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  • : Blog destiné à faire connaitre les œuvres artistiques et poétiques des îles de la lune ''Comores ''
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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 09:37
 Soeuf Elbadawi, connu pour son implication dans la promotion des arts et des lettres comoriens, vient de publier aux éditions Komedit un recueil de poèmes en hommage à sa mère décédée le 3 décembre 07 à Moroni. Travail de mémoire .Une œuvre de 63 pages écrite en deux temps, et que malgré l’émouvant sentiment qui découle de sa plume, se lit en moins d’une cinquantaine de minutes. Tout simplement parce que dès la première phrase, la lecture vous emporte jusqu’à la dernière ligne sans que vous vous aperceviez du temps qui passe. Un compte rendu composé de deux parties : l’une portant sur l’aspect sentimental du poète envers sa défunte mère, et l’autre sur l’aspect littéraire de l’œuvre. L’œuvre commence en effet par un récit d’une vingtaine de pages au travers duquel l’auteur de ‘’Moroni Blues’’ et sa suite, fidèle à lui-même, n’en démord pas avec sa franchise, et se remet en question, en posant un regard interrogateur sur les principes originales et originels de l’éducation et des valeurs acquises vis-à-vis, de l’évolution du temps et des mœurs. Il illustre avec des mots sincères, si simples et une écriture d’une fluidité émouvante l’incompréhension entre les générations qui se suivent et ne se ressemblent pas. Dans la deuxième partie du livre il relate l’amour qu’un fils porte à l’endroit de sa défunte mère, comme en réponse au dévouement que cette même mère a su apporter à son entourage, mais aussi au bonheur qu’elle a su rendre à celles et ceux qu’elle a côtoyé. ‘’Un poème pour ma mère, une rose entre les dents’’ deux phrases toutes simples mais qui en disent long, en guise de titre pour ce recueil dont la page de garde annonce la couleur de la douleur ‘’Noir’’ comme le deuil, à l’endroit d’une mère que l’auteur s’approprie parce qu’elle l’a mis au monde, mais qui en réalité fut la mère de toute une génération, porte flambeau de la ville de Moroni, qu’elle a aimée jusqu’à son dernier souffle. Connue pour son activisme sociale, son honnêteté intellectuelle, son sens du dévouement envers les causes qu’elle a toujours défendues, Mme Zahara Ibrahim puisqu’il faut la nommer, a donné le meilleur d’elle-même pour l’épanouissement de la condition féminine et le respect des droits de l’enfant. Anciennement secrétaire à la Banque des Comores et de Madagascar, Zahara Ibrahim est devenue fonctionnaire de l'Etat comorien, et a travaillé comme assistante au gouvernorat de Ngazidja, puis archiviste documentaliste au ministère de l'intérieur et de la décentralisation, avant de finir sa carrière au Haut Commissariat chargé de la promotion féminine. Mme Zahara s’est justement investie pour le bien-être de la communauté que ce soit pour la création de ces banques communautaires ‘’Meck’’ dont elle a été l’une des membres fondatrices en 1998, ou pour la gestion du patrimoine familiale, d’où sa qualité de Chef d'entreprise durant les années 80, à la tête de la Boulangerie Mchinda. Elle a par ailleurs su s’illustrer par son militantisme au sein des associations féminines telles que Mawunati, l’AFEC [ Association Féminines des Comores] ou elle a été l’une des champions de la fameuse reforme ‘’ Katiba’’ du grand mariage de Moroni. Son engagement ne se limitait pas à cela, mais s’était engagé dans des Organisations Non Gouvernementales comme le Croissant Rouge pour s’investir pour le développement. C’est comme cela que je l’ai vue à l’œuvre mener des combats pour le respect de la dignité humaine, contre l’égocentrisme, au cours de différentes occasions telles que lors de l’épidémie de cholera de 1978 ; où elle avait pris le devant comme pour motiver le dévouement de très jeunes volontaires que nous fument, pour l’accompagner œuvrer dans les villages du Sud de la grande île des Comores, en distribuant comprimés et lait à base de Soja , dont nous ,jeunes d’antan ,nous nous amusions à nommer ‘’Néjambé’’. Et je ne vous parlerais pas de ces moments que nous avons passé ensemble au Haut Commissariat chargé de la promotion de la femme, aux cours des réunions passées à la réflexion et la conception de l’actuel Code de la famille, ou encore pour l'évolution du statut de la femme comorienne, aux côtés de Moinaéchat Cheikh, Zahara Toyib, le Muftorat, et consort…Et j’en passe pour les meilleurs moments qu’elle savait réserver aux conseils d’une mère, entre deux séances de travail ! Partout où elle a travaillé, Mme Zahara a su laisser des traces de son utilité envers la nation comorienne au travers de laquelle elle s’est en effet toujours distinguée. En fermant le livre, le lecteur ressent un sentiment de respect envers ‘’mère courage’’ et de nostalgie, à l’endroit d’une époque révolue qui était caractérisée par l’entraide et la préparation du pain au feu de bois – époques postmodernes. Un florilège au goût morose, mais d’une écriture à la portée salvatrice.
                                                                                                                                        MAB Elhad

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commentaires

Mouzna 18/01/2010 19:30


Merci.Merci pour ton excellent récit sur Mme Zahara Ibrahim.J'ai connu cette femme hors du commun pour avoir été la meilleur amie d'enfance de ma mère.Ma première rencontre avec cette femme a eu
lieu en 1987 à son domicile.C'était une tatie de coeur pour moi et aucun mot ne peut e'xprimer l'admiration que je lui porte encore aujourd'hui.Mais comme dit un proverbe bien de chez nous "mwiri
mwéma ka wuenshi".Paix à son âme.


MAB Elhad 18/07/2010 11:07



sans commentaires ! 


Merci