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  • : Blog destiné à faire connaitre les œuvres artistiques et poétiques des îles de la lune ''Comores ''
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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 13:59

Dans le cadre d'un travail de recherche sur les différentes tendances de la poésie comorienne, devant aboutir à un recueil ''Florilège de la poésie comorienne d'expression française, nous publions ici des extraits du résultat d'une nouvelle somme de cette poésie que nous vous feront partager dans le cadre des activités de la délégation Comores de Rencontres Europoésie et Poétiqu'Art Comores, avec pour soucis de faire connaitre cette poésie nationale, l'une des priorité que la Délégation Europoésie Comores et Poètiqu' Art se sont fixé de promouvoir cette poésie qui est restée méconnue. Nous débutons donc cette approche par le Poète Elamine Réné Joomun que nous avons eu le privilège de côtoyer. Bonne lecture Le goût amer de l’exil d’un poète Comoro-mauricien Elamine Réné Joomun est né le 06 novembre 1951, à Rose Hill (Colline rose) à l’île Maurice, de parents Mauriciens. Sa rencontre avec Mohamed Affane, avant même qu’il devient Ministre sous le régime Ahmed Abdallah, l’incitera à venir enseigner l’anglais dans le privé à Anjouan, alors que l’archipel des Comores était encore territoire française. Arrivée donc très jeune aux Comores, à 27 ans en 1973, et après avoir vécu un temps à Madagascar, Elamine optera pour l’obtention de la nationalité comorienne, se marie avec une anjouanaise qui lui donnera trois enfants. Il exercera entre autres, le métier de professeur d’anglais, puis occupera la fonction de Directeur du Royal Collège de Mutsamudu, avant celui de journaliste de la chaine internationale de langue anglaise à Radio Comores. Réné Joomun reprendra par la suite la craie à travers nos îles, au Lycée de Fomboni (sur l’île de Mohéli) de 1980 à 2000 avant de finir son parcours sur la Grande Comores, où il a été nommé responsable de l’enseignement du second cycle au Lycée de la Solidarité Islamique et Iqraou dans la ville de Mbéni depuis l’an 2000. Parmi ses illustres élèves, les Présidents Ahmed Abdallah Mohamed Sambi et Ikililou Dhoinine. Ayant longtemps vécu à Moroni, en sa qualité d’enseignant dans une école privée, Elamine Réné Joomun s’est mis à écrire à ses heures perdues. C’est ainsi qu’il est l’auteur de plusieurs œuvres inédites, notamment en poésie, après avoir rédigé des contes mais aussi des romans. Son talent ne se limite pas à ces seules expressions littéraire, mais sa plume trempe aussi dans le théâtre et fait de lui un dramaturge hors pair, même s’il cultive son anonymat, vit dans la solitude et reste longtemps inconnu des milieux littéraires de la place aux Comores. Son écriture parcourt les évènements quotidiens, s’inspire du vécu et met en question l’actualité qui l’inspire. C’est comme cela qu’il fera sien les drames qui frappent le pays : tantôt un bateau qui chavire, quand ce n’est pas un avion qui fait un crash par un amerrissage assassin. C’est ainsi que lors du chavirement qu’à connu le bateau ‘’Nyati Swafa’’ R.Joomun partage avec une émotion religieuse la douleur qui a frappé sa deuxième patrie sur les îles de la lune en ces termes : ‘’Fille élégante de la verdoyante Mledjele Nyate Soifa ; Je t’ai vu maître sur la plage grise et sablonneuse De Mnazimodja. Bouffeuse de vie maintenant devenue tombe marine, Moili pleure ses enfants Une pluie de douleur Pleut sur les toits des cœurs endeuillés… Nyati – soifa, Sur le rivage de mon retour Je chante ta mort Je chante cette nuit fatale et meurtrière ; Quand le vent de panique et de peur Soufflait sur ton bord agonisant…/ Dis à la mer de bercer nos peines Nos rêves d’espoir enviés Nos tendresses, nos amours perdues et avortés. Qu’elle chante pour nous, Sa plainte éternellement renouvelée Aux noyés de tous les temps. Cette plainte qui fait perdre aux yeux des anges, Des larmes d’or, Dans les silences infinis du ciel’’ Un sentiment poignant, que l’on retrouve également, dans un autre de ses poèmes ‘’Samson’’ qui a subi un sort similaire. déchiré entre deux patries L’essentiel de son recueil est marqué par les voyages et porte notamment sur ‘’les îles de la lune’’ qui l’on happé dès son premier contact, et qu’il chérit à merveille, même si de temps à autres, on peut percevoir à travers les lignes une certaine intimité envers cette nostalgie du pays d’origine, l’île Maurice qui l’a vu naître. Dans son poème ‘’L’éloignement’’ l’île Maurice est assimilée à une femme à laquelle Elamine Réné Joomun dit sa nostalgie et se rappelle de ‘’cette île parfumée du bonheur où j’ai laissé ma raison de vivre’’, et la déchirure causée par la séparation avec sa bien-aimée, à l’origine de ses tourments et poussant notre poète, à se nourrir de mutisme et de souvenance. Ce qui explique en partie sa vie solitaire dans Moroni. C’est ainsi que dans ‘’ l’exile’’ notre Comoro-mauricien poète, fait état du goût amer de cet ‘’exile’’ ; pour lui « cet ange déçu qui jadis buvait à la coupe de la divinité / et qui aujourd’hui ‘’a tout perdu jusqu’au royaume de l’enfance / là où j’étais prince charmant et maudit / des contes des fées/ le magicien Houdini l’enchanteur merlin ». Mais quand on relit ses autres poèmes : ‘’ le fou du karthala’’, ‘’Mohéli revisité’’, ou bien ‘’ à la pensée’’ on ressent l’attachement de notre poète à l’endroit des îles Comores, où il a su donner le meilleur de lui-même, sa culture, sa sueur, son sang et son amour. A 58 ans, l’homme souhaitait revoir son sol natal et retrouver ses souvenirs d’enfance, d’autant que les arriérés de salaires cumulés à l’époque ne lui permettaient point de survivre dans sa cabane louées dans le quartier d’Oasis malgré sa fierté affichée de comorien d’adoption. Solidarité poétique Internationale Il a fallu que le poète Adjmael prenne cause en faveur de ce poète semblable à l’albatros, et soumet des extraits de ses poème pour publication dans l’anthologie de l’Association des poètes Réunionnais ‘’UDIR’’. Au cours de ce festival, le FIPO ‘’Festival Inter régional de Poésie de l’Océan Indien’’ qui s’est tenu en 2008 ; l’UDIR a plaidé la cause de ce poète qui ne pouvait pas quitter les Comores faute de moyens. Après mure réflexion, l’UDIR s’est fait porte-parole de sa cause et a chargé les poètes côté Mauricien Sedley Assone et pour la partie comorienne MAB Elhad de faire le suivi du dossier qui a permis aux autorités mauriciennes de rappeler sur leur île notre poète comoro mauricien et depuis il a retrouvé les siens. MAB Elhad

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Published by MAB Elhad - dans Poésie
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