Mes Articles à la Gazette
C'est avec plaisir que je vous fais partager quelques uns de mes anciens articles parus articles parus dans le quotidien '' La Gazette Des Comores'' (L.G.D.C) au cours des années passées.
Ces articles vous permettront de poser un regard nouveau sur l'évolution de la scène socio culturelle des Comores .
Au plaisir de vos réactions, bonne lecture .
Exposition : Un artiste peintre de la dimension mythologique
Professeur titulaire d’Histoire et Géographie de son Etat, Soulé Ali peint, par amour des couleurs et pose un regard révélateur de la mythologie
comorienne, dans ce qu'elle a de sorcellerie et d'emblèmes. L'ensemble de l'œuvre qu'il expose du 4 au 15 janvier 05 à l'A.F.C de Moroni, en dit long sur nos croyances partagées entre
convictions musulmanes et pratiques animistes.
Une peinture donc à dominance fantastique et fantomatique, dont le titre " Upenzo wa matso " (plaisir des yeux) ne laisse personne indifférente, puisque ce titre à
lui tout seule invite les regards des visiteurs à voyager avant de s'interroger sur la dimension fantastique de ces îles de la lune, métissé par une descendance bantou et une culture
arabe.
Soulé Ali, professeur d'Histoire Géo, a procédé le 4 janvier 2005, au vernissage de son exposition à l'Alliance Franco-comorienne de Moroni, où une trentaine
de ses amis et passionnés d'Art plastiques ainsi que la presse, ont répondu à son invitation. Comme dans ses habitudes, le Prince Said Ali Kamal qui s'intéresseaux activités culturelle.
Trois discours ont été faits, pour la circonstance, d'abord celui de Jérôme Gardon, nouveau Directeur de l'A.F.C récemment nommé, qui a pris la parole pour présenter l'exposition et
d'ajouter que “c'est la deuxième manifestation auquel il a eu l'honneur d'inaugurer depuis qu'il est là”. Ce dernier n'a pas manqué de souligner les changements qui vont s'opérer au sein
des Alliances Franco-comoriennes, avant de céder la parole au Président de l'A.F.C sortant, Dr. Ouled, qui après avoir appuyé les propos du Directeur en affirmant que ces changements
ont commencé avec les nouveaux livres à caractères scientifiques et destinés plus particulièrement aux étudiants des universités, a lancé un appel aux membres de l'alliance à répondre présent aux
élections du nouveau bureau de l'Alliance qui a été rapporté à 15 jours, le quorum n'ayant pas été atteint. Il finira par parler du parcours artistique de Soulé Ali qu'il a qualifié de '' de
vieux de la veille '' et finira par un récapitulatif du parcours de l'artiste plasticien.
Entre Upenzo et Upezo ?
En guise de titre, à cette sixième exposition individuelle, Soulé Ali originaire de Moroni à justement choisi ''Upenzo wa matso''(plaisir du regard) que
l'artiste traduira par '' un coup d'œil, un regard rapide'' dans le sens de '' Upezo wa matso'' Nous pourrions comprendre qu'entre l'adjectif de '' Upenzo '' terme swahili et ''Upezo''du
comorien, l'essentiel réside dans le plaisir d'un regard rapide sur l'essentiel de l'œuvre que nous a présenté l'artiste plasticien autodidacte, comme s'il voulait sous
entendre que Upezo wa matso n'est en fait que la suite de son exposition de l'année dernière en ces mêmes lieux '' Vision 2'', une continuité dans cet art abstrait cher à Soulé Ali qui continu de
nous faire découvrir ses talents d’historien: la géographie du conte des milles et un mystère des îles de la lune, une terre pétrie dans des moeurs et coutumes d'une tradition orale
qui vague à des histoires de Djinns.
La complexité de ces îles fait que de croyance musulmane, de ses habitants les pratiques toutes sortes d'activités animistes allant de la
sorcellerie (gris gris, et autres jeux de sort) au fétichisme. Comme l'exprime si bien ce tableau '' Moulidi ou encore Dadilahé et poupée anjouanaise'' faite de toiles sur lesquelles sont
apposé des écorces de cocotiers. Tout un surréalisme africano - arabe auxquelles nous invitent les tableaux fixés sur la cimaise de l'A.F.C de Moroni avec à première vue une dominance
de l'élément mystique par des formes disproportionnés dans ce qu'ils ont de géométrique et de reliefs.
C'est ainsi que ses lignes, rectangles et demis cercles s'enlacent pour donner formes, comme dans ce tableau '' poupée anjouanaise'' à cette force des images qui
finissent par donner un sens à la dimension fine et qui ramène l'imagination à cette expression proche du cubisme, que l'on retrouve dans ce regard hâtif de couleurs chaudes et
fauves, ou alors dans certains de ses tableaux à caractères figuratifs tels que '' Chiromani; danse traditionnelle (Igwadu) ; en revanche, les couleurs qu'empreinte Soulé Ali deviennent
beaucoup plus tendre et calmes, quand ses pinceaux se promènent dans les '' ruelles '' de la médina, pour des couleurs lumineuses du ''paysages'' ; ou de '' la danse du pilon (Wadaha)'';
etc….du reste de ses œuvres donc, émane un sentiment de nostalgie qui semble ramener l'artiste vers le réalisme moderne qui tend à éviter de poser des soucis à la mémoire d'où ses toiles
devant lesquels l'œil n'aura pas de mal à reconnaître l'endroit ou la personne.
Bref, Soulé Ali peint le reflet de cette pensée des esprits de la nuit face à la lumière du jour.
Haled A Boina
L'Auteur de " l'Interview d'un macchabée " à Moroni
Après trente années passées sans venir à son lieu de naissance , Nassure Attoumani, nous revient pour présenter l'un de ses chefs d'œuvres aux Comoriens. Né à
Moroni le 05 mars 1954, Nassure Attoumani est connu de la scène littéraire et théâtrale pour l'ensemble de son œuvre (au nombre de 07 livres ) déjà édités dont ''Interview d'un macchabée'' qui a
été primé au Concours Littéraire de l'océan Indien en 1999 et récipiendaire en 2004 du meilleur roman de l'océan indien pour son oeuvre inédite '' Mon mari est plus qu'un fou ; c'est un
homme''.
Ceux qui le connaissent, ont de lui, l'image d'un provocateur avec son casque blanc de colon sur la tête, qu'il se trouve sur l'île de Mayotte ou à Moroni, Nassur
est toujours le même, avec la gaieté sur le visage. Humoriste de talent, ce passionné de théâtre fréquente les planches de la scène théâtrale depuis 1985 même si ce n'est qu'en 1992, qu'il a
fondé sa première troupe de théâtre ''M'kakamba/ Arc en ciel'' avant de publier en 1992, son premier livre '' la fille du polygame'' la première pièce de théâtre publié par un comorien, suivi
plus tard par son premier roman '' Le calvaire des baobabs ''.
'' Entre les mailles du diable ''une pièce qui fait grincer des dents la justice.
Du 1er au 08 Janvier 2005, le dramaturge comorien séjourne avec sa troupe ''M'kakamba'' pour quelques représentations de sa dernière création " entre les
mailles du diable. Qui va paraître en 2005. Cette quatrième pièce qui est l'auteur de plusieurs satires dont : '' la fille du polygame ; le turban et la capote ; et interview d'un
macchabée'' nous présentera l'histoire d'une erreur judiciaire portant sur une affaire de mœurs.
Le drame d'un enseignant accusé par son ancien élève de l'avoir violé alors que le rapport du gynécologue montre que la fille a toujours était vierge après son
agression. L'enseignant sera innocenté par le gynécologue mais aussi par l'expert psychologue qui prouvera dans son rapport qu'en faite l'élève n'est qu'un mythomane, que dénonce Attoumani dans
ce chef d'œuvre en neuf tableau et une heure où la justice elle-même sera mise à mal.
La réplique de cette satire est donné par six comédien bien connu à Mayotte, en l'occurrence il s'agit de Nabé (Ahamada Ibrahima) dans le rôle du Président du
tribunal, Alimdine Ali procureur de la République, Fatima Ibrahim l'avocate du demandeur, Alyachourt Abdourahamane dans le rôle de l'accusé, Souraanta Andjili la plaignante et Nassure
Attoumani metteur en scène et avocat du défendeur.
Cette satire a connu un succès à Mayotte où dix sept représentations ont été donné. Cette troupe qui a déjà connu les planches des théâtres de
l'île de la Réunion puis la métropole vient de faire sa première tournée à la grande Comores. Avant de repartir pour Mayotte ce samedi 8 janvier 05.
Nassur Attoumane s'est toujours baigné dans le théâtre populaire, inspiré de faits réels même si comme dans le cas de cette dernière satire
intemporel '' toute ressemblance avec la réalité comorienne n'est pas fortuite'', n'oublions pas qu' en ce moment, Moroni traverse une psychose portant sur des enfants fictivement
enlevés.
Il n'est pas rare que dans notre pays ces genres d'accusations soient porté devant les tribunaux. Si ce n'est pas un pédagogue accusé c'est souvent le maître
d'école coranique ou un proche de la famille, et nous connaissons le reste de l'histoire.
Par contre pour une fois le dramaturge comorien qui est lui-même un ex- enseignant et chef de famille se fait l'avocat du corps enseignant. Nous connaissons beaucoup
de chanteurs comoriens qui ont dénoncé cet état de fait.
Nassure Attoumani qui est actuellement Directeur de la Maison des jeunes et des cultures de Sada compte saisire l'opportunité pour voir les perspectives
d'échanges qui peuvent être envisagé entre les services culturels de Moroni et sa région.
C'est grâce la Régie culturelle de Mayotte, et grâce aux concours conjugués de Chihabiddine Abdallah et le Délégué à la Culture de N'gazidja Sast que ce séjour
a puis voir le jour.
L'ensemble de mon œuvre a pour souci de faire connaître nos îles et Mayotte en particulier à travers l'œil de l'autochtone. On le retrouve dans le roman, dans le
conte essaies, les nouvelles, c'est diversifier mon écriture ; un recueil de mes nouvelles autobiographique sortira au premier semetre 2005 à Choungui éditions, mais aussi " le turban et la
capote " va être réédité puis j'ai d'autres projets en vue tels que la sortie prochaine d'un C.D intitulé " Ika yilala " ''nous dira Nassur Attoumani.. Le contenu de l'ensemble de son
œuvre fait qu'à Mayotte le père de '' la fille du polygame'' n'est pas prophète en son pays. Heureusement son éternel casque colonial lui sert de bouclier contre les médisances et
autres calomnies qu'il affronte quotidiennement sans état d'âmes.
H A B Elhad
BIOGRAPHIE : Soulé Ali est né, vit et travail à Moroni-Hadoudja en grande Comores. Professeur d'Histoire
et géographie, Soulé Ali est un artiste plasticien - autodidacte.
Son travail semble influencé par une tendance, accès vers des recherches dans l'espace mystique comorienne, dont il côtoie à l'aide de ses pinceaux et de sa
palette.
JALON :
'' Entre Cubisme et expressionnisme abstrait aux couleurs comoriennes ''
Si sa 1ère exposition de peinture date à 1983,à la Chambre de Commerce de Moroni, son travail sera couronné de plusieurs prix et ses succès sur la
scène artistique seront prouvé par :
-le 1er prix d'affiches d'alphabétisation en 1986
-le 1er prix du Concours d'expression artistique de 1987,
-3ème prix de la foire nationale en art plastique du CNAC de Bandamadji.
Dance traditionnelle ''
De 1984 à 2003 Soulé Ali a exposé individuellement 05 fois et 13 fois en groupe à différents endroits tels que : le CASM (Centre d'Action Social de M'tsangani) aux
CLAC (Centre de Lecture et d'Actions Culturelles) d'Iconi, au CNAC (Centre National de l'Artisanat Comorienne) à l'Alliance Franco - Comorienne de Moroni, aux îles d'Anjouan, de
Mohéli, de la Réunion et de Maurice ;mais aussi à Marseille.
Sorcellerie de Soulé Ali '' Dans Upenzo wa matso''
du 04 au 15 janvier à l'A.F.C de Moroni
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[PDF]Anjouan dispense les
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Alliance Franco Comorienne
Modali décore le théâtre par l'abstrait
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Après une carrière féconde dans l'art de la peinture, Mohamed Ali dit Modali artiste plasticien, fait son entrée sur la scène théâtrale comorienne le
Mercredi 15 et le vendredi 24 /11/2000 avec "KUTU- KUTU" sa première pièce entièrement conçu comme ses tableaux.En effet l'artiste range sespinceaux et arpente les planches du théâtre de
l'A.FC. La Gazette des Comores a assistée pour vous à la générale.
Écrit et mis en scène par le plus grand peintre comorien, "kutu-kutu" est un conte né d'une part de poésie et dans lequel le songe, côtoie la réalité, qui
invite le spectateur à partir vers le monde de l'abstrait à la recherche de M'haza cette femme imaginaire devenue la figure centrale de la pièce et dont les trois acteurs nous apprendront
à connaître sans jamais la voir.
Dans kutu-kutu, l'abstrait tutoie des lieux connus comme "Nyamavi", "Djivani", et le "Sambé de la joie" rivalise avec "la danse des oiseaux" ; puis né le
doute, et le spectateur de se poser la question (de croire ou ne pas croire le monde) des djinns, puisque l'ombre de "Djini bahari et Bwondé Souli " est omniprésente dans la salle. Alors
interviennent les percussions et des chants oubliés du commun des Comoriens, mais venus du plus profond des contes tels que "Nanambiwa" ou alors "Soufa gwaridé Mna mhaza kusisi wo upatu
wa fedha nadja nahulaulia !"
Cette nouvelle formule du théâtre à la comorienne, rentre au répertoire pour la première fois ce mercredi 15 Novembre 2000 à l'Alliance Franco-comorienne et
sera jouée par le trio Djamal, Fofana et Sanblague connus pour leur amour de la.scène, et qui ne manquent pas de nous
fasciner par leur extraordinaire concentration, digne d'un grand maître.
Tous méritent les applaudissements du publique qui sera certainement ému par cet art de transformer le conte comorien.
Et en quittant la salle, la tête pleine de rêves, chacun de nous aura le loisir d'interpréter à sa manière, ce conte à travers les âges et le temps à la
recherche d'une M'haza perdue.
Quand à Mohamed Ali il nous dira tout simplement c'est la première fois que j'aborde ce genre, reconnaît-il. Mais j'ai surtout voulu prouver que le Comorien
est capable de s'inspirer de nos contes et légendes pour créer au lieu de jouer des répertoires qui ne nous ressemblent pas, d'ailleurs ajoute-t-il, la vie de tous les jours est un forme
de scénario.
Quant aux costumes et aux décors c'est encore lui qui les a conçus comme dans Masihu na M'tsana de Mohamed Zéine. Pour un début c'est un coup de maître,
bravo !
MAB Elhad
La Gazette des Comores n° 65 du jeudi 2 novembre 2000, p. 8.
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