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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 00:38

EXPOSITION

 

Propos recueillis par Dini Nassure

La Gazette des Comores du 23 Octobre 2001  Expo Udar médiathèque F.Mitterant , MAB & le Publique

 

Tous les deux ans en Afrique de l’Ouest, le Sénégal  et le Mali organisent un mois consacré à la photographie africaine. Madagascar fête chaque mois de d’Avril, « Les rencontres de la photographie malgache » et cette année pour la première fois de l’histoire de la photographie comorienne, à l’A.F.C (Alliance Franco comorienne) de Moroni, trois jeunes  artistes photographes comoriens dont Medass, Cheha Maanloum et MAB Elhad viennent de pose les jalons de la première édition des retrouvailles de la photographie comorienne. La Gazette des Comores est allée à la rencontre de l’un des initiateurs de cette manifestation.

L.G.D.C : Vous venez d’initier la première édition de ces retrouvailles sur la poésie comorienne. Pourquoi le trio Cheha Maanloum, Medass et MAB Elhad ? Y a t – il une relation avec la photographie africaine ?

MAB Elhad: C’est plutôt une simple coïncidence, puisque la rentrée culturelle de l’A.F.C, était tout simplement prévue pour ce mois d’octobre alors que la 4ème édition des rencontres de la photographie africaine se tient du 15 Octobre au 15 Novembre et verra la participation de 120 photographes du continent noir, avec le concours d’Afrique en création et le gouvernement malien. Par contre la prochaine biennale de Dakar  au Sénégal aura lieu au mois de Mai 2002.

Un lien spécifique avec la photographie africaine ? Pas forcement ; les Comores sont à la croisée des chemins entre les cultures Arabes, Bantou nourris d’une expression francophone. C’est ce métissage qui nourri et enrichi la créativité artistique de nos îles de la lune. Par contre c’est vrai que c’est la première exposition de ce genre organisé par l’A.F.C aux Comores et portant  sur le travail d’artistes photographes de notre pays. Il faut tout de même préciser  que d’autres expositions ont eu lieu à commencer  par celle du CICIBA (Centre International  de la Civilisation Bantou) en 1998 au foyer Socioculturel du CASM à Moroni Mtsangani ; puis d’autres ont suivis, personnellement je suis à ma quatrième exposition. Donc si nous nous sommes retrouvés tous les trois, Medass, Chéha et moi, c’est tout simplement parce que les autres artistes  et amateurs photographes  consultés  ne se sentaient pas suffisamment préparé pour exposer leurs photos. Nous, nous avons tenu à participer et nous ne le regrettons pas. Ce qui m’importe, ce n’est pas l’aspect numéraire qui en résulte, mais de me permettre en tant qu’autodidacte de permettre aux comoriens de rêver pour sortir de la grisaille du quotidien mais aussi de comprendre que ce que font les autres pays, nous pouvions les faires avec un grain de motivation et une goutte de volonté, pourvu que nous disposions  d’un peu de moyens logistiques appropriés, puis d’inciter les jeunes générations à aimer l’art en général et, la photographie en particulier.  J’estime qu’en organisant  une telle manifestation, la  direction de l’A.F.C plus particulièrement le Délégué Patrick Belliard et son Adjoint  Toahir, veulent donner un espace de promotion  à la photographie artistique comorienne. De même que la nomination de Mohamed Zeine à la Direction de la culture est un plus  pour l’épanouissement de cet art photographique sur nos îles de la lune, étant lui-même un photographe talentueux.

LGDC: Mais peut on parler d’une photographie comorienne?

MAB Elhad : Si l’histoire de la photographie remonte à 1839, le premier photographe noir remonte à 1845et en 1869 la colonisation aidant, les photographes européens parcours l’Afrique, du  Sénégal à l’île Maurice. Il a fallut attendre les années 40 pour voir venir les premiers photographes comoriens  dont les plus connu furent les regrettés M’baraka Sidi à Moroni, et Chamsoudine Said Caambi sur l’île d’Anjouan. Plus tard, vers le début des années 70 Said Hassane Bafakih, Boina ‘’mafoto’’ à Moroni ; Hassane Soilihi à Mohéli, formés pour la plus part à Madagascar, tous des photographes de studios qu’ils furent, d’une certaine façon des adeptes du courant symboliste de part leur méthodologie à l’époque. Donc nous pouvons dire belle et bien qu’il ya eu, une photographie comorienne qui s’est diversifiée, mais qui n’a pas pu jusqu’ici prendre son envol.

On trouve ce que je nomme photographes ‘’circonstanciels’’, (qui se contente d’assurer le reportage photos de certaines manifestations familiales, notamment les cérémonies de mariages, des anniversaires ou, au cours d’événements officiels, comme les séminaires, ou divers tels que les célébrations, etc.…).

Puis il y a la photographie artistique, qui relève d’un modelage de l’inspiration. De telles sortes que, l’on a l’impression que c’est le regard qui peint le sujet. Raison pour laquelle certain de mes photos sont le résultat de la surimpression  ou de la superposition d’images pour que l’imaginaire se frotte au réel. De même qu’une grande partie des œuvres de Medass sont  le fruit d’un travail de recherches. Bref  la photographie  comorienne a sa place dans l’histoire. Je dispose par ailleurs dans mes archives de photos qui marquent les transformations des mentalités et de la société comorienne. Qu’il soit reporter photographe ou artiste photographe. C’est toujours un témoin oculaire de son temps ; surtout dans un pays d’oralité comme le nôtre, si vous me le permettez, je dirais que  la photographie africaine  témoigne des transformations  que subies  nos us et coutumes  et fait voir au public autre chose que le ‘’ négatif ‘’  de la réalité africaine.

LGDC: Peut – on dire que les photos que tu as exposées sur les cimaises de l’A.F., résultent du regard du poète ou du Gendarme.

MAB Elhad : c’est vrai que les photos que j’ai présenté sont complétées pour certains, par les extraits de poèmes du recueil que je compte publier bientôt en tant que poète. Je figure comme toi d’ailleurs dans l’anthologie de la poésie comorienne de Carole Beckett d’origine Sud Africaine, aux éditions l’Harmattan. C’est pour quoi je reconnais que la poésie a quelques influences sur une partie de mon travail. La photo comme la poésie son pour moi deux distractions  qui me permettent de marquer mon temps d’une part mais aussi de m’évader de la monotonie et de m’exprimer autrement. Ne dit – t- on pas  qu’une image vaut dix mots ?

Quand au rapport avec la gendarmerie, je dirais qu’elle m’a permis de perfectionner mes connaissances dans le domaine de la photo, de part ma qualification de technicien de la scène du crime, soit en P.T.S(Police Technique & Scientifique), acquise au CPPJ(Centre de Perfectionnement en Police Judiciaire de Fontainebleau). Et c’est au cours de cette formation en investigations criminelles que j’ai appris l’essentiel de la photographie judiciaire. Ce qui justifie à l’exposition la présence  d’une photo d’empreinte de pas. D’ailleurs, au regard de l’histoire de la photographie africaine, nombreux sont ceux qui ont été formés aux techniques de la photo dans l’armée coloniale.

LGDC: Quel est l’avenir de la photographie comorienne ?

Il sera meilleur, mais les photographes comoriens ont intérêt à s’organiser et créer leur Association Comorienne des Artistes Photographes(ACAPA) pour qu’ils puissent se concerter et forcer leur épanouissement. Déjà l’AFC vient de nous tendre une perche à laquelle nous devons nous accrocher en guise de tremplin et aller de l’avant sur la scène culturelle nationale et au delà de nos frontières.

 LGDC: Le dernier mot ?

J’ai été surpris par l’intérêt témoigné par le public à  l’égard de notre exposition. Nombreux sont ceux qui nous ont exprimé leurs satisfactions, apporté leur sympathie et leur soutien. Nous avons été très touché et nous leurs remercions de l’estime qu’ils ont daigné nous témoigner.

Propos recueillis par Dini Nassure

La Gazette des Comores du 23 Octobre 2001

 

 

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Published by MAB Elhad - dans Photographie
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