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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 09:49

 

LGDC-Conf-CASM.jpgDans le cadre de la semaine de la Francophonie, et à l’occasion de la Journée Mondiale de la Poésie le CASM en partenariat avec la Délégation Comorienne de l’Association Européenne de Poésie  ‘’Euro poésie’’ et Poétiqu’Art, ont organisé différentes manifestations  au centre du CASM, allant de l’exposition de photos et de poèmes en sur impression, à la mise en espace de Slam et de lectures scéniques de poèmes. De 07 à 70 ans le publique a répondu présent à l’appel poétique.

Dès le 14 Mars début de la célébration de la semaine nationale de la francophonie, le Centre a ouvert ses portes par une exposition de photographies en sur impression avec des poèmes réalisées par MAB Elhad. La visite au centre nous a permis de  découvrir  d’autres tableaux en noir et blanc offert pour la circonstance, par la structure réunionnaise Lerka (espace de création qui encadre les auteurs et artistes de l’Océan Indien). De même que des coupures de journaux, on pouvait voir quelques exemplaires des couvertures des livres publiés par l’Association  Euro poésie Frances, exposé par la délégation Euro poésie Comores.

Le 18 Mars s’en ai suivi à partir dès 16 heures une lecture de slam, avant le début de la conférence de MAB Elhad.  Ce sera l’Ambassadeur des Comores en Afrique du Sud  Ahmed Mohamed Thabit qui n’est autre que le Président du CASM, qui a ouvert la conférence pour souhaiter la bienvenue au public,  en présence du Conseiller de Mr l’Ambassadeur de France aux Comores, et de quelques personnalités de lettres à l’instar de l’écrivain Sast.

On peut repartir son intervention en trois parties succinctes. L’oralité dans la poésie comorienne comme source de création, la poésie comorienne d’expression française et le devenir de la poésie comorienne.

Si le sujet annoncé a porté sur les «perspectives de la poésie comorienne d’expression française » de l’indépendance à nos jours, MAB Elhad n’a pas manqué l’occasion d’exprimer sa fierté par rapport aux extraits de son œuvre en filigrane et en mini lettres  sur les billets de banques comoriens, notamment ceux de 1000 et de 2000 franc KMF.

 Dans la  première partie de son exposé, le conférencier a tenu de présenter un aperçu de la poésie comorienne orale et des travaux de recherches  faites sur le sujet.

Citant les travaux de Damir Ben Ali,  MAB Elhad, affirme à titre d’exemple que ‘’la poésie comorienne remonte au XV es. Le texte portant le titre de « Mazuni » aayant été composé pour relater la destruction de la dite cité portuaire ‘’Mazuni’’, ancien chef-lieu du Dimani. Cette époque, a connu les griots et les baladeurs qui colportaient le chant et la poésie d’une localité à une autre à travers les îles et qui transmettaient cette richesse de générations en générations. Pour preuve, plusieurs centaines de manuscrits retrouvés dans des bibliothèques à Zanzibar, révèlent aussi l’originalité d’une poésie et d’une littérature comorienne qui datent des siècles antérieurs’’Notre poète affirme que cette poésie présente différents aspects : vernaculaire, est à prédominance  orale. Il  qualifie  la poésie de ‘’ Mbae Trambwe de communautaire et  traditionnelle, mais vecteur de la culture comorienne et qui se transmet oralement.  D’inspiration sociale, la littérature orale reflète  l’époque et les aspirations du peuple, en s’adaptant aux changements historiques; et de l’évolution de nos mœurs.

Se référant, au chercheur Ali Mohamed Djalim le conférencier prétend que ce dernier estime que ‘’notre poésie a perdu son originalité face à l’écrit de l’expression française. Parce que, la poésie comorienne est avant tout orale et que c’est avec l’œuvre de Trambwé que la littérature comorienne, originalement orale, commence à être écrite et traduite en français pour qu’elle soit à la portée d’un public plus large’’.

Quant à l’aspect véhiculaire de notre poésie, écrite en langue comorienne, il la trouve réservé à beaucoup plus de personnes sachant lire en langue nationale. Elle résulte beaucoup plus de l’expression de l’engagement, et suscite la prise de conscience vis-à-vis des problèmes sociaux du moment, de l’environnement etc… mais aussi des causes identitaires, et notamment politiques. A en croire MAB Elhad la poésie comorienne a plusieurs genres dont quatre tendances connues : Poésie panégyrique comorienne; celle d’expression arabe, mais aussi swahili et française.

Pour aborder la poésie comorienne d’expression française, sujet de la conférence MAB Elhad a présenté un bref historique de la langue française aux Comores avant de rendre hommage à la presse écrite pour son implication dans la promotion de la poésie comorienne, d’où les coupures de presses affichées sur la cimaise du CASM à côté de la collection de photos et des poèmes. L’auteur de Kaulu la mwando affirme  que  la poésie comorienne d’expression française date des années 70 et que  les premiers poèmes retrouvés sur le territoire ont été publié dans le journal ‘’Alkamar’’ du Haut-Commissariat de la République française. S’en suivra les publications qu’il a qualifié de poésie patriotique et engagée publiées par le journal de l’Association des Etudiants comoriens en France  ASEC dont« Usoni et Trait d’union », auxquels des extraits paraitront prochainement  dans son anthologie ‘’florilèges de la poésie comorienne’’, dans lequel a été extrait le  tableau bibliographique sélective présentant, une vingtaine de poètes comoriens dont trois femmes, déjà publiés chez une quinzaine d’éditeurs; 04 anthologies et 08 poètes étrangers ayants écrits sur les Comores en plus de 04 œuvres inédits de poètes comoriens.

MAB Elhad considère cette poésie comorienne d’expression française comme étant celle des nouvelles générations. En effet la nouvelle vague des poètes comoriens s’exprime en langue française, tout simplement parce qu’elle est aux Comores, la première langue officielle. Une langue qui est plus ou moins maternelle parce que, celle du colonisateur, donc la plus appropriée au Comorien pour s’ouvrir au monde francophone, influencé par la poésie française apprise sur les bancs de l’école.

Abordant l’imaginaire et la sensibilité de la poésie comorienne d’expression française, MAB Elhad pose un regard analytique  qui lui permet de constater que même après l’indépendance des Comores, des similitudes par rapport aux aspirations et à l’inspiration près et poste indépendance reste les mêmes: L’envie de dignité, la revendication des libertés, la promotion du genre, le respect de l’environnement,  à titre d’exemples. Il faut cependant reconnaitre qu’après l’indépendance, la poésie comorienne s’est développée, élargie et diversifiée. Contrairement à la poésie d’expression comorienne, celle d’expression française est profane aux us et coutume comoriennes et s’adresse à un public restreint. C’est aussi une poésie de circonstance, d’inspiration politique ou sociale, et très répandue dans les journaux  pour finir  son exposé notre poète se permet un exercice difficile d’appréciation sur l’inspiration de certains poètes comoriens. Pour MAB Elhad, certains poètes tels que  Saindoune Ben Ali, auteur de ‘’testament de transhumance’’ et Sadani auteur du dernier recueil de poésie paru récemment  ‘’Sania’’ donnent une empreinte comorienne à leurs écritures, les tournures elliptiques et les images se jouent d’une pensée qui reste métaphorique et d’une sensibilité qui privilégie l’indicible. Parmi les thématiques de la poésie de ces deux auteurs, la tragédie des kuwasa kwasa, le poète Sambaouma A.Nassar a de même abordé ce sujet dans son recueil, ‘’nouveaux poèmes jusqu’en terres palestiniennes’’.

La conférence a pris fin par une projection des activités devant renforcer la créativité poétique comorienne. A ce sujet MAB Elhad pense nécessaire de reprendre les activités de jadis, par l’implication des poètes pour la célébration de la journée Mbaye Trambwe tous les 17 juillet de chaque année, la reprise des veillées poétique qu’il entends instaurer avec le CASM pour commencer, les activités de créativités et d’encouragement à la poésie pour les tous petits, mais aussi le développement des relations en faveur des arts et de la littératures avec les structures tels que : LERKA (Espace de créativités artistiques) l’UDIR(Union des poètes réunionnais) pour la Réunion mais aussi au niveau international avec Euro poésie. Dans ce même optique, MAB Elhad pense bien nécessaire pour les Comores d’ouvrir les portes aux autres, comme cela a été le cas avec le FIPIA (Festival International de Poésie Itinérant en Afrique) mais aussi accueillir le FIPO (Festival Interrégional de Poésie de l’Océan Indien). C’est ainsi qu’il a exprimé sa satisfaction d’avoir été à l’origine de l’arrivée de LERKA au Comores lors de son mandat politique de 1er Adjoint au Maire, et alors qu’il fut préfet et qui porte comme résultat les échanges envisagés très prochainement aux Comores avec cette structures probablement en milieu d’année pour la concrétisation de leurs projets.                                                                       

                                                                                                                                 I M A 

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Published by MAB Elhad - dans Poésie
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