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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 10:24
La sincérité poétique d'Aboubacar Said Salim www.editions-coelacanthe.com Article de Faissoili Abdou dans Alwatwan Avec Mutsa mon amour, paru le mois dernier aux éditions Cœlacanthe, Aboubacar Said Salim, signe un recueil de poèmes qui pose sur les choses du monde, de la région sud-ouest de l’océan indien, de son pays l’archipel des Comores et sur les êtres qui comptent à ses yeux, un regard où se mêlent l’amour, l’admiration et la dénonciation. Ce recueil regroupe des poèmes qui étaient publiés il y a longtemps et des nouveaux. Selon l’auteur le titre Mutsa mon amour, qui est en fait un hommage à la ville de Mutsamudu à Anjouan, a été choisi pour des raisons esthétiques et patriotiques. « Nous sommes souvent les écrivains ou les poètes de nos îles respectives ou même de nos régions. Je voulais rompre avec cette habitude, et n’étant ni d’Anjouan encore moins de Mutsamudu de par la naissance, je le suis de cœur », confie Aboubacar Saïd Salim qui est né à Moroni. Le chef lieu de l’île d’Anjouan où le poète a vécu pendant quatre ans a, ainsi, droit à trois poèmes qui lui sont spécialement dédiés : « Mutsa, mon amour », « Mutsa, ma martyre » et « Mutsa ma rebelle ». Les thèmes abordés dans ce livre préfacé par le poète Camerounais, Paul Dakeyo, sont variés. Les mots que l’on retrouve sont tantôt douloureux, tantôt doucereux à l’image des expériences multiples dont l’auteur a vécues. Ils expriment « la révolte contre les inégalités, les mensonges des grands de ce monde et des politiciens », explique-t-il, lui qui dit dénoncer également « la violence préméditée contre des peuples souverains pour des intérêts sordides ». Il met en même temps en exergue « ceux qui ont réussi à garder leur dignité grâce à leur travail et aux efforts de leur gouvernants. C’est le cas de Maurice, l’île voisine des Comores à laquelle j’ai consacré plusieurs poèmes », avance l’auteur. Le ton est donné dès les premières pages de ce recueil de 54 poèmes étalés sur une centaine de pages. Ainsi dans un poème intitulé Je te hais d’amour, l’auteur s’adresse à son pays en ces termes : « Comores tu as fais de nous/ La risée du monde / Tu nous as rendu zinzin / Des vrais patins / Comores, tu as uniformisé nos pensées / Et nos actions ne visent / Qu’à monter au plus haut du mât du pouvoir /Pour arracher cinq vices primordiaux: / Vacuité, vanité, voracité, veulerie, vol». Des vers qui sonnent étrangement comme un écho au mouvement citoyen en cours à Moroni, capitale des Comores, dont on retrouve Aboubacar Said Salim parmi les principaux animateurs…Trois pages plus tard et dans la même veine, dans le poème Ultimatum, on peut lire ceci : « Débout ! Nous sommes là / Pour vous dire/ Assez ! » (…) « Parlons de ce partnership / Qui nous chipe tout ce qu’il peut/ Matière grise et première du sud vers le nord / Comme un aimant !/ Et en contrepartie nous inonde d’armes / De dettes et de larmes ! ». Des mots qui démontrent le franc parler de ce poète, car, soulignons le, garder sa langue dans la poche, Aboubacar Saïd Salim, ne sait pas faire. C’est sans doute son insoumission et son militantisme qui lui ont valu de connaitre les affres de la prison sous le régime des mercenaires. D’ailleurs, une grande partie des poèmes qui figurent dans ce recueil ont été écrits dans la solitude de la prison. « Certains poèmes ont été inspirés par des évènements vécus, beaucoup de poèmes ont été écrits en détention et portent souvent à la fin le terme Boirodjou qui est une fusion du camp Boiro lieu de tortures en Guinée Conakry du temps de Sekou Touré et Voidjou, lieu de tortures aux Comores du temps d’Ahmed Abdallah et des mercenaires », nous confie le romancier. « Pour moi l’écriture est une thérapie contre toutes les agressions de la vie, mais aussi une façon de « se donner à soi » comme dirait Montaigne », confie-t-il en guise de conclusion. Mutsa, mon amour donne l’immense plaisir d’un langage riche, presque gastronomique. A lire et à faire lire…. Faïssoili Abdou 13 mars 2014 La sincérité poétique d’Aboubacar Saïd Salim http://www.editions-coelacanthe.com/
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Published by Faïssoili Abdou - dans Poésie
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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 12:39

Promotion pour la page "Présentation du blog ''Poètes des îles de la lune" :

Cher (e)s internautes,
J'ai le plus grand plaisir de vous présenter le blog des poètes des îles de la lune. Un espace destiné à faire la promotion des oeuvres et des poètes comoriens dans leur diversitée; mais…

Lire la page "Présentation du blog ''Poètes des îles de la lune".

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 12:38
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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 12:19

L'intégralité du débat avec Ali Abdou Mdahoma.

 L'intégralité du débat en direct avec Ali Abdou Mdahoma, doctorant en Lettres modernes et ancien professeur des Lycées, mercredi 19 décembre 2007 à 20 h 30

    "La littérature écrite comorienne est censée se développer par le biais de l’écriture émergente de cette jeune génération. Néanmoins, on peut déplorer l’insuffisance d’une contribution féminine dans le roman."

 Soilihi : Pensez-vous qu’il existe une littérature comorienne ?

Bien sûr que oui. La littérature comorienne a toujours existé depuis la nuit du temps, que ce soit la littérature orale ou écrite. Nos arrières grands-parents ont utilisé l’arabe et le Swahili pour exprimer leur vie de tous les jours. C’est ce que je peux considérer comme étant une littérature écrite comorienne en langue arabe ou swahili. Soilih Mohamed Soilih l’a déjà dit dans le numéro 51 d’Africulture d’octobre 2002 intitulé : « Archipel des Comores, un nouvel élan » ? Je cite :
 « Certes, il existait une autre littérature écrite avant celle-ci (littérature écrite comorienne d’expression française). Mais cette littérature, d’expression essentiellement « arabo-swahili, était réservée aux « Wasta’arab », des princes et des scribes versés dans la généalogie, les sciences religieuses, la poésie et les témoignages sur l’histoire en mouvement, avec toujours la colonisation comme élément de cristallisation.  A ce sujet, l’aspect le plus proprement littéraire (la poésie) concerne évidemment les odes lyriques dédiées aux résistants, mais surtout les sha’iri et autres qaswida de confréries soufies, faisant l’éloge de la divinité, de la prophétie et des cheiks et exaltant le chemin de l’extase mystique… ».
Quand il s’agit de la littérature écrite comorienne d’expression française qui fait d’ailleurs l’objet de notre débat (recherche), elle existe depuis 1985. Bien qu’elle soit une littérature émergente et jeune, elle est née avec la parution du roman intitulé « La République des Imberbes », écrit par le docteur  Mohamed Toihiri dans les éditions l’Harmattan. C’est ainsi qu’il demeure le précurseur de cette littérature écrite comorienne d’expression française. On ne peut pas admettre qu’un enfant n’existe pas parce qu’il est jeune.

Said: Pourquoi le premier roman comorien de langue française est-il tardif?

On l’a dit plus haut que le premier roman comorien d’expression française parait en 1985, dix ans après l’indépendance des Comores. Il y a eu un très grand décalage avec non seulement l’émergence du roman négro-africain mais aussi avec le roman mauricien et malgache.  Les productions littéraires en général sont des pages vivantes d’une époque et d’un lieu précis. La littérature comorienne d’expression française n’échappe pas à ce constat. Aujourd’hui, on peut s’aventurer à déclarer que les écrivains négro-africains anticolonialistes ont été des intellectuels qui voulaient se rendre utiles parce qu’ils se dotaient d’une mission auprès du monde noir.
Chez Césaire, cette mission depuis la période coloniale consistait, à partir de ses œuvres placées sous le signe de la négritude, à désaliéner le monde noir. Il devient ainsi le porte-parole des siens, celui qui parle et rend l’Afrique au monde. Il mit ses talents au service des nègres opprimés, c’est ainsi qu’il déclarait lui-même dans Cahier d’un retour au pays natal : « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir ».

Par ailleurs, on en vient à constater que les œuvres littéraires négro-africains obéissent à une certaine chronologie. Deux grands moments peuvent ainsi être dégagés : la période coloniale et le temps des indépendances. Pour les Comores, on ne peut malheureusement pas parler de l’époque coloniale dans la mesure où le premier lycée a ouvert ses portes en 1963 à Moroni et puis en 1967 à Mutsamoudou. En effet, la puissance colonisatrice avait négligé l’enseignement de la langue française dans les quatre îles qui constituent l’archipel des Comores. Celui-ci faisait partie intégrante de Madagascar jusqu’en 1958, date à laquelle les Comores ont accédé à l’autonomie interne. « Les Comores, progressivement « protégées » par le France à partir de Mayotte, dont l’acquisition avait été négociée dès 1841 par le capitaine Passot, annexées complètement en 1912 et rattachées à Madagascar, ont connu une scolarisation tardive. Interrompue au profit du comorien (à base de Swahili et d’Arabe) lors de l’indépendance des trois principaux sultanats en 1975, elle a été reprise après 1980 dans le cadre d’une coopération rénovée. Par contre, Mayotte, restée collectivité territoriale de la République française, a connu, un grand développement de la scolarisation en français». 
L’historien comorien Mahmoud Ibrahime l’a confirmé dans son ouvrage intitulé La naissance de l’élite politique comorienne (1945-1975), je cite : « A partir de 1912, l'archipel est complètement rattaché à Madagascar et administré comme une province éloignée et difficile d'accès. L'administration locale est d'ailleurs dotée de fort peu de moyens. La santé et l'enseignement sont négligés et les puissantes sociétés coloniales gèrent le pays et interviennent même dans les nominations ou les renvois des fonctionnaires (cas de Pobeguin)».

La production littéraire comorienne bien que tardive n'est pas prolifique, quelles sont les causes principales?

La littérature écrite comorienne d’expression française a 22ans. Il est vrai que la production littéraire n’est pas massive mais personnellement, je dirai que tous genres confondus nous avons quand même une bibliographie qui n’est pas négligeable. Le domaine qui fait l’objet de mes recherches c'est-à-dire la production romanesque est aussi en nette évolution. Nous avons plus d’une trentaine de romans et sur ce, trois écrivains seulement ont plus de trois romans chacun. Mais le plus prolifique est Salim Hatubou qui a à son actif dix romans. Sept romans et trois romans pour la jeunesse. En terme d’ouvrage tous genres confondus, rien que lui seul, il a plus d’une vingtaine d’ouvrage. Ceci est du par le fait qu’il est le seul écrivain comorien à se consacrer à l’écriture et qui en fait son métier. Le reste des écrivains écrivent de façon occasionnelle. Je dirai même que Mohamed Toihiri et Nassur Attoumani sont les deux écrivains comoriens qui ont le plus d’ouvrages après Salim. La production littéraire aux Comores est confrontée à plusieurs entraves notamment celle de l’édition. KomÉdit est la maison d’édition existant actuellement aux Comores à ma connaissance. D’autres maisons d’éditions appartenant à des Comoriens de la diaspora se sont implantées en France et publient des ouvrages de toutes sortes. Je citerai « Les Editions de la lune, Encre du Sud, Les belles pages, Les éditions Kalamu des îles etc.… ».  Mais toujours est-il que les romans une fois publiés, doivent être achetés et lus. Alors qu’on sait pertinemment qu’aux Comores on achèterait plutôt un sac de riz qu’un bon roman. Ce n’est pas parce qu’on n’aimerait pas lire mais seulement parce la misère frappe le pays. Ainsi cette mauvaise attitude a fait que même si l’on trouve un livre on ne se donne pas la peine de le lire. C’est la raison pour laquelle, me semble-t-il les écrivains publient leurs ouvrages en France pour profiter de la diaspora comorienne sur place.

 Soilihi: On dit toujours que Mohamed Toihiri a été le premier auteur du roman comorien, peut-on dire que la littérature comorienne débute de son roman?

Mohamed Toihiri reste incontestablement le précurseur de la littérature écrite comorienne d’expression française. En effet on ne pouvait pas parler de littérature écrite aux Comores sans son œuvre. Il fallait quelqu’un comme lui qui puisse ouvrir, déblayer la voie pour que les manuscrits jadis enfermés dans les tiroirs soient enfin publiés. Depuis la publication de son roman intitulé La Républiques des Imberbes en 1985 aux éditions l’Harmattan, on peut dire que la littérature écrite comorienne a marqué son début. C’est ainsi qu’il est en quelque sorte le père de cette littérature écrite comorienne de langue française. Certes, en 1983 l’ASEC (Association des stagiaires et étudiants comoriens) a publié un recueil de poème sous anonymat pour promouvoir une idéologie marxiste, et surtout stigmatiser la révolution d’Ali Soilih considéré comme la bête noire de ce mouvement. Soilih Mohamed lui-même l’a évoqué également dans le numéro 51 d’Africultures paru en octobre 2002 intitulé Archipel des Comores, un nouvel élan ? Je cite : « Auparavant, l’Asec s’était montrée pionnière, en diffusant un recueil de nouvelles au début des années 80 (6). Mais pour elle, il s’agissait à travers  ce travail de promotion des lettres d’incarner avant tout une « culture nouvelle » et de se hisser à la pointe des « jeunes pousses rouges » et des « bourgeons que ne sauraient écraser les bottes » pour le syndicalisme révolutionnaire. »

 Soilihi: Vous êtes, j'imagine bien un spécialiste littéraire, que pensez-vous de la nouvelle génération d'écrivains comoriens?

Tout d’abord je vous dis que je ne suis pas spécialiste de la littérature comorienne, je ne suis qu’un simple étudiant en doctorat. Je ne prétends pas détenir cette place honorifique, néanmoins je vais essayer de répondre cahin-caha à vos questions. Je pense que la littérature comorienne en général et plus particulièrement le roman comorien d’expression française a un devenir prometteur. Nous avons des jeunes écrivains de talents qui n’hésitent pas à se consacrer à l’écriture et d’en faire leur métier. Salim Hatubou est un jeune écrivain comorien de Marseille qui progresse très bien. Il vient de remporter "le prix diamant en Belgique" suite à son livre intitulé Comores- Zanzibar. Ce n’est pas tout, il sillonne le monde entier pour animer des ateliers d’écriture. Il va tantôt à la Réunion, à Mayotte et même en France. En tout état de cause, la littérature écrite comorienne est censée se développer par le biais de l’écriture émergente de cette jeune génération. Néanmoins, on peut déplorer l’insuffisance d’une contribution féminine dans le roman.     

El Fatahou SAID: Peut-on parler d'une littérature comorienne, non assimilée, non écrite, non lue et comprise par les Comoriens?

Pour qu’une littérature soit lue, il faut qu’elle soit préalablement écrite. Sinon je ne vois pas comment on peut lire quelque chose qui n’est écrite. Toute la littérature négro-africaine est assimilée si j’ai bien compris votre question, car on n’est pas arrivé dans un stade où l’on écrit notre littérature en langue nationale. Amadou Kourouma a voulu toujours malinkéniser le français en tout cas il l’a fait dans certains de ses romans.
 Les Soleils des indépendances, son premier roman qui allait devenir finalement un chef d’œuvre a été refusé par les éditeurs français car il avait un français non académique. Il a été finalement édité au Canada. Ce n’est qu’après cette première édition qu’il a été publié en France. La littérature orale comorienne de Mbayé Trambwé est comprise par une minorité bien qu’elle soit écrite en comorien. C’est notre langue mais on n’a pas l’habitude de la lire. Toujours est-il qu’on aimerait utiliser notre langue maternelle pour pouvoir bien exprimer ce que l’on ressent. Je crois qu’en ce temps-là il n’y aurait pas de barrière à l’écriture. Tout le monde écrirait, même mon père pourrait écrire sans aucun complexe. Aujourd’hui l’écriture est réservée à une élite un peu particulière à cause de la langue française.

Elbacq: selon vous, pourquoi le ministre de la culture ne se préoccupe pas assez ou pas  du tout de la littérature comorienne, alors qu'elle est le véhicule et la lumière  de toute culture nationale?

Il n’y a pas que le ministre de la culture qui néglige ce qui relève de son ministère. Tout le monde s’en fout, malheureusement, des responsabilités qui lui incombent. C’est pourquoi les Comores sont ce qu’elles sont aujourd’hui. J’espère que chacun va assumer pleinement ses responsabilités afin que les Comores puissent trouver la voie au développement socio-économique.

Hadidja : Quelle est la place de la culture orale dans la littérature comorienne ?

La culture orale ou bien je dirai la littérature orale a une place de choix dans la littérature écrite comorienne de langue française car tout d’abord les écrivains s’inspirent beaucoup d’elle pour produire leurs œuvres. Soilih Mohamed Soilih l’a dit je cite : « Les auteurs puisent aussi bien dans les fables, les légendes et autres fantasmagories constitutives de l’imaginaire collectif comorien que dans les techniques d’expression des temps passés. La littérature comorienne plonge ainsi régulièrement dans le merveilleux des  contes et des légendes des îles de la lune, visitant les mythes autour de Salomon et de la reine de Saba, situant le royaume des djinns entre le Karthala et les djebels de Hadhramaout, mêlant le récit et l’imaginaire ». Pour vous donner un exemple probant notre écrivain Salim Hatubou,  se rend de temps en temps aux Comores et procède à des enquêtes sur le terrain pour l’élaboration de certains de ses ouvrages. Dans les contes qu’il publie on voit un peu les histoires qu’on entendait quand on était tout petit. Il se confronte à un travail de transcription de l’oral à l’écrit, ce qui est merveilleux.

Mohamed: combien de poètes comoriens sont publiés? Quel genre de poésie font-ils?

Beaucoup de nos romanciers sont des poètes. Salim Hatubou, Nassur Attoumani, Aboubacar Saïd Salim et j’en passe. Il y a aussi des poètes qui se sont consacrés à la poésie notamment, Abdallah Said, Mab Elhad, Saidoun Ben Ali et j’en passe, la liste est tellement longue que je ne pourrai pas tous les citer. Je crois qu’il y a un peu de tout. On trouve à la fois de la poésie épique, de la poésie lyrique etc.…

Chat modéré par Djamal M'SA ALI & Ali Mmadi

mercredi 19 décembre 2007 à 20 h 30

 

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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 13:59

Dans le cadre d'un travail de recherche sur les différentes tendances de la poésie comorienne, devant aboutir à un recueil ''Florilège de la poésie comorienne d'expression française, nous publions ici des extraits du résultat d'une nouvelle somme de cette poésie que nous vous feront partager dans le cadre des activités de la délégation Comores de Rencontres Europoésie et Poétiqu'Art Comores, avec pour soucis de faire connaitre cette poésie nationale, l'une des priorité que la Délégation Europoésie Comores et Poètiqu' Art se sont fixé de promouvoir cette poésie qui est restée méconnue. Nous débutons donc cette approche par le Poète Elamine Réné Joomun que nous avons eu le privilège de côtoyer. Bonne lecture Le goût amer de l’exil d’un poète Comoro-mauricien Elamine Réné Joomun est né le 06 novembre 1951, à Rose Hill (Colline rose) à l’île Maurice, de parents Mauriciens. Sa rencontre avec Mohamed Affane, avant même qu’il devient Ministre sous le régime Ahmed Abdallah, l’incitera à venir enseigner l’anglais dans le privé à Anjouan, alors que l’archipel des Comores était encore territoire française. Arrivée donc très jeune aux Comores, à 27 ans en 1973, et après avoir vécu un temps à Madagascar, Elamine optera pour l’obtention de la nationalité comorienne, se marie avec une anjouanaise qui lui donnera trois enfants. Il exercera entre autres, le métier de professeur d’anglais, puis occupera la fonction de Directeur du Royal Collège de Mutsamudu, avant celui de journaliste de la chaine internationale de langue anglaise à Radio Comores. Réné Joomun reprendra par la suite la craie à travers nos îles, au Lycée de Fomboni (sur l’île de Mohéli) de 1980 à 2000 avant de finir son parcours sur la Grande Comores, où il a été nommé responsable de l’enseignement du second cycle au Lycée de la Solidarité Islamique et Iqraou dans la ville de Mbéni depuis l’an 2000. Parmi ses illustres élèves, les Présidents Ahmed Abdallah Mohamed Sambi et Ikililou Dhoinine. Ayant longtemps vécu à Moroni, en sa qualité d’enseignant dans une école privée, Elamine Réné Joomun s’est mis à écrire à ses heures perdues. C’est ainsi qu’il est l’auteur de plusieurs œuvres inédites, notamment en poésie, après avoir rédigé des contes mais aussi des romans. Son talent ne se limite pas à ces seules expressions littéraire, mais sa plume trempe aussi dans le théâtre et fait de lui un dramaturge hors pair, même s’il cultive son anonymat, vit dans la solitude et reste longtemps inconnu des milieux littéraires de la place aux Comores. Son écriture parcourt les évènements quotidiens, s’inspire du vécu et met en question l’actualité qui l’inspire. C’est comme cela qu’il fera sien les drames qui frappent le pays : tantôt un bateau qui chavire, quand ce n’est pas un avion qui fait un crash par un amerrissage assassin. C’est ainsi que lors du chavirement qu’à connu le bateau ‘’Nyati Swafa’’ R.Joomun partage avec une émotion religieuse la douleur qui a frappé sa deuxième patrie sur les îles de la lune en ces termes : ‘’Fille élégante de la verdoyante Mledjele Nyate Soifa ; Je t’ai vu maître sur la plage grise et sablonneuse De Mnazimodja. Bouffeuse de vie maintenant devenue tombe marine, Moili pleure ses enfants Une pluie de douleur Pleut sur les toits des cœurs endeuillés… Nyati – soifa, Sur le rivage de mon retour Je chante ta mort Je chante cette nuit fatale et meurtrière ; Quand le vent de panique et de peur Soufflait sur ton bord agonisant…/ Dis à la mer de bercer nos peines Nos rêves d’espoir enviés Nos tendresses, nos amours perdues et avortés. Qu’elle chante pour nous, Sa plainte éternellement renouvelée Aux noyés de tous les temps. Cette plainte qui fait perdre aux yeux des anges, Des larmes d’or, Dans les silences infinis du ciel’’ Un sentiment poignant, que l’on retrouve également, dans un autre de ses poèmes ‘’Samson’’ qui a subi un sort similaire. déchiré entre deux patries L’essentiel de son recueil est marqué par les voyages et porte notamment sur ‘’les îles de la lune’’ qui l’on happé dès son premier contact, et qu’il chérit à merveille, même si de temps à autres, on peut percevoir à travers les lignes une certaine intimité envers cette nostalgie du pays d’origine, l’île Maurice qui l’a vu naître. Dans son poème ‘’L’éloignement’’ l’île Maurice est assimilée à une femme à laquelle Elamine Réné Joomun dit sa nostalgie et se rappelle de ‘’cette île parfumée du bonheur où j’ai laissé ma raison de vivre’’, et la déchirure causée par la séparation avec sa bien-aimée, à l’origine de ses tourments et poussant notre poète, à se nourrir de mutisme et de souvenance. Ce qui explique en partie sa vie solitaire dans Moroni. C’est ainsi que dans ‘’ l’exile’’ notre Comoro-mauricien poète, fait état du goût amer de cet ‘’exile’’ ; pour lui « cet ange déçu qui jadis buvait à la coupe de la divinité / et qui aujourd’hui ‘’a tout perdu jusqu’au royaume de l’enfance / là où j’étais prince charmant et maudit / des contes des fées/ le magicien Houdini l’enchanteur merlin ». Mais quand on relit ses autres poèmes : ‘’ le fou du karthala’’, ‘’Mohéli revisité’’, ou bien ‘’ à la pensée’’ on ressent l’attachement de notre poète à l’endroit des îles Comores, où il a su donner le meilleur de lui-même, sa culture, sa sueur, son sang et son amour. A 58 ans, l’homme souhaitait revoir son sol natal et retrouver ses souvenirs d’enfance, d’autant que les arriérés de salaires cumulés à l’époque ne lui permettaient point de survivre dans sa cabane louées dans le quartier d’Oasis malgré sa fierté affichée de comorien d’adoption. Solidarité poétique Internationale Il a fallu que le poète Adjmael prenne cause en faveur de ce poète semblable à l’albatros, et soumet des extraits de ses poème pour publication dans l’anthologie de l’Association des poètes Réunionnais ‘’UDIR’’. Au cours de ce festival, le FIPO ‘’Festival Inter régional de Poésie de l’Océan Indien’’ qui s’est tenu en 2008 ; l’UDIR a plaidé la cause de ce poète qui ne pouvait pas quitter les Comores faute de moyens. Après mure réflexion, l’UDIR s’est fait porte-parole de sa cause et a chargé les poètes côté Mauricien Sedley Assone et pour la partie comorienne MAB Elhad de faire le suivi du dossier qui a permis aux autorités mauriciennes de rappeler sur leur île notre poète comoro mauricien et depuis il a retrouvé les siens. MAB Elhad

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Published by MAB Elhad - dans Poésie
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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 14:30
http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=11439 Isabelle Mohamed Ecrire en pays de lune, l'autre nom attribué aux Comores par les marins arabes des Mille et une nuits, pose une question de légitimité, depuis que l'imaginaire de ces iles s'est invité dans la langue française. Lire y demeure aussi un acte singulier, dont nous parle Isabelle Mohamed. Elle est libraire et membre de Djando la Waandzishi. Lire en pays de Lune ? Mais pourquoi ? Pourquoi lire quand l'histoire s'offre, se crée à l'ombre du badamier, dans l'intimité de la cuisine, au fond des boutiques ou sur le banc de la mosquée ? Pourquoi lire quand la saveur des mots, la magie de l'imaginaire, recomposé et participatif, se déploient naturellement, à la faveur de la rencontre, au sein du groupe, dynamisés par des auditeurs qui ajoutent leur touche tandis que l'histoire s'envole de bouche en bouche chargée de toutes les fantaisies. Lire pour s'informer ? Pourquoi ouvrir un journal ou un magazine quand la rumeur, née d'une nouvelle radiophonique ou d'une parole autorisée, s'enfle et roule dans le village, déclenchant naturellement toutes les sensations de la vie, surprise, peur, émerveillement… Pourquoi lire un essai quand l'analyse se construit dans un échange vivant et passionné, où chacun peut briller par sa prétention à la perspicacité ? Pourquoi lire donc quand le besoin de rêver ou de savoir peut être satisfait dans ce collectif qui réchauffe et légitime, s'imposant dans tous les moments de la vie ? Car lire, comme écrire d'ailleurs, c'est se retirer du groupe. C'est prendre un temps pour soi, partir en quête de l'ouvrage, rester seul, faire une pause dans le temps de la vie sociale qui absorbe ordinairement tout un chacun. Il faudra donc de bonnes raisons pour lire, de bonnes raisons pour s'exclure un temps, voire longtemps si l'on devient un lecteur passionné, et dès lors un être singulier. Lire en comorien, "usoma", contient en soi l'idée de l'étude, de la formation. "M'tru kasoma" est celui qui n'est pas allé à l'école, celui qui n'a pas appris. La lecture reste donc marquée par un sous-entendu : lire c'est d'une certaine manière se former. La lecture est utilitaire. Lui associer la notion de plaisir reste incongru. C'est une idée d'ailleurs marquée du sceau de l'étranger, du "mzungu", pour ne pas le nommer. Et encore ! Elle n'est pas si simple cette affaire … car le "mzungu" est, bien plus encore, celui qui a inscrit la lecture dans le champ des exigences nouvelles de l'efficacité. La lecture est la clé jumelle de l'écriture pour l'obtention d'un emploi dans l'administration, espace consacré "symbole réussite". Certains sont prêts à conclure, rapides en besogne, que la lecture appartient à cette modernité forgée à l'aune de la colonisation, qu'elle est le produit du système occidental qui l'a apportée, telle un cadeau, à un peuple, aujourd'hui encore, ingrat, tant il n'a pas su en profiter. Une grave erreur, s'il en est, car la lecture est bien présente dans la vie du Comorien sans rien devoir à cette modernité. Il n'est pas de maison sans livre, sans Le Livre (1) ou ses commentaires multiples et variés. Le libraire spécialisé en ouvrages pieux de langue arabe ou calligraphiés en caractères arabes est là pour répondre à la demande des parents, des érudits, des personnes âgées. Les livres sont alors rangés soigneusement dans les malles ou, pour les plus aisés, dans les buffets de salon, transportés, enveloppés dans un linge, par les plus jeunes qui en auront l'usage à l'école coranique. Car il y a là de bonnes raisons de lire et cette fois sans tourner le dos au groupe. Lire le Coran, seul dans la maison, ou sur le tapis de la mosquée, c'est encore être du groupe, de celui des croyants. Lire les ouvrages de commentaires ou de préceptes, c'est se former avec l'espoir de gagner en perfection et de toujours mieux satisfaire Dieu. Lire les versets sans discontinuer, c'est tenter de s'offrir l'extase mystique supérieure à toutes celles factices que le quotidien propose. Nul doute que certains y arrivent. S'il s'agit d'une pause de solitude, elle est naturellement sanctifiée par le groupe qui la reconnaît et l'encourage. Durant certaines périodes, des défis sont même lancés pour savoir qui parviendra à lire le plus grand nombre de versets coraniques. Quant aux chanceux, ceux qui, correctement formés, comprennent l'arabe, ils ont à leur disposition des ouvrages dans lesquels ils s'absorbent en quête de connaissance et dans le souci de l'au-delà. Ainsi, le livre et la lecture font bien partie intégrante de l'univers du Comorien, de manière inégale certes mais toujours dans la même dimension de formation et d'efficacité : légitimité au sein du groupe et souci de gagner le Paradis. On pourrait alors se demander, ce qui serait advenu, si d'aventure les pratiques de graphie du comorien en caractères arabes, qui ont donné lieu depuis longtemps à des productions écrites, avaient débouché sur une réelle production d'ouvrages en langue comorienne de graphie arabe. L'ensemble de la population formée à l'école coranique, en situation de lire dans sa langue serait peut-être devenu un réel vivier de lecteurs potentiels. La lecture pour l'information ou la formation aurait pu s'inscrire dans le monde naturel du Comorien, marquée par le groupe encore, puisque réalisée dans la langue maternelle. Qui sait alors ce que cette société aurait produit… Lorsque le livre occidental entre dans la vie du Comorien, c'est un livre étranger par essence, puisqu'il est écrit dans une langue étrangère. Pour la majorité, il est avant tout un simple outil, un outil d'étude tel l'abécédaire ou l'œuvre de référence du programme. Mamadou et Bineta du primaire, Le Cid du collège, l'Etranger du lycée. On en parle en classe. Plus on avance en âge, moins on a de chance de le posséder, de le toucher même. L'effort des parents, consenti pour les tout petits, ne peut durer dans le temps : les moyens sont rares, la bibliothèque est pauvre, la librairie inexistante ou mal achalandée, et les livres sont chers. Non seulement le livre est objet utile à la formation, et difficile d'accès, puisqu'il exige la maîtrise d'une langue étrangère mais il connote un autre monde, une autre logique celle de l'Occident, et plus encore celle du colonisateur. Dans ces conditions, c'est une véritable frontière qu'il faut franchir pour devenir lecteur. Franchissement toléré, s'il est motivé par le souci de réussir des études mais rarement pleinement réalisé ; franchissement suspect, voire condamné, dès lors qu'il est fondé sur le besoin de découvrir, de se faire plaisir en conduisant le lecteur à se laisser absorber trop longtemps par cet autre monde. Lire en pays de Lune n'est donc pas seulement une question de moyens, mais avant tout et plus que tout une question de posture. Les bibliothèques sont rares, et quand elles existent, les quelques livres sont poussiéreux, peu attractifs, abandonnés sur les rayons. Perçues dans l'inconscient collectif comme des espaces d'étude pour les jeunes, elles appartiennent à l'autre monde, celui des établissements scolaires, celui de l'Occident. S'il est vrai que les conditions naturelles, poussière, humidité, sont des contraintes lourdes pour la vie des livres et des objets en général, il est rare que l'effort d'entretien et de mise en valeur soit réel. Il en va tout autrement pour l'univers du collectif intime, et donc social et religieux, pour celui de la mosquée, pour ne pas le citer. Il semble admis que les ouvrages de bibliothèque ont vocation à être des ouvrages de récupération et donc le produit de dons ou de soldes ; leur intérêt ou leur beauté sont rarement interrogés. Les manuels scolaires, bien souvent de dernière main, auront donc toute leur place dans ces bibliothèques tandis que leur public sera naturellement celui des enfants et des jeunes. Quand des réseaux plus organisés prennent en charge certains espaces, ONG, Clac ou Alliance française, la pratique consiste en général à les pourvoir en livres depuis l'extérieur, le corpus se constituant en référence à des critères étrangers au milieu. Ceci étant, quelles que soient les contradictions et problématiques véhiculées par ces espaces, ils sont absolument essentiels. En effet, ils permettent l'accès au livre, son existence dans le village, et la rencontre entre cet objet et certains individus qui vont s'en emparer pour s'en nourrir véritablement. On s'accordera à penser qu'il faut une personnalité très forte et assez singulière pour assumer ce besoin d'abstraction du groupe et cette aspiration à voir ailleurs, suscités par la rencontre avec un objet tel que le livre. Et pourtant, ils existent, ces lecteurs passionnés et passionnants, qui circulent dans les rues ou sur les chemins un livre à la main. Portés par les expériences de leur enfance au contact de magazines ou de bandes dessinées, ils ont su en nourrir leur imaginaire pour rester à l'affût de toute forme d'écrit et peu à peu d'une véritable littérature. Ils acquièrent au gré des circonstances, études à l'étranger, rencontres au pays avec des expatriés, des ouvrages qu'ils lisent, relisent et conservent dans des lieux improbables pour les préserver des attaques de l'humidité, de la poussière et des malveillants, qui pourraient s'en emparer pour en faire des emballages de cacahuètes. Ces lecteurs qui ont l'art de passer leurs nuits à lire à la lueur de lampes, voire de bougies vacillantes - il faut bien continuer le jour à partager la vie du groupe - deviennent peu à peu de véritables gourous auprès des plus jeunes qui, à leur tour, auront ainsi une entrée dans le monde du livre autre que celle de l'étude scolaire. Certains peuvent aller jusqu'à monter ou animer des bibliothèques de quartier, transmettant aux jeunes leur goût du livre pour le livre, leur goût de l'écriture. Ainsi se reconstitue un nouveau lien social, une forme de partage dans la magie de la médiation. Le badamier devient alors le lieu d'un autre échange dont le centre est le livre, potentiel d'enrichissement personnel à nouveau porté par le groupe. Ils existent, ces lecteurs qui savent repérer sur les rayons d'une bibliothèque l'ouvrage intéressant et s'en emparer pour le dévorer. Ils sont là, ces lecteurs qui entrent dans une librairie et restent des heures à feuilleter les ouvrages, convaincus qu'un jour, ils en feront l'acquisition, capables de dépenser le peu qu'ils ont pour posséder le livre tant convoité, prêts à soumettre au libraire des listes étranges où se côtoient des titres originaux, classiques ou spécialisés. Chance pour eux s'ils trouvent en face une personne susceptible de répondre à leur attente et de commander les ouvrages ; sinon, il faudra faire appel à une connaissance à l'extérieur du pays, en France, pour espérer entrer en possession du livre qui se chargera ainsi de la magie du voyage. Car si le livre connote un autre monde, il vient aussi d'un autre monde. Cette contrainte de taille conditionne la naissance d'un lectorat à part entière aux Comores ; autrement dit, rend bien improbable une consommation de masse en matière de livre. Cette perspective s'éloigne d'autant plus aujourd'hui que le monde du livre connaît bien des difficultés dans l'économie mondiale. Il existe pourtant une maison d'édition comorienne, Komedit en l'occurrence. Pour autant, ses ouvrages ne sont pas imprimés et donc produits sur place. Ils doivent ainsi faire un long voyage pour parvenir aux lecteurs et trouver sur place les moyens de leur distribution efficace. Sans conclure hâtivement qu'une production locale serait moins coûteuse, ce que l'on peut facilement réfuter en raison de l'étroitesse du marché, des moyens nécessaires et des exigences de qualité, il est clair que cet éloignement engendre des contraintes et des coûts compliquant l'accès au livre pour un large public. Le livre s'enferme alors dans son image de produit importé, qui ne peut-être qu'un don ou le fruit d'un achat public improbable. Pourtant, l'acte de liberté que constitue l'achat d'un livre doit être revendiqué comme un aspect incontournable de la politique de développement de la lecture. De la même façon que le Comorien doit pouvoir s'offrir un mets à son goût, un vêtement qu'il jugera joli, il doit pouvoir satisfaire son besoin de lire, mais aussi son désir de posséder un livre neuf qu'il pourra sentir, corner, annoter et porter contre son cœur, autant de temps que la magie de la lecture voudra s'opérer. Aujourd'hui, alors qu'un bon nombre de parutions sur les Comores existent, tant en matière d'essais que de poésie, de théâtre ou de romans, voire de livres pour la jeunesse, il est urgent de permettre leur diffusion réelle et leur promotion à travers le pays. C'est un travail qui s'impose, et c'est celui des bibliothèques et du libraire. Les librairies sont rares aux Comores, comme dans bon nombre d'autres pays du monde, et bientôt, comme dans de nombreuses régions de France où l'existant s'éteint peu à peu. Cela est dû très clairement aux conditions qui sont faites à la diffusion du livre dans le monde, au handicap de l'éloignement, à l'absence de politique publique, en matière d'encouragement au commerce du livre. Mais il faut aussi compter avec la double nature du livre, qui exige d'être porté par la passion et la fascination, et que l'on fasse passer au second plan les perspectives commerciales pourtant essentielles à la pérennisation de l'entreprise. Cet improbable équilibre se réalise très rarement. Pas de librairie à Mohéli, deux librairies dans la capitale à la Grande Comore, deux librairies dont l'une est toute jeune à Mayotte, une librairie à Anjouan. Ceci étant, si l'on s'arrête à cette énumération, et si l'on tient compte de l'exiguïté de cet archipel, le bilan pourrait sûrement faire pâlir d'envie bien des pays d'Afrique ou d'ailleurs… Réjouissons-nous donc de l'existence de ces espaces potentiellement destinés à offrir l'accès au livre et à permettre à ceux qui veulent se former mais aussi aux "fous de lecture" de trouver leur compte. S'il faut reconnaître que certaines librairies peinent à sortir de leur statut plus proche de la papeterie et de leur spécialisation dans les ouvrages scolaires de rentrée, il est clair qu'il est capital de chercher à proposer un choix plus large au public. On constate que les parents sont en demande d'ouvrages d'apprentissage pour leurs enfants en bas âge. Comme s'ils pensaient pouvoir apporter leur contribution dans ce temps d'avant l'école, ils ont le souci de stimuler leur bambin, et on peut alors espérer que le contact avec ces ouvrages développera chez l'enfant un terrain favorable à la lecture. Plus tard, la demande se fait strictement scolaire, il s'agit de se procurer les manuels attendus par l'école publique ou privée. On reste alors sur des ouvrages traditionnels. Mais là encore, l'entrée d'un parent dans la librairie, pour acquérir cet objet ou prendre connaissance du prix, afin de se préparer pour cet achat, est une brèche dans la frontière entre les mondes, responsabilisant différemment l'adulte et, qui sait, donnant de nouvelles idées. Lorsque le jeune collégien ou lycéen vient à la librairie pour se procurer le livre exigé par le professeur, livre dont on ne connaît parfois même pas vraiment le titre, il importe que les livres soient là, mis en valeur, offerts comme autant de possibles même s'ils restent hors de portée des bourses ; le désir naissant, un jour peut-être, en se cotisant à plusieurs, en sollicitant l'aide d'un plus heureux… Et puis les adultes sont là aussi : intérêt pour les livres de cuisine, souci d'apprendre pour partir vers d'autres horizons avec les méthodes de langue, les dictionnaires pour la maison ; passion soudaine sur un sujet qui déclenche des commandes d'ouvrages spécialisés, nostalgie du passé avec le besoin de lire enfin un texte classique étudié autrefois, envie de découvrir et de comprendre avec un titre dont on a entendu une critique à la radio ou à la télévision, besoin de se former avec des ouvrages médicaux ou scientifiques, les demandes sont réelles et stimulent le libraire. Les parutions comoriennes trouvent leur place, à défaut de trouver toujours leurs lecteurs. On parle plus souvent des œuvres qu'on ne les lit vraiment. Heureusement, certains titres sont au programme officiel de l'Education Nationale des Comores indépendantes et l'on peut espérer qu'ils seront de plus en plus connus. Quoi qu'il en soit, il est capital que ces parutions comoriennes soient visibles. Car elles portent avec elles l'idée d'une écriture et d'une existence possibles dans ce monde que l'on s'approprie ainsi peu à peu. Le fonds de littérature francophone africaine, caribéenne, indo-océane, a toute sa place, dynamisé dans les Comores indépendantes toujours, par la présence d'œuvres inscrites au programme. Tout ceci est encore fragile mais bien réel, et ne demande qu'à être nourri. Et puis, il faut compter avec les "fous de lecture", ceux qui vont aider à enrichir le fonds par leurs suggestions et leurs commandes, ceux qui vont ouvrir les horizons avec des littératures nouvelles, pointues, et forcer le libraire à la créativité et à l'écoute. On imagine alors toute la potentialité de rencontres, d'échanges autour des livres, on devine la perspective d'une appropriation de l'espace par le groupe et la société, le rêve de la fin de la frontière entre le livre et le Comorien moyen. "On a besoin de livres, il nous faut une librairie !" C'est cette demande répétée, il y a longtemps, qui a déclenché la naissance d'une librairie. C'est parce que l'idée était essentiellement de faire exister les livres dans un espace, au prix d'un travail d'équilibriste pour ne pas mourir commercialement, que cette librairie a continué à vivre au fil des années. C'est parce que les lecteurs comoriens existent bel et bien, chacun dans ses aspirations diverses et dans son rapport à un monde complexe, c'est parce que les "fous de lecture" continuent à sillonner les rues et à occuper les places de village que les bibliothèques et les librairies se doivent de vivre et de s'animer toujours davantage. Qu'on se le dise et qu'on les y encourage ! Esprit de Lune en mouvement 2012 par roupiyashenda Diaporama de l'opération "Esprit de lune en mouvement", événement de promotion de la littérature comorienne dans l'archipel, qui a débuté à Limoges, en septembre 2012, à l'intention notamment des scolaires dans l'archipel.
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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 13:27

Interview: Mohamed ABDEREMANE BOINA, Artiste, poète comorien: l’art africain peut-il revendiquer sa place sur la scène mondiale ? DAM: Bonjour M. BOINA, Bonjour, mes salutations à vos lecteurs et à toute l’équipe de Diplomatie Afrique Magasine. C’est un honneur de me retrouver sur vos pages. Permettez-moi une pensée particulière de mes instructeurs de l’ex-Unité de Formation à la lutte contre la Drogue en Afrique (UFDA) de Gd-Bassam en Côte d’Ivoire. DAM: Qui est Mohamed ABDEREMANE BOINA ? Je dirais plutôt que MAB Elhad, est le nom de plume abréviatif de Mohamed Abdérémane Boina-foumou, Elhad étant mon deuxième prénom. Je suis né à la croisée des cultures, le jour où un grand Marabout de l’Arabie Saoudite a visité mon pays, et comme il s’appelait Alhady, ma mère m’a donné ce deuxième prénom. Mon nom de famille étant ABDEREMANE BOINA FOUMOU. Je suis né africain avec une éducation arabe, le 15 Septembre 1968 à Moroni, capitale des îles Comores. Je suis marié et père d’une fille et de trois garçons ; j’évolue dans un environnement francophone. Pour tout simplement dire que je suis un produit du métissage. On qualifie mon parcours d’atypique. Officier de Gendarmerie. J’ai poursuivis des études en agri-élevage bovine, au Lycée d’Enseignement Professionnel Agricole de Luçon – Pétré, dans la région de Vendée – France, de 1983 à 1985. De retour au pays, j’ai exercé deux ans, comme technicien en agri-élevage, à la station avicole de Daché,(Centre Fédéral d’Appuis au Développement Rural) ; où j’avais en charge le département des ‘’provix ‘’ consistant à superviser la conception de l’alimentation avicole. Ayant trouvé mon travail monotone, j’ai opté pour une carrière militaire et j’ai servi sous les couleurs de la Gendarmerie Nationale depuis 22 ans durant. Titulaire des diplômes d’Officier de Police Judiciaire, de Police Technique et Scientifique, acquise à l’ESOG(Ecole des Sous-Officiers de la Gendarmerie de Fontainebleau ) mais aussi celui de Qualification Supérieur de la Gendarmerie comorienne, j’ai exercé comme Commandant de la Brigade de Recherches de la Grande Comores, entre 1988 et 90, puis Directeur Adjoint et cumulativement Chef Opérationnel Territoriale des Services de Prévention et de Répression contre la Drogue,la fameuse Brigade Mixte Anti-Drogue (ou BRIMAD) de 1995 à 2002. J’ai fini ma carrière militaire au grade de Lieutenant, en qualité de responsable de l’administration et du Fichier Centrale des Renseignements Judiciaires au Commandement de la gendarmerie Nationale ; avant de m’engager en politique comme 1er Adjoint au Maire de Moroni, puis Préfet du Centre de la Grande Comores et successivement Conseiller en Sécurité du Gouverneur de l’île et enfin du Ministre de l’Intérieur de l’Union des Comores. Depuis 2012 j’exerce les fonctions de Coordinateur National de la Sûreté et de la Sécurité Aéroportuaire de l’Union des Comores. Mon premier contact avec l’art, je l’ai eu à mes 11 ans quand un ami dénommé Cheikh Saidou m’a prêté un appareil photo Kodak 110. J’ai encore des photos de cette époque dans mes albums de famille. Ma passion s’est accrue au LEPA de Luçon Pétré où le foyer disposait d’un club photo. Mais ce n’est que lors de ma formation en investigation criminelle à l’ESOG, où, en pratiquant la photographie judiciaire j’ai compris que je pouvais mettre ma passion de la photo à la disposition de l’art. Quant à La poésie, elle m’est venue de la récitation au cours préparatoire, où l’instituteur nous obligeait à jouer les textes. A cet âge nous faisions sans le savoir, ce que aujourd’hui la scène littéraire nomme ‘’lecture scénique’’. Concernant la calligraphie, c’est une fille qui sans se rendre compte, m’a incité en me disant un jour que j’ai une belle écriture et que je devais m’initier à la calligraphie en cela je suis autodidacte. J’ai alors compris que ces trois disciplines pouvaient s’épouser, aller de pair. DAM : Quelles sont vos œuvres majeures ? Je ne peux pas parler d’œuvres majeures, sinon que j’ai publié mon premier recueil ‘’Kaulu la mwando’’ qui signifie humblement parole première en 2004. Son aspect majeure s’il en existe un, est d’avoir vu des extraits du recueil reprises en micros lettres et en filigranes sur les nouveaux billets de banques, mis en circulation depuis décembre 2006 par la Banque Centrale des Comores, pour une durée de 2O ans. L’un de ces séries en l’occurrence le billet de 1000 francs comoriens a été distingué ‘’meilleurs billet mondiale 2007’’ par la Société Internationale des Billets de Banque, grâce entre autres à la présence des textes poétiques comme moyen de sécurité fiduciaire. Cela sous-entend que l’aspect polymorphe de mon travail littéraire et artistique est récompensé par une si grande reconnaissance. Ce qui revient à dire modestement que mon nom d’artiste aura marqué l’histoire monétaire de mon pays ; même si cela est passé inaperçu dans mon pays. En outre mon travail photographique et calligraphique est visible sur l’ensemble des trois modèles d’Agenda publiés en 2008 au niveau national dans mon pays. Pour le reste, ma poésie a été mise en lecture scénique, mis en espace théâtrale, jouée en danse chorégraphique, et mis en musique par des artistes français tels qu’ Annabelle Cateau, Soumette et Sultan pour ne citer que ceux-là, à Marseille lors de ma tournée littéraire en France en Avril 2007. DAM : Pensez-vous que la culture comorienne est mal connue ? Oui j’en suis convaincu, et pourtant mon pays ne manque pas de talents que ce soit dans l’art plastique avec les œuvres de Modaly et son association SIMBO-Art ou la musique avec Salim Ali Amir et Maalesh et j’en passe des écrivains tels que le Dr Toihir précédemment Ambassadeur des Comores aux Etats Unies, AboubacarSaid Salim, Saindoune Ben Ali, Adjmael,Sast, Sadani et tous les membres de l’Association des écrivains et poètes comoriens ‘’Pohori Kalam’’. Pourtant tout ce monde est ignoré parce que dans mon pays, il y a eu toujours un ministère de la jeunesse et sport pendant que la culture légué au rang de délégation. Quand je pense à l’engouement des autorités des pays de l’Afrique de l’Ouest, pour ce qu’il font de leur culture que ce soit dans le domaine des arts visuels au Mali ou au Sénégal pour la photo ou des autres art, en Côte d’Ivoire pour la musique, au Niger pour les danses chorégraphiques ou le FIMA,j’estime que dans mon pays il reste beaucoup à faire en matière de politique culturelle. Pourtant notre appartenance au monde africain et arabe, imprégné de cet environnement francophone devait être un atout pour développer nos talents. Le jour où je verrais un tableau d’un artiste comorien sur les murs d’une administration comorienne alors là, je dirais que nous commençons encore à reconnaître notre culture nous-même. D’ailleurs j’ai toujours aimé la plume de Emmanuelle Pontié pour son franc parlé et plus particulièrement quand dans le n°212 d’Afrique Magazine page 45 elle a formulé la question suivante : ‘’ Avez-vous honte à ce point d’avoir des vrais artistes qui s’échinent à mettre en valeur vos patrimoines ?’’. Cinq ans après et son article est toujours d’actualité. Nous autres africains savons mieux apprécier Jean Paul Gautier ou Kenzo, qu’Alphadi, ou Denis Devaed ou le malgache Eric Raisina, ‘’ qui reconnaîtra un jour la valeur d’un pays ou d’un continent, si sa propre élite la méprise définitivement ?’’Donc avant d’espérer une reconnaissance des autres, nous devons nous évaluer nous-mêmes et reconnaître la qualité de l’art africain. Bon nombre d’auteurs comoriens sont plus connu à l’extérieur que dans le pays même où ils sont nés par exemple. Je pense aussi qu’il n’y a pas que mon pays, bien de pays africains sont dans ce cas souvent quand je me retrouve à des rencontres internationales je suis surpris de constater que d’autres artistes ou écrivains de pays africains autres que le miens sont confrontés à des problèmes similaires de reconnaissance à l’intérieur comme à l’extérieur de leurs pays. Et peut-être que, nous autres attendions beaucoup plus de résolutions et de propositions de la cinquantenaire du 1er congrès international des écrivains et artistes noirs en 2006, comme de la Conférence « Médiums of change » réunissant les artistes africains à Londres dans le cadre d’Africa 95, sensé étudier le rôle des artistes et des arts dans l’Afrique contemporaine, mais de tout cela on ne connaît pas le suivit qui en est fait. DAM : Pourquoi combattez-vous pour l’épanouissement de la femme comorienne ? Je ne suis pas féministe mais je partage l’idée de mes poètes préférés Aragon est, Senghor. C’est Aragon qui a dit que ‘’la femme est l’avenir de l’homme’’. Je reconnais que la femme africaine a du mérite, et quand elle est née comorienne, dans une société où la femme ne peut pas s’exprimer sur la place publique, conformément à notre culture musulmane, La femme comorienne se bat et occupe une place de choix. Elle est officier dans l’armée comorienne, Ministre, député, Maire et prend le devant jusqu’au - delà de nos frontières. Je prends l’exemple de Madame SoilhaSaid Mchangama, ou Mme Moinaecha Maire de la ville de Badanmadji – Itsandra ; Les ex-ministres Moinaéchat Cheikh et Mme Sittou Raghadat elle-même ex-député, qui ont beaucoup milité en faveur de l’évolution du statut de la femme, pour ne citer que celles-là. A titre d’exemple, Mme Soilha est une comorienne qui ne s’est pas contentée de créer des entreprises dans le pays, mais qui a joue un rôle politique comme conseiller de l’ex-Président de l’île Autonome de la Gde Comores, milite au profit du développement, s’implique dans l’action humanitaire. Alors il n’est pas surprenant qu’une telle femme soit distinguée comme lauréate 2008 par France Euro Méditerranée, pour le Trophée de la réussite au féminin. Elle le mérite pour les nobles causes qu’elle a toujours défendu, que ce soit en faveur de la scène artistique en favorisant les sorties de certains artistes pour des échanges hors du pays, ou en faveur du rapprochement de l’entreprenariat entre les comoriens et la scène internationale. De telles femmes font l’honneur de leur pays. Au cours de ma tournée en France, mon poème ‘’femme’’ a suscité des réactions contradictoires. Pour les Comoriens, je donne trop d’importance à la femme, pendant que des femmes français m’ont interpellées après la conférence à l’Université de droit Aix-en Province pour me dire qu’elles me trouvaient un peu macho ! Vous voyez, le plus important pour moi ce que mes écrits ne laissent le lecteur indifférents. DAM : Avez-vous une pensée pour la condition de la femme africaine ? Oui mais j’aurais souhaité savoir, avec le recul qu’ elle a été le bilan qu’ elle a faite de la IVème Conférence mondiale de l’ONU sur les femmes. Y a-t-il eu vraiment un avancement en sa faveur ? Qu’ est ce qu’il en résulte presque 20 ans après ? Est-ce que les mesures prises ont été en sa faveur et ont elles étaient réellement appliquées ? Vous savez, Je lis Amina et Divas tout simplement parce que j’estime qu’en apprenant les soucis des autres femmes, m’emmène à mieux comprendre la mienne. Ma pensée et qu’il faudrait donner plus de moyens à la femme africaine, pare que dans nos sociétés africaine, là où la femme s’y engage, elle réussit. Il faut reconnaître qu’il y a une évolution de sa condition, par rapport à ce qu’ ont connu nos mères. Prenez l’exemple de la tunisienne Amel Henchiri, créatrice de bijoux, des femmes comme Ayden ou Elisabeth Tchoungui, ont su gagner le respect de leur personnage, et je les admire. La femme africaine milite de plus en plus à la conquête de ses droits. Je pense aux Femmes du Réseau Femme et Développement aux Comores, comme l’Union pour le Développement des Femmes au Sénégal (l’UDF/PA) qui ont une culture et un savoir-faire inimaginable, vous n’imaginez pas le parcoure d’une Salimata Porquet en Côte d’Ivoire, d’une Pearl Mashabela d’Afrique du Sud, ou encore le combat mené par adja Awa Ndiaye au Sénégal, et j’en passe de tant d’autres. Nous faisons les mêmes bancs, pourquoi ne pas mériter les mêmes salaires si les résultats sont proportionnels ? DAM : Quelles sont les solutions immédiates pour une meilleure prise en compte de l’avis de la femme dans la gestion de nos sociétés africaines ? Il faut promouvoir l’égalité de chances et l’égalité de droits, criminaliser toutes formes de violences à leur encontre. Barrer la route au droit de cuissages et aux harcèlements auxquelles certains d’entre eux sont victimes. Leur donner la parole en les impliquant dans la prise de décisions du moins en ce qui les concernes. Mais avant cela, je pense que les femmes doivent se prendre en main, qu’elles doivent s’imposer par leurs savoir-faire et leur faire savoir. Compter sur eux même d’abord avant de compter sur les pouvoirs des hommes. Je suis membre de la jeune chambre internationale des Comores et tous les ans nous honorons les femmes qui ont marquée l’année en cours dans les différents secteurs. DAM : Parlons des artistes africains, vivent-ils vraiment de leurs métiers ? Non ! Ils sont en tout cas rares chez moi les artistes qui vivent de leurs arts. La plus part sont des enseignants, ou ont d’autres activités rémunératrices. De toute façon dans des pays où l’art n’est même pas enseigné dans les écoles, où il manque de politique culturelle, que pouvez-vous attendre ? Moi je pense qu’il faudrait revenir sur les recommandations de Stockholm aux travers des quelles la communauté internationale a retenu cinq objectif généraux sur la formulation des politiques culturelles pour le développement sans lesquels l’épanouissement de l’artiste africains et de son patrimoine n’est impensable. Parce que tant que la dimension culturelle ne sera prise en compte dans les programmes de développement et dans les stratégies de réduction de la pauvreté, il n’y aura pas de reconnaissance des artistes des pays émergents. DAM : Ne pensez-vous pas qu’il faille aller à une union panafricaine des artistes ? Si mais cela me parait impossible. Par exemple au cours de mon séjour en France j’ai lancé l’idée de l’Association Poétiqu’Art avec le soutien d’une Franco comorienne impliquée dans les échanges internationaux et le développement durable de l’Association ASAD. ‘’Poétiqu’Art’’ a pour ambition de renforcer les échanges entre les poètes et les artistes africains et le reste du monde. Je vous assure que nous avons des adhésions venant d’Europe pendant que l’Afrique reste indifférente. Pourtant l’objectif était de favoriser l’émergence d’un rapprochement entre les artistes et poètes du nord avec ceux du Sud DAM : Est-il utopique de travailler à cette union ? Non si on y est sincère, en comptant sur nous même avec un peu de volonté, à l’instar de PEN International, pour les écrivains. DAM : Les œuvres des artistes africains font la grandeur des musées occidentaux, qu’en dites-vous ? Je trouve cela normal du moment que les politiciens africains n’ont pas suffisamment d’égard à leurs identité culturelle. L’artiste doit pour autant vivre et voir la reconnaissance de son art source de son épanouissement. Le comble ce que l’art africain est sous-évalué, parce que nous sommes les premier à le mépriser. Quand j’entends revendiquer le retour des œuvres africains dans nos pays, je dis qu’il faudrait valoriser d’abord ceux qui sont disponibles dans nos pays. DAM : Pensez-vous que nos dirigeants ont les moyens de soutenir les artistes africains ? Oui mais c’est la volonté politique qui leur manque, parce qu’elle ne figure pas parmi les priorités des politiques de nos pays dans leur grande majorité. Il n’y a jamais assez de budget pour la culture, quand bien même ils ont compris que la créativité est sineqanun au renforcement de l’identité culturelle dans son expression même. Peu importe le vecteur ou le secteur. Ils savent bien le rôle joué par la culture en tant que facteur économique, et les recettes qui en découlent sont régénérateur d’emploi contre le chômage mais pour eu elle ne figure pas parmi les stratégies de développement bien que le secteur privé du moins dans mon pays s’implique dans la promotion des artistes. C’est le cas de beaucoup d’entrepreneur à l’instar de ChamsoudineMlindassé ‘’ Nassibe’’ qui a souvent contribuer à la concrétisation de la notion de mécénat dans le pays. DAM : Qu’est-il possible de faire en l’état actuel ? A mon humble avis, il faudrait déjà que nos états africains, acceptent d’encourager cet esprit de mécénat. Que les investissements en faveur de la promotion des artistes et de a scène littéraire puissent être déduit sur les impôts des acteurs économiques qui s’y investissent. Les gouvernants doivent faire la part des choses entre Ministère de la jeunesse et sport et Ministère de la culture. Les missions étant différentes il ne faut pas qu’il y ait d’amalgames. Nous autres artistes n’avons jamais su en quoi consistent les programmes culturels du FED. Il faudrait trouver le moyen de faire en sorte que les bénéficiaires puissent réellement en profiter. Dans mon pays je n’ai jamais entendu ; en tout cas en tant qu’Artiste je n’ai jamais su ce que c’est que le ‘’soutien de projet culturels dans les pays ACP ni aux financements en faveurs des Initiatives Culturelles décentralisés et tous les financements de projets et manifestations en pays ACP’’. Tant que les artistes eux-mêmes ne seront pas associés dans la gestion ou la répartition de ces programmes, l’aide à la culture passera à côté de ses objectifs. Et pourtant on nous parle de millions déversés par la coopération en Afrique pour les beaux yeux de l’art et de la littérature dans le cadre de la coopération des ACP/U.E, et après on s’étonne de la fuite des talents. Que voulez-vous ? De même nous connaissons dans la sous-région de l’Océan Indien, ce qu’on nomme la Commission de l’Océan Indien qui ne dispose d’aucun programme en faveur de la promotion des arts et de la littérature de notre région. Je ne trouve pas normal que pour participer à des manifestations internationales, nous soyons obligé de nous adresser à la coopération culturelle française pour quémander un soutien pendant que nos ministères de tutelle prétendent ne pas être en mesure de nous soutenir qu’en délivrant une demande de visa Schengen. Si l’ambassade offre le billet de voyage à l’artiste pour quoi ne donnerait il pas alors le visa ? Ridicule ! DAM : Avez-vous foi en un second souffle de l’art africain ? Bien sûr que oui ! je suis optimiste de nature mais un peu naïf. De plus en plus la littérature comme les œuvres plastiques ou visuelles de certains artistes africains bénéficient d’un certain rayonnement conséquent, obligeant nos dirigeants à reconnaître nos talents. DAM : Que pensez-vous de Diplomatie Afrique Magazine ? C’est une revue que je viens de découvrir sur le net. Je le trouve différent de tout ce que j’ai lui jusqu’ici, de par son titre tout d’abord. J’estime qu’elle contribuera à vendre une image positive de notre continent. Je lui souhaite longue vie et bon vent DAM : Votre mot de fin L’Afrique avance à petit pas mais elle avance quand même et surement. Je pense que nous autres artistes avons notre mot à dire et devons être entendu. J’ai toujours pensé comme l’a si bien dit André Malraux que : « L’homme cultivé est celui qui progresse sans cesse dans son développement intellectuel et moral et qui par l’esprit et l’action s’intègre à l’évolution de l’humanité en marche ». Voilà ce que font les Afrique et voilà mon principe. Je vous remercie pour l’importance que vous venez de m’accorder.

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 09:49

 

LGDC-Conf-CASM.jpgDans le cadre de la semaine de la Francophonie, et à l’occasion de la Journée Mondiale de la Poésie le CASM en partenariat avec la Délégation Comorienne de l’Association Européenne de Poésie  ‘’Euro poésie’’ et Poétiqu’Art, ont organisé différentes manifestations  au centre du CASM, allant de l’exposition de photos et de poèmes en sur impression, à la mise en espace de Slam et de lectures scéniques de poèmes. De 07 à 70 ans le publique a répondu présent à l’appel poétique.

Dès le 14 Mars début de la célébration de la semaine nationale de la francophonie, le Centre a ouvert ses portes par une exposition de photographies en sur impression avec des poèmes réalisées par MAB Elhad. La visite au centre nous a permis de  découvrir  d’autres tableaux en noir et blanc offert pour la circonstance, par la structure réunionnaise Lerka (espace de création qui encadre les auteurs et artistes de l’Océan Indien). De même que des coupures de journaux, on pouvait voir quelques exemplaires des couvertures des livres publiés par l’Association  Euro poésie Frances, exposé par la délégation Euro poésie Comores.

Le 18 Mars s’en ai suivi à partir dès 16 heures une lecture de slam, avant le début de la conférence de MAB Elhad.  Ce sera l’Ambassadeur des Comores en Afrique du Sud  Ahmed Mohamed Thabit qui n’est autre que le Président du CASM, qui a ouvert la conférence pour souhaiter la bienvenue au public,  en présence du Conseiller de Mr l’Ambassadeur de France aux Comores, et de quelques personnalités de lettres à l’instar de l’écrivain Sast.

On peut repartir son intervention en trois parties succinctes. L’oralité dans la poésie comorienne comme source de création, la poésie comorienne d’expression française et le devenir de la poésie comorienne.

Si le sujet annoncé a porté sur les «perspectives de la poésie comorienne d’expression française » de l’indépendance à nos jours, MAB Elhad n’a pas manqué l’occasion d’exprimer sa fierté par rapport aux extraits de son œuvre en filigrane et en mini lettres  sur les billets de banques comoriens, notamment ceux de 1000 et de 2000 franc KMF.

 Dans la  première partie de son exposé, le conférencier a tenu de présenter un aperçu de la poésie comorienne orale et des travaux de recherches  faites sur le sujet.

Citant les travaux de Damir Ben Ali,  MAB Elhad, affirme à titre d’exemple que ‘’la poésie comorienne remonte au XV es. Le texte portant le titre de « Mazuni » aayant été composé pour relater la destruction de la dite cité portuaire ‘’Mazuni’’, ancien chef-lieu du Dimani. Cette époque, a connu les griots et les baladeurs qui colportaient le chant et la poésie d’une localité à une autre à travers les îles et qui transmettaient cette richesse de générations en générations. Pour preuve, plusieurs centaines de manuscrits retrouvés dans des bibliothèques à Zanzibar, révèlent aussi l’originalité d’une poésie et d’une littérature comorienne qui datent des siècles antérieurs’’Notre poète affirme que cette poésie présente différents aspects : vernaculaire, est à prédominance  orale. Il  qualifie  la poésie de ‘’ Mbae Trambwe de communautaire et  traditionnelle, mais vecteur de la culture comorienne et qui se transmet oralement.  D’inspiration sociale, la littérature orale reflète  l’époque et les aspirations du peuple, en s’adaptant aux changements historiques; et de l’évolution de nos mœurs.

Se référant, au chercheur Ali Mohamed Djalim le conférencier prétend que ce dernier estime que ‘’notre poésie a perdu son originalité face à l’écrit de l’expression française. Parce que, la poésie comorienne est avant tout orale et que c’est avec l’œuvre de Trambwé que la littérature comorienne, originalement orale, commence à être écrite et traduite en français pour qu’elle soit à la portée d’un public plus large’’.

Quant à l’aspect véhiculaire de notre poésie, écrite en langue comorienne, il la trouve réservé à beaucoup plus de personnes sachant lire en langue nationale. Elle résulte beaucoup plus de l’expression de l’engagement, et suscite la prise de conscience vis-à-vis des problèmes sociaux du moment, de l’environnement etc… mais aussi des causes identitaires, et notamment politiques. A en croire MAB Elhad la poésie comorienne a plusieurs genres dont quatre tendances connues : Poésie panégyrique comorienne; celle d’expression arabe, mais aussi swahili et française.

Pour aborder la poésie comorienne d’expression française, sujet de la conférence MAB Elhad a présenté un bref historique de la langue française aux Comores avant de rendre hommage à la presse écrite pour son implication dans la promotion de la poésie comorienne, d’où les coupures de presses affichées sur la cimaise du CASM à côté de la collection de photos et des poèmes. L’auteur de Kaulu la mwando affirme  que  la poésie comorienne d’expression française date des années 70 et que  les premiers poèmes retrouvés sur le territoire ont été publié dans le journal ‘’Alkamar’’ du Haut-Commissariat de la République française. S’en suivra les publications qu’il a qualifié de poésie patriotique et engagée publiées par le journal de l’Association des Etudiants comoriens en France  ASEC dont« Usoni et Trait d’union », auxquels des extraits paraitront prochainement  dans son anthologie ‘’florilèges de la poésie comorienne’’, dans lequel a été extrait le  tableau bibliographique sélective présentant, une vingtaine de poètes comoriens dont trois femmes, déjà publiés chez une quinzaine d’éditeurs; 04 anthologies et 08 poètes étrangers ayants écrits sur les Comores en plus de 04 œuvres inédits de poètes comoriens.

MAB Elhad considère cette poésie comorienne d’expression française comme étant celle des nouvelles générations. En effet la nouvelle vague des poètes comoriens s’exprime en langue française, tout simplement parce qu’elle est aux Comores, la première langue officielle. Une langue qui est plus ou moins maternelle parce que, celle du colonisateur, donc la plus appropriée au Comorien pour s’ouvrir au monde francophone, influencé par la poésie française apprise sur les bancs de l’école.

Abordant l’imaginaire et la sensibilité de la poésie comorienne d’expression française, MAB Elhad pose un regard analytique  qui lui permet de constater que même après l’indépendance des Comores, des similitudes par rapport aux aspirations et à l’inspiration près et poste indépendance reste les mêmes: L’envie de dignité, la revendication des libertés, la promotion du genre, le respect de l’environnement,  à titre d’exemples. Il faut cependant reconnaitre qu’après l’indépendance, la poésie comorienne s’est développée, élargie et diversifiée. Contrairement à la poésie d’expression comorienne, celle d’expression française est profane aux us et coutume comoriennes et s’adresse à un public restreint. C’est aussi une poésie de circonstance, d’inspiration politique ou sociale, et très répandue dans les journaux  pour finir  son exposé notre poète se permet un exercice difficile d’appréciation sur l’inspiration de certains poètes comoriens. Pour MAB Elhad, certains poètes tels que  Saindoune Ben Ali, auteur de ‘’testament de transhumance’’ et Sadani auteur du dernier recueil de poésie paru récemment  ‘’Sania’’ donnent une empreinte comorienne à leurs écritures, les tournures elliptiques et les images se jouent d’une pensée qui reste métaphorique et d’une sensibilité qui privilégie l’indicible. Parmi les thématiques de la poésie de ces deux auteurs, la tragédie des kuwasa kwasa, le poète Sambaouma A.Nassar a de même abordé ce sujet dans son recueil, ‘’nouveaux poèmes jusqu’en terres palestiniennes’’.

La conférence a pris fin par une projection des activités devant renforcer la créativité poétique comorienne. A ce sujet MAB Elhad pense nécessaire de reprendre les activités de jadis, par l’implication des poètes pour la célébration de la journée Mbaye Trambwe tous les 17 juillet de chaque année, la reprise des veillées poétique qu’il entends instaurer avec le CASM pour commencer, les activités de créativités et d’encouragement à la poésie pour les tous petits, mais aussi le développement des relations en faveur des arts et de la littératures avec les structures tels que : LERKA (Espace de créativités artistiques) l’UDIR(Union des poètes réunionnais) pour la Réunion mais aussi au niveau international avec Euro poésie. Dans ce même optique, MAB Elhad pense bien nécessaire pour les Comores d’ouvrir les portes aux autres, comme cela a été le cas avec le FIPIA (Festival International de Poésie Itinérant en Afrique) mais aussi accueillir le FIPO (Festival Interrégional de Poésie de l’Océan Indien). C’est ainsi qu’il a exprimé sa satisfaction d’avoir été à l’origine de l’arrivée de LERKA au Comores lors de son mandat politique de 1er Adjoint au Maire, et alors qu’il fut préfet et qui porte comme résultat les échanges envisagés très prochainement aux Comores avec cette structures probablement en milieu d’année pour la concrétisation de leurs projets.                                                                       

                                                                                                                                 I M A 

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 10:08

CASM-la-renaissance.jpg

Après quelques années en sommeil , le Centre d’animation socioculturel de M’tsangani remet en marche sa machine. Et pour marquer le pas, ce centre participe activement à la semaine de la Francophonie par une conférence sur la poésie.

 

Né le 27 Février 1992 de l’initiative des jeunes du quartier de Mtsangani, de la génération de Naki Mattoir, Cheikh MC et tant d’autres, le CASM, (Centre d’Animation Socio-culturel de Mtsangani) a connu un passé glorieux en dépassant son statut d’association de quartier pour devenir une structure ouverte à toute la population des Comores vivant à Moroni .

 Ce qui lui a permis de répondre aux engagements pris le 16 Aout 1996 lors de l’inauguration, de s’impliquer au développement communautaire du pays en permettant aux enfants de l’archipel des Comores étudiant dans  le chef lieux à Ngazidja de trouver un lieu de révision, d’encadrement et de soutien notamment en période d’examens scolaire d’une part mais aussi et surtout contribuer à la cohésion des habitants du quartier de Mtsangani et de la ville de Moroni. MTV-CASM.jpg

Parmi les actions menées à termes, le CASM a permis la prise en charge des activités de prévention et de sensibilisation contre les grandes endémies à travers les émissions audiovisuelles menées par sa station MTV /CASM qui fut jadis la télévision de référence pour ses émissions socioculturelles. Qui ne se souvient pas de certaines émissions phares : Unambiye mna hadis de Mahamoud Sultan ?, Art et culture de MAB Elhad ; Unono l’emission santé de Mme Cheikh MS ; Msafara ho ngazidjani de Ben Abdou ; et j’en passe des meilleurs.

 Aujourd’hui on retrouve que ce soit à TNC, à Mayotte première, à RFO ou à Alwatwan, bon nombre  de techniciens de la régit, du plateau ou du reportage camera et photographiques formés par le CASM.

 De même, dans un passé récent, le CASM a accompagné et soutenu bon nombre d’adultes pour la maitrise de certains instruments tels que l’ordinateur et l’usage de certains appareils  numériques à leur apparitions sur le territoire.

Dans le domaine de la culture, le CASM a organisé plusieurs formations pour permettre la maitrise des danses traditionnelles, permis la prise en charge de certains soucis du quartier tels que la prévention contre les activités liés à la délinquance infantiles etc…

PARTENARIAT ENTRE LE CASM & EUROPOESIE 

à l’occasion de la semaine de la  francophonie.  

 

21 ans après sa création, et après avoir traversé un temps d’inactivité dû au départ de bon nombre de ses enfants pour l’étranger, le CASM renait de ses cendres, grâce à la bienveillance des ainées, à l’instar de  A.Thabit ; Tonton Said Mzé, Abdallah Ali ; mais aussi les inconditionnels à l’instar de Oumoud ; des femmes comme Mme Allaoui Masseande Chami, Mme Fatouma Abdallah Youssouf, F. Timboyi ; Fatima Chami qui donnent le meilleurs d’eux même pour que le CASM se ressaisisse.  

Ces derniers pensent à tort ou à raison que le CASM se passe dans un premier temps de MTV, pour prioriser ses activités sur la reprise des activités originelles en l’occurrence la formation, l’information, la sensibilisation et la prévention des jeunes sur les grands défis du pays en général et du quartier de Mtsangani en particulier. En s’investissant ses membres dans la prise en charge des structures d’assainissement, d’hygiène, de santé publique de la population et de son environnement.

Le nouveau bureau entend privilégier le retour au renforcement de l’éducation de base, l’encadrement des élèves, la scolarisation des enfants en bas âge et le soutien scolaire.

Quant à la culture, le Centre prévoit l’organisation comme jadis des manifestations, sur l’éducation, la science, la culture et la formation professionnelle.

 En ce qui concerne la promotion des échanges culturels, sportifs au niveau national et international, le CASM qui envisage d’héberger la ‘’Maison Internationale de la Poésie Comorienne’’ vient de concrétiser un partenariat avec la délégation nationale de l’Association Européenne de poésie ‘’Euro poésie’’ Comores.

vers le printemps des poètes le 18 Mars au CASM

 

C’est ainsi que dans le cadre de la semaine de la francophonie organisée par le gouvernement comorien en partenariat avec le Service de Coopération et d’Actions Culturelles de l’Ambassade de France ; Euro poésie, aux côtés du CASM et de Poétiqu’Art Comores organisent différentes manifestations le lundi 18 Mars à partir de 15heures au lieu du 21 précédemment prévu pour le Printemps des poètes ; allant de la mise en espace de Slam, à la ‘’conférence débat sur les perspectives de la poésie comorienne d’expression française’’ par MAB Elhad, pour finir avec la lecture scénique libre et publique de poèmes dans la salle polyvalente du CASM. Dans le cadre de ce partenariat avec le CASM, l’Association Euro poésie à travers la délégation des Comores prévoit l’envoi de livres de poésie et de CD en faveur de la promotion de la poésie aux Comores, et l’épanouissement de bases de bonnes relations avec l’Association Européenne de poésie, notamment ‘’Euro poésie’ ’France avec laquelle  Naki Mattoir est déjà en contact.     

Moina Nourou Hooussein

                                                                                                                 LGDC

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 17:07
  1. 4-StDenis--Soiree-Slam-a-Roland-Garros-accompgne-a-la--.jpgLe 21 Mars est la journée mondiale de la poésie.
    C’est l’occasion pour moi de faire une petite rétrospective sur cet art à part entière auquel bon nombre de personnes connues ou méconnues s’y adonnent dans notre pays. Sur mon blog j’avais il y a quelques temps écrits un papier sur la poésie comorienne et ses différents aspects.

    Je saisie cette opportunité pour inviter tous les poètes (qu’ils so...ient en herbe ou confirmés) se trouvant sur le territoire comoriens à prendre part à une réunion au foyer du CASM à Moroni Mtsangani place Djumwa vumwe.
    Cela fait bientôt une trentaine d’années, que l’Océan Indien donne de plus en plus de la valeur à ses artistes et ses hommes de lettres. Pour preuve, Si l’île de la Réunion a su se positionner comme étant incontournable dans le domaine des arts avec son ‘’ Carrefour des artistes de l’océan indien’’ grâce à l’UDAR (Union des Artistes réunionnais) qui réunit tous les ans les acteurs de l’art plastique et ceux de la photo ; le milieu des lettres de cette île a su autant bien s’organiser pour faire vivre la littérature de la zone.

    C’est ainsi qu’existe le FIPO (Festival Interrégional de Poésie de l’Océan- indien) qui assure l’organisation de ce qui est aujourd’hui le ‘’Printemps des poètes’’ de la sous-région ; ou encore la rencontre des poètes de la zone C.O.I grâce au concours de l’Union pour la Défense de l’Identité Réunionnaise (UDIR) ; le Conseil Général et le Conseil Régional qui, ont crée le concours annuel (Prix de l’Océan Indien) couvrant tous les domaines de l’expression littéraire .

    De son côté, L’ERKA (Espace de Recherche et de Création en Art Actuel ne ménage aucun effort pour s’investir à l’épanouissement de la culture et des arts de l’océan indien).
    Pour preuve, en 2004, L’ERKA, bien que pris de cours, a contribué à la promotion de mon recueil ‘’Kaulu la mwando’’. L’invitation qu’elle m’a faite de participer au ‘’Kabar poésie’’ qu’elle a organisé l’année dernière à l’occasion de la fête du livre ‘’ livre en l’air’’ a suscité l’intérêt de certaines Radios de la place qui m’ont invité par la suite, à des émissions Radiophonique à l’instar de Radio Arc en ciel et R.F.O. Une telle occasion a permis de faire connaître l’ensemble de mon œuvre dans les milieux de la communauté comorienne de La Réunion et de Mayotte.
    Du Mercredi 07 au 13 Décembre 2005 LERKA se retrouve à Madagascar au côtés d’ ELBAKANA pour la concrétisation des ateliers de recherche interdisciplinaire ‘’ ELBAKANA, ou le ‘’Glissement perpétuel’’ sur la culture (dont l’Art et la poésie ) qui se tiendront en partie à l’Institut de Civilisation/Musée d’Art et d’Archéologie avec les interventions de Mme Baco Rasoarifetra, Mme Christiane Rafidinarivo, Mr Rafolo Andrianaivoarivony, Mr Hemmerson Andrianetrazafy. Mais aussi l’autre partie portant sur ‘’Langue et poésie du Grand Océan qui se tiendra le 09 et 10 décembre 2005 au Centre Culturel Albert Camus, et qui verra les illustres interventions de : Mr Patrick Andriamangatiana, Henri Rahaingoson, Nicolas Gérodou et Mr Babou B’Jalah.

    Pour sa part, Madagascar abrite tous les ans plusieurs manifestations à caractères régionales ou internationales. Pour preuve, je ne manquerais pas de citer le festival de danse chorégraphique dont les fameuses ‘’ Sanga’’ ou encore les rencontres de la photographie, pour ne citer que ceux-là. La poésie n’est pas pour autant délaissée sur la grande île où, elle a une place de choix. Plusieurs associations tels que l’illustre si bien, les manifestations quotidiennes menées par Sandrata, dont les chefs de fils sont Ranöe, Elie Rajaonarison, Tahirintsoa et Solofo José Nalisoa Ravalitera, et qui ont su rajeunir cette poésie malgache ou alors le FIMPAMAMA(Fikambanan’ny Mapandala ny Maha Malagasy) du professeur Roger Rabenilaina quand ce n’est pas tous simplement les activités menées par la SEROI (Société des Ecrivains de la Région de l’Océan Indien) grâce aux efforts soutenus par Jeannine Rambeloson.
    Dans cet ordre d’idée, le Centre Culturel Albert Camus d’Antananarivo, reste le lieu privilégié et incontournable pour l’épanouissement des Arts et de cette littérature de l’Océan Indien. En effet j’ai eu le privilège d’assister le 24 février 2001 au 25 ème forum littéraire qui a été un succès, pour avoir su si bien faire l’état des lieux de la littérature malgache, rendre ses lettres de noblesse à la poésie malgache, et encourager les nouvelles générations à s’investir pour un nouvel envol de l’écriture malgache.

    Pour leurs part, les Alliances Françaises dans la région Afrique, ne manquent pas de servir de tremplin à l’épanouissement de cette culture, soutenu dans cet élan par l’A.F.A.A (Association Française d’Action Artistique) .
    Puis mon deuxième rendez-vous culturel sur l’île, fut celui du ‘ 4 ème Festival International de Poésie Itinérant en Afrique (FIPIA) qui s’est tenu du 14 au 24 juin 2001 avec le concours de Sandrata.

    Les liens culturels et de fraternités qui unissent les deux pays Madagascar et les îles Comores, sont aussi bien ancestraux, que beaucoup de comoriens sont né sur la grande île, qui dans l’histoire encore ressente ‘’ Madagascar et dépendance’’ Antananarive, fut la référence intellectuelle et culturel des Comores, pour avoir formé les premiers cadres de l’ensemble de nos îles. Depuis, des générations de comoriens y ont élu domicile à Madagascar pour devenir le 18 ème tribut de Madagascar.
    Le succès qu’à connu le Dr en lettres et Ecrivains Comorien Toihir dans ce centre, il y a de cela quelques années lors de la sortie de l’un de ses livres ; comme le passage de l’Artiste Plasticien Modali ont su prouver si besoin été, combien l’intelligentsia malgache a de l’estime à l’endroit des auteurs de l’océan indien.

    Pour sa part le Club ‘’Poétiqu’Art Club Comores (PAC) que j’ai l’honneur de présider, a participé en concertation avec le Club Pohori (Association des Poètes Comoriens), à différents veillées poétiques, dont notamment celle du 29 Mai (en pleine lune) pour rendre un vibrant hommage à la mémoire du regretté Jean Jacques Rabemananjara qui venait de nous quitter récemment. Cette soirée sera honorée par la présence du Consul Malgache à Moroni et de l’Amicale Comoro -Malgache, cérémonie qui a vu la participation de plusieurs autorités comoriennes venues lire un poème de l’auteur pendant que chaque poète Comorien était censé écrire un poème à la mémoire de ce géant de la poésie de l’Océan Indien.

    Depuis, avec la consécration du 17 et 18 juin comme journée nationale de la poésie comorienne ‘’ Journée Mbaye Trambwe’’, la poésie comorienne avait connu un essor considérable et a permis à l’Association Mbaye Trambwe et l’Association Pohoori Calam de mener différentes manifestations et activités poétique dans notre pays à l’instar des ‘’veillées poétiques’’ et autres causeries sur la poésie comorienne. De même, des émissions radio diffusées et audiovisuelles ont été assuré sur différentes radio et télévisions telles que :

    - Radio Studio1 par MAB Elhad et Aboubacar Said Salim
    - 105 RB de Badjanani par MAB Elhad
    - MTV CASM par Aboubacar Said Salim et MAB Elhad
    - TNC par Aboubacar Mchangama
    Etc….
    Mais si depuis ces cinq dernières années la poésie comorienne s’enrichie de nouvelles publications, puisque une rétrospective que j’ai effectué au profit du ‘’ Florilège de la poésie des îles de la lune ’’, anthologie de la poésie comorienne en préparation, me permet d’avancer les chiffres ci-après :

    A ce jour, 15 poètes comoriens de différents horizons ont été publiés de 1980 à ce jour, dont 09 ressortissant des Comores indépendantes, 03 de l’île comorienne de Mayotte et 03 autres né ou résidant en France.

    Que seulement 04 anthologies ont été écrites sur la poésie comorienne ou incluant des poètes comoriens, si ce n’est alors des poètes étrangers ayant cité les îles Comores.

    Que 05 poètes comoriens sont en attente de voir leurs premières œuvres éditer.

    Dans l’histoire de la poésie comorienne, depuis le journal ‘’Alkamar’’ qui remonte aux années 70 à nos jours, 05 journaux ont au niveau national réservé une chronique ou un espace à la poésie comorienne. Et là j’ai omis de comptabiliser les bulletins culturels des écoles de la place. A ce jour, seul 05 genres de manifestations poétiques existent sur le territoire comorien.


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