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29 mars 2008 6 29 /03 /mars /2008 22:56

La vertu des ombres ou les ombres de la vertu ?

 
Le samedi 22 décembre 2007 s’est tenu à l’Alliance Franco comorienne une représentation de l’œuvre théâtrale ‘’la vertu des ombres’’ écrit par le poète édité par Komédit et journaliste Nassuf Djailane comorien d’origine de Mayotte ; mis en lecture scénique par la troupe Djoumbé des Comores. Une pièce encore inédit dont l’intrigue porte sur une histoire dramatique entre deux familles dont les enfants s’aiment à mourir malgré la réticence de la mère de la fille. Une histoire à n’en plus douter d’actualité dans notre pays et qui finira par la mort de la fille d’une crise cardiaque. Une fin malheureuse et insolite par ce que irréelle encore, de voir un enfant à la cause de la perte de sa mère, insulter la dépouille pour partir avec l’homme de ses rêves.

Le poète Nassuf Djailane, journaliste à R.F.O Mayotte et à Kashkazi, est connu pour avoir remporté le prix Bayard 2005 de l’Océan Indien toute catégorie confondue. Mis en scène par Soumette Ahmed et Sultan Faissoil dit Raymond, la pièce encore inédit a été joué sur les planche de l’A.F.C samedi et a remporté un grand succès. Une foule nombreuse de comoriens et d’étrangers ayant assisté à cette avant première, puisque la pièce aboutira à une création au mois de janvier prochain en présence de l’auteur qui fera le déplacement. 

  Deux femmes pour un bout de phallus

La pièce, jouée par Echati Said Omar, Asma Ibrahim, Moina Chaarane Jasmine a bénéficiée des talents de l’Artiste Peintre Sada qui a crée le décor avec les jeux de lumières du régie assuré par Mamadou. Une histoire dramatique  que cette ‘’ Vertu des ombres’’ qui met en lumière un tableau haut en couleur sur la société comorienne et exposant un conflit de génération entre une mère et sa fille. Deux époques qui s’opposent, dont celui de nos aïeux, ou tout était décidé par les parents selon des critères de descendances, de religion, avec des critères d’appartenance, définis à l’avance. Une époque révolu que celui de la mère très maternelle, et dirigiste, jusqu’au chauvinisme ; et le notre auquel le couple se choisi, parce qu’appartenant à un courant de ‘’libération de la femme’’ sur ces îles de la lune, contre les carcans traditionnels, d’égalité du genre, ou la femme se débrouille tout seule parce qu’à la recherche de son ‘’indépendance’’, et dont le choix de vivre avec l’homme de sa vie ne relève que d’elle seule et non à la mère de désigner le mâle à sa place.

Deux femmes en effet se disputent un bout de phallus, que la fille estime comme étant le meilleurs des hommes et que la mère trouve répugnant de part sa morphologie et ses descendances, ses origines. Cette dramaturgie, met en exergue un conflit de générations où évolueront successivement plusieurs tableaux, et c’est sous différentes allégories à l’ombre des vertus cette fois ci, et de l’évolution des mœurs. Là où jadis apparaissaient le marabout et le sorcier, apparaîtra timidement les psys de toutes sortes, de tout acabit (parce que  la mère va croire que sa fille est folle et la fille accuse sa mère de tarée) ; et les sociologues  qui commencent à s’interroger sur ces changements de mentalités.

Cette première pièce du poète comorien est d’un texte dont le contenu est très fort, et n’a pas manqué à la fin de la représentation de susciter sur place même ; le débat tant les références aux problèmes causés par les mariages arrangés qui déchirent les familles aujourd’hui, sont nombreuses sous nos cocotiers.

MAB Elhad

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Published by MAB Elhad - dans Théâtre comorien
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