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  • : Blog destiné à faire connaitre les œuvres artistiques et poétiques des îles de la lune ''Comores ''
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7 septembre 2008 7 07 /09 /septembre /2008 11:03

Pour une poésie qui ose dire son NON ! (3)

Salut les gars,

C'est bien!L'ambiance est apaisée sur les bangwe, plus d'insultes ni trop de conneries (enfin, je m' comprends).So, fidèle à lui-même qui est moi et sans trop de fioritures, nous abordons la phase 3, de notre expérimentation littérarigolo. Sans perdre de vue que des choses parfaitement justes sont contenues dans ce déversoir noctambulistique, hic ! (bikoz, when j'arrive pas à bien m' pieuter, mi tsodo babuha).

("Tsodo", qui peut m' parler de cet invariable de la langue
comorienne? Un linguiste!Un linguiste!) En dépit des p’tites plumes médisantes et jalouses de la portée decette éloge critique et ludique, we go!.
Eloges ?

Ouais !

Le souffle qui fait passer de l’apprentissage à la création.

 

Du mythe obsessionnel au suicide collectif, (c’est ça ?) Nous avons pu voir, mes potes , se développer une littérature comorienne axée sur des postulats poids plume, les événements politiques et, surtout identifiée sui generis par l’absence de : Style, idées, lyrisme, beauté particulière et dénuée de la moindre poétique. Elle est réactionnaire et didactiquement régressive! Pas de kwa s’remplir les sens.(l’ouie, la vue, le toucher, l’odeur des mots -j’aime ceux qui tuent et qui puent -). Lecteur assidu et des meilleurs (attention les chevilles), ma déception fut immense, mes yeux m'ont réclamé des indemnités de sujétion et moi-même comptais porter plainte contre l'éditeur ou exiger le remboursement de son coût en bières à l'ami qui me l'avait prêtée. M'enfin, on a les débuts qu'on peut ! Coup sur coup, les autres ont suivi dans le même registre, les thèmes du premier, la politique, l'archétype du comorien social, l'univers et l'imaginaire du bled (sans quoi ça valait pas la peine), les us et coutumes, l'amour contrarié, l'amour interdit, l'amour négocié, les affres de l 'immigration, le doute des identités. On dira qu'on tient là un mythe littéraire obsessionnel et collectif. Très bien.Ca c'est pour le roman, genre que je dédaigne beurk!beurk! Sauf lorsque les anglophones africains, Ben Okri, Amos Tutuola, wolé Soyinka….s’y mettent. En attendant le coup de gong d'une qui sera cataclysmique au bled! Dans la poésie, entre la mise à contribution des vibromasseurs et la sollicitation des astres au sud de l'équateur, nous sommes restés aussi aveugles des cyclones potentiels et des coups de tonnerre nécessaires, pour que la beauté se dévoile et dévale les mornes jusqu'à la mer. Comme une éruption karthalesque. Obsédés du banal, nous ne savons rien lire du mystique caché dans la banalité des crabes palmistes, du mystère enveloppant la carapace du caretta carreta (notre nyamba à la délicieuse chair , aux œufs fermes et onctueux en bouche, cuits en papillotes dans une feuille de bananier humidifiée à peine à l'eau de mer). Hummmm! D’ailleurs nous allons faire une pause, un interlude de Radotages sur le reptile chélonien: Comment chasser un nyamba (Dusi), qu' a surfé la houle, plongé dans le lagon, traversé la barrière écumeuse, nargué quelques squales et labouré le sable pour y déposer ses futurs ex-bébés sur une plage chauffée aux effets de notre belle lune et aux ferments du caca crépusculaire? Meurtre, mode d'emploi:
1. Passer par hasard le long du littoral, vers 3 heurs du matin,
après avoir ramené sa belle clandestine, jusqu'à 100m de la case familiale.
2. Se laisser surprendre par un bruit bizarre (la tentation de
prendre les jambes à son cou est la plus forte, c'est peut-être un djinn à cette heure ci) néanmoins garder son calme d'homme qui vient de le prouver (!!!) en jetant un regard furtif du côté de l'océan (non, c'est pas djinn bahari).Une masse presque immobile gigote en poussant des plaintes à déchirer le cœur d'un mercenaire (élément du mythe obsessionnel).
3. Chouette:De la viande fraîche gratos, nous réjouissons-nous !

4. Courir réveiller son p'pa, s'il est pêcheur ou potes, s'ils ont le hudu! Au retour, faire attention, car la bête se prépare à rejoindre sa famille en haute mer et s'rend prestement compte, qu'y en a qui en veulent à sa peau.
5. Pendant que les uns déterrent les joyaux ovipares (madjwayi) et
songent à un festin d'insulaires, les autres doivent choper la mère par les bras et les jambes, en évitant les baffes que la dame a tendance à distribuer à tire-larigot, la retourner violemment dos sur le sable, et lui flanquer quelques coups de godasses sur les côtés, pour se venger d'avoir été réveillés si tôt ou si tard, puis chercher une corde ( Souvent, les pêcheurs les abandonnent dans leurs pirogues pour l'ancre ou le harpon du matin, du midi et du soir).
6. Comme la tortue a une petite tête qu'elle protège en premier, la
seule partie de son grassouillet corps dépourvue de blindage, il est conseillé de la ceindre par les mabawa de derrière, entrelacer par un nœud quelconque les 2 bouts de la corde , et parvenir jusqu'aux mabawa de devant , en serrant le plus fort qu'on peut, pour éviter que la saloperie s' défende. Sinon , raclée de pompes. Elle se calme généralement.
7. A 2 ou à 3, traîner Dame nyamba jusqu'au bord de la Nationale et
vérifier qu' un hospitalisé économe du trou-à-merde et, tenaillé par les roucoulements désordonnés d’un mets non digéré, n'ait pas pensé à venir décolorer la plage à cette heure-ci.
8. Coup d'œil à….droite, … gauche, psss, personne!
9. On z'y go! L'affaire est dans l' sac, direction: La vala.
Tirée le long d'une rive à une autre, c’est-à-dire quelques centimètres de chaussée, la tortue glisse à nouveau sur le bitume au ras du muret d’un cimetière, jusqu’à la vala ! Cette fois-ci contrainte et forcée . Je vous passe les détails du martyr de la tortue en train de se faire déshabiller, sans autre forme de tendresse, qu’un pucari des plus efficaces, qui perce d’une pointe stridente les flancs du reptile, une peau épaisse séchée d’embruns calcaires, vulnérable quand même, se déchire:CRRRUFFF. Oh, mais…SlaaaSh!!!, le couteau s'enfonce dans les interstices du flanc gauche, en partant de la poitrine vers la queue, puis va chercher en profondeur jusqu'aux limites des intestins. La bête gueule un peu mais saigne à peine. Le but de la manœuvre consiste à lui ôter la poitrine du reste du corps. Les tortues ne pissent pas l' sang à chaque vaisseau coupé. Elles sont trop grasses et ne ressentent la douleur que longtemps après. C’est pour quoi que la chair est bonne. L'essentiel, c'est que vous aurez de la barbaque pour 4 jours si vous soudoyez les voisins, sinon, pour 10, si vous êtes radins et détenez assez d’arguments désarçonnants face aux gendarmes, qui, en vertu de certaines résolutions votées à l’assemblée des Nations unies et à l’unanimité, moins une voix (la mienne), protègent la tortue contre les malfaiteurs de notre espèce, bande d’individus ne nous rendant pas compte du tort que nous infligeons à l’humanité, de la douleur que nous provoquons aux âmes sensibles, ne réalisant certainement pas, à quel point sommes-nous ingrats envers l’Amérique, l’Union européenne, cette France généreuse, ne manquant point de nous expédier d’autres mabawa de gallinacés cendrées, des carcasses de limousines, salers, normandes, Aubrac, blondes d'Aquitaine et autres corned beef sans saveur. En contrepartie, pas bouffe le Nyamba ! Une autre alternative est possible: Proposer aux deux gendarmes que les mesquins voisins ont mis aux trousses de votre boucherie marine, 3 kilos chacun…. Ca marche toujours, sauf que quelquefois, ils exigent une vingtaine d’œufs en plus. Mapvaha msiru !
10. En bon musulman, il est recommandé de restituer le tout, comme à
l'origine "tu es né djwayi, tu redeviendras djwayi". So, en hommage aux œufs, creusez un trou à l'endroit même où vous les aurez cueillis, assez profond pour éviter les effluves odorantes, puis, soulagez-vous. Avec un peu de chance, et si dieu le veut, notre repas extra se réincarnera en ange bienfaisant et aveugle, pour qu’il ne vous reconnaisse pas demain le jour de la fin (maudu nts’wa kiyama). Sinon, gare à vos fesses.car Mabawa ‘urema'pi (= trois 14 équivalents à Karembeu(42)!!!!)
11. Si par malchance, un effet de turista accompagne ceux qui auront
trop bouffé de cette succulente substance noire -marron vert, toujours selon les édictions divines, plongez dans la mer, à marée haute, comme si vous étiez un baigneur ordinaire, éloignez-vous des attroupements des nageurs et là, ouvrez les vannes!!!!. Pis, tout simplement, évitez la marée noire en nageant avec aisance, en brasse, le papillon, le crawl, sur le dos, loin, loin du périmètre des Bermudes Je vous jure qu'ainsi, la tortue retrouvera les vertus de la matrice saline... Ca va ?  Donc, servis par une poésie qu’ose pas dire son Non, nous obstinons à faire les choux gras de cette foutue méthode poétique françaouie, dans le strict respect des normes AFNOR de l’Académie française dont les Larousse, les Robert et autres écrevisses répandent depuis l’école primaire, le sens de leur monde immédiat qu’est pas vraiment le nôtre. On est d’acc, doc ? Nous partageons le français, les pouet, c’est-à-dire que nous avons une langue en plus, beaucoup plus éloquente sous nos doigts que les règles propres à une autre langue. Comoriens, nous parlons le shikomori et sans être français, nous kozon comme eux, les gars ! Faut montrer qu’ils peuvent pas écrire comme nous, pour nous, sur nous. Bien que l'activité poétique ne s'impose pas uniquement par l'opposition ni par la compétition, la moindre des inspirations irait donc élaguer de l'arbre des imaginaires universelles, les branches qu'ont pas de signifiant logique dans notre monde petit, pour transplanter à la place/ transposer, le ramage des filaos, les épineuses inflorescences du caïlcédrat, la nodosité de la plante à henné , le fruit oblong du fromager (qui s' gonfle de vide volatile)et la fougère grimpante des vieilles demeures abandonnées. Nous avons l’avantage d’être d’un pays et de plusieurs langues. On n’est pas chauvins, nous et, nous devons le prouver. A défaut de quoi, en refusant d'arroser la poésie de notre semence originelle, nous la condamnons à porter le lointain formalisme des autres, sur des épaules vouées au raidissement et à l'approximation. Nous nous suicidons sur l'autel du françaoui. Of course, la métrique Hugolienne et les élégies Lamartiniennes n'ont pas les mêmes inflexions eu égard au rythme ample , étiré et brutal de l'oralité insulaire. Ouais, c'est ça, l'oralité! Ecrire de l'oral et des râles sur le cuir omnipotent d'une langue apprise: Métisser le vers, la strophe, le verset surtout (elle se prête merveilleusement à not' parlé), rendre sautillante comme un cabri une langue titillée par les enjeux et l'enjouement de not' propre métissage racial et culturel. Mais attention, pas d'"exotisme facile"

"… Sitôt si loin de moi, à ta rencontre je pars, pour mon tourment
apaiser
D'être trop proche de toi, orphelins de nos souvenirs
Tes mains, mabele,
Je les vois,dans le noir
Tu le sais,
Tes yeux,-oursins
On dirait,
Rognent le cœur
Tu l'fais exprès
Amma, j'endure tout
Ma sœur, mon amour, mon exil et ma faim….
Sa'bwe roho, sa'bwe nafusi, Sania…
Et les angoisse de minuit
Et le cauchemars de midi s'imposant contre vents et marées, drainent
insensibles les regrets des corbeaux
A la blanche encolure d'une mort étrangère…. ".Salops d'uhlans,
pourritures de soldats de misère!
'Shari sha shetwani na shende shungu hau shongo dunda! Shetwani,
c'est Dédé-le- renard-shonga (et je suis poli!)
Nous avons des dettes envers not' langue, envers l'arabe, envers l'anglais pour certains, envers le kiswahili et envers tout livre
ouvert et, ayant apporté à notre sensibilité ce petit frisson de la reconnaissance. Pour ce faire, le seul usage du françaoui n'est pas signe de souplesse ni de gratitude pour les autres, pour lesquelles nous sommes aussi débiteurs et créanciers de langage:Yes, l'autre mal aimé de Senghor, reprenait… Sicut et nos dimittimus debitoribus nostris (comme nous aussi effaçons les dettes de nos débiteurs…). Bon app'!Yes! "menge deff, Ekaro Senghor?" "…Menge' fe'reke'!" Marahaba! Continuons! Il importe que cette poésie voyage, peste et fasse des siennes, il importe qu'elle soit patchwork coloré, empruntant à W.Wiltman, un chant d'herbes, à Khayam, un rubbaya, à Verlaine, un juron, peu importe, si seulement, elle reste dépositaire d'un engagement pour le meurtre des mauvaises habitudes déclamatoires. "Mtsaha sha mvuvuni unyama", il en va de tous les efforts pour porter aux nues , une poésie comorienne, qu'en a marre de l'onanisme insulaire! Allez, on fait une pause, on suit les élections et dans 2 mois, on attaque, mpvandzi gupango pandzi. Après, vous entendrez plus parler de oim (je me suiciderai).
ss

 

Pour une poésie qui ose dire son NON ! (4)

Youhou, les poètes !

Nos chefs sont en place. Les cons ont pris le pouvoir, " on " continue la rigolade, les gars !

On s’roule dans les mots, les mets incertains à épouiller la parure linguisticoloniale et dépouiller l’héritage françaoui de ses pesanteurs, microbes et cacas mêlés au présent d’une démarche révoltée. On refuse le passé justement ,repassé en boucle par la méthode des vainqueurs. Que dis-je, on refuse pas on récuse les sens carrés donnés aux mots, les mots des autres qui s’ querellent en " on ".

On en est à la déclamation instinctive de nouvelles règles poétiques :

Mpvandzi Gupango Pandzi !

Bien sûr, tout ceci n’est que le fruit du voyage dans la langue et les langues de l’Archipel. Voyage qui porte Mpvandzi sur un océan quadrilatéral, dans une odyssée effrénée, à la rencontre de l’Histoire, des Populations, des lieux, des gonzesses reduites à l’archétype d’une Sania confondue parmi des " bordels aux lumières bleues " de Mayotte au " palais silencieux de la soumisson où une reine-enfant ouvre ses jambes à Lambert aux couilles friables de corail mort ", en passant par " le dortoir des tortues vertes, Bimbini, en ses agaves ensanglantés, au sang bu par des milices ivres ", jusqu’à " Ngazidja, lieu des sultans, des grands comoriens, grands pour rien, mais fiers de compter sur la place de l’indépendance les morts d’une guerre civile, avec alacrité en jurant l’index à la gorge … " au nom d’Allah et des Mapinduzi risibles.

Haya !

Extraits :

…. Elle flotte Mayotte hippocampe dans son armure d’algues
Le corps dans le lagon et la tête dans la Tour Eiffel
Elle squatte les esprits qui grouillent d’immondices
Sur les bords de corniches, les bordels aux lumières bleues
Elle flotte comme une sauterelle boit dans un trou ciel
Boit à tout va, s’enivre et vire en blanc para
Puis se pose sur une ipomea pes caprae et s’ fait bouffer
Par un corbeau à la blanche encolure



Bako
M’interpelle un enfant aux yeux sphériques
Si gros qu’on les croirait anse de pirates ou ballon de foot
Il avait le ventre de la miséricorde et des rides d’adulte au milieu d’un sourire
Msafara wa Farantsa hau utsi tembeya tu
Je lui dis le sens du vent et le périple en archipel
" Je viens de l’autre côté de la mer, petit
Et je découvre les îles à saute vagues
J’ai vu entre Raya et Mamudzu, petit
Des kwasa kwasa
Remplis d’ mômes de ton âge aux yeux exorbités de poissons morts
Flotter vers l’horizon,
Le savais-tu qu’à marée haute l’écume s’alourdit de ventres creux
De mères accouchant mille doigts de corail rouge
Qu’avant la rade de la petite île la barge broie
Les noyés que les fonds n’ont pas enseveli
Wanyawe
Ils ont tous râté le rendez-vous du paradis
Les leurres d’un paradis meurtrier
-le paradis n’existe pas, c’est l’enfer qui s’ pose des questions-
A Mayotte ma hutte ma honte
" je suis encore aux jeux de plage



Bako
A tuer les saxicole pour appâter l’orphie et la carangue
A traquer la gobie sauteuse pour en faire un élevage d’espoir,
Je ne sais ce qui se trame en haute mer que par les feux des cargos grossiers
Qui pissent du gaz oil dans les abysses d’iode
Je ne sais qui rame pour la survie ni pour le loisir



Bako
Je suis un enfant et on m’a appris la haine
Mais il paraît que la roche millénaire sent la bière
Que mon île est une femme
Les seuls seins qui lui tombent sont des bouts de canon au charme douteux
Bienvenue à Mayotte ,
Dîtes à la mosquée du vendredi que vous venez de ma part,
Je suis le fils de l’imam et de la marchande de poivre
Mon nom est Mnapatiara
Je sais cela, monsieur, mon nom est Mnapatiara"
Elle pleure elle pleure Mayotte dans le cœur des poètes.


II
Au naufrage des îles, les squales doivent une fière chandelle
Les corps prisonniers des passes n’exhibent point de passeports
Et c’est d’un banquet de jours fastes dont rêvent les herbivores
Ecoeurés
La barrière de corail est une autre frontière
Les miradors qui surplombent les cervelles une autre affaire
La douane aux accents de Carcassonne un autre malheur


III
Omwiyano wa mahaba nde bahari
Comme dirait un roi malgache parlant de ses rizières
La mer s’arrête où commence mon amour
Ainsi je viens à toi, armé d’histoires et de légendes
Fils illégitime né dans le trou de la géhenne
Du roi Salomon et de la reine Balkis
Je jette l’ancre au bout d’une cordelette de fibres cocotières
L’enfant court et se met à creuser le sable,
Le soleil siffle de ses lames au zénith
Me parviennent les mélopées languissantes d’un muezzin enroué
Je me mets alors à chanter en attendant une seconde marée :
" Mpvandzi de upango upanga
A l’assaut des roulis owahatru est déjà fourbi
Il scintille d’étoiles rebelles
Il transpercera le cœur de la légion
Dans un champ de sable
Sur un feu de camp "
Pendant que les bateaux au loin qui déchirent les amours fuiront, fuiront la furie de
Mnapatiara

……………………………………


IV
Tsihale
Hala hilele
Les vents m’ont poussé jusqu’à Mtsangamoudou
Je me nourris de capitaine et bois du sel
Sur le rivage des gendarmes ignorent le sort du perroquet et des einoches
Moi seul sait où iront mes prochains coups de pagaies
A la tombée de la nuit, je m’endors et voilà qu’on chante
" Hayilele Hoya !Hayalile Hoya "
Mwali d’un battement d’îles s’offre à l’aube.
Un exocet en détresse cogne ma tempe
Excédé par l’obstination de l’espadon
Il frétille dans ma galawa
J’ y pose un pied et rame rame
Droite gauche gauche droite
Un tirant de tribord je souque
A bâbord et à tribord
Vers le calme des clairières saumures
Kave hwani !Kave Hwani !

……………………………………


Au lieu-dit de la ponte des vieux reptiles
J’arrime pirogue et interroge les mornes
Mon chapeau de paille sur un genou
Ma pagaie horizontale comptabilise
Mbandzi, pbono et 2 murex baveurs
Je me prépare à un festin d’insulaire, lorsqu’un vieux monsieur au corps sec
Blanchi par endroits de sel m’arrive en souriant.
Il avait le dos nu bombé en demi-lune
Une petite tête aux pois blancs
Et grattait le sable avec une brindille :
" Djumbe Fatuma l’amoureuse avait le corps d’une enfant
Lorsqu’ elle s’abandonna Sous les couches de soie
Et but le zamzam frais d’une calebasse étrangère
On dit que le palais demeura d’un silence liturgique
On dit qu’alentour les bêtes plongèrent dans une sieste infinie
Et les seuls bruits qu’on entendait
Sortaient d’une chambre de reine "
C’est ce qu’on raconte
Moi je rapporte hama mpvandzi
Hama pandzi aux ailes poudreuses drainant le sirocco
Jusqu’aux confins d’Europe
Mais dans mes errances au sein des îles
Dieu que j’ai foulé des terres ocres du Nord au Sud
On m’a dit la même histoire
La même histoire qui s’ répète d’île en île
La même histoire pour toutes les îles
" …A l’aube les femmes de cour vaquaient à la routine
Elle battaient des mains en silence, mines renfrognées
Ets-ce pour réunir la basse-cour
Est-ce pour s’ plaindre prises à témoin d’un viol
Pendant ce temps les hommes qu’étaient sujets
Attendaient sous un manguier "
J’y étais pas, mais ça m’ revient
De la mémoire des anciens
Un silence de drame régnait au palais
La reine n’était plus jeune fille
" Son sang s’est perdu de la vue des siennes
Ye zigelegele sont des sanglots étouffés
Les mères se résignaient
La coutume avait changé
La reine s’envolait vers des palais imaginaires
Des images de Louvre et d’exposition coloniale "
-c’est surréaliste et baroque-
" Le sang a coulé, s’est mélangé
A sa phase de réincarnation
C’est l’homme au fouet qui conquiert Mwali
A la voix de son clébard "
Mwali où se tissent les meilleurs songes
Ou des hommes lisses comme des lianes
Le long des sentiers glissent vers les champs
Glissent en sourdine par amour pour un Occident chrétien
Peuplé de chiens et de pirates
Pour des parts économiques à la place de Paris
" Elle avait le corps d’une enfant "
Ailleurs c’était la mine
Aux îles c’est le lit
Un pédophile en avance saigne la princesse d’une île sous la lune
J’ pensais
L’homme souriait toujours
Traçait des ronds sur le sable
La mer montait par vaguelettes régulières
Mwali s’assombrissait sous la mousatche stupide d’un blanc cupide
Lambert aux couilles friables de corail mort
La nuit tombe
La case est ténébreuse
Sur un sukurubu danse une flammèche grise
Ta’ ya mrachi.
Dehors les djinn s’immiscent aux ruelles.

……………………………………………….



Bon, le voyage continue les gars. Le voyage est fini depuis longtemps. Je détiens le secret du poète en îles dans le disque dur (d’oreilles) de mon ordi. Mais comme promis, je dois mourir.

Sadani est mort et, voici l’épitaphe qui figure sur sa tombe virtuelle

" CI-GIT, UN IMBECILE QUI S’EST PRIS POUR UN AUTRE.
IL L’AIMAIT PAS.IL LUI A TIRE DESSUS ET JE SUIS MORT. "

Ss

 

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Published by Sadani - dans OPINIONS
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