'un quasi messie, porteur de la bonne parole, on dira de la bonne pensée, le médecin Idi wa mazamba ne reste pas moins sensible, malgré la maladie qui le consume (il était cancéreux), à la gangrène rongeant sa patrie, à savoir le mercenariat. 

Il n'est aucun doute que les questions politiques et sociétales constituent la trame des œuvres de Mohamed Toihiri. Il s'agit d'écrits et d'une écriture hantés par l'histoire chaotique des Comores indépendantes, par les pesanteurs sociales au point de devenir, à force de vouloir dire, dire les choses telles qu'elles sont, une réalité palpable sur papier. Dès lors, cette littérature trop nourrie de vérités, trop nourrie de réel, s'apparente parfois à une sociologie de la misère ou une anthropologie des traditions ou de la parenté... 
Mais cette littérature peut-elle être séparable du contexte dans lequel elle prend naissance ?
Voici un passage extrait de la république des imberbes suivi d'un autre extrait du kafir du karthala :

Pendant huit jours et huit nuits, le fleuve feu a coulé. Plusieurs personnes l'avaient fui mais plusieurs autres étaient venues à lui. On voyait des centaines et des centaines de personnes venant du Nord et du Sud, de l'Est et de l'Ouest, de Maoré, de Ndzuani et de Mwali traversant montagnes, forêts, déserts de pierre, mers pour venir retrouver le fleuve de feu. Quelqu'un aurait répandu – certains disent que ce sont les Chinois – le bruit comme quoi les émanations d'un volcan ont une vertu curative. Elles guérissent toutes les maladies possibles et imaginables.
Ainsi Singani était devenu une immense scène de théâtre dont les acteurs étaient les syphilitiques, les épileptiques, les asthmatiques, les paralytiques, les poitrinaires, les hémorroïdaires, les goutteux, les aveugles, les sourds, les débiles, les éclopés, les lépreux, les pestiférés, les pieds-bots, les unijambistes, les culs-de jatte, les culs-terreux, les constipés, les migraineux et les hernieux.
Tout le long du fleuve de feu se trouvaient de petits groupes qui devisaient tranquillement, suant à grosses gouttes, supportant stoïquement cette chaleur de la géhenne. On aurait dit Lourdes « négrifiée ». Les malvoyants rapprochaient leurs orbites closes à toucher les braises incandescentes. Le seul résultat était de se brûler les cils et les paupières. Les sourds inclinaient tantôt l'oreille droite, tantôt l'oreille gauche. Les muets ouvraient tout grand la bouche comme s'ils voulaient laper le feu. [...]
Après une semaine de ce régime infernal avec une nourriture insuffisante dans des conditions d'hygiène innommables, les plus mal en point avaient rendu l'âme, les autres étaient revenus chez eux dans un état plus lamentable qu'avant. Le mythe du volcan guérisseur avait vécu. Le karthala était apparu piaffant d'impatience et d'inhumanité... p. 109

le kafir du karthala pp. 73-75

Lafüza, Kassabou, Issa et Idi se mirent à table. La présence de Issa ne mit personne mal à l'aise. Dans ce pays, il y a toujours une assiette pour le visiteur inattendu. Par contre Issa, lui, trouvait étrange la présence de Lafüza et de kassabou à table. Elle constituait une atteinte aux us et coutumes comoriens. De la provocation. La place des femmes est à la cuisine. C'est leur monde. Monde qui est bien sûr interdit aux hommes, sauf aux garçons de moins de douze ans à la sexualité encore en sommeil. La cuisine et la place qui sépare cette dernière du salon constituent leur royaume. Elles y cuisent, y cousent kandus et koffias, y pilent matapa et riz. Elles y reçoivent amies et parentes.
Là elles peuvent à loisir cancaner, caqueter, papoter, pépier, piailler et ragoter. Elles donnent libre cours à leur fertile imagination. [...] Il est certes permis à la femmes de faire quelques apparitions dans la salle de séjour, mais pour servir l'homme, pour desservir, ou pour recevoir un ordre. Et voilà qu'avec cette nouvelles génération, surtout ceux ayant séjourné chez les Wazungus, on voit des jeunes femmes pousser l'audace jusqu'à recevoir des visiteurs dans la salle de séjour, aller même jusqu'à s'asseoir sur une chaise ou un fauteuil, converser avec des hommes et les regarder dans les yeux, ce sans bwibwi, ni lesso, ni chiromani.

Ces deux extraits, teints d'un réalisme saisissant, témoignent de cette tendance de la jeune littérature comorienne d'expression française à vouloir décrypter, sinon à dompter un environnement culturel, politique ou social souvent perçu comme visage « liberticide » et absurde. La ruée sur « le fleuve de feu » de la population comorienne ou cette cuisine où bavardent des femmes sont autant de scènes de cette même photographie instantanée d'un réel que l'on dénonce ou expose.

Ce même souci d'appréhender le réel, de le sortir des abîmes d'un inconscient débordant de cauchemars est aussi remarquable chez des écrivains comme Aboubacar Said Salim qui, dans le bal des mercenaires (le titre en dit long), dénonce à la fois le mercenariat aux Comores et le poids des traditions. 
Parallèlement à l'histoire d'amour contrarié de Miloude et Mkaya, les deux héros du roman, et leur désir de liberté, est racontée l'histoire de tout un peuple tenu sous le joug de quelques soldats de fortunes et sa soif de libération, de liberté. L'amour contrarié d'un être se superpose ici à l'Amour de la patrie. 
Dans Et la graine, un autre roman d'Aboubacar said Salim, c'est la grève des lycéens comoriens de 1968 qui est mise en scène. Témoignage poignant sur un événement historique, célébration du courage de jeunes gens encore une fois avides de liberté, illusions perdues face à une réalité coloniale mise à nue. En témoignent ces quelques phrases :

Adieu liberté, adieu égalité, adieu fraternité de nos beaux manuels d'histoire !Adieu Kant, Descartes, Pascal ! Bonjour Lieutenant Walker ! Seul philosophe accoucheur de vérités coloniales, seul poète mage dans son bel uniforme flambant neuf aux galons dorés.

La littérature comorienne d'expression française semble donc se construire dans une dynamique de conjuration du sort et de combat ; combat contre le féodalisme, combat contre le poids des traditions, contre le colonialisme, contre la désintégration des Comores, contre la maladie (le médecin cancéreux et la ruée sur « le fleuve de feu »), combat contre le mercenariat, en somme, combat pour un idéal de vie.
Dans la préface de Paille-en queue et vol , Saindoune Ben Ali écrit :

Le verbe, des entrailles du temps et des mirages de l'enfance – quelle enfance ? Celle d'une terre en quête de matérialité ou de la raison de son être ici ?[...] C'est d'une poésie d'espoir que nous parlons. Macération verbale, accouchement d'une parole primordiale, celle d'un attachement à une terre dont les fantômes ne finissent pas de hanter dans le jour les enfants que nous sommes. Une écriture pour conjurer le sort, non une thérapie mais une volonté d'assumer la vie passée pour que les horreurs du temps ne soient pas contraintes à se répéter, dans une éternelle agonie. (p.11)

Que l'on lise le notable répudié de Patrice Ahmed Abdallah, Paille-en queue et vol, Pauvre Comores d'Ibrahim Barwane, Roucoulement de Nassuf Djailani ou Testaments de transhumance de Saïndoune Ben Ali..., C'est toujours le même cri de douleur et de désillusion qui s'élève au fil des pages. Douleur « étouffante » d'un peuple au bord de l'asphyxie.

Dans roucoulement, on peut lire :

Ma terre mon amour
Ta peau gonfle à la piqûre de la guêpe
mais ton esprit demeure sclérosé
te reveilleras-tus ?
Ma terre mon amour
se réconcilier avec la mémoire conquise

[...]Ma terre mon amour
éclore l'arbre séculaire
dire au monde
notre soif boulimique d'air


Mais la douleur « étouffante » devient vite « mortelle » lorsque le poète Saïndoune Ben Ali écrit dans sa propre biographie :

Saïndoune Ben Ali est né face à la mer, à Mirontsy sur l'île d'Anjouan aux Comores, à la fin des années soixante. Il a grandi sur les Itinéraires des rêves, il est mort en 1978, piétiné par une foule carnavalesque dans les rues de son île natale, à l'annonce du coup d'Etat qui mit fin à la vie D'Ali Soilihi. (p.1).

Oeuvre majeure, Testaments de transhumance marque véritablement une rupture dans la littérature comorienne d'expression française. En effet, après avoir été dans les premières expériences occultée au profit du seul souci de représenter le réel, la question du rapport au langage surgit. Le langage devient en soi objet d'intérêt. Désormais, il ne s'agit plus seulement d'écrire mais d'écrire de la littérature. 
Cette tendance, amorcée par Saïndoune Ben Ali annonce une nouvelle ère. Reprise et même développée par d'autres jeunes écrivains, en particulier, deux autres, poètes, elle traduit tout simplement l'entrée de l'écriture dans la sphère littéraire. Le combat a dorénavant une esthétique.


Conclusion

Je croyais qu'il y avait peu à dire sur la littérature comorienne d'expression française, que le manque de recul serait une énorme difficulté, que l'inexistence de toute étude, du moins connue, ne ferait que compliquer davantage mon ambition, mais au fur et à mesure que je rédigeais cette contribution, l'intérêt de ma modeste démarche devenait de plus en plus évident. Bientôt, il me parut impossible, tellement le sujet s'avéra trop large, de tout dire. Il fallut faire un choix, celui d'un aperçu.

Il eut été par exemple très intéressant de parler d'un des auteurs comoriens le plus prolifique à savoir Salim Hatubou, s'interroger sur cette littérature comorienne de la diaspora.

Et que dire de l'intérêt grandissant pour les contes ? Dans un article récent sur l'oralité, j'écrivais :
D'ailleurs, aux Comores, ce n'est que très récemment qu'on a vu l'émergence d'une littérature écrite d'expression française. Mais au lieu d'être complètement en rupture avec la tradition orale, ce mode d'expression nouveau qu'est l'écriture s'en imprègne et la prolonge. En effet, l'œuvre la plus moderne n'échappe ni à la poétique de la littérature orale ni à ses grandes figures qui sont constamment reprises, parfois d'une façon subtile. Le dernier roman de Salim Hatubou, intitulé « Marâtre », en est une illustration parfaite. La figure de la marâtre telle qu'elle apparaît dans les contes y est reprise avec tous ses attributs.

La question de l'oralité dans la littérature comorienne d'expression française est un de ces champs qu'il eut fallu explorer tout comme tant d'autres.

ABDEREMANE Said Mohamed (Wadjih)


Bibliographie
Abderemane Said Mohamed, Djambo Djema et autres contes des Comores, Komédit, 2002.
Abderemane Said Mohamed, De l'oral à l'écrit, la transcription et la traduction des contes comoriens in « Les Cahiers de l'Orient » N°77, Paris 2005.
Abderemane Said Mohamed, Universalité et spécificité des contes comoriens in « Ya mkombe » N°10, Moroni, 2003.
Abderemane Said Mohamed, La dynamique énonciative dans les contes des Comores in »Ya mkombe » N°12, Moroni 2005.
Aboubacar Said Salim, Le bal des mercenaires, Komédit, 2004. 
Aboubacar Said Salim, Et la graine, Editeur, Cercle repère.
Ibrahim Barwane, Pauvres Comores, Komédit,2005.
Mab Elhad, Kawulu la mwando, Komédit, 2004.
Mohamed Anssoufouddine, Roucoulement, Komédit, 2006.
Mohamed Toihiri, La République des Imberbes. Paris: L'Harmattan, 1985.
Mohamed Toihiri, Le Kafir du Karthala. Paris: L'Harmattan, 1992.
Nassuf Djailani, Une saison aux Comores,Komedit,2005.
Nassuf Djailani, Roucoulement, Komédit, 2006.
Patrice Ahmed Abdallah, Le notable répudié, Komédit,2002.
Ridjali Ambass, Sur le chemin de l'école,Komédit,2002.
Saïndoune Ben Ali, Testaments de transhumance, Komedit, 2004.
Salim Hatubou, Contes de ma grand-mère, L'Harmattan, 1994
Salim Hatubou, Le sang de l'obéissance, L'Harmattan, 1996.
Salim Hatubou, L'odeur du béton, L'Harmattan,1998.
Salim Hatubou, un conteur dans ma cité, Encres du Sud, 2000.
Salim Hatubou, Métro bougainville, Editions VIA, 2000
Sambaouma A. Nassar, Poèmes parlés en marge
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  • Guerre ouverte Union/Ngazidja autour du contrôle des préfectures –mar. 04 août 2009

    Ce matin, le préfet du Centre, Abdérémane Boina Mohamed alias Mab Elhad, nommé il y a juste quatre mois, a déclaré à la presse qu’il restera toujours en poste et qu’il n’entend aucunement se soumettre à l’arrêté du ministre Bourhane Hamidou (...) Mab Elhad trouve une explication à son éviction : « Depuis

    • Écrit par : mbadakome – 32 ans –  Comores
  • NOUVELLES DU POÈTE COMORIEN HALIDI ADJMAËL –ven. 22 juin 2007

    Mab Elhad “Au rythme des Alizés” Article paru dans Témoignages le vendredi 22 juin 2007 (page 16) URL : http://www.temoignages.re/article.php3

    • Écrit par : ianjouanpresid – 32 ans – Newmakélé( Adda) –  Comores
  • Un poème du Lieutenant MAB Elhad –lun. 11 février 2008

    Lieutenant MAB Elhad ------------------------------------------ *Mohamed Abdérémane Boina-foumou de son vrai nom est un Lieutenant de la Gendarmerie Nationale (...)MAB Elhad est son nom de plume et d'Artiste, car en dehors de sa profession, c'est tantôt l'homme de lettres ou l'artiste que l'on rencontre

    • Écrit par : wongo – 84 ans – MUTSAMUDU –  Comores
  • Un poème du Lieutenant MAB Elhad –mar. 12 février 2008

    Lieutenant MAB Elhad ------------------------------------------ *Mohamed Abdérémane Boina-foumou de son vrai nom est un Lieutenant de la Gendarmerie Nationale (...)MAB Elhad est son nom de plume et d'Artiste, car en dehors de sa profession, c'est tantôt l'homme de lettres ou l'artiste que l'on rencontre

    • Écrit par : ROINAKA – 51 ans – Dijon (21) –  Franc
  • Guerre ouverte Union/Ngazidja autour du contrôle des préfectures –mar. 04 août 2009

    Ce matin, le préfet du Centre, Abdérémane Boina Mohamed alias Mab Elhad, nommé il y a juste quatre mois, a déclaré à la presse qu’il restera toujours en poste et qu’il n’entend aucunement se soumettre à l’arrêté du ministre Bourhane Hamidou (...) Mab Elhad trouve une explication à son éviction : « Depuis

    • Écrit par : mirontsyAHCRM – 32 ans – MARSEILLE (13) –  France
  • La Bande –ven. 25 juin 2010

    2e ligne (de gauche à droite) : fils de Mab Elhad, Gamil

  • SPORT - COMORES :"Les jeux des jeunes de l'Océan Indien ont leur logo" – Une image est associée à cet article–lun. 02 mai 2011

    Ce logo a été choisi au milieu de 70 propositions, « les unes plus belles que les autres », assure Mab ELHAD, Président du Jury qui a sélectionné l'image (...) Je suis ici pour montrer la détermination du Gouvernement pour la tenue et la réussite de cette manifestation sportive », martèle Maoulida MABROUK

    • Écrit par : Pat21150 – 54 ans – (21) –  France
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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 07:40

 

The International Bank Note Society (IBNS) is proud to announce the winner of the 2007 IBNS Bank 

Note of the Year, awarded to the finest banknote issued in 2006. This year’s award goes to the 1,000-

franc note issued by the Banque Centrale des Comores, the central bank of the Comoros, an 

archipelago located between Madagascar and the east coast of southern Africa. Commendations go 

to the 10,000-tenge note from Kazakhstan and 100-dollar note from the Solomon Islands. 

         The IBNS Bank Note of the Year is awarded to the banknote which, in the eyes of the judges, 

has a high level of artistic merit, an imaginative design, and features that present the best of modern 

security printing (taking into account the value of the note). The Comoran 1,000-franc note impressed 

the judges with innovative design, well-balanced color, and sensible use of modern security features. 

         The front of the 1,000-franc note is dominated by a coelacanth, a pre-historic fish long thought to 

be extinct, that was found living in the waters off the Comoros in recent years. Its discovery put the 

Comoros at the centre of the scientific world for a short time and remains one of the small country’s 

claims to fame. Below the piscine curiosity is an aerial view of several islands that make up the 

country. Predominantly blue, there are red and green elements to the design on the front of the note. 

 

        Poetry is common to the entire series of notes to which the 1,000 franc belongs, with a verse 

appearing on the front and the back of each note. The verse on the front of the 1,000-franc note can 

be translated from French as:  

 

                    From our feelings, what you expect I understood  

                    For it is a love that is so absolutely exclusive  

                    That, not to lose you, I hereby consent.  

                    Truthfully, it will be a love  

                    That our times have never seen. 

 

        Continued on the back of the note is a further verse which translates as: 

                    I claim these different names which are ours  

                    and if I speak the rainbow  

                    It is to better greet our Indian Ocean sea-mother  

                    whose waves of pleasures brings  

                    to insularity abundance and joy  

 

        The final line below the verse identifies the author, Mab Elhad, and the book in which his verse 

appears: Kaulu la Mwando (meaning First Word in the Comoran language). The book was published 

in 2004 and the verses of the author, a Comoran policeman, celebrate his Comoran life and 

nationality.  

         The back of the award-winning note is dominated by a Comoran man in a canoe, surrounded by 

red and blue designs of differing character. While the name of the issuing authority is in Arabic on the 

back of the note, the warning to counterfeiters is in French (reflecting the nation’s French past).   

        Despite a low face value (approximately US$2.70 at current exchange rates), the 1,000-franc 

note sports an impressive array of security features. Portions of the design are printed with the intaglio 

process, imparting a tactile element to the raised ink, along with the latent image created by the BCC

embossed above the signatures. Counterfeiting is made more difficult through the use of microtext, 

incorporation of a perfect-registration device, and the inclusion of Omron rings. The paper contains an 

embedded security strip that fluoresces under UV light, and a watermark of a crescent moon, four 

stars, and the letters BCC. Finally there is an iridescent band on the front of the note that can be seen 

only when tilting the note at an angle to the light. 

         While the elements of the design, the security features, and the production of the note are not 

unusual as individual elements, it is the sum of the whole that lifts the note above the ordinary and 

which made this note a clear winner as the IBNS Bank Note of the Year. 

         Every nation should strive to create individual masterpieces for their paper money; unfortunately 

this is not always the case. However, with the issue of the new series by the Comoros, it is pleasing to 

see that at least one issuing authority is successful in meeting the expectations of banknote 

enthusiasts around the world. The IBNS congratulates the Banque Centrale des Comores and the 

designers of its 1,000-franc note. 

For a report on the award ceremony held at the Bank of France on 15 October 2007 click here - the 

report is in French 

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 07:08

 

Indépendante depuis 1975, l'Union des Comores se divise en trois îles principales : Grande Comore, Anjouan et Mohéli. D'abord protectorat (1886 - 1892), Les Comores devinrent colonie française en 1904 sous le nom de "Mayotte et dépendances" puis furent rattachés à Madagascar en 1908. Par la suite, l'ensemble des Comores fut territoire d'Outre-mer de 1946 à 1974, avec la ville de Dzaoudzi (située à Mayotte) comme capitale.

L'Union des Comores ne regroupe pas toutes les îles comoriennes puisqu'une quatrième île, Mayotte, est selon la dernière constitution en vigueur de 2002, partie intégrante de l'Union des Comores alors qu'elle est toujours sous le giron français. Cette histoire ne fait guère honneur à la France. Lors du référendum de 1974 qui donnera lieu à l'indépendance, Mayotte est la seule île de l'archipel à voter pour le maintien de ses liens avec la France avec près de 63 % des voix. Elle confirmera ce choix lors d'un second référendum en 1976, les partisans du rattachement aux Comores ayant choisi la voie de l'abstention en signe de protestation. Le principe de l'indivisibilité d'un territoire était bafoué, au mépris du droit international. De fait, l'Union africaine considère ce territoire comme étant occupé par une puissance étrangère et l'Assemblée générale des Nations Unies a condamné à de nombreuses reprises la présence française dans l'île. Mayotte est d'ailleurs longtemps restée inscrite sur la liste des territoires à décoloniser. Cette situation, illégale sur le plan du droit international, déstabilise fortement L'Union des Comores qui a eu à subir une vingtaine de coups d'État depuis l'indépendance. Le pays a également bien du mal à garder son unité politique face à la volonté irrédentiste d'Anjouan. En août 1997, les habitants des îles d'Anjouan et de Mohéli s'insurgèrent contre les autorités de la capitale Moroni et demandèrent à être rattachés à la France. Le gouvernement français a refusé de soutenir cette demande qui lui paraissait incongrue. À la suite de cette insurrection, des pourparlers de paix tenus à Madagascar sous les auspices de l'Organisation de l'Unité africaine (OUA) aboutirent à un accord en avril 1999, selon lequel chacune des trois îles aurait son propre parlement et assurerait la présidence de la république tous les trois ans. Celui-ci devient une fédération sous le nom d'Union des Comores.

Une grande partie de la population envie le sort des insulaires de Mayotte dont le niveau de vie est maintenant cinq fois plus élevé que celui des Comores. De ce fait, une très forte émigration comorienne vers Mayotte vide le pays de ses forces vives et de sa jeunesse. Le référendum français du 29 mars 2009 tenu à Mayotte a renforcé cette séparation entre les quatre îles. La population mahoraise y a choisi, à l'écrasante majorité de 95 %, la voie de la départementalisation, validant le processus d'intégration au sein de la République française. L'île de Mayotte va donc devenir progressivement le 101e département français d'ici 2 ans avec les mêmes droits et devoirs que les autres. De fait, dans son état actuel (trois îles, donc), l'Union des Comores compte 646 000 habitants (estimation de 2004) pour une superficie totale de 1862 km² soit une densité moyenne de population de 290 habitants par km². La population est inégalement répartie selon les îles : la Grande Comore (1 148 km²) est la plus peuplée avec environ 363 000 habitants, suivie par Anjouan (424 km²) avec 252 000 habitants et Mohéli (290 km²) avec 31 000 habitants. Les villes les plus peuplées sont la capitale Moroni (sur la Grande Comore), Mutsamudu (île d'Anjouan) et Fomboni (île de Mohéli).

Depuis la constitution de 2002, le pays est officiellement trilingue : français, comorien et arabe. La langue massivement utilisée par la population (à 96,5 % selon l'OIF) est le comorien, appelé shikomor, une langue apparentée au swahili. Les Comores sont membres de l'Organisation internationale de la francophone (OIF) depuis 1977 et de la ligue arabe depuis 1993.

En dehors de toute considération politique et opinion personnelle de l'auteur de cet article, il a été nécessaire, dans chaque paragraphe, d'analyser séparément de l'Union des Comores, la situation de l'édition et de l'écrit à Mayotte, du fait de cette séparation qui dure depuis 35 ans et qui a entraîné des différences entre cette dernière île et ces trois voisines.

Historique de l'écrit dans l'archipel des Comores

Des études ont montré la richesse de la tradition orale comorienne, notamment des contes, dont l'analyse peut apporter des lumières nouvelles sur l'histoire ancienne des Comores. On estime, par exemple, que le plus ancien poème comorien remonterait au XVe siècle. Ce patrimoine a fait l'objet de retranscription de la part de sultans, de princes et d'autres grands dignitaires, souvent d'origine yéménite, constituant une importante littérature écrite (1). Ces précieux manuscrits contiennent des textes d'inspiration religieuse (commentaires du Coran, traités théologiques), des généalogies, des "histoires" plus ou moins légendaires. Contes et chansons se transmettaient oralement. Écrits en arabe, en swahili ou en comorien, mais avec une calligraphie arabe, ils attestent l'existence d'une culture savante qui rayonnait jusqu'à l'île de Zanzibar dans les bibliothèques de laquelle on a retrouvé plusieurs centaines de manuscrits. Ceux-ci n'ont malheureusement pas été diffusés dans le grand public et restent l'apanage des historiens, des linguistes et autres chercheurs contemporains, lecteurs des ouvrages et revues édités par l'Inalco et le Centre national de documentation et de recherche scientifique (CNDRS) de Moroni (2). Celui-ci essaie cependant de recenser, de préserver et de diffuser ce patrimoine. On peut citer en exemple "un long poème, des pensées et des fragments de l'œuvre du sultan-poète Mbaye Trambwe (né en 1740), souverain du Washili, province située à l'est de la Grande Comore, maintenant accessible aux lecteurs francophones. Trambwe parle de la puissance de Dieu, de la grandeur et de la misère de l'homme et de la nature avec une virtuosité et un lyrisme qui font vibrer le cœur…" (3)

À l'époque coloniale, les Comores ont souffert de graves retards dans le développement d'un système éducatif. L'école coranique avait pratiquement seule la charge de former les enfants, qu'elle recevait dans leur quasi-totalité. Elle leur apprenait les rudiments de l'écriture arabe, les initiait au Coran et à la subtilité des rites et des dogmes. Elle jouait un rôle très important pour l'insertion des jeunes dans l'organisation sociale, mais n'offrait pas d'ouverture sur le monde moderne en gestation. Jusqu'en 1939, il n'existe que dix écoles primaires (appelées écoles indigènes du premier degré). Au terme de quatre années d'études, un concours sélectionnait les cinq meilleurs élèves, qui partaient pour trois ans poursuivre leurs études à Majunga (sur la côte est de Madagascar). Après la seconde guerre mondiale, on a ouvert des "cours complémentaires", pouvant déboucher sur l'enseignement secondaire qu'il fallait aller suivre à Madagascar. L'évolution politique du territoire, vers l'autonomie, puis l'indépendance, rend de plus en plus criants les besoins de cadres formés au monde moderne. Un premier lycée s'ouvre à Moroni en 1963. D'autres suivront assez vite. L'archipel connaît une explosion scolaire considérable : en 1980, il y avait vingt fois plus d'enfants scolarisés qu'en 1962 ! Il faut mettre en place un début d'enseignement supérieur pour former les cadres nécessaires au pays. Ce démarrage tardif de la scolarisation du pays retentit sur la vie culturelle comorienne. Pendant longtemps, il n'a existé aucun journal, puisqu'il n'y avait pas de lecteurs potentiels. "Il est donc tout à fait logique qu'il ne se soit pas développé de littérature moderne écrite, que ce soit en comorien ou en français. Les seuls textes qui pouvaient connaître une publication ont été les mémoires ou les thèses soutenues par les étudiants comoriens achevant leurs cycles d'études. (4)" L'année 1969 verra l'organisation d'un concours de la meilleure nouvelle par l'Alliance française de Moroni. Le lauréat fut Abou (Aboubacar Ben saïd Salim Mohamed) avec un texte intitulé Impressions sur vingt-quatre heures sur une île de Mozambique, mélange de chants, de poésie et de prose. Aucune publication ne résultera de ce concours même si le texte lauréat fut publié plus tard dans une revue locale. Les années quatre-vingt correspondent à un certain réveil. En 1983, une publication anonyme, présentée par une association d'étudiants des Comores, rassemblait des nouvelles en langue française. Mais comme le précise Soilih Mohamed Soilih, "l'ASEC défendait non pas l'écriture, mais l'idéologie portée par son combat contre le colon et le bourgeois." (5) En 1985, le premier roman en français écrit par un Comorien était publié par Mohamed Toihiri avec La République des imberbes chez L'Harmattan (6), chronique en forme de pochade savoureusement transposée, des années noires du gouvernement d'Ali Soilih, du 3 août 1975 au 13 mai 1978. Enfin, de 1985 à 1990, Al Watwany, journal hebdomadaire de Moroni, a tenu une rubrique intitulée Le Coin des poètes où plusieurs aspirants poètes purent publier pour la première fois leurs œuvres littéraires. Plusieurs de ces poèmes furent repris par la suite dans l'ouvrage de Carole Beckett (7).

Mayotte baigne également dans l'univers des djinns et des contes. Du fait de l'influence du Coran, l'écrit reste sacré, mais la modernisation rapide que vit Mayotte, bien plus importante que dans les autres îles comoriennes, entraîne une véritable révolution culturelle. De fait, "Mayotte cherche l'équilibre entre ses traditions et ses aspirations : musulmane, française, africaine, comorienne, malgache, tradition orale, société de communication et de l'écrit… C'est toute une jeunesse qui cherche sa place dans le monde. La langue française est une passerelle de communication avec l'extérieur, et à l'intérieur de l'île entre les différentes communautés qui vivent à Mayotte : les Wazoungous (métropolitains), les Mahorais, les Anjouanais, les Grands Comoriens, les Indiens, les Malgaches…" (8)

Production et milieu éditorial dans l'Union des Comores

Le nombre d'ouvrages publiés annuellement dans le pays est très faible, on peut parler quasiment de désert éditorial (9). Le site Mwazinet compte huit maisons d'édition créées par des Comoriens de France et qui ont leur siège social dans l'hexagone. La plus dynamique semble être Komedit (10) fondé en 2000 àNanterre et qui a ouvert une représentation à Moroni, dans les Grandes Comores. On peut la considérer comme la première maison d'édition créée dans le pays. Elle s'est créée avec l'objectif de "promouvoir la littérature écrite aux Comores, pays qui était, dans le domaine de l'édition, très en retard par rapport à ses voisins. Ce défi est en passe d'être relevé puisque plus d'une vingtaine d'ouvrages d'auteurs reconnus et d'auteurs qui n'attendaient qu'un éditeur pour révéler leurs talents ont été publiées, depuis la création de notre structure." (11) Le catalogue d'une quarantaine de titres laisse entrevoir une nette prédominance de la littérature, avec quelques titres dans le domaine de l'histoire et de la sociologie. Dirigée par le linguiste Ahmed-Chamanga, cette maison d'édition fait un travail suffisamment sérieux pour intéresser des écrivains mahorais comme Ambass Ridjali, Abdou Salam Baco ou Nassuf Djailani. Komedit compte également quelques titres pour la jeunesse à son catalogue (12) : Naïa et le tam-tam sacré (récit) et Marâtre (roman) de Salim Hatubou ainsi qu'un recueil de contes Mensonges, mensonges de Abdillah Zabraty. L'année 2009 a vu la parution de deux nouveaux ouvrages pour la jeunesse : L'Abécédaire des Comores ainsi que Dimkou et la petite fille écrit par Salim Hatubou et dessiné par Aboubacar Mouridi, ouvrage dont nous parlons plus loin. Pour sa part, L'Abécédaire des Comores présente en parallèle l'ensemble des symboles de l'alphabet latin en illustration d'un mot comorien ou français désignant un personnage ou une réalité géographique, historique ou culturelle de l'archipel. Il a été réalisé dans le cadre d'un projet pédagogique de l'école française. Encres du sud, autre maison d'édition, est situé à Marseille. Elle a été créée par l'auteur Salim Hatubou. Son catalogue est constitué pour une grande partie d'ouvrages de littérature de jeunesse, spécialité de l'auteur. Hatubou a également publié d'autres auteurs comoriens pour adultes comme Nourd-Dine ou Soilih Mohamed Soilih ainsi qu'un auteur camerounais E.T. Fotang. Kalamu des îles (13) (installé à Torcy) compte huit ouvrages à son catalogue : sept de littérature (dont quatre romans) et un livre de conjugaison. Les autres maisons d'édition sont Les Belles pages (Marseille), Inya Coelacanthe (Savigny le Temple), Djahazi (Peymeinade), Les Editions de la lune (Levallois Perret), Kwanzaa éditions et Les Editions de l'officine (Paris) (14). On peut y rajouter d'autres maisons qui ne sont plus guère actives comme Les éditions A3 fondées à Moroni par le poète camerounais Paul Dakeyo (qui a publié une pièce de théâtre de Mohamed Toihiri) ou Cercle repère, créé en son temps par Wadaane, un journaliste comorien installé en France. L'immense majorité des titres relèvent de la littérature. Il est vrai qu'en matière de soutien à l'édition, le gouvernement n'a pas les moyens de mener des actions dans ce domaine. En ce qui concerne la presse, "les kiosques comoriens ne proposent pas plus de quatre titres et, faute de moyens, les publications indépendantes (Kashkazi (15), La Gazette des Comores et L'Archipel) ne paraissent pas toujours régulièrement" (16). Ce bilan daté de 2003, est confirmé par un autre constat de la même époque, traitant du rachat de l'imprimerie nationale des Comores par le Réunionnais Graphica : "La majorité des titres de presse ne paraissent plus du fait d'impayés auprès de leurs imprimeurs […] et du fait d'arriérés de salaires." (17) Les tirages ne dépassent pas les 2 000 exemplaires. Les journaux se partagent entre le français et l'arabe. Aucun n'existe en langue comorienne.

Production et milieu éditorial à Mayotte

Mayotte, pour sa part, ne compte que quelques maisons d'édition. Le Baobab, filiale de l'agence de publicité Archipel (18) est le leader du marché : plus des ¾ des ouvrages mahorais recensés au dépôt légal sont issus de cet éditeur (19). Les deux autres maisons d'édition sont les éditions Grand public (20) et Ylang images. La première édite tous les ans, un annuaire professionnel, tiré à 6 500 exemplaires, dont la 15e édition est parue en 2010. La deuxième édite principalement des livres de photos centrés sur Mayotte. Très peu d'ouvrages sont imprimés dans l'île qui ne compte que deux imprimeries capables d'imprimer un livre ou un journal : Imprimah et Kaprim. Le premier ouvrage du Baobab date de la fin des années quatre-vingt et traite des bangas (21). Ce succès de librairie est toujours diffusé de nos jours. Ce titre est sorti un an après le premier livre écrit par un Mahorais, Youssouf Saïd, Mayotte, légendes et histoires drôles, un recueil de nouvelles autobiographiques et de contes populaires. Par la suite, Le Baobab a publié quelques ouvrages avant de se transformer en 1999 en une véritable maison d'édition qui a aujourd'hui une soixantaine de titres disponibles répartis entre différentes collections : une série d'ouvrages généralistes, des livres d'images, une collection histoire, une collection polar, une collection littérature depuis 2003 (suite à un atelier d'écriture de l'Institut de formation des maîtres) et une collection jeunesse, Grain d'encre (22), qui totalise une vingtaine d'albums dont les premiers ont été réalisés par des élèves de différents établissements scolaires de Mayotte et soutenus par la Direction de l'enseignement ou le vice-rectorat de Mayotte. En dehors de cette production largement soutenue par les pouvoirs publics, quasiment aucune autre production locale ne relevait de l'édition jeunesse jusqu'en 2008, hormis quelques exceptions dues à des initiatives individuelles (23). Les choses ont évolué depuis trois ans. En 2007, Les Editions du Baobab publiaient Margouilli, le margouillat (24) qui raconte l'histoire d'un petit margouillat ayant peur des humains. Ce bel album superbement illustré annonçait un changement dans la politique éditoriale de cette maison d'édition. En 2008 puis 2009, celle-ci, en partenariat avec Gecko éditions, publiait coup sur coup trois albums pour enfants de haute tenue. Le premier, Petite mangue (25) est suivi par Le Miracle du lagon (26)puis Le Voyage du poisson (27). Le Baobab, dorénavant, continue à éditer des albums à thèmes locaux mais de qualité hexagonale dans sa forme (cartonné, illustré…) et son contenu (les textes). L'un de leur dernier ouvrage, pour adultes, est La course de pneu à Mayotte de Jack Pass, qui traite d'un événement annuel très populaire. En fin d'année 2010, Le Baobab a également publié En attendant le département, un volume unique des aventures de Bao, le jeune mahorais inventé par Vincent Lietar et dont une planche est publiée chaque semaine dans un journal local depuis 25 ans. Cette évolution est logique. Durant longtemps, Le baobab était en situation de monopole. Mais depuis quelques années, certains éditeurs métropolitains se sont intéressés au marché mahorais, en pleine expansion. C'est le cas avec La P'tite scène qui bouge, structure associative installée à Nantes qui intervient régulièrement sur l'île, qui s'est lancée dans l'édition pour enfants avec un premier livre en 2006, N'gaya la petite fille à Mayotte, album - CD de qualité d'Isabelle Le Guenan suivi en 2009 par Boumi et le gâteau de riz de Yazoo Ahamad, ouvrage qui se penche sur l'un des plats traditionnels de l'île. En parallèle, le vice-rectorat et le Centre de documentation pédagogique (CDP) ont lancé une nouvelle collection intitulée Maesha. Cette collection d'albums de littérature jeunesse qui s'adresse à tous les cycles permet de compléter les manuels scolaires et d'accompagner les apprentissages fondamentaux. Ils sont tous conçus à partir de l'environnement de Mayotte. Le premier titre est sorti l‘an dernier : Ousnati et Dalifa. Vendu 5 €, l'ouvrage s'accompagne d'un livret pédagogique qui offre des repères et des pistes d'exploitation de l'ouvrage en lien direct avec les programmes de l'école primaire. D'autres titres suivront comme Et si on écrivait un livre et Parle moi de mon île. Cette collection était lancée en même temps que de nouveaux manuels de lecture, Azad et Laura, destinés aux élèves de CP réalisés par le vice-rectorat et le CDP qui introduisent une nouvelle méthode de lecture adaptée au contexte local. De fait, hormis quelques ouvrages destinés à un lectorat de touristes, le principal secteur concerné par l'édition à Mayotte est le secteur jeunesse.

Les auteurs de l'archipel

Salim Hatubou, auteur franco-comorien, fondateur de la maison d'édition Encres du Sud, a écrit beaucoup d'ouvrages s'adressant à la jeunesse. La plupart ont été édités en France : que ce soit des contes pour enfants, dans sa propre maison d'édition (28), chez L'Harmattan (29) ou chez d'autres éditeurs (30) et des romans pour la jeunesse (31). Il est d'ailleurs pratiquement le seul à s'être lancé dans ce genre à l'exception d'un ouvrage publié aux éditions L'Harmattan (32) par Saïd Abdallah, d'un autre publié chez Edicef (33) et du dessinateur Mohamed Fahar, qui est d'origine comorienne mais qui ne vit pas dans l'archipel (34). L'un de ses livres, Ali de Zanzibar (illustré par Fred Theys), publié à La Réunion par Orphie en 2008, prix album découverte lors du salon insulaire d'Ouessant de la même année, entraînait le lecteur dans les ruelles sinueuses de Stonetown, la ville de pierres, capitale de Zanzibar, sur les marchés traditionnels et les somptueuses plages de sable fin de Zanzibar. Dans Dimkou et la petite fille, Hatubou raconte l'histoire d'une petite fille abandonnée dans une forêt habitée par "le plus terrible des diables" qui s'appelait Dimkou. Les auteurs, face aux difficultés à se faire éditer, trouvent des solutions alternatives avec des sites et des blogs (35) ou vont se faire éditer dans les îles environnantes. C'est le cas à l'Île Maurice où Abou fit paraître un recueil de poèmes en 1990, Crimailles et nostalgie, mais aussi à La Réunion. Carole Beckett, dans son ouvrage, donne les biographies de quelques-uns dont le talent lui a semblé le plus évident : Abou, Ali Mlinde (qui a écrit en comorien plusieurs pièces de théâtre), Dini Nassur, Patrick Ambdi Keldi ou Abdou Ahamada Mlatamou. Mais le plus connu actuellement est Mab Elhad, surnommé le gendarme - poète. Celui-ci tient un blog (36), a déjà publié un recueil chez Komedit (Kaulu la mwando), fait de la photographie et de la calligraphie. Enfin, le dramaturge Soeuf Elbadawi, fondateur de Washko Inc, structure associative de productions culturelles, a écrit plusieurs pièces de théâtre et publié plusieurs textes (37) et un recueil de poèmes (38).

Mais le statut de l'écrivain dans ce pays amène à des questionnements : "Les auteurs comoriens sont face à un problème qui les dépasse : la complexité du travail d'auteur originaire d'un pays où les gens ne le lisent pas. Je crois qu'il faut écrire sans se soucier du pour qui on écrit, après on fera le bilan. De toute manière, on écrit avec ce qui nous fonde, ce qui nous anime, ce qui nous fait vibrer." (39)

À Mayotte, la production éditoriale du Baobab n'a pas permis de faire émerger un vivier d'auteurs ou d'illustrateurs pour la jeunesse habitant Mayotte, à la différence de ce qui se passe à La Réunion. L'auteur pour la jeunesse le plus important est Vincent Liétar qui a inventé le petit personnage emblématique de bande dessinée, Bao (40) visible, cela a déjà été évoqué, sous la forme d'une planche de BD chaquesemaine dans une revue locale et qui, devenu figure emblématique de l'île, est décliné sous différentes formes : agenda, livres scolaires, tee-shirt… On peut également mentionner Nassur Attoumani, l'un des auteurs les plus prolixes (une douzaine d'ouvrages depuis 1993) qui vit à Mayotte où il est fonctionnaire, bien qu'il soit né à la Grande Comore. Sa pièce de théâtre, Le Turban et la Capote a déjà été adaptée sous forme de bande dessinée, ce qui lui permet de toucher à beaucoup de genres littéraires.

Les langues dans l'archipel

En dehors du comorien (le shikomor), trois variantes vernaculaires sont utilisées dans le pays : shingazidja en Grande Comores, shindzuani à Anjouan, shimwali à Mohéli. Cette situation pose problème : "Il n'existe hélas pas de shicomori officiel, pourtant, dès 1976, à l'initiative du président Ali Soilihi, une tentative de modélisation de la langue, tenant compte des différences entre îles, à vu le jour dans les trois îles indépendantes. Mais souvent les instituteurs enseignant en shicomori ont poursuivi "à leur sauce" sur bien des aspects de la langue. Depuis, de nombreux travaux ont été entrepris notamment par l'Inalco." (41) La langue française reste minoritaire chez les Comoriens : environ 7 % de la population selon le dernier rapport de l'OIF. Cet aspect diminue, de fait, le nombre potentiel de lecteurs des ouvrages édités par des auteurs comoriens écrits majoritairement en français. D'un autre coté, la langue et la culture comorienne sont souvent rejetées par les jeunes générations très sensibles aux influences étrangères (42) et qui truffent leur langue maternelle de mots et d'expressions en français. Sur le plan de l'écrit, les lois sont rédigées et promulguées en français seulement. En matière de justice,les documents écrits sont massivement en français. Les documents administratifs comme les actes de vente, les formulaires d'emploi, etc., continuent à être rédigés uniquement en français.

À Mayotte, le français est langue officielle. Ce qui pose problème puisque seuls 35 % des Mahorais la maîtrisent. Les langues majoritaires sont le shimahoré, une variante comorienne, et le shibushi, un dialecte malgache du sud de la grande terre.

La diffusion dans les quatre îles

L'Union des Comores ne compte que trois librairies pour tout le pays : Au paradis des livres à Moroni, La Bouquinerie d'Anjouan à Anjouan et Librairie du Nord à Mitsamiouli (43). Celles-ci proposent sur leurs rayons plusieurs ouvrages édités par des maisons d'éditions comoriennes de France, en particulier Komedit en 2004 et 2005 (44). Au paradis des livres a bénéficié de trois opérations de soutien à la commande de livres français de la part du Centre National du Livre (CNL) français en 1997, 2002 et 2006. Les librairies restent modestes. La Bouquinerie d'Anjouan, créé en 1994, comptait 6 619 ouvrages en 2002, soit 3 000 titres environ, pour trois personnes à temps plein. La responsable vit à Mayotte et cette librairie constitue plus un engagement en faveur d'un développement du livre dans le pays qu'une réelle source de revenus (45)… Il est vrai que les taxes sur le livre importé sont un réel frein à la diffusion des livres, les Comores n'ayant toujours pas signé les accords de Florence qui permet l'exonération des droits de douane à l'entrée du territoire. En dehors des Comores, le site Mwezinet permet de commander en ligne une partie de la production comorienne. Certains éditeurs comme Komedit ont leur propre site avec possibilité de commande en ligne. Mais les chiffres de vente sont faibles.

À Mayotte, Le Baobab est également propriétaire de la principale librairie de l'île : La Maison du livre de Mamoudzou (les autres ne sont que des points de vente répartis dans les grandes surfaces shopping de l'île). Les éditions Le Baobab sont diffusées en France métropolitaine par Gecko éditions (46), maison d'édition et de distribution créée en avril 2003 et qui s'est donnée pour but de favoriser la diffusion d'ouvrages d'éditeurs régionaux et d'outre-mer. Ceci explique que la production du baobab est assez présente sur le net : sur le site de Gecko éditions, bien sûr, mais également sur le site comorien Mwezinet (47), sur le site réunionnais Livranoo et, encore plus rare, à la Fnac ou chez Alapage.com. Le Baobab est également présent, chaque année, dans plusieurs salons de métropole, dont le salon du livre de Paris, mais aussi au salon du livre de jeunesse de Saint-Denis de la Réunion (La réunion des livres) ainsi que celui de Montreuil.

Lecture publique dans l'archipel

Peu de bibliothèques publiques aux Comores à l'exception de la Bibliothèque Nationale, située au Rez-de-chaussée du bâtiment abritant le Centre National de documentation et de Recherches Scientifiques (CNDRS (48) qui édite également une revue et des ouvrages scientifiques). Les autres bibliothèques souffrent souvent d'un grand état de décrépitude, comme le précise Soeuf Eldabawi : "on ne compte plus le nombre de bibliothèques sans livres créées par ces associations dans les villages ou les quartiers. Des bibliothèques, qui, lorsqu'elles ne sont pas vides, se remplissent des déchets de livres scolaires en provenance de l'humanitaire français, livres qui ne correspondent que trop rarement à nos attentes bien comoriennes." (49) La seule bibliothèque de lecture digne de ce nom est financée en partie par la coopération française, il s'agit de la bibliothèque de l'Alliance franco-comorienne, probablement l'une des plus fournies du pays. Le réseau des dix CLAC financé par l'OIF a une dotation générale moyenne de 2 200 ouvrages dont 70 % concernent la jeunesse. En moyenne, sur trois ans (2002, 2003, 2004), le nombre d'abonnés annuels est de 6284, pour des prêts annuels de 32 736 et une moyenne annuelle d'entrées de 82 569.

À Mayotte, afin de soutenir le développement de l'alphabétisation et de la lecture dans l'île, la Bibliothèque Centrale de prêt voit le jour en 1986. "Les premières actions autour du livre ont eu lieu en 1988, au marché, parmi les étalages de fruits tropicaux et d'épices : c'est ici que se sont inscrits les premiers lecteurs de Mayotte !" (50).Par la suite, l'équipe de la BCP (qui deviendra BDP en 2006) sillonnera l'île avec des caisses de livres pour animer des séances de conte et de lecture. Ces actions "hors les murs" se poursuivront par la suite en bibliobus.

Enfin, en 1996, le bâtiment de la BDP voit le jour, tête de pont d'un réseau constitué aujourd'hui, d'une quinzaine de bibliothèques. À ceci se rajoutent 5 bibliothèques municipales situées dans les localités les plus peuplées de l'île : Choungui, Dembéni, Koungou, Pamandzi et Poroani. L'autre action phare de la BDP est le concours littéraire Naisomé (Lisons ! en shimaoré) destiné à donner aux élèves de 4e le goût de lire. Enfin, en juin 2009, la BDP a organisé le premier festival de bandes dessinées de Mayotte (Festibulles) qui a connu un joli succès.



Le marché dans l'archipel


Dans l'Union des Comores, le marché n'existe pratiquement pas. Selon Soeuf Eldabawi : "Le Comorien n'achetant pas de livre, ces auteurs sont sans visibilité aucune et ne parlons pas de rentabilité. Écrire aux Comores approche du vide." (51) La situation des infrastructures scolaires (52) est catastrophique, entraînant un faible taux d'alphabétisation : 55,4 % de la population (chiffre de 1997). Entre 1997 et 2001, les professeurs de l'enseignement public, non payés, se sont mis en grève indéfinie. Seul le privé fonctionnait. Le système éducatif est hérité du système coutumier (école coranique privée) et du système éducatif français basé sur la gratuité. Pratiquement tous les enfants suivent un enseignement dans les medersas où ils apprennent à lire l'arabe avec le coran. L'enseignement à "l'occidentale" en français, jusqu'au baccalauréat, reste pour l'instant très minoritaire. Le Monde de l'éducation estimait en 2000 à 100 000, le nombre d'enfants inscrits dans les 2 500 écoles coraniques.

De ce fait, les éditeurs ne tirent pas au delà de 1 000 exemplaires.

Le marché mahorais, pour sa part, présente peu de possibilités. L'école n'ayant été rendue obligatoire qu'en 1992 (53), on estime à 35 % des hommes et 40 % des femmes la part de la population encore illettrée et non francophone, en particulier le nombre important de clandestins comoriens qui, souvent ne peuvent envoyer leurs enfants à l'école. Dans un numéro de septembre 2004, Mayotte Hebdo publiait des résultats d'une enquête Ipsos qui illustrait parfaitement ce phénomène : 54 % des Mahorais déclaraient n'avoir jamais ouvert un journal. Tout ceci est accentué par la faiblesse de la population qui, malgré un taux de croissance énorme, atteint à peine 180 000 habitants dont certains vivent difficilement. La structure des échanges entre la métropole et les Dom-Tom ne permet pas de réaliser non plus des gros chiffres de vente à l'extérieur : en 2003, Mayotte a importé de la métropole pour 1 103 000 euros de livres (des manuels scolaires pour la plupart) contre… 6 000 euros d'exportations (54) !!!

Christophe Cassiau-Haurie




1. Moussa Saïd, Guerriers, princes et poètes aux Comores dans la tradition orale, L'Harmattan, 2000.
Cet ouvrage présente l'historique recensé des plus grands textes en prose et en vers de l'île de la Grande Comore.
2. On peut citer, traduits en français :
Marie Françoise Rombi et Mohamed Ahmed-Chamanga, Contes comoriens, CILF-Edicef, 1980,
Mohamed Ahmed-Chamanga, Rois, femmes et Djinns, contes de l'île d'Anjouan - Comores, CILF-Edicef, 1988
Claude Allibert, Contes mahorais, Académie des sciences d'Outre-Mer.
Les deux premiers ont été publiés sous l'égide de l'Inalco.
3. Carole Beckett, Anthologie d'introduction à la poésie comorienne d'expression française, L'Harmattan, 1995, p. 13.
4. Cf. Jean Louis Joubert, Littératures francophones de l'Océan Indien : anthologie, Op. Cit. p. 34.
5. Littérature comorienne : de la fable à la politique [ici]
6. Pour un tour complet de la littérature comorienne, cf. les textes en ligne de Ahmed Aboudou[ici] et Jean Louis Joubert [ici]
7. Carole Beckett, Anthologie d'introduction à la poésie comorienne d'expression française, Op. cit.
8. Livre et enfance à Mayotte par l'équipe de la BDP de Mayotte, Takam tikou, no. 12, 2005
9. Il existe une bibliographie nationale des Comores mise en ligne par l'Inalco : [ici], qui reprend une version papier compilée par Monique Girardin au début des années quatre-vingt-dix.
10. [ici]
11. Extrait du dossier de presse sur Les éditeurs de jeunesse de l'Océan Indien, salon du livre de jeunesse de Montreuil, 2007.
12. Leur catalogue est visible sur [ici]
13. [http://www.kalamudesiles.com/]
14. Les sites Internet de ces éditeurs ainsi que leurs adresses courriel et adresses physique sont disponibles sur Mwezinet :[http://www.comores-online.com/mwezinet/index.htm]
15. Magazine disparu auquel succèdera Upanga en 2009.
16. [http://www.rap21.org/article19350.htm]. La situation décrite date de 2003.
17.[http://www.graphiline.com/index.php?page=article&idnewsarticle=453]
18. Leur site Internet est [http://www.archipel-mayotte.com/]
19. Chiffres communiqués par la BDP à la date du 28 septembre 2006
20. Pour plus d'informations, cf. [http://www.mayotte-annupro.com/index.php?option=com_content&task=view&id=61&Itemid=228]
21. Dés l'âge de la puberté (entre 12 et 15 ans), les garçons sont dans l'obligation de quitter l'habitation familiale, et de construire leur propre habitation, généralement en dehors du village. La construction d'un banga constitue un évènement majeur dans la vie d'un adolescent, car il consacre son entrée dans le monde des adultes et son départ de celui des enfants.
22. Pour en savoir plus sur le parcours du Baobab, cf. [http://www.rosada.net/hpays/litteramahoraise.htm]
23. Benguvu ou le miracle du lagon de Jean Noel Imbert et Pascale Garçia, en 1997.
24. De Christine Colombiès, illustré par Jérémie Guneau.
25. De Charlotte Demanie et Justine Brax. ISBN 978-2-916689-19-7. Publié en 2009.
26. De Anne Ferier et Arnaud Hug. Publié en 2009.
27. De Justine Brax et Régine Joséphine, 2008. ISBN 978-2-916689-12-8
28. Wis, où est passé mon anh-anhan (2001) et Pichou et Michou, promenons nous dans les bois, bilingue (2001).
29. Contes de ma grand-mère (1994), Sur le chemin de Milépvani, je m'en allais (2001), Chifchif et la reine des diables / Shifshif ne m'fawume wahe madim'ku (2004)
30. Chez Flies, Aux origines du monde : Contes et légendes des Comores, genèse d'un pays bantu (2004)
31. Les matins de P'tite Lô aux Comores et Hassanatti, de Mayotte à Marseille, les deux en 2005, L'Harmattan.
32. Saïd Abdallah, ill. de Laurence Poitevin, Trois ruses d'Ibnasya, L'Harmattan, 2003. ISBN 2-7475-3734-X
33. Le chant Djinn, traduction d'un conte comorien, illustré par les élèves de l'école française Henri Matisse et du groupe scolaire Fundi Abdoulhamid de Moroni, Edicef, 2000. ISBN 2-84129-696-2.
34. Dido, Vol. 1, Le trophée d'effroi, Carabas Editions, 2004. ISBN 2351001109, Dido, Vol. 2, L'esprit de la forêt, Carabas Editions, 2006. ISBN 2914203918
35. Le blog des poètes des îles de la lune : [ici]
36. [http://www.mabelhad.com]
37. Dont Moroni Blues ; Chap. II, Editions Bilk & Soul, 2007.
38. Soeuf Elbadawi Une rose entre les dents, un poème pour ma mère, KomEdit, 2008.
39. Nassuf Djailani in "Quel rôle pour les écrivains comoriens ?" [ici]
40. Sur l'odyssée de Bao, je renvoie le lecteur à mon article sur la Bande dessinée dans l'Océan Indien, dont une version est visible sur
[http://www.cnbdi.fr/index.php?opyion=com_content&task=view&1d=536&Itemid=43]
41. [http://www.comores-online.com/accueil.htm]
42. La langue comorienne est elle en voie de disparition ?
[http://www.montraykreyol.org/spip.php?article1383]
43. La joie par les livres, L'édition africaine pour la jeunesse. Décembre 2006.
44. Selon le catalogue des ouvrages vendus par la librairie La bouquinerie d'Anjouan communiqué par leur soin.
45. Sous les bananiers, l'aventure des livres, Marc-Olivier Parlatano, Le courrier (Suisse), 3 mai 2002.
46.[http://www.gecko-editions.com/]
47. [http://www.comores-online.com/mwezinet/index.htm]
48. Leur site est sur [http://www.komedit.com/cndrs_web]
49. "Au pays des livres" [ici]
50. Livre et enfance à Mayotte, Op. Cit.
51. Au pays des livres, Op. Cit.
52. Cf. Article de Jean Luc Clouard dans Le Monde de l'éducation de novembre 2000.
53. Sur le rapport des instituteurs mahorais à la langue française, voir Thierry Gaillat, "Instituteurs mahorais et langue française : une relation singulière" in L'éducation et la formation dans les sociétés multiculturelles de l'Océan Indien, Karthala, 2004.
54. Source SNE / Centrale de l'édition

Cet article a fait l'objet d'une première parution dans le N° 19 (juin - juillet 2011) de la revue Interculturel francophonies, "Les Comores : une littérature en archipel."

Erstein
Août 2010 - novembre 2011



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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 14:19

La 2e Edition du Grand Festival des Arts, de la Culture et de la Gastronomie Comorienne de Domoni Anjouan Comores aura lieu du 1er au 15 juillet 2012. Domoni Anjouan, Première ville Culturelle de l’Archipel de la Lune. Une invitation à toute la communauté mondiale de venir sur Anjouan Comores pour danser et déguster nos valeurs. Le Festival de Domoni Anjouan de l’Art, de la Culture et de la gastronomie comorienne prépare une 2e édition surprenante, interactive et bien sûr festive du 1er au 15 juillet 2012. Tout ce qui est d’Art s’étendra sur les de la ville de Domoni Anjouan ainsi qu’à la maison Domoni et accueillera une centaine d’artistes-exposants et performeurs également des concerts sur la musique comorienne. Le FACGC livre un premier aperçu de sa programmation avant son dévoilement officiel : Pour sa 2e édition, sous le haut patronage du président de l’Union des Comores et du gouverneur de l’ïle d’Anjouan, le FACGC met l’accent sur l’implication et la diversification de son public en favorisant les interactions entre visiteurs et artistes. Ainsi, les visiteurs auront l’opportunité de contribuer à une œuvre collective en compagnie des artistes reconnus du collectif EN MASSE, de prendre part à des Expériences Contemporaines, de voter pour leur artiste préféré et bien sûr de prendre possession d’une œuvre d’art. Le tout nouveau bureau installé aux seins de la maison Domoni Culture proposant une exposition spécialement conçue pour toutes les catégories, les enfants de 7 à 77 ans à visiter la collection des différentes photos des anciens sultans de l’archipel et des hommes qui ont fait l’histoire des Comores. Bien sûr sans oublier que Domoni Anjouan reste jusqu’alors la première ville culturelle de l’archipel, l’art et la musique sont au rendez-vous et durant les deux semaines de festivités prévues en début du mois de juillet prochain, des galeries éphémère compte déjà sur la participation d’artistes réputés tel que les meilleurs chanteurs du temps des orchestres légendaires des Comores, Assmin Band, Mahabou, Assmumo, Saif El Watan, Joujou des Comores… Les après-midi du FACGC seront aussi animées par la réalisation de « plusieurs chants et danses culturels » dans les places déjà réservées pour accueillir les activités. La presse comme Radio Domoni Inter s’organise à émettre en direct toute la durée du festival afin que même la diaspora qui est sollicitée parmi les sponsors à suivre le déroulement depuis l’étranger. Une édition haute en couleurs qui réserve encore bien des surprises…

Naouir Eddine Papamwegne http://www.reunionnaisdumonde.com/spip.php?article5306

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 11:47

MAB Elhad nommé Coordinateur National de la Sûreté

et de la sécurité aéroportuaire.

 1-AIMPSI-MAB-Elhad-coordinat-sursecu-copie-3.jpgPrécédemment Préfet du centre, puis  Conseiller en sécurité du Gouverneur de l’île autonome de Ngazidja et du Ministre de l’Intérieur et de l’Information, Le Lieutenant  retraité de la Gendarmerie   nationale, se voit promu à des nouvelles fonctions à l’AMPSI, en qualité de Coordinateur National de la Sûreté et de la Sécurité aéroportuaire par décret n°12- 106/ PR en date du 17 Avril 2012.

 

ABDEREMANE BOINA FOUMOU Mohamed de son vrai nom ; mais connu sous son nom de plume  de MAB Elhad, (le Poète et artiste calligraphe), revient à ses premiers amours professionnels, en l’occurrence les milieux de la sûreté et de la sécurité. L’homme n’est pas un inconnu du milieu aéroportuaire, pour avoir servi de 1993 à 1995, comme adjoint au Commandant de la Brigade de Gendarmerie Territorial Aéroport (B.G.T.A) à l’aéroport internationale Prince Said Ibrahime. Cette nomination  fait de cet officier de réserve (22ans de carrière sous les couleurs de la Gendarmerie), la 4ème personnalité qui se voit confier  la gestion de la sûreté aérienne et de la sécurité  aéroportuaire  au niveau national.

 

En effet Ce fut Mme Kader Nadia Aboubacar, qui fut la première femme civile, ayant occupé ce poste avant d’être remplacée par le Commandant Zarouk, puis Monsieur Hatim Ahmed Nadhir à qui MAB Elhad vient de succéder à ce poste.

 

Crée pour palier aux problèmes régionaux, liés à la décolonisation  du tiers monde, la mission de sûreté des transports aériens vient de se greffer à celle de la sécurité pour faire mettre les gardes fous face aux problèmes politiques ou sociaux fréquents dans certaines régions (tels que le terrorisme, les attentats, le comportement suspect de certains détraqués mentaux et la pénétration des produits prohibés). Ainsi le nouveau coordinateur a la lourde tache de superviser les missions des trois coordinateurs inter-îles afin de satisfaire les caractéristiques de prévention des risques et des actes malveillant au détriment de la sécurité des vols, et le transport des passager. Contacté par nos soins, MAB Elhad nous a confirmé sa nomination et à la question des priorités qu’il entend envisager dès sa prise de fonction, il nous a répondu qu’il ‘’estime nécessaire de se concerter avec sa hiérarchie, afin de se conformer aux recommandations du Comité National de l’Aviation Civile qui s’est réuni le 22 mars dernier, et apporter sa modeste contribution afin de repenser ses deux domaines de compétence, en  accompagnant les efforts des coordinateurs des aéroports insulaires ; afin d’améliorer  les équipements et redéfinir la formation spécialisée des agents de la sûreté et de la sécurité aéroportuaire et qui constitue l’un des soucis du Directeur Général de l’AIMPSI. Ceci afin de renforcer les mesures de contrôle visant la sûreté du transport aérien, conformément à L’annexe 17 de l’OACI à la Convention de Chicago, relative à l’aviation civile internationale’’.

 

 

 

 

1-AIMPSI-MAB-Elhad-coordinat-sursecu-copie-2.jpg

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 11:20

1-AIMPSI-MAB-Elhad-coordinat-sursecu-copie-1.jpgMAB Elhad nommé Coordinateur National de la Sûreté  et de la sécurité aéroportuaire.

Précédemment Préfet du centre, puis  Conseiller en sécurité du Gouverneur de l’île autonome de Ngazidja et du Ministre de l’Intérieur et de l’Information, Le Lieutenant  retraité de la Gendarmerie   nationale, se voit promu à des nouvelles fonctions à l’AMPSI, en qualité de Coordinateur National de la Sûreté et de la Sécurité aéroportuaire par décret n°12- 106/ PR en date du 17 Avril 2012.

 ABDEREMANE BOINA FOUMOU Mohamed de son vrai nom ; mais connu sous son nom de plume  de MAB Elhad, (le Poète et artiste calligraphe), revient à ses premiers amours professionnels, en l’occurrence les milieux de la sûreté et de la sécurité. L’homme n’est pas un inconnu du milieu aéroportuaire, pour avoir servi de 1993 à 1995, comme adjoint au Commandant de la Brigade de Gendarmerie Territorial Aéroport (B.G.T.A) à l’aéroport internationale Prince Said Ibrahime. Cette nomination  fait de cet officier de réserve (22ans de carrière sous les couleurs de la Gendarmerie), la 4ème personnalité qui se voit confier  la gestion de la sûreté aérienne et de la sécurité  aéroportuaire  au niveau national.

 En effet Ce fut Mme Kader Nadia Aboubacar, qui fut la première femme civile, ayant occupé ce poste avant d’être remplacée par le Commandant Zarouk, puis Monsieur Hatim Ahmed Nadhir à qui MAB Elhad vient de succéder à ce poste.

 Crée pour palier aux problèmes régionaux, liés à la décolonisation  du tiers monde, la mission de sûreté des transports aériens vient de se greffer à celle de la sécurité pour faire mettre les gardes fous face aux problèmes politiques ou sociaux fréquents dans certaines régions (tels que le terrorisme, les attentats, le comportement suspect de certains détraqués mentaux et la pénétration des produits prohibés). Ainsi le nouveau coordinateur a la lourde tache de superviser les missions des trois coordinateurs inter-îles afin de satisfaire les caractéristiques de prévention des risques et des actes malveillant au détriment de la sécurité des vols, et le transport des passager. Contacté par nos soins, MAB Elhad nous a confirmé sa nomination et à la question des priorités qu’il entend envisager dès sa prise de fonction, il nous a répondu qu’il ‘’estime nécessaire de se concerter avec sa hiérarchie, afin de se conformer aux recommandations du Comité National de l’Aviation Civile qui s’est réuni le 22 mars dernier, et apporter sa modeste contribution afin de repenser ses deux domaines de compétence, en  accompagnant les efforts des coordinateurs des aéroports insulaires ; afin d’améliorer  les équipements et redéfinir la formation spécialisée des agents de la sûreté et de la sécurité aéroportuaire et qui constitue l’un des soucis du Directeur Général de l’AIMPSI. Ceci afin de renforcer les mesures de contrôle visant la sûreté du transport aérien, conformément à L’annexe 17 de l’OACI à la Convention de Chicago, relative à l’aviation civile internationale’’.

                                                                                                  HALED A BOINA

                                                                                               La Gazette Des Comores  

 

 

 

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 09:23

1-mab-elhad.JPGMes Articles à la Gazette

 

 

C'est avec plaisir que je vous fais partager quelques uns de mes anciens articles parus articles parus dans le quotidien '' La Gazette Des Comores'' (L.G.D.C) au cours des années passées. Ces articles vous permettront de poser un regard nouveau sur l'évolution de la scène socio culturelle des Comores .
Au plaisir de vos réactions, bonne lecture .  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Exposition : Un artiste peintre de la dimension mythologique

 

Professeur titulaire d’Histoire  et Géographie de son Etat, Soulé Ali peint, par amour des couleurs et pose un regard révélateur de la mythologie comorienne, dans ce qu'elle a de sorcellerie et d'emblèmes. L'ensemble de l'œuvre qu'il expose du 4 au 15 janvier 05 à l'A.F.C de Moroni, en dit long sur nos croyances partagées entre convictions  musulmanes et pratiques animistes.

 

Une peinture donc à dominance fantastique et fantomatique, dont le titre " Upenzo wa matso " (plaisir des yeux) ne laisse personne indifférente, puisque ce titre à lui tout seule invite les regards des visiteurs à voyager avant de s'interroger sur la dimension fantastique  de ces îles de la lune, métissé par une descendance bantou et une culture arabe.

Soulé Ali, professeur d'Histoire Géo, a procédé le  4 janvier 2005, au vernissage de son exposition à l'Alliance Franco-comorienne de Moroni, où une trentaine de ses amis et passionnés d'Art plastiques ainsi que la presse, ont répondu à son invitation. Comme dans ses habitudes, le Prince Said Ali Kamal qui s'intéresseaux activités  culturelle. Trois discours ont été faits, pour la circonstance,  d'abord celui de Jérôme Gardon,  nouveau Directeur de l'A.F.C récemment nommé, qui a pris la parole pour présenter l'exposition et d'ajouter que “c'est la deuxième manifestation auquel il a eu l'honneur d'inaugurer depuis qu'il est là”. Ce dernier n'a pas manqué de souligner les changements qui  vont s'opérer au sein des Alliances Franco-comoriennes, avant de céder la parole  au Président de l'A.F.C sortant,  Dr. Ouled, qui après avoir appuyé les propos du Directeur en affirmant que ces changements ont commencé avec les nouveaux livres à caractères scientifiques et destinés plus particulièrement aux étudiants des universités, a lancé un appel aux membres de l'alliance à répondre présent aux élections du nouveau bureau de l'Alliance qui a été rapporté à 15 jours, le quorum n'ayant pas été atteint. Il finira par parler du parcours artistique de Soulé Ali qu'il a qualifié de '' de vieux de  la veille '' et  finira par un récapitulatif du parcours  de l'artiste plasticien.

 

 

Entre Upenzo  et Upezo ?

 

En guise  de titre, à cette sixième  exposition individuelle, Soulé Ali originaire de Moroni à justement choisi ''Upenzo wa matso''(plaisir du regard) que l'artiste traduira par '' un coup d'œil, un regard rapide'' dans le sens de '' Upezo  wa matso'' Nous pourrions comprendre qu'entre l'adjectif de '' Upenzo '' terme swahili et ''Upezo''du comorien,  l'essentiel réside dans le plaisir d'un regard rapide sur l'essentiel de l'œuvre que nous a présenté l'artiste  plasticien autodidacte,  comme s'il voulait  sous entendre que Upezo wa matso n'est en fait que la suite de son exposition de l'année dernière en ces mêmes lieux '' Vision 2'', une continuité dans cet art abstrait cher à Soulé Ali qui continu de nous faire découvrir ses talents d’historien:  la géographie du  conte des milles et un mystère des îles de la lune, une terre pétrie dans des moeurs et coutumes d'une tradition orale qui vague à des histoires de Djinns.

 

La complexité de ces îles fait que de croyance musulmane,  de ses habitants  les pratiques toutes sortes  d'activités animistes allant de la sorcellerie (gris gris, et autres jeux de sort)  au fétichisme. Comme l'exprime si bien ce tableau '' Moulidi ou encore Dadilahé et poupée anjouanaise'' faite de toiles sur lesquelles sont apposé des écorces de cocotiers.  Tout un surréalisme africano - arabe auxquelles nous invitent les tableaux fixés sur la cimaise de l'A.F.C de Moroni  avec à première vue une dominance de l'élément mystique par des formes disproportionnés dans ce qu'ils ont de géométrique et de reliefs.

 

C'est ainsi que ses lignes, rectangles et demis cercles s'enlacent pour donner formes, comme dans ce tableau '' poupée anjouanaise'' à cette force des images qui finissent par donner un sens à la dimension fine et qui ramène l'imagination à cette expression proche du cubisme, que l'on retrouve dans ce regard  hâtif de  couleurs chaudes et fauves, ou alors dans certains de ses tableaux  à caractères figuratifs tels que '' Chiromani; danse traditionnelle (Igwadu) ; en revanche, les couleurs qu'empreinte Soulé Ali deviennent beaucoup plus tendre  et calmes, quand ses pinceaux se promènent dans les '' ruelles '' de la médina, pour des couleurs lumineuses du ''paysages'' ; ou de '' la danse du pilon (Wadaha)''; etc….du reste de ses œuvres donc, émane un sentiment de nostalgie qui semble ramener l'artiste  vers le réalisme moderne qui tend à éviter de poser des soucis à la mémoire d'où ses toiles devant lesquels  l'œil n'aura pas de mal à reconnaître l'endroit ou la personne.

 

Bref,  Soulé Ali peint le reflet de cette pensée des esprits de la nuit face à la lumière du jour.  

 

Haled A Boina 

 

L'Auteur de " l'Interview d'un macchabée " à Moroni

 

Après trente années passées sans venir à son lieu de naissance , Nassure Attoumani, nous revient pour présenter l'un de ses chefs d'œuvres aux Comoriens. Né à  Moroni le 05 mars 1954, Nassure Attoumani est connu de la scène littéraire et théâtrale pour l'ensemble de son œuvre (au nombre de 07 livres ) déjà édités dont ''Interview d'un macchabée'' qui a été primé au Concours Littéraire de l'océan Indien en 1999 et récipiendaire en 2004 du meilleur roman de l'océan indien pour son oeuvre inédite '' Mon mari est plus qu'un fou ; c'est un homme''.   

 

Ceux qui le connaissent, ont de lui, l'image d'un provocateur avec son casque blanc de colon sur la tête, qu'il se trouve sur l'île de Mayotte ou à Moroni, Nassur est toujours le même, avec la gaieté sur le visage. Humoriste de talent, ce passionné de théâtre fréquente les planches de la scène théâtrale depuis 1985 même si ce n'est qu'en 1992, qu'il a fondé sa première troupe de théâtre ''M'kakamba/ Arc en ciel'' avant de publier en 1992, son premier livre '' la fille du polygame'' la première pièce de théâtre publié par un comorien, suivi plus tard par son premier roman '' Le calvaire des baobabs ''.

 

'' Entre les mailles du diable ''une pièce qui fait grincer des dents la justice.

 

Du 1er au 08 Janvier 2005, le dramaturge comorien séjourne avec sa troupe ''M'kakamba'' pour  quelques représentations de sa dernière création " entre les mailles du diable. Qui va paraître en 2005.  Cette quatrième pièce qui est l'auteur de plusieurs satires dont : '' la fille du polygame ; le turban et la capote ; et  interview d'un macchabée'' nous présentera l'histoire d'une erreur judiciaire portant sur une affaire de mœurs.

 

Le drame d'un  enseignant accusé par son ancien élève de l'avoir violé alors que le rapport du gynécologue montre que la fille a toujours était vierge après son agression. L'enseignant sera innocenté par le gynécologue mais aussi par l'expert psychologue qui prouvera dans son rapport qu'en faite l'élève n'est qu'un mythomane, que dénonce Attoumani dans ce chef d'œuvre en neuf tableau et une heure où la justice elle-même sera mise à mal.

 

La réplique de cette satire est donné  par six comédien bien connu à Mayotte, en l'occurrence il s'agit de Nabé (Ahamada Ibrahima) dans le rôle du Président du tribunal, Alimdine Ali procureur de la République, Fatima Ibrahim l'avocate du demandeur, Alyachourt Abdourahamane  dans le rôle de l'accusé, Souraanta Andjili la plaignante et Nassure Attoumani metteur en scène et avocat  du défendeur.

 

Cette satire a connu un succès à Mayotte où  dix sept représentations ont été donné. Cette troupe qui a déjà connu les planches des théâtres de   l'île de la Réunion puis la métropole vient de faire sa première tournée à la grande Comores. Avant de repartir pour Mayotte ce samedi 8 janvier 05.

 

Nassur Attoumane  s'est toujours baigné dans  le théâtre populaire, inspiré de faits réels même si comme dans le cas de cette dernière satire intemporel  '' toute ressemblance avec la réalité comorienne n'est pas fortuite'', n'oublions pas qu' en ce moment, Moroni traverse une psychose portant sur des enfants fictivement enlevés.

 

Il n'est pas rare que dans notre pays ces genres d'accusations soient porté devant les tribunaux. Si ce n'est pas un pédagogue accusé c'est souvent le maître  d'école coranique ou un proche de la famille, et nous connaissons le reste de l'histoire.

 

Par contre pour une fois le dramaturge comorien qui est lui-même un ex- enseignant et chef de famille se fait l'avocat du corps enseignant. Nous connaissons beaucoup de chanteurs comoriens  qui ont dénoncé cet état de fait.

 

Nassure  Attoumani qui est actuellement Directeur de la Maison des jeunes et des cultures de Sada compte saisire l'opportunité pour voir les perspectives d'échanges qui peuvent être envisagé entre les services culturels de Moroni et sa région.

 

C'est grâce la Régie culturelle de Mayotte, et grâce aux  concours conjugués de Chihabiddine Abdallah et le Délégué à la Culture de N'gazidja Sast que ce séjour a puis voir le jour.

 

L'ensemble de mon œuvre a pour souci de faire connaître nos îles et Mayotte en particulier à travers l'œil de l'autochtone. On le retrouve dans le roman, dans le conte essaies, les nouvelles, c'est diversifier mon écriture ; un recueil de mes nouvelles autobiographique sortira au premier semetre 2005 à Choungui éditions, mais aussi " le turban et la capote " va être réédité puis j'ai d'autres projets en vue tels que la sortie prochaine d'un C.D intitulé " Ika yilala " ''nous dira  Nassur Attoumani..  Le contenu de l'ensemble de son œuvre fait qu'à Mayotte le père de '' la fille du polygame'' n'est pas prophète en son pays. Heureusement son éternel casque colonial  lui sert de bouclier contre les médisances  et autres calomnies  qu'il affronte quotidiennement sans état d'âmes.    

 

 

H A B Elhad

 

 

 

 

 

 

BIOGRAPHIE : Soulé Ali  est né, vit et travail à Moroni-Hadoudja en grande Comores. Professeur d'Histoire et géographie, Soulé Ali est un artiste plasticien -  autodidacte.

 

Son travail semble influencé par une tendance, accès vers des recherches dans l'espace mystique comorienne, dont il côtoie à l'aide de ses pinceaux et de sa palette.

JALON :

 

'' Entre Cubisme et expressionnisme abstrait aux couleurs comoriennes ''

 

Si sa  1ère  exposition de peinture  date à 1983,à la Chambre de Commerce de Moroni, son travail sera couronné de plusieurs prix et ses succès sur la scène artistique seront prouvé par :

 

-le 1er prix d'affiches d'alphabétisation en 1986 

-le  1er prix du Concours d'expression artistique de 1987,  

-3ème prix de la foire nationale en art plastique du CNAC de Bandamadji.

 

Dance traditionnelle ''

 

De 1984 à 2003 Soulé Ali a exposé individuellement 05 fois et 13 fois en groupe à différents endroits tels que : le CASM (Centre d'Action Social de M'tsangani) aux CLAC (Centre de Lecture et d'Actions Culturelles) d'Iconi, au CNAC (Centre National de l'Artisanat Comorienne)  à l'Alliance Franco - Comorienne de Moroni, aux îles  d'Anjouan,  de Mohéli, de  la Réunion et de Maurice ;mais aussi à Marseille.

 

Sorcellerie de Soulé Ali     '' Dans Upenzo wa matso''

du  04 au 15 janvier à l'A.F.C de Moroni

 

 

 

 

Medass

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Alliance Franco Comorienne

Modali décore le théâtre par l'abstrait

Après une carrière féconde dans l'art de la peinture, Mohamed Ali dit Modali artiste plasticien, fait son entrée sur la scène théâtrale comorienne le Mercredi 15 et le vendredi 24 /11/2000 avec "KUTU- KUTU" sa première pièce entièrement conçu comme ses tableaux.En effet l'artiste range sespinceaux et arpente les planches du théâtre de l'A.FC. La Gazette des Comores a assistée pour vous à la générale.

Écrit et mis en scène par le plus grand peintre comorien, "kutu-kutu" est un conte né d'une part de poésie et dans lequel le songe, côtoie la réalité, qui invite le spectateur à partir vers le monde de l'abstrait à la recherche de M'haza cette femme imaginaire devenue la figure centrale de la pièce et dont les trois acteurs nous apprendront à connaître sans jamais la voir.

Dans kutu-kutu, l'abstrait tutoie des lieux connus comme "Nyamavi", "Djivani", et le "Sambé de la joie" rivalise avec "la danse des oiseaux" ; puis né le doute, et le spectateur de se poser la question (de croire ou ne pas croire le monde) des djinns, puisque l'ombre de "Djini bahari et Bwondé Souli " est omniprésente dans la salle. Alors interviennent les percussions et des chants oubliés du commun des Comoriens, mais venus du plus profond des contes tels que "Nanambiwa" ou alors "Soufa gwaridé Mna mhaza kusisi wo upatu wa fedha nadja nahulaulia !"

Cette nouvelle formule du théâtre à la comorienne, rentre au répertoire pour la première fois ce mercredi 15 Novembre 2000 à l'Alliance Franco-comorienne et sera jouée par le trio Djamal, Fofana et Sanblague connus pour leur amour de la.scène, et qui ne manquent pas de nous
fasciner par leur extraordinaire concentration, digne d'un grand maître.
Tous méritent les applaudissements du publique qui sera certainement ému par cet art de transformer le conte comorien.

Et en quittant la salle, la tête pleine de rêves, chacun de nous aura le loisir d'interpréter à sa manière, ce conte à travers les âges et le temps à la recherche d'une M'haza perdue.

Quand à Mohamed Ali il nous dira tout simplement c'est la première fois que j'aborde ce genre, reconnaît-il. Mais j'ai surtout voulu prouver que le Comorien est capable de s'inspirer de nos contes et légendes pour créer au lieu de jouer des répertoires qui ne nous ressemblent pas, d'ailleurs ajoute-t-il, la vie de tous les jours est un forme de scénario.

Quant aux costumes et aux décors c'est encore lui qui les a conçus comme dans Masihu na M'tsana de Mohamed Zéine. Pour un début c'est un coup de maître, bravo !

MAB Elhad

La Gazette des Comores n° 65 du jeudi 2 novembre 2000, p. 8.

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Haled A. Boina. Pour des plus amples renseignements contacter Bouquinerie d'Anjouan au 71.10.92 ou isamed.moha@wanadoo.fr. Mohamed Chanfiou ...
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Une autre opportunité pour la promotion de la culture comorienne sous toutes ses formes. Ne perdez pas de temps: adressez vos poèmes à Haled A.Boina, ...
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Propos recueillis par Haled A. Boina. -------------------------. Courrier des lecteurs. Lettre des enfants Mansoib au Chef de l’Etat ...
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Haled A. Boina. Chronique cinéma. Mounir Allaoui. Réalisation :. Abdou rassoul. Assistante :. Kourachia Youssouf. Dépôt légal. N°0119. Imprimerie : ...
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Haled A. Boina. Zaharia Said, organisateur du tournoi féminin. “Les perspectives sont prometteuses”. A déclaré Zaharia Said, co-organisateur du dernier ...
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Published by MAB Elhad - dans Divers culturels
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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 11:38

Lecture-scenique-110.jpg

Ma première approche avec ce ‘’revenant’’ (mort en 1978, et enseveli dans la poussière de l’histoire, piétiné par les pas du désespoir, à l’annonce du coup d’État qui a mis fin au règne  du pouvoir révolutionnaire et mettant fin à la vie d’Ali Soilih)  était  d’abord virtuelle. Je me retrouvais à l’île de la Réunion en Mai 1993, pour  une formation de Commandant de la Brigade de  Recherches. Mon encadreur  en Police Technique et Scientifique, le Gendarme Prévost, connaissant mon goût prononcé pour la poésie, m’a ramené un livre  dont le titre ‘’Palangana’’, était écrit par un Comorien du nom de Saindoune Ben Ali,  et publié par l’Association des écrivains de La Réunion. ‘’ADER’’.Cela m’a surpris d’abord parce que ce mot n’avait rien de comorien mais plutôt du malgache d’une part, puis d’autre part je n’avais jamais entendu parler d’un poète comorien à part  Mbaé Trambwe et Aboubacar Said Salim en Gde Comore, et sur l’île d’Anjouan un jeune de la famille Dossar actuellement en France.

‘’Palangana’’ n’est en faite qu’une compilation constituant les rives d’une rêverie d’enfance. Plus tard l’auteur me dira que cet œuvre, n’est que ‘’l’illustration qu’une littérature n’a aucun sens s’il ne véhicule pas des utopies‘’.Depuis son écriture m’a émerveillé. Alors débute 
quelques recherches qui m’apprendront aussi que sa première œuvre‘’
Les ruelles d’embats’’publié par l’INE (Institut Nationale de l’Education) d’Anjouan en 1986  fut une évocation douloureuse sur son grand père paternelle qu’il n’aura connu qu’à peine 2 ans. Ses premiers écrits furent donc tout d’abord soufis à la manière des kassuda. au croisement du bien fait divine et le sacré. Par contre je n’ai pas connu l’autre recueil, ‘’Les ombres de Koni’’ publié par la maison de la poésie de Paris. Quand le Testament
de transhumance est sorti, qu’elle a été ma souffrance dès ma première lecture d’apprendre au travers de l’avant propos, que Saindoun « est mort en 1978, piétiné par la foule carnavalesque, à l’annonce du coup d’État qui a mis fin à la vie d’Ali Soilih ». ? ! Donc je n’allais pas le rencontrer ? La pesanteur d’une telle pensée tuait à son tour, cette envie de lire cette poésie posthume. Cependant je me suis repris du choc ressenti et la lecture qui s’en suit m’apparu d’un approche difficile. Certains mots avaient un sens que je n’arrivais pas à cerner, par contre le rythme adapté par l’auteur, son style, sa thématique et l’esthétisme ont retenu mon attention, me poussant à aller jusqu’au bout. La recherche sur l’auteur et son temps m’emmena  à pénétrer l’œuvre pour comprendre cette mort symbolique. J’ai fini au fur et à mesure que j’évoluais dans le contexte de l’époque  ou l’auteur s’est inspiré,  à comprendre qu’en faite ‘’Testament de transhumance’’ était poético politique. J’ai cru comprendre que l’auteur était Soilihiste pour avoir descellé, une célébration tragique et lyrique de Saindoune Ben Ali sur la révolution culturelle que j’ai aussi connue, et la disparition du Mongoze. J’ai conclu de fait que l’œuvre revenait des fonds de l’histoire emporté vers les rivages par les vagues des oscillations chaotiques rejetant sur la plage du temps, les refoulements dû à ces rêves brisés et cet engagement probablement , à un homme auquel l’auteur s’estimait redevable. Le questionnement du débat charnel entre l’expression proprement dite, et les circonstances qui ont poussé Saindoune à une telle métaphore, a fait jour en moi. J’estimais de surcroît que Saindoune se cherchait une voie. En lisant ce chef d’œuvre, après avoir pris du recul par rapport au passé, je constate que  Saindoune, lisait dans le temps pour prédire l’avenir ; et projetait son regard de poète, sur notre époque. Pour preuve, qui aurait cru que l’actualité des kwassa-kwassa, ces vedettes à la dérive sur les mers de l’eldorado Mahorais, était prévisible dans son livre ? Saindoune se sert d’une écriture pour peindre la révolte contre les empêcheurs de tourner en rond. Il s’approprie la douleur de tout un peuple pour la faire sienne. D’où cette impression d’exorcisme qui apparaît en filigrane dans ces mots contre cette violence continuellement dirigée sur  le peuple et le pays. L’assassinat du chef de l’Etat d’Ali Soilih semble pour lui une rupture avec l’espoir d’un avenir meilleur.
 

 Depuis j’ai commencé à me faire des idées et un portrait préconçu de la personne. En effet, en 2000, alors que nous préparions le Festival International de Poésie Itinérant en Afrique (FIPIA), nous aurions beau cherché à le joindre en vain. Saindoune Ben Ali est difficile à cerner, déroutant, inclassable. J’ai  donc continué à croire que ce grand poète comorien était à l’image de mes préférés. Je l’imaginais à la carrure d’un Boris Gamaleya, d’un Mallarmé ou d’un Aragon. En tout cas dans ma tête il illustrait assez bien ‘’ L’Albatros’’ de Charles Baudelaire dans les fleurs du mal. Mais lui, ses références ne sont pas non plus aussi simples : des auteurs à l’instar de René Char, et Yves de bonne fois. Et le jour que je lui ai dis qu’il illustre mieux l’Albatros il m’a répondu qu’il se voit plutôt comme le corbeau d’Edgar Allan – Poe.  
 Lecture-scenique-121.jpg

            Je me suis dit alors que l’homme est à l’image de son dernier chef œuvre, difficile d’approche.  Je le croyais hautin et imbu de sa personne, ce qui l’aurait conduit à devenir hermétique, à rechercher le silence et la solitude.
 
            Puis vint notre rencontre. Sur invitation de la Librairie d’Anjouan, je me suis retrouvé à Mutsamudu aux côtés des écrivains comoriens venant de tous les horizons. C’est là que j’ai rencontré cet homme qui n’est en fait que le contraire de ce que je pensais de lui. C’est plutôt un homme de dialogue que j’ai découvert. Notre rencontre a fini par me faire comprendre que ce talent immense et authentique, son regard posé sur le vide, exprime le côté antagoniste de l’homme de lettres qu’il est. Je le croyais Soilihiste alors qu’il ne l’a jamais était. D’ailleurs il le dénonce dans le testament de transhumance, Karo ‘’ le pas ‘’ qui  traduit le désespoir de bon nombre de comoriens qui aspiraient et s’aventure toujours, hanté par cet horizon alléchant. C’est cette tragédie que les Comores connaissent depuis l’indépendance du pays  hier pour fuir le pouvoir d’Ali Soilih et aujourd’hui à la recherche d’un avenir meilleurs.
 Je le prenais pour un hermétique et je l’ai découvert bon vivant, homme de dialogue jusqu’à l’engagement politique. Mais toujours est-il  que ses yeux  hagards et rougis expriment un sentiment de révolte et d’une insatisfaction. Comme si les déboires de l’histoire font le pouvoir de l’écriture ? A l’entendre, j’ai compris qu’il est venu


            

 à l’écriture par un état d’esprit sur la culture, la société qui l’on emmené à prendre la plume. Comme si cet enfant de maçon et d’une couturière cherchait  à dépoussiérer la mémoire enfoui de tout un peuple,  à coudre les lambeaux d’une histoire de ce peuple, auquel il porte les cicatrices dans son écriture.
 
 Et je reviens à l’éternel question que se pose bon nombre de ses lecteurs, Serait il possible que le déclin du Soilihisme ait tué l’inspiration du poète de l’Histoire, sinon à quand le prochain recueil ?
                                                           
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