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  • : Blog destiné à faire connaitre les œuvres artistiques et poétiques des îles de la lune ''Comores ''
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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 10:44

Lecture-scenique-144.jpgDamir BEN ALI

Chercheur, Antropologue et Fondateur

du Centre National de la Documentation

Scientifique (CNDRS) des Comores

 

 

            Carrefour des routes millénaires, lieu de rencontres des grands peuples qui ont inventé les signes gravés sur la pierre, l’alphabet, le livre et plus tard l’imprimerie, l’archipel des Comores qui possède l’écriture et l’enseigne à l’école coranique depuis une dizaine de siècles, a choisi de conserver et de transmettre son patrimoine culturel le plus authentique, de génération en génération, par des modalités d’expression endophone. Il existe des hommes de la parole comme ailleurs des hommes de lettres. L’alphabétisation n’a jamais été dans un rapport conflictuel avec l’oralité. Dans ce pays, les deux domaines sont toujours complémentaires.

 

            Dans la couche supérieure de la société on maîtrise à la fois la technique de l’emploi efficace et productif de la parole et celle de la communication par la graphie arabe. L’aristocratie de la naissance, du foncier, de la parole et de l’écriture fournit à la communauté nationale, d’une part, les cadres religieux, les juristes, les enseignants des madrasas et les commerçants à longue distance et d’autres part, les princes, les chefs et les notables qui excellent en élocution originale, articulée de proverbes. Les détenteurs institutionnels de la richesse et de la puissance spirituelle sont les premiers dépositaires  et transmetteurs du patrimoine oral ; c’est donc en eux que la population lit les normes de la société.

 

            Ceux qui n’ont accès aux connaissances que par l’un ou l’autre mode d’expression et de communication ne sont que des employés subalternes au service des riches et des puissants. L’écrit fait vivre les maîtres du premier niveau de l’enseignement coranique, des guérisseurs et des charlatans qui vendent prières et des amulettes. L’oralité est la science des poètes itinérants payés par les particuliers, par les groupes  de parenté et par les associations villageoises pour animer les fêtes et les travaux communautaires ainsi que des groupes  de chanteurs-musiciens qui, avant la colonisation étaient aux service des princes.

            Les textes originels faits en vue d’être appréhendés à travers une relation directe de locuteur à auditeur présentent une assise structurée. Deux techniques  sont les plus couramment employées : la ponctuation rythmée qui consiste à utiliser l’accent de la fonction phonétique dérivant de la juxtaposition des tons sur chaque mot ce qui implique un choix judicieux du mot et de son emplacement dans la phrase, et la variation du nombre des syllabes exprimées dans la même inspiration, ce qui exige l’acquisition d’une parfaite maîtrise de la respiration.

 

            Le style oral est défini par deux critères : une trame à laquelle la mémoire de l’émetteur peut aisément s’accrocher et qui est auditivement  bien perçue par le récepteur et un contenu sémantique que la société valorise et suscite la conversation de la mémoire patrimoniale. La structure rythmée soutient l’attention et surtout facilite la compréhension pour le public ; en effet, face à la difficulté de saisir le sens d’un mot, l’auditeur n’a pas la faculté de revenir en arrière comme le lecteur  silencieux d’un texte écrit, pour rattraper le fils des idées. La référence constante aux proverbes et aux textes patrimoniaux est la preuve de l’authenticité. L’ampleur du répertoire et l’habilité avec laquelle on l’harmonise avec des situations précises est le signe reconnu de l’intelligence et de la sagesse.

 

            Les œuvres de l’oralité sont très souvent des poèmes  en vers libres déclamés ou chantés. Chaque étape du récit est marquée par une strophe. La poésie réside  dans l’emploi des symboles, et des images. Celles-ci sont fortement impressionnistes. Elles sont simplement suggérées et c’est à l’auditoire de les reconstituer car ce sont  le plus souvent des allusions historiques, des mythes, des noms de louanges et des titres d’honneur des personnalités et des lignages célèbres, des lieux symboliques tels que palais, places de cérémonies publiques et des champs de batailles. Il est indispensable de connaître la culture, l’histoire et la géographie locale pour les comprendre.

 

            La prééminence de la mémoire dans la littérature ne signifie pas la mise en dépôt des connaissances, ni l’absence de créativité et d’inspiration ; les thèmes de textes ne sont pas uniquement accrochés au passé, ils sont autant au fait de l’actualité ; le travail de la mémoire est essentiellement une tension vers le présent. L’homme de la parole s’inspire aux sources de la vie quotidienne, s’arrêtant aux qualités et aux travers des membres de sa communauté, de l’artiste lui-même et des animaux que les mythes et les contes ont traditionnellement retenu pour faire passer les principes de la morale sociale.

 

            Le poème ci-après est le plus ancien que nous connaissons actuellement. Il remonte probablement à une date antérieure au XVIIème  siècle et relate un événement qui s’est produit au XVème siècle, la destruction de la cité portuaire de Mazuni, ancienne capitale du Dimani rivale sur le plan économique et intellectuelle de Bandamadji la capitale du Domba. Le roi du Domba revennu d’un voyage qui l’avait conduit dans plusieurs pays musulmans et jusqu’en Arabie du Sud, en compagnie  de Mhasi Fe Simayi alias Mtwamuyindza, a pris la décision de combattre tous ceux  qui n’acceptent pas de pratiquer l’islam selon le rite sunnite de l’école chafiite. Aussi mazuni est détruit et la population se disperse pour fonder plusieurs villages et villes dont Moroni (Bambao mdja miro).

 

 

MAZUNI

 

Mazuni huka mdji wa mawunde

Hata ye ntsihu wa uwa mnadjumbe

Watso mzimwa na itswaguli

Wa mwandahanya nkongowo za mawe na nyadombwe

wamtra sondzoni la madjaya miwa

Wa somo fatiha ne wazilapva

Ye mdru  wendanizo mdjini

 

 

Pvahe mwenda na dzia hazirenge mivonyo

Hende hazambia wandru wa Pidjani

Zihohora zi sihi Bandalambwa

Owaka pvo Ipvundu ziwahondro

Izo raali Domba huli wandru tsidja lewo

 

 

Bingu lifungatsa mowo Mdjwazema

Lira dondo Zuda mazwa yadjaya

Hafungu mbo Mdamhuuni

Ye Domba ya Mwamba Mfaume

Wowontsi wandru wora katala

 

Pvahe motro mrarazi ngwendo nizo

Hende hazambia Djombwe mMazuni

Harengo wana no wananawashe

Hari ngapvo wahela Mtrankunidjuu

Ngapvo wenda Bambao madja miro

Ngapvo wafali pvodjuwa liheyao

Nge no watsenga Ungudja pvo sokoni

Walio Pate na walio Fumboni

Na walio Msumbidji mwa fumbu.

 

             Comme beaucoup des grandes œuvres anciennes, celle-ci est anonyme. Celles qui sont attribuées à des auteurs connus avec plus ou moins de certitude ne sont pas moins présentées sous des versions différentes selon les régions et les époques. Le texte original s’il existe est difficile à reconnaître parmi les versions actualisées et réactualisées

par les interprètes successifs pour capter l’attention de l’auditoire. L’artiste évoque  des problèmes de son temps et de son environnement immédiat qui, parfois n’était même pas imaginables à l’époque de l’auteur indiqué. Le texte oral est réactualisé pour relier des événements contemporains à ceux qui se sont déroulés dans un lointain passé et que l’on veut similaires. Ces rappels historiques permettent de créer des repères dans l’imaginaire collectif et aident à trouver des explications à des problèmes de la vie quotidienne.

 

            Les textes oraux proférés, déclamés, psalmodiés ou chantés dévoilent à la société sa propre identité, son histoire et son présent ; c’est une partie essentielle de son patrimoine culturel. Les villes et villages  ancestraux sont fondés autant sur une terre commune à l’ensemble des familles que sur un vaste  corpus de mythes, de légendes, maximes, des proverbes, des contes, des récits et poèmes épiques, des chants de méditation, de travail et de danses. Dans chaque famille, les enfants peuvent apprendre le récit de l’immigration dans l’archipel, d’un lointain ancêtre, d’un ancêtre mythique ou historique, connaître l’endroit où son boutre a échoué, ses pérégrinations dans l’île, ou d’une île à une autre, le lieu où il a construit sa première habitation et planté les végétaux qu’il a amené de son pays d’origine et introduit dans sa nouvelle patrie.

 

            L’unité et la solidarité d’un clan, d’un village ou d’une ancienne chefferie sont fondées sur ce trésor commun, qui exalte des exploits et des miracles d’ancêtres guerriers, talentueux ou saints, qui dénombre les lignages et expliquent leur rang dans la hiérarchie sociale. Les œuvres de l’oralité ont permis la conservation  dans la mémoire collective de tous les événements saillants de l’histoire locale, insulaire et nationale : la fondation d’une dynastie, l’avènement d’un roi, l’arrivée de nouveaux migrants, un conflit armé, une épidémie, une catastrophe naturelle et tout changement majeur dans l’organisation sociale, politique et économique.

 

            L’homme ou la femme de la parole (mpwa nyandu), présente son récit ou son poème oral selon une technique qui rappelle celle du théâtre. La récitation traditionnelle est un exercice verbal conventionnel qui implique la participation d’un public ; mais l’artiste joue tous les rôles ; il incarne successivement tous les personnages évoqués et décrits dans son récit. Les événements qui se déroulent  se situent dans la conscience  même du conteur et non dans un espace objectif et un temps minutieusement  structuré vécu symboliquement par l’auditoire ; aussi il récite, narre, décrit, procédant en même temps à une mise en forme et à une mise en scène des données mémorisées, grâce à ses dons d’acteur et à ses capacités de passer d’un registre à un autre.

            Les professionnels à plein temps de la communication par la poésie chantée se repartissent en trois catégories : les chanteurs itinérants, les mzinankubu et les manbahamwe.

 

- Les premiers louent leurs services à toutes les personnes qui organisent une manifestation publique. Ils sont à la fois poètes, animateurs et surtout biographes. Ils chantent des louanges pour leur hôte, pour les personnalités présentes mais peuvent aussi tourner en ridicule  les employeurs, qui ne se sont pas montré généreux ainsi que leur famille et leur village. Ils accompagnent des travaux collectifs en psalmodiant des textes qui portent sur l’histoire locale et dans ce cas, certains parmi eux sont capables de faire montre d’une très grande érudition.         

 

- Le  mzinankubu : (danseur de nkubu1) est à la fois un musicien, un historien et un expert en matière de droit coutumier. Il danse le nkubu sur les places des villages à la demande du roi. Lorsque la foule est danse autour de lui, il chante les édits et décrets royaux dans des textes faciles à comprendre et à ‘’ archiver’’ dans la mémoire collective.

Les charges les plus importantes  du sultanat, celles de vizir, de conseiller du roi, de gouverneur, etc…sont des apanages héréditaires des lignages ;   mais le roi, choisit parmi les membres du groupe de la parenté utérine celui qu’il nomme et peut à tout moment  le remplacer par son frère, cousin, oncle ou tout autre membre de la famille bien qu’il ne leur verse pas de salaire. Aussi lorsque le chant du nkubu retentit sur la place  publique on se précipite pour savoir si l’on n’annonce pas un mouvement du personnel dans l’appareil politique du sultanat.

 

 - Les manbahamwe : forment une troupe  officielle de danseurs et musiciens vouées au service du sultan. Les paroliers sont des polémistes particulièrement redoutés pour leur habileté à tourner en ridicule les adversaires de leur prince. Ils sont recrutés dans la population servile et peuvent donc recourir à un langage ordurier qu’un homme de la bonne société ne peut employer. Ils dansent l’igwadu²   en jouant aux tambourins. Ce genre musical alterne les figures très complexes et acrobatiques de la danse avec des pauses pendant lesquelles, assis sur deux bancs en bois, l’un en face de l’autre et tenant le tambourin contre la poitrine, les musiciens chantent à tour de rôle les nyishades. Se sont des poèmes psalmodiés interrompus de temps en temps par des refrains chantés en chœur.

Les manbahamwe glorifient leur prince, mettent en exergue ses actions, celles de ses      ancêtres et chantent des satyres contre ses adversaires

 

            La période allant du XVII è siècle au début du XIX è est marquée par les incursions sanglantes des pirates européens d’abords, et malgaches ensuite.  Tout le long du XIX è siècle jusqu’à la fin de la conférence 1885 sur le partage de l’Afrique à Berlin, les grandes puissances coloniales rivales, arment les princes locaux qui entrent en guerre les uns contre les autres pour s’emparer du pouvoir ou pour le conserver. A partir de 1886 l’instauration du régime des protectorats ouvre la période des guerres de résistances aux corps expéditionnaires français et aux exactions des colons.

 

            La littérature orale s’est enrichie d’un nombre important de textes crées par des témoins oculaires des événements et qui constituent une source importante de l’histoire politique, sociale et économique de cette époque. Les œuvres sont en majorité des poèmes déclamés ou chantés. Elles sont le plus souvent composées par les membres des cours royales : les vizirs, les guerriers et les poètes professionnels. Elles rapportent les actes de bravoure des soldats, les stratégies appliquées  par les princes et les chefs des opérations militaires, les alliances, les ruses et les trahisons. Elles montrent la détermination et la témérité des sultans et des grands guerriers face à l’ennemi extérieur, les armes à leur disposition, les conditions de vie des hommes  sur les champs des batailles et à l’intérieur des villes assiégées.

 

            les épouses ds princes, des vizirs et des combattants qui perdent aux combats leurs maris et leurs proches parents ont laissé des élégies célèbres. Les plus souvent citées sont composées, l’une par une femme de Ntsudjini, Fwahamwe Athumane, une des épouses du sultan ntibe Msafumu en 1867 et l’autre   par Zema Bwana, épouse d’un ancien gouverneur de Dimani sous le Sultan Said Ali, à la mort de son fils Masimu en 1915.

 

Shanfi ngozidio itswa hundrwa   

Woyi ngwandzo djanahana lindrenge

He mnyangwi wadja pvontsidune

Ngwandzo djudi lirenge msindewangu

Hudja ngonuziso waredji wangu

 

Bo mnyawe owalezi wanlapva

Bo mnyawe tsina mkaribu mwangu

 

 

Utsi nivaliye bonde dja tosha

Utsile mafa mwendza shonga ya hala

Nakana hirizi ya amani nami

Pvoko neyifunga tsiri sera tsiri djini

Nambosi kanipvoho

Tsikana daho la washiha ndro

Nelindjia tsiri sera tsiri djini

Na mbosi kanipvoho

Lelo lirendeha dzizi la watrotro

Wenda nandzia  ngwanibaliyawo

 

 

Utsi nizidiye itswahundrwa

Utsi nizidiye zilo muyoni

Utsi tsonge djanahana linirenge

 

Woyingwandzo djudilinirenge msindewangu

Batsikana dhahabu ya mbebe shenda

Yende Mbude yitrala bandadjuu

Nami mwinyi tsidji hwenda na renge

 

Namba ruwa tsi dundjihe

Namba daza tsi kiri

Ba madji ya ulanga karahatsa uso

Ya nkuba kamaza walilawo

 

Abu ye mnyangwi yandra dandzi

Yizo zi rendeha mbondzi zi mfunge

Yizo zirendeha ndrongoo adjali naye

 

He mnyangwi wadja pvotsidune

Lila ba kudjambwa uruwe

Tso dohamba we ushindo

Amba we ulona ntsaya zohuva

Amba bo  mbiyapvu ulona dji

Ba mipvangu enge ngamshindo ndjohamba

 

 

            Fahamwe parle à son bébé Shanfi Msafumu qui n’avait que quelques mois  quand son frère Bwatamu Athuman  vient de mourir  au combat à Mandza dans le Mbude contre son mari. En effet Bwantamu a pris les armes contre son propre sultan qui n’est autre que son beau frère.

 

 

            Quant à Zema Bwana elle s’adresse, elle aussi, à son fils Dafine par un monologue. Elle porte le bébé de quelques mois dans ses bras quand on est venu lui annoncer que son fils aîné, Masimu, le chef de la rébellion du Dimani est mort au combat  contre les français avec deux de ses principaux lieutenants, Mtsala  qui fils de Ina et Hamadi Patiara fils de Ntsohole deux autres mères sont des amies de l’auteur.

 

Woyi Dafine  idjundu shahara

Hudja sha kudjanundra na sambi

Kudja nundra na ngoma ndremao

Ba tsikana mwezi wa bashia ndro

Utrubuza ulilwa madjidjuwuu

Shawe shambahabari shaho wa hanwa

We ntsalia zaho walala samba

 

 

Bahi yentsihu ye nkodo ya heya samba

Fumbu lipvo liwudza ngalidjayawo

Na ufuwantsi wadja undrenge

Tsendo dzuba tsambwa ntsi dzube

Ba mitsina fuu djema la bahari

Tsi dzubu ngarileleso na fumbu

Pvadjuha dudja liwudza ngalidjao

Na ufuwantsi wadja undrenge

 

Nami na Yna sindo ranwa handani

Ntsohole hangamila hoceroni

Nano waribelia wano fumbu

 

Ye tsi la lawo yeli naliyawo

 

Zinu ha namba hale Fe Mahame

Hanamba ra yedjenda mdjini

Hamba ye lala lesiwa ngalirengwao

Ngazidja nge tsamawo mbushi

Ba ramrumwa raya wumbwa mungwana

Wo wontsi ngwa reshwao Burubwa

Wende wake mshaharani ha wa manga

 

Ye tsi la lao yeli na liyao

 

No yeka mbongoma ureme ntsi

Inyao nge sao ngozini

Ye tsi lalao ye linaliyao

 

            Pour conserver leur fonctionnalité, la plus part des textes oraux  doivent être sans cesse actualisés par la voix et par un public réceptif. Or le système éducatif actuel n’enseigne pas les grandes épopées  et rend difficile sinon impossible la formation ‘’ des hommes de la parole’’. Jadis l’oralité faisait partie intégrante de l’éducation formelle, celui des écoles coraniques, des mosquées  et non formelle, celui des places publiques, des catégories d’âge et de toutes les organisations communautaires qui accueillaient les jeunes. On y encourageait  les plus doués à entrer en contact avec les spécialistes pour être initiés car  c’est un art pratique et une technique qu’on apprend systématiquement. La formation commençait dès l’enfance quand le vieux de la famille assis dans la cour écoutant les enfants, mesurait leur degré d’intelligence et repérait celui qui devra le succéder. La compétence se juge à l’habileté de l’orateur en public.

 

           

            Actuellement toute référence à la sagesse ancestrale heurte la sensibilité des « intellectuels », ces fondamentalistes de l’héritage colonial qui, chacun à son niveau dans les appareils administratif ou politique se considèrent comme un missionnaire de la modernité.

L’effort accompli pendant les deux premières années de l’indépendance pour insérer l’oralité dans les mass média est abandonné malgré l’immense succès populaire  des émissions sur les œuvres orales réalisées par Radio-Comores.

 

            Le système éducatif comorien est extrêmement extraverti. Il tue dans l’œuf tout désir de réintégrer les richesses de la sagesse ancestrale, de réhabiliter une littérature orale qui est par nature sociale et communautaire  et de promouvoir  un art oratoire, qui est la forme d’expression artistique la plus authentique de la population comorienne.

 

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Published by MAB Elhad - dans OPINIONS
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